Bonjour !
Récemment, moi et une tribu de fans de Métro 2033 avons engagé une discussion en messages privés à propos d'un échange de fic. Chacun y est allé de sa graine et puis petit à petit on s'est éloignés du sujet, et chacun à choisi le sien.
Aujourd'hui j'ai proposé que chacun post son oeuvre préférée dans ce fofo, pour élargir la portée et recueillir plus de critiques.
Pseudo des concernés :
colonel-tartine
sgtdavid
Yinay_The_Mad
Feodalcraft
Cacahuaitte
Typhoon666
Pyerre_Trotski
Slevin_
et moi-même (je veux dire que c'est moi, pas un type qui s'appelle "moi-même"
)
Voilà pour la petite histoire !
Voici ce que j'ai écrit, ça se passe en Hongrie, bonne chance pour tout lire !
Le papillon vole lentement dans le noir. Il brille. Il effectue un mouvement de temps en temps, d'un rythme régulier, et se maintient dans l'obscurité.
Ses battements sont bruyants. Chaque secondes ils font vibrer les tympans. Ses deux ailes sont ses ventricules. Il rougit. Son cœur bat. Le mouvement régulier s'accélère, le sang est propulsé dans toutes les directions. Voilà l'artère pulmonaire. Et le haut du ventricule droit, celui qu'il faut piquer.
L'artère crache un venin transparent. La tête du serpent se montre. Ses yeux sont secs. Son regards est asymétrique. L'œil droit est aussi noir que l'obscurité qui entoure le reptile. L'œil gauche est si vert qu'il est difficile de le distinguer sur cette peau émeraude.
Ivel sort de son profond sommeil, mécaniquement.
Budapest, Hongrie
11 novembre 1956, 5h30
Aujourd'hui est un grand jour. Le communisme a vaincu l'Insurrection. Le nouveau régime en place veut montrer qu'il est là pour le peuple, Ivel va être affecté à la garde du Général Russe Sivel Divanov, qui entrera en Hongrie demain matin, et débutera une série de discours de propagande communiste en commençant par la ville de Nyiregyl.
Ivel et ses frères d'armes sont rapidement habillés de leur tenu de parade. Ils sortent du dortoir en rang de cinq, marchant au pas. La cérémonie se déroule rapidement, Ivel sait qu'il a été un bon élève, il mérite ce diplôme. Des cicatrices et des marques de coups parcourent tout son corps. Les méthodes Russes sont très efficaces, mais les soldats en paient le prix.
Mais ce quotidien atroce, cette douleur permanente, Ivel sait qu'ils s'achèveront bientôt. Il ne lui reste qu'un effort à accomplir, qu'une journée de supplice.
Nyiregyl, Hongrie
12 novembre 1956, 7h48
Le trajet lui a semblé interminable. Le véhicule est a bout de force, il grince et résiste au chauffeur. L'estrade est déjà prête. Le Général n'est pas encore arrivé, il reste un quart d'heure pour tout mettre en place.
Une rangée de soldats armés sépare la foule du promontoire qui accueillera le haut-gradé. Une autre se trouvera derrière lui, le séparant d'Ivel.
Un petit véhicule blindé arrive par l'arrière, soulevant un nuage de poussière jaunâtre. Un homme en treillis militaire en descend, entouré de sept hommes. L'un d'eux s'approche du supérieur d'Ivel : "Il est a vous, maintenant".
Il hoche la tête et s'en va, emportant les six hommes dans le véhicule.
À partir de ce moment, Ivel ne lâcha plus son pistolet, seul outil à sa disposition pour la protection du Général Divanov. Ce dernier monta lentement l'escalier, et se retrouva sur l'estrade, caché par un mur de bois. Il respira, but une gorgée d'eau, puis passa la porte. Ivel le suivit de très près, et les hurlements de la foule se firent entendre. Le Général s'installa, pris le porte-voix dans sa main droite, et, après un silence, hurla : "Vive le communisme, vive l'URSS, et vive le peuple !"
