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[Conte] Sacré Tanuki

mitchgta
mitchgta
Niveau 8
05 juin 2013 à 11:13:14

Suite à un exercice en classe, je me suis dit de partager le conte de fée que j'ai crée. C'est plus pour partager qu'autre chose. Merci pour votre lecture. :)

Il était une fois, dans les contrées éloignées du Myrinir, la petite Ahri. Jeune adolescente, très futée et maligne. Elle ne savait pas quoi faire de ses journées, sa petite région campagnarde empêchait de faire beaucoup de choses du fait qu’il n’y avait pas d’activités. La seule chose qui l’amusait était de manipuler les gens, de temps en temps de façon voulue et à certains moments inconsciemment. Que ce soit la boulangère d’à côté pour connaître les petits potins, ou que ce soit les petits flirts avec Tanuki, avec qui la mère déconseillait de discuter. Tanuki, ce vieux pervers, mais riche. Tout le monde se demandait comment il avait amassé tant d’argent. Il ressemble à un raton laveur, avec un gros ventre, et toujours une bouteille de saké à ses cotés. C’était sacré. Mais dans tous les cas, ça lui permettait d’avoir quelques petites entrées financières. Ça évitait à Ahri de devoir travailler les champs. Elle rêvait de vivre un jour dans la ville d’Hyrule, la capitale de Myrinir. Rayonnante de mille éclats de diamants, cette ville offre un charme inouï pour celui qui la visite. Mais pour vivre dans cette ville, il faut être considéré comme noble... Ce qui n’est pas le cas d’Ahri, la jeune fille de la campagne.

Il lui fallait trouver un moyen de gagner ce titre de noblesse. Elle y réfléchissait beaucoup. Sauf qu’un jour, après une nuit de lecture, dans un de ces livres, il y était écrit “la solution n’est jamais très loin de soi...”. Elle en discute avec sa mère, Hubertina, qu’elle méprise pourtant, mais qui reste tout de même sa génitrice, et elle peut renier cela. La jeune lui parlait pour soulager sa conscience, même si elle savait que sa maternelle n’écoutait pas. La vieille retenait tout ce qu’elle ressentait, mais jamais elle ne parlait de ses soucis. On ne sait pas si c’était parce qu’elle ne voulait pas s’échanger ou si c’était pour protéger ses enfants. En tout cas, la fondatrice de la famille en souffre. Elle a certainement déjà pensé au suicide. Bref, ce n’est pas la personne de choix d’Ahri. Malgré cela, elle veut garder sa conscience tranquille.
Un dimanche matin, la jeune fille se rendit dans la boulangerie, pour aller chercher des pains. Elle commença à parler au maître pâtissier, qui lui raconta les informations croustillantes du jour. Sauf que ce ne sont pas les potins normaux. Jamais elle n’aurait cru que des choses comme ça pouvait se passer dans la petite région de Lindaï, à la campagne. Tanuki n’était pas n’importe qui : c’était un proxénète de première classe. Il ne s’est pas spécialisé dans la prostitution féminine, mais dans le racolage masculin noble, ce qui avait captivé l’attention de cette manipulatrice. Bien évidemment, le mot noble s’est répété dans sa tête comme un écho dans les montagnes, et cela en était presque mélodieux. Son but de pouvoir rejoindre la ville d’Hyrule était à portée de main. Elle ne devait plus que jouer des tours à son alcoolique et elle n’attendra pas longtemps pour le faire. Dès l’après-midi, elle se rendit auprès de sa maison sur pilotis, fait de bambou sur le haut d’une colline. Une villa d’une taille gargantuesque. C’était rare de le voir là, vu que Tanuki adorait passer sa journée au bord du lac, entouré de cerisiers du Japon. C’était toujours un spectacle magnifique à voir. Elle n’hésita pas à prendre le martelet, et frapper le gong, qui sert de sonnette. Le son retentit dans toute la vallée. Le vieux n’aura pas pris longtemps pour arriver à l’entrée, à croire qu’il l’attendait. La porte coulissante s’ouvrait lentement. Elle devait être lourde. Il avait déjà un sourire aux lèvres. Il commença à parler :
“- Tu as déjà entendu les potins, n’est-ce pas? Je savais que ça allait te plaire. Ne t’étonne pas comme ça, je connais ton jeu depuis que tu es toute petite.
- Mais... comment l’avez-vous su? Je croyais que personne ne le remarquait, et que mon apparence trompait tout le monde sur ma vraie nature, répondit Ahri.
- Entre croire et savoir, il y a un monde de différence. Essayer de manipuler un manipulateur est très risqué, surtout face à un expérimenté comme moi. Je vis sur ce monde depuis bien plus de 300 ans. J’en ai vu passer des personnes à essayer de me mener par le bout du nez.
- Vous n’êtes pas complètement innocent dans cette histoire avec la pâtissière, n’est-ce pas? Pourquoi vous l’avez fait?
- Effectivement. Chaque fois que nous nous retrouvions au bord du lac, tu regardais sur l’horizon, vers la ville d’Hyrule. Tes yeux exprimaient la mélancolie, l’envie et de la jalousie. Ça me faisait de la peine. J’étais comme toi, à ton âge. Mais maintenant je préfère vivre ici. Et je veux que tu puisses vivre dans le rêve.
- Et je vous dois quoi?
- Tu ne me dois rien. Je suis ton père. Tu ne t’es jamais demandé pourquoi nos queues se ressemblaient tellement, et que ta mère ne t’a jamais parlé de ton père?”

