Petite nouvelle sans grande prétention écrite en deux jours, basée sur mon univers de "Magie & Machines"
Partie 1
Le temps était lourd et couvert au dessus d'Áth Cliath, l’orgueilleuse capitale du Royaume de Logres. En ce milieux d'après midi, la ville d'habitude si bruyante et noire de monde s'était enveloppée d'atours fantomatiques. Les rues étaient désertes, tous les commerces étaient fermées, toutes les maisons avaient leurs fenêtres closes. Seuls quelques véhicules militaires et autres soldats-messagers à vélo sillonnaient les rues désertes.
Sur le port, aucun navire. Toute la flotte marchande avait été évacuée la veille, partant se réfugier vers le port de Béal Feirste. La Marine de guerre avait elle prit la direction de la Manche dans la matinée, jugée à la fois incapable de tenir tête à ce qui attendait la ville, et trop précieuse pour être sacrifiée en qualité d'appât.
Mais la garnison des quais tenait toujours les fortifications côtières et les défenses érigées à la hâte. Du haut des tourelles, des officiers de la Marine Royale, restés à terre, scrutaient la mer d'Irlande, ou plutôt son ciel, à la recherche de la force d'attaque ennemie.
Soudain, une masse noire sembla au loin se détacher des nuages. Puis une seconde, et une troisième. Le second Lieutenant O'Braenain, qui fut le premier à distinguer les formes depuis son poste d'observation située au nord de la côte, fit immédiatement sonner l'alerte et envoyer un télégramme au Général Ui Mórdha, défenseur de la ville.
Le Quartier Général des armées du royaume avait lui aussi quitté la capitale, jugeant la position trop dangereuse, pour installer son commandement temporaire dans la petite cité médiévale de Tara. Siège de la monarchie, elle était située à quelques dizaines de kilomètres au nord d'Áth Cliath.
Une salle des opérations avait été aménagée à la hâte dans le hall du Palais des armées. Plusieurs dizaines de postes télégraphiques et une poignée de liaisons téléphoniques avait été installées autour de la vaste pièce, au milieu de laquelle on avait posé une immense table. Sur icelle était étendue une gigantesque carte d'Etat-Major représentant la capitale du Royaume et ses environs.
Autour d'un coté de la table se pressaient de nombreux généraux et amiraux en pleine agitation et planification de la bataille. En face d'eux se trouvaient, debout et digne, le Maréchal Donnchadh-Aindreas Ui Deághaidh, duc de Connacht et tout récent commandant des armées du Royaume, à coté duquel était assit sur un trône de fortune son beau frère le Haut Roi Flaithbertach II l'intrépide.
Les deux hommes, à la soixantaine avancée, étaient vêtus du fringuant uniforme vert à pantalon blanc de la garde royale, à col fermé à l'impériale, bardé de médailles, décoré d'une arrogante fourragère et d'un ceinturon d'or.
Le Roi était de taille moyenne, le visage rond, les yeux bruns clair et le nez en trompette, physique typique des membres de la maison Áedacáin qui gouvernait le Royaume de Logre depuis le XIIIe siècle, et l'Irlande depuis le XIe. Il avait une chevelure épaisse et une longue et touffue moustache, d'un ton qui virait au roux grisonnant.
Le Duc de Connacht avait lui une silhouette beaucoup plus élancée. Svelte et de grande taille, son visage maigre affichait une mine sévère, renforcé par le monocle qu'il avait enfoncé sur son œil gauche. Il n'avait plus guère de cheveux, et affichait une discrète moustache blanche.
Un peu en retrait des deux hommes se tenait également la princesse Siobhan. Héritière de la couronne, son père l'invitait depuis le début de la guerre à toute les réunions d'importance.