Les cris et les applaudissements ne perturbèrent pas Ivel qui se mit en rang, derrière le gradé et une première rangée de gardes du corps.
Durant le discours enflammé, il ne cessa d'observer le paysage qui s'ouvrait à lui, en contre-bas.
La foule en transe était envahie de drapeau rouge vif, chacun portant une étoile gigantesque. Au loin, vers l'Ouest, la ville se dressait dans la brume matinale, et à l'Est, les steppes, seulement troublées par la présence d'un château d'eau, qui se dressait fièrement au loin. C'est alors qu'Ivel aperçut un drapeau particulier, dressé par un militant. Il portait un magnifique papillon orangé. La conscience du soldat se tourna alors vers sa famille. Elle devait être en sécurité dans un pays de l'Ouest, comme on le lui avait promis. Maintenant il était temps d'accomplir sa part du marché et de la rejoindre. En bas de la structure en bois, il apercevait les champs de cannes, c'est par là qu'il devra s'enfuir.
L'odeur du fauve qui hurlait, deux pas devant lui, se fit ressentir. Ivel quitta son rang, et fit un pas en avant, passant dans la rangée des gardes rapprochés. Ils n'eurent pas le temps de réagir. Ivel observa leurs armes, elles semblaient bien être factices comme on le lui avait annoncé. Un seul pas le séparait désormais de la bête. Il profita de l'élan du premier pour le franchir, dressa sa main dans le ciel, et enfonça la lame qui s'y trouvait dans le trapèze droit du Général. Le temps s'arrêta. La lame longea l'omoplate, et se logea dans le ventricule droit du cœur de la cible. Ivel, les gants blancs tachés d'un rouge immonde, desserra ses bras, et laissa le corps inerte s'écrouler au sol. La stupéfaction des gardes lui donna trois pas d'avance, et il se précipita dans les cannes. Aucun coup de feu. Les cris de la foules se métamorphosèrent. Ivel n'avait plus qu'une idée en tête, quitter ce pays de misère. Rejoindre ses proches. Il courut. L'hélicoptère ne devait pas être loin, on le lui avait promis. Il fut rapidement essoufflé, mais personne ne le rattrapait. La route lui parut longue, mais il ne perdit pas espoir. Soudain, un flash lumineux se montra. Il venait du château d'eau. Même s'il avait déjà disparut, Ivel accéléra, sentant sa nouvelle vie approcher. Il s'effondra. Une vive douleur se fit ressentir dans son thorax. Le sang coula abondamment. Ivel espérait encore que ce sang soit celui du Général, quand le froid l'envahi. Il ferma les yeux, ne pensa a rien. Le papillon pris son envol. Il était mort.
Oui, j'ai oublié de mettre quelque chose après "Thriller"
Quelque part au-dessus de Nyiregyl, Hongrie
12 novembre 1956, 4h27
«Verticale dans dix minutes !»
La voix du pilote résonna dans la tête de Tony. Dans dix minutes il se jettera du C-123 à plus de 8000m d'altitude. Il n'a pas vu les cinq heures de vol qui relie Cardiff à Nyiregyl.
Le C-123 a un rayon d'action théorique de 1666km. Le trajet qu'il vient d'effectuer est de 1670km. Le bruit des moteur était toujours présent. Une question intriguait le soldat. Comment les pilotes vont-ils revenir en territoire allié ? Peut-être l'appareil avait-il été modifié spécialement pour cette mission délicate ?
Ces questions n'eurent jamais de réponses. Tony se prépara, chaussa ses bottes, enfila ses gants. La température a cette altitude est de -35*C. Il enfila son masque a oxygène, abaissa la visière. À peine avait-il branché son masque au régulateur et aux bouteilles que l'immense trappe s'ouvrir, ne changeant en rien l'éclairage infime des entrailles du C-123.
«Verticale dans cinq minutes ! Check Odd»
«Odd Check, tout est ok»
Tony appuya sur le bouton de test de l'altimètre barométrique sur son poignet. L'aiguille fit un tour complet et revint en position initiale. Tout est prêt. Un vent léger le poussa vers le gouffre, il fit deux pas en avant.
