Note: Il est possible que certains lecteurs ne comprennent pas les références au monde de l'automobile présentes dans ce texte, certains noms n'évoqueront rien à la plupart des lecteurs ( si lecteurs il y a
). Je m'excuse par avance si certains élément du texte vous laissent perplexe, n'hésitez pas à poser la question, je répondrais volontiers
Cette histoire me trottait dans la tête depuis quelques temps et je la couche ici, à l'abri du jugement de mes proches... J'accepte évidemment toute critique constructive Bonne lecture!
Depuis toujours, elles le fascinaient. Pas n'importe lesquelles. Les Allemandes étaient trop pompeuses. Les Françaises,trop timides.Les Asiatiques le laissaient au mieux indifférent, quand il ne s'esclaffait pas tout simplement en voyant les dimensions ridicules de certains modèles. Quant aux anglaises, il ne comprenait pas que certaines personnes leur trouve du charme. Que pouvait bien signifier à ses yeux la Mini Marcos GT que l'Anglais du country club se targuait de posséder, et dont il semblait fier comme certains le seraient d'une Ferrari? Il pouvait encore comprendre l'intérêt de conduire une vielle Jaguar Type E, sportive racée et élégante, mais que pouvait inspirer chez ce crétin cette espèce de voiture minuscule, rappelant en tout points ( y compris, de façon ironique, par sa couleur vert Anglais ) un ridicule crapaud sur roues? J. était insensible au charme de la plupart des voitures, exceptées d'une seule catégorie: les Muscle Cars. Qu'il s'agisse de Ford, Dodge, Plymouth ou autre, rien ne le faisait plus frémir que le rugissement d'un V8 HEMI ou que la vue de la ligne toujours parfaite de ces "œuvres d'art sur roues" comme il les nommait lui-même.
Quelle était la voiture qui déclencha cette passion? L'avait-il vue dans la rue, à la télévision , dans un magazine? Ou avait-il toujours eu dans le sang cette amour inconditionnel des Américaines? Il n'en savait rien, et s'en moquait. Tout ce qui lui importait était de pouvoir se dire que le jour ou il aurait les moyens de s'en offrir une, plus rien n'importerait plus, tant qu'il aurait sa voiture (peu lui importait le modèle exact pourvu qu'il s'agisse d'un Muscle Car), de l'essence et une destination. Il attendait avec impatience ce jour. Malheureusement, à 26 ans, il n'avait ni la voiture de ses rêves, ni l'argent pour se l'offrir. Il avait très vite arrêté ses études pour vivoter, entre deux boulots minables. Puis il avait rencontré M.
M. était l'archétype du type cool. Il s'étaient rencontrés lors d'une bagarre ou M. avait aidé J. à se sortir d'une situation complexe. M. et J. parlèrent chacun de leurs rêves, qui nécessitaient toujours une forte somme d'argent. M. proposa alors à J. de le suivre dans quelques magouilles minables, des combines dérisoires ne rapportant jamais plus que quelques centaines de dollars, leur permettant tout juste de vivre, et surtout pas de financer la voiture de J. Cela dura 3 ans. Puis J. commença à en avoir marre de risquer la prison pour un si maigre butin. Il ne le dit pas à M., peut-être de peur de le blesser, ou de ne pas savoir réellement expliquer son impatience. Mais petit à petit s'imposa à son esprit un besoin réel de changement, et, surtout, un besoin de réaliser son rêve. Ce fut alors que M. lui parla d'un "coup". Il s'agissait de s'introduire chez un particulier qui vivait dans une zone résidentielle huppée, pour faucher un "véhicule de collection". M. resta vague sur le véhicule, détaillant son plan à J. qui ne posa pas de questions sur le véhicule.
Le dimanche suivant, il guettèrent le départ pour le Country Club de ce "sale riche", comme l’appelait M. , au volant de la vieille Datsun de ce dernier. Le particulier s'en alla sur les coups de 14 heures, au volant de sa luxueuse berline familiale Allemande, et J. se dirigea vers le garage de la propriété, pendant que M. repartait avec la Datsun l'attendre devant le garage désaffecté qui devait servir de lieu de stockage temporaire au véhicule volé. J. forca la serrure de la porte arrière du garage, entra en refermant la porte et se figea sur place.
Une Plymouth Superbird. Il comprit pourquoi M. était resté vague sur le modèle. Il savait par avance que J. aurait été transporté par le fait de devoir conduire cette beauté. Il mit quelques instants avant de penser à chercher les clés, qu'il trouva sur un panneau accroché au mur (imprudence ridicule de la part du propriétaire qui avait dû payer ce modèle rare et restauré une vraie fortune). Il se mit au volant. Oh! Ce frisson lorsqu'il toucha le volant! Il se délectait par avance de conduire cette merveille. Il fut plein de gratitude envers M. pour avoir déniché ce boulot, et ouvrit le garage en grand. Ce fut alors qu'il vit le jardinier ébahi qui s'était arrêté de travailler pour regarder un homme voler la voiture de collection de son patron.
Il entra en trombe dans la voiture, démarra ( mais savoura tout de même le rugissement du moteur) et fonça hors de la propriété. Il savait que le jardinier préviendrait la police, il se hâta donc de rejoindre M. au lieu convenu, tout fier au volant de cette beauté.
[...]
Voilà pour le moment , en espérant que ça aura plu à quelqu'un 