L'Amiral Griphuvud, un des rares nains engagé dans l'armée royale, protestait contre le plan d' Ui Deághaidh :
« Je persiste à dire que nous devons utiliser sans attendre nos canons expérimentaux! Vous allez sacrifier des positions entières dans l'espoir hypothétique de neutraliser un de ces engins, alors que nous ne savons même pas si notre puissance de feu sera efficace ! Non, je vous le dit, autant tester ces canons tout de suite, s'ils ne marchent pas au moins nous serons immédiatement fixé et nous pourrons envisager une solution de rechange ! »
« Vous l'avez vous même fait remarqué, nous ne savons pas ce que valent nos canons verticaux. » répondit Deághaidh avec calme « Si nous voulons réussir il n'est pas question de les utiliser à longue portée, de rater nos tirs, de dévoiler notre position et de tout faire échouer à cause d'une précipitation mal venue. »
« Je maintiens que vous êtes tout deux dans l'erreur » Fit remarquer le jeune colonel Ulwaen « Nous ne pouvons pas lutter contre ça par des moyens conventionnels, laissez-moi embarquer à bord de nos dirigeables pour tenter un abordage, avec ce temps je suis sûr que... »
Il fut coupé par un rictus dédaigneux de Deághaidh, qui lui répondit avec méprit :
« Vous vous feriez balayer comme un fétu de paille. »
La dispute continua pendant un bref instant, quand le Haut Roi resté silencieux jusqu'alors se leva et dit :
« Messieurs, veuillez vous taire je vous pris. »
Les cliquetis des télégraphes se firent alors entendre. D'abords discrets, ils devinrent vite de plus en plus bruyants à mesure que les différents postes étaient envahis de messages, le tout accompagnant les première sonneries de téléphone.
Les militaires se mirent alors à s'agiter dans tout les sens, et l'ont transféra rapidement un appel du général Ui Mórdha au Maréchal Ui Deághaidh. Les militaires firent silence alors que le Duc écoutait les paroles du défenseur de la capitale. Au bout de quelques secondes il s'adressa au corps des officiers :
« Ils arrivent par le Nord Est. »
Cela faisait prêt de deux ans que le Royaume de Logres était embourbé dans cette terrible guerre. Le plus puissant État d'Europe, et même du Monde, était désormais acculé sur tout les fronts par les mages insurgés.
Le Royaume s'était constitué à la fin du Moyen Age et avait depuis lors toujours eu une place prépondérante dans le concert des nations européennes. Mais c'est la révolution industrielle, impulsée à la fin du XVIIIe siècle par les nains (que l'ont croyait disparus jusqu'alors) qui conféra au Logres une puissance telle qu'il étendit son influence par delà les océans.
Pour autant les mages n'avaient guère apprécié cette arrivée soudaine de la technologie. Chassés des cours royales, ostracisés, contraints à la misère, ils avaient déjà tenté une révolte en s'appuyant sur les masses ouvrière de l'Europe centrale, et ils avaient été balayé dans le sang. Les Royaumes d'Europe pensaient avoir maîtrisé définitivement la situation, démontrant la supériorité écrasante de la technologie sur la magie archaïque.
Mais quelques décennies plus tard, les mages germains et transylvains s'étaient réveillés plus puissants que jamais. En s'appuyant sur les miséreux exploités et reprenant à leur compte une conception mystique du socialisme maksalien, ils avaient dispensé à une vitesse folle leurs enseignement magiques et retourné les armes technologistes contre leurs créateurs et les enchantant.
Uns à uns, les Royaumes d'Europe étaient tombés, écrasés par les machines machiavéliques et des armées de sorciers devenus miraculeusement tout aussi puissant que Darayawus et Merlin réunis.
A ce jours, les germains avaient chassé Carthage de l'Ibérie, s'avançaient dans le Caucase en direction des Empires perses et osmaniens, et luttaient contre l'armée logroise et les vestiges de l'armée franque en Bretagne et au nord de la Franquonie.
En Afrique, l'Abyssinie Impériale s'était ralliée aux clan des mages, ouvrant une immense ligne de front contre les colonie logroises et l'Empire Carthaginois, le tout sous l’œil neutre du pharaonat d’Égypte.
En Extrême Orient, les différents empires et royaumes profitèrent de l'occasion pour chasser tous les comptoirs européens.