«Odd, tiens-toi prêt, quinze secondes !»
«Odd prêt, quinze secondes»
«Dix ... Neuf ... Huit ... Sept ... Six ... Cinq ... Quatre ... Trois ... Deux ... Un»
Un bruit strident bien familier et une lueur verte se firent ressentir. Tony prit ses deux pas d'élan dans un geste mécaniquement réglé, et se jeta dans le vide. La tonalité s'éloigna rapidement dans son dos. Dehors, rien n'était visible. La nuit. Le papillon prend son envol.
T plus dix secondes : la vitesse de 185km/h est atteinte, fin de la phase d'accélération.
7500m, il fait fixer l'horizon et rester horizontal.
7000m, percé de la première couche de nuage, quelques changements dans la trajectoire du soldat l'oblige à rectifier. La ville est désormais visible.
6000m, le cœur de Tony accélère, il a une folle envie de rire aux éclats. Il connaît ces effets, il s'agit d'une hypoxie. Le parachutiste s'efforce de garder son calme et de se contrôler.
4000m, Tony est au bord de l'évanouissement, il sait qu'il approche d'une altitude respirable. Une minute vingt-cinq de chute, il a passé la moitié.
2500m, Tony désactive le système Oxy et respire l'air ambiant. Les effets s'atténuent progressivement. Tout redeviens normal.
1000m, encore dix-sept secondes avant l'ouverture du parachute et le début de la mission.
500m, Tony peaufine sa trajectoire et place ses mains sur la poignée d'ouverture du parachute principal, et celle actionnant le parachute de secours.
125m, Il tira violemment de sa main droite sur la poignée bleue. Le parachute créa un choc brutal, puis tout s'apaisa. Le vent berça le soldat. Quelques instants plus tard, ses pieds touchèrent le sol, écrasé par les 160kg de matériel portés par le parachute.
Tony scruta l'horizon, à la recherche de son objectif. Il s'étonna de la faible distance qui le séparait de ce dernier, et entreprit d'enterrer son matériel. Il sortir la pelle de son sac, creusa durant une quarantaine de minutes, puis plaça son parachute et son régulateur d'oxygène maudit dans le trou, et reboucha ce dernier.
Il jeta un regard rapide à sa montre.
5h32
Le temps était maîtrisé, il se dirigea vers le château d'eau.
Le fatigue ne le toucha pas quand il commença son ascension. La corde accrochait parfaitement aux gants du soldat. Arrivé en haut, il s'empressa de s'allonger avant de ranger le matériel d'escalade, et de sortir son fusil de précision, le Springfield 1903A4. Sa portée était habituellement de 100, et il allait devoir tirer une balle à plus de 1500m. Tony posa son anémomètre électronique sur le sol de béton, et attendit quelques instants. L'appareil indiquait une mesure entre 4km/h et 6km/h, venant de l'Est. Tony prépara son fusil. Il sortit la lunette et tourna la mollette horizontale pour la régler sur 5km/h de vent depuis trois quart arrière, et la molette verticale pour une distance de 1500m. Il sortit un bipied et le plaça, puis posa son épaule sur la crosse de bois, et son œil droit, le vert, dans la lunette. Il observa la scène. Le Général allait monter sur scène, suivi de ces gardes. L'un d'entre eux sera la cible. Tony surveilla sa montre, il était 7h55.
Les gardes étaient désormais en place derrière le dirigeant qui entamait son discours. Tony plaça le réticule sur la deuxième rangée de soldats, et compta. Le septième homme. Il correspondait au profil de la cible. C'était un jeune homme blond, ordinaire. Il se tenait fièrement, Tony aurait juré qu'il ne ferait pas ce qu'il allait faire.
Soudain, le regard du jeune homme fut porté vers la foule, et il se métamorphosa. En quelques secondes durant lesquelles il semblait avoir découvert le sens de son existence, il se précipita sur le Général et le poignarda très calmement. C'était maintenant à Tony d'exécuter les ordres. Pendant que le jeune homme courrait dans les champs de cannes comme il été prévu qu'il le fasse, Tony pensait. Ce jeune Hongrois avait été manipulé toute sa vie. On lui a sûrement pris une vie heureuse, mais on lui donne la mort. Mais ce “on” ... Tony travaillait pour eux. Il se demandait s'il n'allait pas lui arriver la même chose, mais se rassurait en se disant qu'on ne lui avait rien promis.
