C'est la première fois que j'écris un OS à la première personne, je ne crois pas avoir assuré, mais bon, j'espère quand même 
J'aimerais avoir vos avis pour que je puisse m'améliorer ensuite, ce serait vraiment gentil de votre part !
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Je le vois. Il se tient debout, derrière le rideau de la salle à manger, sans jamais lâcher ses yeux des miens. Il pleut, il fait nuit, mais tout ça est récurrent. Après tout, je LE vois. J'ignore qui est cet enfant à la peau extrêmement pâle, aux cheveux courts, dont le visage n'arbore absolument aucune expression. J'ai maintes fois tenté de le toucher, mais quand je sortais de ma chambre pour me diriger vers la salle à manger, il disparaissait à chaque fois. Et pourtant, quand je retrouve ma chambre, je le vois par la fenêtre, se tenir près du rideau. Il ne semblait pas être un fantôme, sinon, je le saurais, mais il ne semblait pas être là non plus. C'était étrange, presque horrifique, et pourtant, je n'ai pas peur. Je n'ai jamais eu peur de cet enfant que je vois depuis des années. Jamais il ne grandissait, jamais il ne souriait.
Je suis née dans une riche famille bourgeoise, mes parents et moi ne sommes pas proches, je n'ai jamais compris pourquoi. À vrai dire, je ne parlais que très peu, j'étais une adolescente plutôt calme et sérieuse, qui trouvait sa vie ennuyeuse, jusqu'à cette nuit où j'ai commencé à voir cet enfant, près de la fenêtre. Je n'ai jamais demandé à mes parents si eux aussi le voyaient, ça m'était égal. Ma mère, quand on la regardait, on croirait qu'elle allait se mettre à pleurer à tout moment, elle passait sa vie dans sa chambre, à observer les tableaux qui y étaient accrochés. Quant à mon père, ce n'est qu'un vieux alcoolique qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Je ne le vois que très rarement, nous n'avons pas de discutions père/fille, et pourtant, cela ne me dérange pas, au contraire, j'irai même jusqu'à dire que ça m'arrange. Cet homme me dégoûte. Il a commencé à sombrer dans l'alcool lorsqu'il perdit son travail, il y a quelques années, et pourtant, même en sachant que nous avons hérité d'une énorme fortune à la mort de mon arrière-grand-père, il n'est plus le même qu'avant. Moi ? Je ne suis qu'une simple adolescente de dix-sept ans, répondant au nom de Chloe Makayla. Je n'ai ni rêve, ni objectif. Je n'ai pas d'amis, mais cela, c'est le dernier de mes problèmes. Mon passe-temps favori ? Lire ou méditer, ça s'arrête à ça.
Chaque soir, avant d'aller me coucher, je regarde une ultime fois l'enfant. J'ai l'impression que dès que je ferme mes yeux, il se met à sourire. J'aimerais bien le voir sourire, juste une fois. Je me suis longtemps convaincue d'être devenue folle, à voir des êtres qui ne sont pas véritablement là, mais je pense que si je le vois, c'est qu'il y avoir une raison. Une raison pourquoi ma famille est aussi dissoute, peut-être que cet enfant pouvait en être l'explication. Du moins, c'était ce que j'espérais. Et c'était avec ces questions ancrées dans la tête que chaque soir, je sombrai dans d'éternels rêves, où je voyais un père, une mère et leur fille, sourire aux lèvres, jouer en famille. Mais ce n'était qu'un rêve.
Le soleil me tira de mon sommeil, et la première chose que j'ai faite, comme toujours, c'était de voir si l'enfant se tenait là. Comme je le pensais, il avait disparu. Il n'apparaissait que les soirs de pluie. Il pleuvait pratiquement tous les jours ici, à Desert Hills. Comme son nom l'indiquait, c'était une ville totalement déserte. Aucun piéton dans les rues, aucune maison, aucun parc. Cette ville était morte. Les seules personnes qui vivent dans cette commune, c'est bien évidemment ma famille et moi, qui avons emménagé dans l'immense manoir de mon arrière-grand-père. Aujourd'hui, ma maison était vide, je devais peut-être en profiter, c'est plutôt rare que ma mère quitte le manoir. Il y a une pièce dans ma propre maison dans laquelle je n'ai jamais pénétré, maintenant que j'y pense. Je focalisa mon regard sur la fenêtre où l'enfant se trouvait chaque nuit, et je n'y vis que les rideaux opaques qui se balançaient au gré du vent. Après avoir mûrement réfléchi, je pense que je devrais entrer dans cette mystérieuse pièce, dans laquelle mes parents m'ont toujours interdit d'entrer. Mais je me suis toujours demandé pourquoi. Pourquoi n'avais-je pas le droit d'entrer dans cette pièce ? Mais maintenant que j'y pense, je ne crois pas avoir déjà vu mes parents y entrer d'ailleurs. Quels secrets peut-elle bien renfermer ?