Au Moyen Orient, les deux frères ennemis perses et turques luttaient encore cote à cote contre la poussée germano-transylvaine dans le Caucase et l'Anatolie, mais pour combien de temps ?
Seule les Columbies et la Scandinavie avaient conservé leur neutralité dans cette guerre, et la Grande coalition des royaumes ne se résumait plus désormais qu'en une poignée d’États.
Jusqu'à récemment, le Royaume de Logre se pensait toutefois totalement à l'abri des combats sur son sol national, puisqu'il conservait le contrôle incontesté des mers. Mais il fut confronté à une terrible surprise.
Il y a quelques mois, les germains sont parvenus à enchanter un cuirasser pour le faire voler : Ce fut la toute première Luftfestung. Avec cet engin réaménagé, ils ont décimé toute la flotte Logroise qui tenait blocus en mer du Nord, sans que les marins ne puissent répliquer, aucune armée n'étant à l'époque préparée à faire face à une assaut aérien (la conquête du ciel n'était alors assurée que par de modestes ballons dirigeables)
Les germains se sont ensuite mit en tête de mener un raid d'intimidation contre la capitale du Royaume de Logres. Ils ont envoyé Trois Luftfestung pour effectuer un bombardement destructeur sur les installations industrielles, financières et politiques d'Áth Cliath, afin de démoraliser la classe dirigeante et répandre leur propagande socialiste.
Mais leurs appareils ne sont pas passés inaperçus. Survolant la Grande Bretagne, les armées de Logres ont pu deviner leurs intentions et se préparer au combat. Des prototypes de canons antiaériens ont été développés par les ateliers EoDannigh, et l'armée royale compte sur eux pour mettre en échec la déferlante aérienne germaine. Le problème c'est que ces canons n'ont jamais été testés...
Partie 2
Sur la passerelle de commandement du Helgoland, luftfestung enchanté et réaménagé à partir de l'ancien cuirassé de la marine prussienne du même nom, l'Amiral Doenets et le Standartenzauber Pohl observent la capitale du Royaume de Logres qui se dessine lentement à l'horizon.
Karl Doenets était un ancien lieutenant de la marine prussienne, qui s'était rallié à la cause des mages dès le début de la révolte. Il avait su gagner la confiance du Commandeur Hiedler, l'homme par qui tout avait commencé et qui tenait les rennes de la nouvelle Germanie. Il avait ainsi pu rapidement prendre du grade.
Au lancement du projet Luftfestung, initié pourtant par l'Ordre de la Double Rune, Hiedler décida de confier le commandement militaire de ces engins à la Marine, selon lui plus expérimentée, au grand dam de l'ordre qui fournissait pourtant les techniciens et les enchanteurs.
Oswald Pohl, envoyé comme superviseur de l'aspect technique (avec les recommandations du Docteur Wilhelm Zee, l'inventeur de la technique de lévitation des corps lourds) était également là en qualité d'observateur, chargé de relever toutes les erreurs que pourrait commettre Doenets et qui permettrait la liquidation de la Marine en tant que branche indépendante de l'armée.