Il aligna le réticule sur la tête de la bête affolée et pressa la détente. Un claquement se fit entendre, Tony ne bougea pas, observant la scène. Le jeune homme s'effondra cinq secondes plus tard, dans une giclée de sang. Tony vit un papillon voler. Il repris son souffle.
La suite !
Tony doit maintenant se focaliser sur son nouvel objectif : sortir de cet endroit. Il rangea le Springfield dans sa housse, qu'il plaça dans son dos, et se dirigeant vers l'échelle, le dos courbé, épousant la forme du sommet du château d'eau. Il descendit rapidement, et se retrouva avec de l'herbe jusqu'aux genou, comme trois heures avant. Il resserra son casque orné du mot «Odd» écrit au charbon de bois, ajusta ses gants, et se prépara à une longue marche.
Il arriva rapidement près d'un chemin de terre, s'allongea, et surveilla les alentours. Un jeep blanche surchargée de soldats communistes passa dans un nuage de poussière glacée. Tony se releva et traversa la route, presque accroupi.
Devant lui s'étendait maintenant des kilomètres de champs et de steppes. Il regarda sa montre, il était 8h13, le soleil peinait à se montrer à travers la couche de nuages grisonnants. Il pressa le pas.
Une heure plus tard, il se retrouva contraint de passer à proximité d'une vieille ferme. Il ne voulait pas attirer l'attention, mais le soleil était maintenant haut dans le ciel, et si un seul Hongrois habitait dans cette ferme, il se ferait voire. Il décida donc de traverser la ferme. Il arriva furtivement devant la porte en bois usé, et sortit son matériel de crochetage. Le pistolet à serrure émis quelques cris aigus, puis la porte céda. Tony la poussa, et resta à l'extérieur de la ferme, plaqué contre le mur, attentif au moindre signe d'une présence humaine. Le silence régnait. Il passa la tête. Rien. La ferme était poussiéreuse, il la traversa, sur le qui-vive, après avoir refermé la porte derrière lui.
«Выскользнуть из дома немедленно, или я взорву ваш череп, грязные паршивый пес!»
Sur le balcon intérieur se tenait un vieil homme. Il pointait un long fusil de chasse dont le canon trembler sur Tony.
L'art de l'improvisation. C'est ce qui permet de survivre dans toutes les situations, et c'est sa maîtrise qui fait la polyvalence des guerrier.
Tony observa la pièce en une fraction de seconde, et un plan se profila dans sa tête. Il répliqua, très calmement : «Государственной полиции. Опасный преступник скрывается в вашем доме. Вы арестованы за соучастие.»
Le paysan leva la tête d'étonnement durant une fraction de seconde, laissant le temps à Tony de saisir le bout du canon du fusil à pompe, et de tirer dessus d'un coup sec et d'une extrême violence. La gâchette échappa au vieillard qui se saisit de la crosse par réflexe et s'écrasa au sol après une chute depuis le balcon. Le parquet pourri se creusa pour laisser tomber le corps grassouillet. L'arrière de son crâne était coloré de rouge qui lui collait aux cheveux. Tony laissa la scène comme elle était et quitta les lieu.
Tony était maintenant armé, et, après un bref regard sur sa montre, osa se mettre debout et courir.
La route qu'il devra emprunter pour son exfiltration se situait à 10km et il lui restait huit minutes pour l'atteindre. Il jugea que ce serait faisable en courant, et se mît à exécuter ces gestes mille fois répétés en salle ou en entraînement en conditions réelles. Les herbes hautes et le peu de visibilité ne le gênait pas. Une fois le lieu atteint, il ne vit pas la route tant il était aveuglé par les phares de la voiture qui s'y trouvait. Il s'allongea instantanément et cessa de respirer, ouvrant grand les yeux et écoutant.
