Jacob Febvre, voix adulte, off
A la source, depuis toujours, il y a un combat entre le Bien et le Mal. Voici l’histoire d’un homme obligé d’anéantir sa famille. Après avoir détourné un convoi d’or nazi dont il avait la charge pendant la Seconde Guerre Mondiale, Bertrand Febvre a créé la F. C. M. (société de fabrication et de vente d’armes mondialement connue) et acheté le Castel pour fonder un parti d’Extrême Droite.
Cinquante ans plus tard, son petit-fils Stéphane, d’une bonté et d’une intelligence remarquables, l’affronte.
Pendant plus de dix ans, la famille Febvre subit les assauts répétés de Cape Rouge jusqu’à l’arrivée providentielle d’un Justicier : Cape Blanche.
Précédemment, dans 1997,
Couronne
Cape Blanche et son frère jumeau tentent d'empêcher l'arrivée d'armes du 21 siècle dans la citée souterraine.
Juin 2013. Journée de beau temps.
New York. F. C. U. S. A.
Des journalistes sont attroupés dans le vaste hall du bâtiment. Matt Carter, en costume noir et blanc, se tenant debout sur les marches d’un escalier, fait une conférence de presse. Une femme d’une soixantaine d’années, mince, les cheveux noirs, longs, portant une chemisette blanche et une jupe verte fait un pas en avant, son micro à la main.
Journaliste
Monsieur Carter, quel effet cela vous fait-il de revenir à la tête de la F. C. U. S. A. ?
Matt Carter
J’en suis extrêmement fier.
Journaliste
Ne regrettez-vous pas votre dernier emploi au NERSC ?
Matt Carter
Le salaire mirobolant me manquera mais ici, j’aurai plus de responsabilités.
Journaliste
Vous qui aviez juré de ne jamais reprendre le contrôle de cette entreprise, comment expliquez-vous cette contradiction ?
Matt Carter
La F. C. U. S. A. est en quelque sorte mon héritage familial.
Journaliste
Et votre soutien au parti Républicain, que devient-il ?
Matt Carter
Je reste fidèle à mes opinions.
Journaliste
Parlons de votre passé, à présent…
Matt Carter
Allons, il a déjà été exposé tant de fois…
Journaliste
Votre famille intéresse nos lecteurs, Monsieur Carter. Que pouvez-vous nous en dire ?
Matt Carter
Je n’ai plus aucun lien avec ma famille.
Journaliste
Pourtant, votre sœur qui est une criminelle notoire a été graciée par deux fois pas l’Etat Français suite à votre intervention.
Matt Carter
N’en auriez-vous pas fait autant s’il avait s’agit de la vôtre ?
Journaliste
Ma sœur n’est pas une meurtrière.
Matt Carter
Dieu vous en préserve… Moi, je n’ai pas eu cette chance. Pourrions-nous parler d’autre chose ?
Journaliste
Est-il vrai que votre père vous faisait subir des entraînements de survie dans les bois lorsque vous étiez enfant ? Et qu’il vous faisait lire Mein Kampf ?
Matt Carter
C’est exact.
Journaliste
Dans quel but ?
Matt Carter
Il voulait nous préparer à la guerre.
Journaliste
Quelle guerre ?
Matt Carter
Il pensait qu’une guerre était imminente. Il était convaincu que tôt ou tard, le Troisième Reich reviendrait au pouvoir.
Journaliste
C’était un néo-nazi.
Matt Carter
Qui l’ignore encore ?
Journaliste
Comment être sûr que cette expérience ne vous aura pas traumatisé ? Pourrez-vous faire des affaires avec des Juifs ?
Matt Carter
Je l’ai toujours fait.
Journaliste
Maintenant, évoquons un instant votre mère…
Matt Carter
Ma mère est morte. Ne pouvez-vous pas respecter sa mémoire ?
Journaliste
Votre mère a revêtu la panoplie de Cape Rouge. Nous sommes tous concernés.
Matt Carter
Elle a été exécutée par la Justice américaine. Vous n’avez plus à vous inquiéter…
Journaliste
Avec un tel héritage : une sœur meurtrière, un père nazi, une mère tueuse en série, comment peut-on vous faire confiance ?
Matt Carter
J’ai des valeurs, un sens moral.
Journaliste
Chacun de nous, ici, ne peut s’empêcher de penser que vous pouvez perdre pied à chaque instant.
Matt Carter
L’ai-je déjà fait ?
Journaliste
Pas que nous le sachions.
Matt Carter
A-t-on déjà eu quelque chose à me reprocher ?
Journaliste
Justement, récemment, votre nom a été cité dans une affaire de meurtre. Je ne vous apprends rien…
La journaliste tend son micro avec insistance.
Matt Carter
Ce sont des calomnies.
Journaliste
Il semblerait que vous soyez l’instigateur de la mort de votre prédécesseur à la F. C. U. S. A.
Matt Carter
Je n’ai pas commandité l’assassinat de Austin Febvre.
Journaliste
Avez-vous demandé à une standardiste de séduire cet homme ?
Matt Carter
Je le lui ai suggéré.
Journaliste
Pourquoi ?
Matt Carter
Je voulais qu’elle le quitte après leur mariage pour qu’il souffre comme j’ai souffert lorsque j’ai dû céder ma place à la tête de la Febvre Corporation.
Journaliste
Ainsi, vous êtes innocent.
Matt Carter
Dans cette affaire comme dans toutes les autres, oui.
Journaliste
C’est un peu facile, vous ne pensez pas ?
Matt Carter
Ecoutez-moi bien. Je vous jure sur ce que j’ai de plus cher, sur la tête de ma petite sœur, que je n’ai jamais souhaité la mort de Austin. Je vous prie de me croire et de laisser la Justice en juger.
Journaliste
Nous savons tous ce que vaut la Justice américaine… Les faits ! Parlons des faits !... Austin Febvre a été nommé à la tête de cette entreprise. Pas parce qu’il était plus compétent que vous mais parce qu’il était un Febvre. Vous avez donc perdu votre place en sa faveur. Vous étiez furieux, en colère… Vous avez donc engagé une employée pour qu’elle séduise votre rival. Son amant l’a tué… Je vous pose la question : à qui profite le crime, maintenant que la place vous a été restituée ?
Matt Carter
On m’a remis à la tête de la F. C. U. S. A. parce que j’y ai fait de l’excellent travail, tout comme mon père avant moi en dépit de ce que vous écrirez sur lui à son sujet dans votre journal, Madame.
Journaliste
Il y aura toujours un doute, Monsieur Carter.
Matt Carter
Ecrivez les calomnies que vous voudrez, elles ne m’atteindront pas.
Journaliste
Vous avez tort de prendre mes remarques à la légère.
Matt Carter
Mais au fait, Madame, je ne vous ai encore jamais vue. Pour quel journal travaillez-vous ?
Journaliste
Le Daily Planet.
Matt Carter
De quelle ville venez-vous ?
Journaliste
Du siège… De Metropolis.
Matt Carter
Et quel est votre nom, je vous prie ? Vous connaissez le mien, je peux bien connaître le vôtre.
La journaliste sourit.