Il avait raison. Et Ahri le savait. Elle ne savait quoi ressentir. Sa mère s’était fait mettre en cloque par un proxénète. Elle exaspérait de haine, de dégoût. Elle a renié sa maternelle à ce moment. Pourtant, malgré ces sentiments, la fille aux queues-de-renard ressentait de la paix, du soulagement et du remerciement envers son paternel. Elle ne sait pas pourquoi elle éprouvait ça, c’était mal. Mais au final, qui est-ce qui s’en soucie? Peu de monde... surtout dans celui qu’elle allait rejoindre bientôt. Un sourire pernicieux s’esquissait sur le visage de la rusée. Elle se posa la question comment il se faisait qu’elle était si naïve de croire que ce personnage de Tanuki n’avait rien de mal? Ça ne compte plus dès a présent. Le but de ce renard n’était d’autre que le profit. Il prostituait ces jeunes nobles auprès de la bourgeoisie. Ceux-ci déboursaient des sommes astronomiques pour passer ne serait-ce qu’une nuit avec cette classe supérieure. Pourtant ils avaient un corps, une mentalité peu différente qu’un individu lambda.

mitchgta
mitchgta
Niveau 8
05 juin 2013 à 11:13:21

Malheureusement pour Tanuki, les nobles se faisaient rare, du moins les jeunes. Et à partir de soixante ans, la jeunesse de ces aristocrates disparaissait petit à petit, et la marchandise du proxénète devenait invendable. Ahri se demandait pourquoi ces porteurs de noms spéciaux se faisaient avoir et se faisaient prostituer... à croire que faire l’amour était interdit du côté d’Hyrule, et que l’intimité la plus totale régnait dans cette ville. Mais elle ne s’en souciait que peu. Il a trouvé un candidat : Dragmir Fürst. La famille des Fürst était connue depuis des siècles pour ses loyaux services dans les organisations de fêtes, dignes d’un roi. Les plats étaient en diamant, aucun moyen de l’érafler et illuminaient la nourriture la rendant d’autant plus agréable à regarder. Les bals étaient construits sur deux étages. Cela peut paraître bizarre, mais ça ne l’est pas. L’étage du bas avait une forme conique remontant vers l’étage du dessus. En dessous se trouvait l’orchestre symphonique jouant majoritairement des valses. Vient la partie encore plus étonnante. La technique ou la magie, -on ne le sait pas-, a permis d’avoir le son qui remonte dans la salle de danse. L’acoustique était telle qu’on aurait pu se croire à la place du chef d’orchestre.

Ahri Fürst. Ça ne lui semblait pas si mal en fait. Il n’y avait qu’à espérer que Dragmir était faible d’esprit. Ce qu’ils sont souvent d’ailleurs, les aristocratiques. Vide, stupide, mais possèdent entre leurs mains des pouvoirs pouvant réduire à néant toute campagne. C’est ridicule. Tanuki a donc appelé ce jeune, plutôt beau gosse. Mais une discussion a suffi, il fit honneur à la réputation : un crétin. Ce sera facile pour la manipulatrice de le garder entre ses griffes. Le vider de son cerveau, le rendre encore plus imbécile qu’il ne l’est déjà, faire d’elle la priorité pour cet étalon. Créer un besoin et en être la solution. Si elle le voulait, il sauterait d’un pont. Elle avait de nouveau un rictus aux lèvres. Le mariage était vite fait, dans une grande discrétion, ni vu, ni connu. Rien que ça. Elle avait accès dès à présent à toute la ville d’Hyrule, comme si la capitale lui roulait un tapis rouge sous ses pieds. Ahri a acquis la richesse grâce à son père, elle n’avait aucune limite. Tout se déroulait comme si elle vivait dans un de ces livres dans lequel tout se passe à merveille, un rêve devenu réalité. Jusqu’à ce qu’elle reconnaisse une petite rébellion de la part de Dragmir. Il commençait à comprendre son jeu.