Le pick-up blanc s'arrêta. Deux sons aigus retentirent, il venait de klaxonner. Tony se releva, monta rapidement par la porte arrière du véhicule, et observa les conducteurs. L'un était en nette sous-alimentation, portait un chapeau bleu délavé et un imperméable de la même couleur. Il sortit du véhicule en courant et tenta de fuir, mais tomba au sol. C'est alors que Tony compris son erreur. Quel dommage .. La vie de ces deux paysans aurait pu continuer si il ne s'était pas jeté dans la camionnette. Il sortit, mis le fusil dans son dos pour ne pas gaspiller de munitions ni attirer l'attention, et se dirigea lentement vers l'homme qui gigotait au sol. Ses sourcils pâles étaient courbés d'horreur. Il respirait très rapidement. Tony immobilisa ses bras d'une main par sécurité, et appuya sur sa gorge de l'autre. Arrivé à deux centimètre de profondeur, son doigt s'arrêta, et le paysan eu un spasme. Son visage se détendît, sa respiration cessa.
Tony se releva, courut dans la direction vers laquelle il avait entendu les bruits de pas rapides et la respiration affolée du second paysan. Il ne se pressa pas, et cala l'impact de ses pieds sur le sol avec ceux de sa proie. Arrivé à sa hauteur, il empoigna ses poignets, et plaça son genou devant ses jambes. Le paysan tomba, son crâne percutant une pierre de plein fouet. Tony lâcha les poignet de l'homme qui tombèrent lourdement, et se dirigea vers la route.
Il attendit plus d'une heure avant de se décider à prendre le véhicule blanc taché de boue. Son exfiltration était un échec. Il allait devoir rejoindre son pays sans l'aide de l'équipe qu'il attendait.
Des pavés de plus en plus courts, mais pas que ! ![]()
Tony réfléchit. Il allait devoir quitter les lieux au plus vite avant qu'une enquête ne soit menée sur les trois décès. Il avait fait son possible pour maquiller les exécutions en accidents. Le premier avait fait une chute depuis son balcon, le second à trébuché et a heurté une pierre ... Le cerveau du troisième à été privé de sang. Il comptait désormais sur l'inefficacité des services de police Hongrois. Il décida de prendre la route, et monta dans le pick-up après avoir sali la plaque d'immatriculation avec un peu de suie issue du pot d'échappement. Il enfila une cagoule, releva sa vitre, et démarra le moteur. Le réservoir était plein au trois quarts, il pourrait parcourir 850km. Il pouvait tenir une dizaine de jours sans s'alimenter, la moitié sans boire, et savait se débrouiller.
Il prit la route vers l'Ouest, en espérant rejoindre la Croatie, puis l'Italie, la France, puis demander un voyage vers les États-Unis
Première étape, quitter Nyiregyl et aller vers Debrecen.
Quelques heures plus tard, il était dans les campagnes environnantes, et décida de s'approprier une ferme pour se ressourcer avant de reprendre la route.
Il s'arrêta devant une maison en bois, descendit du véhicule, et frappa à la porte. Au bout de cinq minutes, il se décida, et entra par une fenêtre à l'étage. Il mangea, mais se refusa à dormir avant d'avoir éliminé le propriétaire de la maison. Il passa le temps en creusant la tombe de ce dernier, dans le champ voisin.
Le fermier arriva le lendemain soir, il était 22h40. Tony passa derrière lui et lui retourna le cou. Il le pris ensuite sur ces épaules et l'enterra dans le trou creusé la veille. Il pleuvait, et la terre glissait le long de son visage pâle.
Tony nettoya la pelle, démonta le fusil pour en observer le fonctionnement et le nettoyer, aiguisa son poignard, puis se coucha, et s'endormir rapidement.
