Bonjour à tous, je vous présente ma nouvelle "Déraison", elle sera fragmentée et livrée sur plusieurs message, puisque apparemment, elle est trop longue.. J'espère que vous apprécierez
Déraison
Il se réveilla dans l'après-midi. La sonnette de son appartement résonnait et lui foutait un mal de crâne à en faire perdre la raison à un poilu. Il ouvrit donc les yeux, après avoir négligemment repoussé une mèche de cheveux rebelle, il constata les dégâts. Comme d'habitude régnait le désordre, et sans savoir pourquoi, il aimait ça. Son psy lui avait dit qu'un esprit malade se laissait aller au niveau du rangement, et vice versa. Les premiers signes d'une dépression, avait-il dit. Il ne le croyait pas, c'était bien pire qu'une dépression. Ça ressemblait bien plus à du désespoir, du désespoir à l'état pur. Il faut dire qu'il n'avait pas grand chose auquel se raccrocher. Il ne connaissait pas ses parents, vivait d'un salaire léger, car écrivain raté. Il disait à ceux qui voulaient bien l'écouter et croyez moi, ils étaient peu, que l'art n'était plus qu'une fade discipline transformée en industrie stérile qui ne s'intéressait qu'à la renommée et non au talent. Il n'était pas repoussant, et pouvait même prétendre à un statut de bel homme dans la société qu'il dénonçait comme superficielle. Lui n'y croyait pas, il ne croyait en rien excepté peut être en lui.
Il ouvrit la porte, affublé d'un caleçon rose usé et d'un T-shirt troué. En face de lui se tenait son meilleur ami qu'il côtoyait depuis le berceau. Superbe destin que deux enfants nés le même jour, dans le même hôpital. Depuis, ils ne s'étaient plus quittés.
Attendait donc sur le pallier le Don-Juan moderne qu'il voyait en Léto, habillé non pas d'un pauvre caleçon et d'un T-shirt mais d'une chemise grise surmontée d'un costume noir. Il avait sans conteste la classe. De plus, il était armé comme toujours de son sourire qui vous donnait l'impression qu'il croyais en vous, qu'il vous aimait. Léto était son oxymore parfait. Travaillant comme mathématicien de renommée mondiale, et gagnant sympathiquement sa vie, Léto avait réussi et lui, rêvait en secret de son meilleur ami, il en était jaloux. Non pas parce que Léto gagnait bien sa vie, mais à cause de son inconditionnel charme et de son talent si particulier dans les mathématiques. Là où il avait toujours échoué, malgré son amour non réciproque entre lui et la matière scientifique. Grâce à ça, il avait même travaillé dans plusieurs banques célèbres et prestigieuses. Le monde se l'arrachait et il était toujours là, à ses côtés.
Après quelques piques sur le style vestimentaire du seul être humain en caleçon rose, Léto entra. Et pendant quelques heures, ils discutèrent, alternant blagues salaces et bières. Étrangement, Léto laissa son téléphone portable sur la table, et quand il partit, l'oublia. Ce qu'il n'avait par ailleurs jamais fait auparavant. Il faut dire qu'à ce portable, Léto y tenait beaucoup, peut être même plus qu'à sa mère. C'est ce qu'il lui avait dit il y avait de ça deux ou trois ans. Il avait bu certes, mais ça ne tenait pas debout : jamais Léto n'avait laissé son portable traîner, il ne le sortait même qu'en de rares occasions.
Il trouvait ça presque dérangeant au point qu'il sursauta quand le téléphone sonna. Il était en train d'écrire et d'essayer de finaliser son dernier roman sur un fond de Beatles. Il en était fan, comme Léto. En attendant, le téléphone sonnait, il n'osait pas y toucher. Trois fois retentit Staying Alive des Bee Gees. Et c'est par un élan de curiosité qu'il décrocha. La peur au ventre, il obtint seulement un lieu et une date, le lendemain. Complétés par une heure et une dernière indication : prendre le paquet dans le 4*4 noir. Il hésita, éteignit son ordinateur et se coucha. Staying Alive se répétait sans cesse et résonnait dans sa tête, et pour une fois, il avait une bonne raison de ne pas dormir.
Le lendemain, habillé à la façon de Léto, il sortit et se rendit au lieu convenu. En regardant son reflet dans une vitrine, il crut y reconnaître Léto. Il n'y fit pas attention.
