Mon eldorado est un martyre, une damnée de la plèbe, évincée du commun des mortels. Incomprise, je daigne remarquer que ton impuissance inhibe ta conscience. Tu m'as arraché de ton étreinte idyllique d'un coup brusque et létal. Apathique, mon cœur souffre en silence, exhume de minutes en secondes un mal-être cicatrisant le symbole de ma décrépitude. Mon souffle s'exile, mon espoir, inerte sur un sol érodé par tant d'afflictions, ne guigne plus persévérer dans une arène où la lucidité l'avilit sans once de considération. Alors je chute, mon esprit se morfond dans un silence religieux, seules la fumée et l'alcool ont raison de mon mutisme, instruments de l'oubli... mes souvenirs d'antan n'ont qu'une parcelle infinitésimale dans mon hippocampe. Vous, qui m'avez transmis vos sourires, et toi, mon ange démoniaque, mon amour éperdu qui, durant l'espace d'un doux parcours euphorique m'a fait comprendre que je ne puis espérer mieux que notre rencontre. Tu es ce que j'aime, et malgré ce sanglant coup du destin contre toi, j'étais prêt à y faire impasse, malgré l'imminence d'une mort tragique et injuste. Prêt à sacrifier mon essence pour t'offrir un final mirifique au possible. A mon plus grand regret, tu es partie, mais ma pensée reste éternelle, gravée au fer rouge dans mon âme, exprimée par des traînées d'encre et des flots de larmes. N'aurais-je pas été à la hauteur d'un combat qui me dépassait ? Flétri, je m'en veux, mais il faut croire que je ne suis qu'une bête impuissante face aux hostilités de l'existence. Une brebis égarée sur le champ de bataille. Je t'aime.