Mes pas me guidèrent vers cette pièce, comme s'ils ne suivaient pas ma conscience. J'avais peur d'entrer dans cet endroit, peur de découvrir des choses que je ne devrai pas savoir, et pourtant, j'avançais, encore et toujours. Et je ne m'étais doutée que dans cette pièce renfermait mon acte de mort.
Je toucha la poignée, fraîche et poussiéreuse, et, hésitante, je l'ouvris discrètement. Une pièce toute blanche avec des tas et des tas de livres parsemés dans les diverses bibliothèques. Tellement cette pièce était poussiéreuse, les traces de mes pas pouvaient se distinguer dans le sol. Dès que je remarqua cela, pour je ne sais quelle raison, j'ai tout de suite tourné mon regard vers la fenêtre ouverte. Pourquoi était-elle ouverte ? Et le rideau qui y était accroché... Il ressemblait à celui du salon, où se trouvait l'enfant. Je me dirigea vers la fenêtre et y toucha le rideau. Du sang apparut tout le long. Je n'avais pourtant pas peur. Mais qu'est-ce que c'était ? Je n'avais pas halluciné, tout à l'heure, le rideau était propre ! Je me mis à la fenêtre et regarda l'horizon : un jardin s'étalant sur des tonnes et des tonnes de mètres, avec des arbres fleuris et un magnifique ciel pour couvrer tout cela. Mais la réalité me tourna de ce reflet. Mes mains étaient remplies de sang, tout comme la fenêtre et le rideau. Je m'en éloigna aussitôt et me dirigea vers le bureau qui était situé au centre de la salle. Un vieux bureau tout rouillé, avec de vieux objets comme décor. Un album photo était ouvert dessus, et je le pris dans mes mains. L'enfant que je voyais chaque nuit était dessus !
— 'Alex Makayla, huit ans, 1985-1993, retrouvé mort près de la fenêtre de sa chambre. Cause de la mort : quelqu'un a violemment fracassé sa tête contre la... paroi de la fenêtre' ?
La fenêtre... C'est l'endroit de sa mort ! Ce qui signifie... que cette pièce était sa chambre ? Cet enfant... c'est mon frère ? Mon petit frère ? Qu'est-ce que tout cela voulait bien signifier ? Pourquoi je peux le voir ? Pourquoi mes parents ne m'en ont jamais parlé ?! À peine ai-je refermé le livre qu'une main s'empara de mon cou et de me jeta contre la fenêtre. Tout devint noir.
Lorsque je me réveilla, j'étais dans mon lit, il faisait nuit. Qu'est-ce qui s'est passé ? Etait-ce... un rêve ? Ou la réalité ? Je ne comprenais pas. Je me leva de mon lit et me dirigea vers la fenêtre. L'enfant me regardait. La pluie continuait de tomber, encore et encore. Pour la première fois depuis que je vois cet enfant, je voulais aller dehors, voir la pluie, la toucher. À vrai dire, je n'ai jamais touché la pluie, il ne pleuvait que le soir. J'ouvris ma fenêtre, et me jeta à bras perdus à l'extérieur de la maison. D'un coup, c'est comme si toutes mes chaînes qui me reliaient à ma fenêtre, toutes les chaînes qui me retenaient prisonnière s'étaient détruites. La pluie... c'était quelque chose d'étrange. C'était de l'eau, mais pour la première fois, je crus que la pluie me comprenait. Pourquoi ? Pourquoi ? Je m'assis sur le banc en face de l'immense arbre situé au centre de notre jardin. Mes cheveux étaient mouillés, je leva ma tête vers le ciel et je laissais les gouttes de pluie couler le long de mes joues. Je leva mes bras au ciel. Je ressemblais à cet enfant. Je voyais à travers mon corps. Mon premier réflexe fut de regarder l'enfant, mon petit frère. Alex. Il souria et disparut. Tout devint clair. Mon petit frère... c'était mon père qui l'avait tué, trois ans avant ma naissance, parce qu'il avait trop bu. Ma mère a pris peur, et s'est repliée sur elle-même. Mon père l'a violée, et je suis née de ce viol. Ma mère s'est sentie honteuse, elle n'est devenue qu'une femme se sentant sale et ignoble au fond d'elle.
Mais la première chose que je compris, c'est que j'étais bel et bien morte aussi.