Une masse rouge et tiède lui tomba dessus. Il fit un bond, et passa sa langue sur ses lèvres pour goûter le liquide. Du sang. Il regarda en l'air, rien, juste le plafond de bois. Il se retourna trois fois avant de tomber nez à nez avec le paysan obèse, le visage blafard, les yeux blancs. Il se prépara à de ses mains nues, mais une deuxième personne se montra. Il avait un creux béant au milieu du crâne, et des lambeaux de chaire pendaient sur ces yeux, jusqu'à son menton déformé. Tony courut et se précipita au rez-de-chaussée. Un homme l'y attendait, le cou retourné. Un second, le dos tordu et le derrière du crâne défoncé semblait réclamer son fusil. Tony se jeta sur ses assaillants, dans un combat seul contre quatre à mains nues. Il saisit le premier homme qui lui tomba sous la main, et brandit son poing pour frapper sa figure. Au lieu d'enfoncer sa main dans la chaire de l'homme, Tony se fracassa le poing dans un crâne qui vola en éclats. Il se retourna en cherchant les trois autres adversaires, mais ne trouva personne.
Tony fut réveillé par un bruit sourd, et regarda son poing. Il était en état d'accueillir les visiteurs qui frappaient à la porte ...
Il ne descendit pas, écoutant et estimant la menace. La manière de frapper la porte n'était pas celle des forces Hongroises, ni de la Police. Elle semblait digne de l'entraînement qu'il avait lui même reçu. Il écouta les bruits de pas et les chuchotements, et visualisa sept hommes derrière cette porte. Lorsqu'il commença a entendre les bruits de crochetage de porte, il se saisit du fusil, et courut vers ne plafond. Il y avait disposé une trappe, au cas ou ... Il passa par le toit, puis tourna mentalement la scène dans sa tête. Les quatre premiers hommes investiront la ferme, pendant que les trois autres seront à l'entrée. Deux regardant vers l'intérieur, se tenant prêts à porter secours, et un le regard tourné vers l'horizon ... Mais pas vers le ciel.
La porte céda. Tony glissa le long de la paille qui composait le toit, puis, rectifiant son saut au dernier moment, atterris sur les épaules de celui qui surveillait l'extérieur, après avoir placé sons couteau entre ses jambes. Le soldat s'écroula, et Tony regarda autour de lui, sans prendre le temps de récupérer le poignard planté dans la nuque de son adversaire. Deux hommes regardaient vers l'intérieur, comme prévu. Avant qu'ils ne se retournent. Le fusil cracha deux cartouches qui les défigurèrent dans un vacarme assourdissant. Les deux hommes s'écroulèrent dans un bain de sang. À partir de ce moment-là, on savait qu'il était bien là, et qu'il ne se rendrait pas. Il décida d'enflammer la maison et les corps pour affoler les quatre soldats restants, et se rendre maître de la situation. Il sortit son briquet et le cala entre la peau d'un défiguré et son treillis militaire.
Alors que l'incendie se déclarait, il pris l'initiative de faire le tour de la maison en courant, pour surprendre ses adversaires. Il fit un premier virage à gauche, et se retrouva par chance dans le dos d'un soldat. C'est avant de lui retourner les cervicales qu'il vit son uniforme. Il était noir et sans aucuns signes. C'était assurément celui d'un service spécial. Peut-être son employeur ? Il saisit la tête de l'homme, exécuta sa manœuvre, mais avant de s'écrouler au sol, le soldat eu le temps de déchirer le silence glacial par une rafale de PM dans le vent. Tony savait à quoi s'attendre. Avant même qu'il n'y pense, deux soldats le maîtrisèrent en quelques rapides mouvements, pendant qu'un troisième hurlait de douleur à l'intérieur de la maison ravagée par les flammes.
Un des deux soldats releva la tête de Tony, et lui hurla dans les oreilles, avec un accent anglais :
“Are you Tony Savannah ?”
Tony acquiesça. Inutile de nier ce que l'agresseur savait déjà.
Ils enfilèrent une cagoule à Tony, et écrasèrent lentement son crâne contre une surface froide, probablement une carrosserie, avant de lui passer les menottes.
Alors qu'on le plaçait dans un coffre et que le véhicule silencieux et puissant démarrait, Tony réfléchissait à une tentative d'évasion ...