Salut à tous ! Voilà le premier texte que je poste ici, j'espère qu'il vous plaira. Surtout n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez je suis ouvert à tout commentaire constructif bon ou mauvais
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« -Trois »
Sa voix résonne dans ma tête, le décompte a commencé et je ne peux plus changer d’avis, à cette pensée mon cœur se serre, mes muscles se raidissent, mes jambes tremblent et mes yeux se ferment. Dans mon esprit toutes les possibilités se forment, de la moins bonne à la meilleure, de la mort à la révélation absolue. Une seule certitude, je vais le faire, je dois le faire et rien ne m’y empêchera.
« -Deux »
La voix rauque percute mes tympans. Sous l’effet de la pression et de mes paupières fermées mes sens sont en ébullitions. Une goutte de sueur perle doucement sur ma tempe, mon t-shirt humide colle sur mon dos, la brise caresse légèrement mon bras nu, l’odeur légère mais tenue de la forêt flotte dans l’air. Ces sensations sont poussées à l’extrême. Mes jambes ne me soutiennent qu’avec difficulté. J’entends les oiseaux battent des ailes au-dessus de moi et loin au-dessous, le son de l’eau qui dort. Derrière moi je le sais, les esprits s’échauffent tandis que s’étirent les sourires.
« -Un »
La voix est toujours aussi forte, ils prennent une grande inspiration et mon cœur s’arrête. La goutte de sueur coule sur ma joue, les oiseaux se sont éloignés. J’ouvre les yeux. L’immensité m’accable et le vide me pèse. L’Angoisse me serre dans ses bras étouffants, les sensations me prennent en assaut, l’Espoir m’observe sans m’aider, la Peur se tient à mes côtes et même l’Impatience s’invite à la fête qui se tient dans ma tête. Mon esprit est au bord du gouffre. Moi aussi, et dans un instant, je vais faire un grand pas en avant.
« -GO! »
Mes jambes fléchissent, derrière moi, les prémices d’un cri, ma conscience est toujours aussi embrouillées et mon regard se fixe sur l’horizon. Je commence à me rendre compte de la folie que je m’apprête à faire. Mais mes jambes se détendent déjà et je sens mon corps se détacher du sol.
Le cri prend forme, grave, puissant, il emplit l’espace. Mes pieds s’éloignent de plus en plus du perchoir, mon regard toujours attaché sur le bout du ciel, mes pensées s’arrêtent.
La clameur monte progressivement dans les aigus, je commence à distinguer les différentes voix, je suis presque à l’horizontale, le ciel et la terre se confondent, mon esprit se brume.
Autour de moi rien que l’azur étincelant et réconfortant. Un véritable cri de guerre embrase mon crâne. Mes pensées se rassemblent, se fusionnent, se synthétisent en une seule idée qui se cristallise au fin fond de mon esprit, je vole.
Mon cœur remonte, la terre et les nuages ressurgissent peu à peu. J’entends encore la puissance des voix. Mes battements sont de plus en fort maintenant, le cri a diminué, ma vision s’abaisse, je vois le sol et dans mes yeux s’allume une flamme glaciale, celle de la peur. De ma gorge monte le son de la terreur. Ma conscience effrayée fuit et laisse mes réflexes primaires gérer la situation. Je me débats, je hurle mais rien y fait, je tombe, encore et toujours. Je deviens l’Affolement pendant que le sol fonce vers moi.
Et là, au fond des prunelles de cet animal apeuré et tombant,
S’incruste l’image d’un corps inerte dans une flaque de sang.
Le son d’un élastique qui se raidit, je me souviens peu à peu, l’humanité reprend le dessus, je me rappelle pourquoi suis-je ici, ma conscience reprend le contrôle, je me souviens où je suis, ma vitesse chute brusquement, je suis calme et je me fige à quelques mètres d’un lit de pierre.
J’ai seulement le temps de regarder vers le haut et de m’apercevoir que loin au bout de la corde se trouve cinq têtes dépassant du parapet. L’élastique se détend, je prends de la vitesse alors que je fonce vers le ciel, la Peur est toujours là mais je m’habitue à sa présence, et je prends plaisir, je me sens libre, mon corps n’est plus qu’une plume qui s’envole dans un coup de vent, je réalise le premier souhait des Hommes, m’aventurant dans un pays que l’on ne connaît pas encore totalement. Je m’imagine les oiseaux me regarder et être outrés qu’un être si brusque et pataud puissent pénétrer leur royaume.
Plus tard, je me retrouve sur un bateau de pierre qui tangue âprement au dessus d’une mer verte, à moins que ce ne soit un pont, je tente de rejoindre un groupe de personnes hilare mais mes pieds ne m’obéissent pas et je manque de tomber. Tout va bien, dans quelques minutes tout sera rentré dans l’ordre, ce n’est pas l’avis de mon cerveau, persuadé que j’ai absorbé une substance hallucinogène, déclenche mon premier système de défense : tout recracher. Je commence à avoir mal au ventre, le fond d’un seau apparaît devant mes yeux, premier spasme, pas le temps de me demander qu’es qu’il fait là, je cède.
Allongé sur un drap à même le sol, mon esprit calmé se promène dans les allées des souvenirs, revivant les quelques minutes de terreur que je venais de vivre, je ressens pour la première fois la lourdeur de mon corps, il me gêne maintenant, sans le détester je me rends compte que je ne suis plus à l’aise dans cette chair pesante. Mais la réminiscence du saut fait ressurgir la peur du ciel et je ne lamente pas de ne pas avoir d’ailes finalement.
J’observe tranquillement les nuages défiler et je me promets de ne plus pénétrer dans le territoire de ces majestueux voyageurs, plus jamais.