Le pire qui pouvait arriver arriva. Il s’est rendu compte du mal qu’elle est, et le mariage à peine réalisé risquait déja de tomber à l’eau. Elle avait une pensée de folie. Elle venait à peine de monter sur ce statut. Elle pensait à une solution... Bien évidemment. Le meurtre. Qui devrait soupçonner une pauvre fille, n’ayant que vu des prairies tout le long de sa vallée...

Aucune preuve ne l’amènerait à elle. Un suicide, simple, comme on en voit tous les jours. Tout le monde raconte que c’est à cause de son passé dans le métier. Surtout avec les images que les nobles adorent ragoter de ces pervers et perverses qui ont des imaginations à tordre les esprits des plus ouverts. Le corps fut retrouvé le lendemain.

Enfin, Ahri est devenue ce qu’elle voulait et vivait son rêve. Logeant dans sa ville de rêve, comme dans son imagination... et malgré tout, quelque chose clochait. Elle ressentait un sentiment d’oppression, d’étouffement... mental et non physique. Le soir, elle se rendit dans un café type. Un grand lustre orné de cristaux était suspendu au-dessus de chaque table. Une lumière tamisée éclairait le local. Le comptoir était orné d’émeraudes. Ahri s’est assise. Elle avait directement commandé un Nurgel, un mélange de spiritueux typique. Elle ne parlait pas beaucoup, passait plutôt son temps à observer les gens. Jusqu’à ce qu’elle rencontre un autre jeune homme. Elle n’avait jamais ressenti ce genre d’émotions. Tout se chamboulait! Comment était-ce possible qu’elle n’arrivait plus à contrôler ses sentiments? C’était absurde. Celle qui tire les ficelles, qui a l’habitude de tout! Elle a crû comprendre que les habitués l’appelaient William de Ville. Ce nom... était doux. Ahri n’a que su penser à ça jusqu’à ce qu’il l’aborde. Elle s’est précipitée à quitter les lieux, et de rentrer chez elle, et le regretta immédiatement. Personne ne lui a raconté ce qu’on ressentait lorsqu’on était amoureux! Une douleur poignante dans le coeur, un manque dès que la personne n’est plus présente! Mais malgré cela, elle était heureuse. Elle avait tendance à penser qu’elle discernait une mélancolie. Dans sa maison, elle pensait des choses d’une tristesse à en pleurer. “Personne ne m’a jamais aimé...” “Je croyais tout avoir, mais je me retrouve avec rien.” “J’avais le pouvoir sur ma vie, maintenant je n’ai que le pouvoir de mouvoir mon corps.” Elle devenait folle. Tout lui échappait peu à peu. Les images du cadavre de Dragmir lui revenaient, quand le fantôme apparaissait derrière elle! Mais ce n’était qu’une hallucination. Jusqu’à ce que sa mère l’appelle... La maternelle l’a renié aussi. Ahri se sentait déchirée. Elle croyait que c’était elle, que dans son désespoir elle allait lui pardonner... La génitrice rajouta une chose : son père était mort quand elle était jeune, et n’en voulait pas discuter jusqu’à maintenant. Tanuki n’était pas un renard... mais un simple chien viverrin. La réalité lui venait à l’esprit... Tanuki en avait marre de cette peste de renarde. Squatter son argent, même si c’était donné. Fouiller dans les affaires qui ne lui regardaient pas. À se demander pourquoi il s’est donné tant de peine... mais tout était trop tard pour raconter la vérité à qui que ce soit . Il n’y avait plus personne pour l’écouter. Elle se retrouva toute seule.

Finalement, dans tous ces additions d’évènements, une chose lui semblait claire, qu’il n’y avait plus qu’une issue... peu de temps après, elle parcourut les rues de cette ville qui se disait la plus éclatante. Mais tout semblait morose. Le regard fixé sur le sol, les pieds traînants, elle se rendit à la sortie de la ville. Les portes de la cité se fermaient derrière elle, et ne se retournèrent même pas. Elle continuait son chemin dans les bois marécageux. Malheureusement, c’était le dernier jour où quelqu’un l’a vu...

Fin.

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