Cette situation l'excitait, il n'avait pas senti ce flux d'adrénaline en lui depuis bien longtemps déjà. Il aperçut le 4*4 et à sa surprise, ne trouva personne dans le véhicule. Il tenta d'ouvrir le coffre et celui-ci s'ouvrit naturellement. A l'intérieur reposait un long paquet rectangulaire et un mot : « Les conditions sont toujours les mêmes, le payement est divisé en deux, un tiers avant et les deux autres tiers après. Nettoyez le second étage de l’hôtel Gredacio. En cas de refus ou d'échec, les sanctions seront exemplaires. Nous croyons en vous Léto. »
Surpris, il ne comprenait pas encore dans quel merdier il venait de s’engouffrer. Il découvrit une liasse de 2500 €. Il n'avait jamais vu autant d'argent excepté dans les nombreux films qu'il avait pu visionner illégalement sur le net. Le souffle coupé, il prit l'argent, le paquet et le mot et se sauva. Rentrer dans son appartement, il entreprit d'ouvrir le paquet. Une batte de base-ball en acier se tenait dans sa main.. Mais dans le fond du paquet se trouvait un autre objet, une sorte de masque, un masque qui prenait la forme d'une tête de coq.
Que pouvait bien faire Léto avec ça, que voulait dire la voix au téléphone par « Nettoyez », pourquoi un masque de coq ?! Qu'attendait on de lui ? Pauvre écrivain raté au bord du suicide ! Tant de questions se bousculaient dans sa tête et une migraine se dessinait à l'horizon. Il prit des somnifères et se coucha. Il dormit et rêva de Léto massacrant des innocents à tête de coq avec la batte.
En se réveillant, le monde lui semblait différent, peut être à cause de son rêve horrible. Il prit quelques minutes pour se lever et décida d'aller faire un tour à l’hôtel Gredacio. Il le trouva à quelques ruelles de chez lui et c'était un petit immeuble miteux et abandonné. En se renseignant, il apprit qu'un petit groupe s'y était installé. On lui demandait clairement de liquider ce gang sous peine de sanction et donc de mort, c'est comme ça que ça marchait dans les films, en déduisit-il. Tourmenté par une pluie de questions, Léto restant introuvable et sans même venir chercher son téléphone. Sonner chez lui était un échec. A croire que tout ce jeu était voulu. Il voulait des explications et rapidement.
Quelques jours passèrent, le téléphone sonna, la voix n'était plus douce, mais colérique, il avait peur, et n'obtint aucune réponse, juste des menaces de mort, qu'on le retrouverait s'il fuyait. Il transpirait à grosses gouttes, c'était pire qu'un contrôle de math... Il ne possédait plus qu'une option, obtempérer.
A la nuit tombée, il se rendit sur les lieux, il se dit que les ténèbres nocturnes lui laisseraient le temps. Qu'aucun voisin ne viendrait lui casser les pieds ou encore que les forces de l'ordre ne viendraient pas interrompre sa cruelle mission. Il ne s'était battu que quelques fois au cours de sa jeune vie, et armé de sa batte ainsi qu'affublé de son masque en forme de tête de coq, il entra. L'hôtel était désert. La moisissure au plafond donnait à l'entrée une atmosphère horrifique. Les gouttes qui venaient s'écraser contre le sol retentissaient à la manière d'un marteau contre une enclume et faisaient régner le mal dans chaque recoin de la pièce.
Timidement, il avança vers les escaliers. Contre le mur reposait un homme. Il était particulier cet homme. Il avait le crâne explosé. Le peu de cervelle qui n'avait pas éclaboussé le mur était en train de pourrir et des insectes y dînaient. L'odeur était putride, et il se boucha le nez en signe de dégoût. L'homme semblait le regarder. Du moins, le regarder de l’œil droit. L'autre orbite n'existait désormais plus. Cette vision eut l'effet d'un coup de fouet et il vomit toutes les tripes de son corps. Il eut d’ailleurs à peine le temps de retirer son masque. Son ancienne prof de grec ancien aurait crié « Bile jaune dixit Hippocrate ! ». Reprenant ses esprits et son souffle, il distinguait de la lumière au second étage. En montant, une odeur d'urine vint chatouiller son nez.
Des cris et des pleurs lui caressaient les tympans et il aperçut un homme ivre. La batte entre les mains, il approcha silencieusement et en un instant, abattu de toutes ses forces l'arme contre sa victime. Le sang gicla puis éclaboussa gracieusement son masque et son T-shirt. Le mur n'avait plus besoin de nouvelle peinture. Il ressentit la culpabilité le ronger, mais pour une raison qu'il ignorait, un rictus se dessinait sur son visage. Les nausées qu'il s'attendait à avoir ne firent pas d’apparition. Il poussa le cadavre d'un coup de pied et continua. Les cris et pleurs étaient plus proches.
