Malheureusement pour Tanuki, les nobles se faisaient rare, du moins les jeunes. Et à partir de soixante ans, la jeunesse de ces aristocrates disparaissait petit à petit, et la marchandise du proxénète devenait invendable. Ahri se demandait pourquoi ces porteurs de noms spéciaux se faisaient avoir et se faisaient prostituer... à croire que faire l’amour était interdit du côté d’Hyrule, et que l’intimité la plus totale régnait dans cette ville. Mais elle ne s’en souciait que peu. Il a trouvé un candidat : Dragmir Fürst. La famille des Fürst était connue depuis des siècles pour ses loyaux services dans les organisations de fêtes, dignes d’un roi. Les plats étaient en diamant, aucun moyen de l’érafler et illuminaient la nourriture la rendant d’autant plus agréable à regarder. Les bals étaient construits sur deux étages. Cela peut paraître bizarre, mais ça ne l’est pas. L’étage du bas avait une forme conique remontant vers l’étage du dessus. En dessous se trouvait l’orchestre symphonique jouant majoritairement des valses. Vient la partie encore plus étonnante. La technique ou la magie, -on ne le sait pas-, a permis d’avoir le son qui remonte dans la salle de danse. L’acoustique était telle qu’on aurait pu se croire à la place du chef d’orchestre.
Ahri Fürst. Ça ne lui semblait pas si mal en fait. Il n’y avait qu’à espérer que Dragmir était faible d’esprit. Ce qu’ils sont souvent d’ailleurs, les aristocratiques. Vide, stupide, mais possèdent entre leurs mains des pouvoirs pouvant réduire à néant toute campagne. C’est ridicule. Tanuki a donc appelé ce jeune, plutôt beau gosse. Mais une discussion a suffi, il fit honneur à la réputation : un crétin. Ce sera facile pour la manipulatrice de le garder entre ses griffes. Le vider de son cerveau, le rendre encore plus imbécile qu’il ne l’est déjà, faire d’elle la priorité pour cet étalon. Créer un besoin et en être la solution. Si elle le voulait, il sauterait d’un pont. Elle avait de nouveau un rictus aux lèvres. Le mariage était vite fait, dans une grande discrétion, ni vu, ni connu. Rien que ça. Elle avait accès dès à présent à toute la ville d’Hyrule, comme si la capitale lui roulait un tapis rouge sous ses pieds. Ahri a acquis la richesse grâce à son père, elle n’avait aucune limite. Tout se déroulait comme si elle vivait dans un de ces livres dans lequel tout se passe à merveille, un rêve devenu réalité. Jusqu’à ce qu’elle reconnaisse une petite rébellion de la part de Dragmir. Il commençait à comprendre son jeu.
Le pire qui pouvait arriver arriva. Il s’est rendu compte du mal qu’elle est, et le mariage à peine réalisé risquait déja de tomber à l’eau. Elle avait une pensée de folie. Elle venait à peine de monter sur ce statut. Elle pensait à une solution... Bien évidemment. Le meurtre. Qui devrait soupçonner une pauvre fille, n’ayant que vu des prairies tout le long de sa vallée...
Aucune preuve ne l’amènerait à elle. Un suicide, simple, comme on en voit tous les jours. Tout le monde raconte que c’est à cause de son passé dans le métier. Surtout avec les images que les nobles adorent ragoter de ces pervers et perverses qui ont des imaginations à tordre les esprits des plus ouverts. Le corps fut retrouvé le lendemain.
Enfin, Ahri est devenue ce qu’elle voulait et vivait son rêve. Logeant dans sa ville de rêve, comme dans son imagination... et malgré tout, quelque chose clochait. Elle ressentait un sentiment d’oppression, d’étouffement... mental et non physique. Le soir, elle se rendit dans un café type. Un grand lustre orné de cristaux était suspendu au-dessus de chaque table. Une lumière tamisée éclairait le local. Le comptoir était orné d’émeraudes. Ahri s’est assise. Elle avait directement commandé un Nurgel, un mélange de spiritueux typique. Elle ne parlait pas beaucoup, passait plutôt son temps à observer les gens. Jusqu’à ce qu’elle rencontre un autre jeune homme. Elle n’avait jamais ressenti ce genre d’émotions. Tout se chamboulait! Comment était-ce possible qu’elle n’arrivait plus à contrôler ses sentiments? C’était absurde. Celle qui tire les ficelles, qui a l’habitude de tout! Elle a crû comprendre que les habitués l’appelaient William de Ville. Ce nom... était doux. Ahri n’a que su penser à ça jusqu’à ce qu’il l’aborde. Elle s’est précipitée à quitter les lieux, et de rentrer chez elle, et le regretta immédiatement. Personne ne lui a raconté ce qu’on ressentait lorsqu’on était amoureux! Une douleur poignante dans le coeur, un manque dès que la personne n’est plus présente! Mais malgré cela, elle était heureuse. Elle avait tendance à penser qu’elle discernait une mélancolie. Dans sa maison, elle pensait des choses d’une tristesse à en pleurer. “Personne ne m’a jamais aimé...” “Je croyais tout avoir, mais je me retrouve avec rien.” “J’avais le pouvoir sur ma vie, maintenant je n’ai que le pouvoir de mouvoir mon corps.” Elle devenait folle. Tout lui échappait peu à peu. Les images du cadavre de Dragmir lui revenaient, quand le fantôme apparaissait derrière elle! Mais ce n’était qu’une hallucination. Jusqu’à ce que sa mère l’appelle... La maternelle l’a renié aussi. Ahri se sentait déchirée. Elle croyait que c’était elle, que dans son désespoir elle allait lui pardonner... La génitrice rajouta une chose : son père était mort quand elle était jeune, et n’en voulait pas discuter jusqu’à maintenant. Tanuki n’était pas un renard... mais un simple chien viverrin. La réalité lui venait à l’esprit... Tanuki en avait marre de cette peste de renarde. Squatter son argent, même si c’était donné. Fouiller dans les affaires qui ne lui regardaient pas. À se demander pourquoi il s’est donné tant de peine... mais tout était trop tard pour raconter la vérité à qui que ce soit . Il n’y avait plus personne pour l’écouter. Elle se retrouva toute seule.
Finalement, dans tous ces additions d’évènements, une chose lui semblait claire, qu’il n’y avait plus qu’une issue... peu de temps après, elle parcourut les rues de cette ville qui se disait la plus éclatante. Mais tout semblait morose. Le regard fixé sur le sol, les pieds traînants, elle se rendit à la sortie de la ville. Les portes de la cité se fermaient derrière elle, et ne se retournèrent même pas. Elle continuait son chemin dans les bois marécageux. Malheureusement, c’était le dernier jour où quelqu’un l’a vu...
Fin.