Il surprit un duo d'hommes sur une femme. Elle criait et se débattait tantdis que ses agresseurs commençaient à l'attacher et enlever leurs pantalons. Les vêtements de la demoiselle n'étaient plus que lambeaux et son sein droit était visible. On pouvait même y apercevoir une vilaine morsure. Les deux hommes étaient terriblement violents et la rage commençait à l'envahir. Il détestait l'injustice.
Il s'élança. Il reçut un coup au visage et sentit son arcade droite exploser tandis que s'abattait la batte sur la tête d'un des deux hommes qui fut envoyé au sol. Le craquement de sa gencive sous le poids de l'arme était horrible, totalement fou. Sa mâchoire déboîtée, et son nez en miettes expliquaient les raisons de son brutal abandon.
Quant au deuxième, il eut a peine le temps de sortir son arme. Une seconde plus tard, son poignet se brisa. Criant à son tour, vociférant des insultes dans une langue inconnue, le second malfrat frappa de toutes ses forces et brisa la clavicule de l'homme coq qui de douleur se courba. L'hémoglobine n'avait jamais autant coulé, et c'était une véritable boucherie. Se relevant du violent choc qu'avait subit sa clavicule, il mit en pleine figure un coup de l'arme en métal au plus résistant des deux hommes qui se trouva propulseé contre le mur. Sa nuque se brisa. Son crâne était lui aussi dans un sale état. L'homme de l'entrée n'avait rien à lui envier. Il saisit le pistolet, et dans un élan de violence il tira froidement dans la tête de l'homme sans mâchoire. L'horreur était à son paroxysme. Son T-shirt blanc était criblé de tâches pourpres, son masque laissait apercevoir par un trou béant son visage amoché. Son œil droit était violacé et la douleur se faisait ressentir dans tout son corps. Chaque mouvement le faisait souffrir. Il aurait des courbatures demain matin.
Il vérifia qu'il n'y avait plus trace d'aucun violeur. Dans son investigation rapide, il entreprit d'ouvrir une porte. Elle menait à la dernière pièce de l'étage. Emplie de cadavres de femmes, condamnées à servir de repas aux omnivores du coin. Il tremblait de tous ses membres. Mais il n'était pas dégouté, non, au contraire. Il jubilait de plaisir, comme si tout ce stupide massacre l'avait libéré de la morosité. Il vivait pour la première fois de sa vie, et c'était malsain.
En partant, il souleva la jeune femme inconsciente. Elle était très jolie, il se servit d'un bout de tissu sanguinolent au sol pour la couvrir. La batte laissait s'échapper son bonheur sous forme d'une substance liquide chaude et rouge qui donnait une nouvelle jeunesse au tapis rance. Il laissa tomber la batte qui résonna en un bruit sourd dans toute l'entrée. Un gentil frisson lui parcourait l'échine. Il était heureux, et venait sûrement même de sauver la vie à un jeune femme. Pour une fois, ses actions avaient un sens.
Il arriva chez lui sans problème, 5000 € en liasse attendaient sagement dans sa boite aux lettres. Comment la voix avait elle pu déjà être au courant ? Il était fatigué et se questionnerait à propos de ça le lendemain matin.
La fille était légère et toujours inconsciente. Il la déposa sur son canapé et alla se laver. Le sang était difficile à enlever. Il se sentait fier. Son esprit lui criait de recommencer encore et encore, c'était tellement bon. Détruire et arrêter de créer, céder à la tentation de la facilité. Devant son miroir, son visage était salement amoché, la fille gémit, et il la regarda. Elle dormait toujours. Elle devait sûrement être traumatisée. Il se retourna. Et dans le miroir, il ne trouvait plus son visage, et ses cheveux blonds mais celui de Léto.
EA.
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De une j'ai adoré
De deux, c'est bien une fanfic de Hotline Miami, j'me goure pas?
Bon j'te ferai une vraie critique plus tard, j'suis un peu en rush en ce moment ![]()
J'ai pas mal puisé les scènes de violence et le masque de Hotline miami que j'ai adorée (notamment le teaser énormissime trouvable sur Youtube). Mais aussi pas mal de Fight club et de films et romans tiers ![]()
Mais en soit pour les non gamers, elle n’apparaît pas comme une fan fic de HM et c'est ce que je préfère mais c'est vrai que HM est présent. C'est d'ailleurs très gentil d'avoir donné ton avis, je te remercie ![]()
J'ai pas encore véritablement commenté
J'avais zappé pour être honnête ^^ une vraie critique arrive ce soir, promis!
Aha, pas de problème, je serai là ![]()
Et j'ai encore oublié
J'suis désolé j'ai vraiment trop de choses en tête ![]()
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