Scrutant le port dans ses jumelles, le runique s'étonna :
« Le port est totalement vide ?! »
Il prit quelques secondes pour mieux observer, avant de reprendre :
« Je n'affabule pas, ils ont déplacé toute leur flotte ! Doenetz vous n'avez pas été assez discret, ils nous ont vu venir. Ça ne va pas plaire au Commandeur, il voulait qu'on anéantisse une bonne partie de la flotte Logroise... »
« Et comment vouliez vous être discrets avec des engins pareils, Standartenzauber ? J'avais proposé un plan de route par delà les mers, mais ont m'a rétorqué que ce serait trop long. Voilà le résultat. »
Polh ne répondit rien, laissant l'Amiral se diriger vers le système de communication magique qui permettait les échanges immédiats avec les deux autres luftfestung :
« Capitaine Brügel, capitaine Erhinkohl, je suppose que vous avez constaté l’absence de la flotte logroise. Peu importe. Nous allons continuer notre plan de vol jusqu'au centre de la ville. Je veux d'abords que vous utilisiez vos canons de ligne pour détruire toutes les défenses côtières. Ensuite vous anéantirez vos cibles terrestres avec un bombardement vertical. Vous commencerez l'attaque dès que mon vaisseau se mettra à tirer. Restez en attente d'instructions pour la suite, et pas de zèle, ce n'est pas parce que nous avons cette impression d'invulnérabilité qu'aucune mauvaise surprise ne nous attends. Restez sur vos gardes. Terminé. »
Doenets enchaînât immédiatement son discours aux capitaines des autres luftfestung pour s'adresser depuis un microphone à son équipage, via les hauts parleurs de bord :
« Marins et officiers, notre objectif est à portée de main. La capitale logroise s'offre à nous. Malheureusement les irlandais ont eu vent de notre arrivé et déplacé leur flotte. Cela n'a aucune importance. Canonniers ! Vous allez cibler toutes les défenses côtières. Quand je vous donnerais l'ordre, faites feu à volonté sur toute installation militaire. Ajustez vos tirs, il faut éviter le plus possible les pertes civiles dans les quartiers populaires. Opérateurs des postes de bombardement ! Préparez vous au largage. D'ici quelques minutes, nous aurons atteint le centre de la ville et seront prêt à détruire nos cibles. Quand je vous en donnerais l'ordre, je veux que les bombes soient immédiatement largués. Messieurs, je suis fier de vous avoir sous mes ordres. »
Il relâcha un instant le microphone pour jeter un œil sur la position de son appareil, puis termina son discours :
« Canonniers, à mon commandement, FEUER ! »
Le port d'Áth Cliath s'embrasa, au rythme des coups de canon qui parvenaient des forteresses célestes. Les batteries côtières tentaient en vain de répliquer, tirant des obus dans le vide, totalement incapables d'atteindre leurs cibles situées bien trop haut en altitude. Elles ne faisaient qu'attirer le feu ennemi sur elles et s'éteignaient les unes après les autres.
Rapidement, les communications furent coupés. Les soldats complètement démoralisés et désorganisés s'enfuyaient de leur positions pour les plus chanceux d’entre eux, les autres cherchant abri en se jetant à la mer ou rôtissant dans les flammes qui dévastaient les quais.
A Tara, certains officiers s'affolaient. L'Amiral Griphuvud pestait toujours contre le plan du Duc :
« Nos hommes se font massacrer, vous les sacrifiez délibérément ! »
« Ce qui est nécessaire pour couvrir notre contre attaque surprise. » Répondit Deághaidh, imperturbable.
« Et si cela échoue ? »
« Il faut souhaiter que non, chers amis » déclara le Roi « Sans quoi cela signifierait que nous ne sommes plus capables de nous défendre contre ces perverses attaques »
Partie 3 finale
Le Général Ui Mórdha, un corpulent moustachu au visage rouge, venait d'arriver dans les entrepôts de la zone industrielle sud, choisis expressément parce qu'ils disposaient de toits ouvrants. L'idéal pour cacher des canons antiaériens. Le général s'adressait au Capitaine Brolaigh, de la RSP, qui avait supervisé à la hâte l'installation des prototypes :
« Est ce que nous sommes prêt, Brolaigh ? » lui demanda le haut gradé.
« En principe, tout est prêt mon général. A votre commandement, nous n'auront qu'à ouvrir le toit et les canons verticaux pourront commencer leur tir. En espérant bien sûr que cela fonctionne, nous n'avons pu faire aucun essais sur cible... »
« Je sais, je sais. Mais il vaudrait mieux pour nous deux que ça marche, sans quoi nous subirons le même sort que les braves soldats qui gardaient le port... établissez moi une ligne téléphonique avec le QG de Tara, il faut que je puisse les informer en direct de ce qu'il se passe ici. »
Les forteresses volantes avaient cessé le feu. Le port en flamme et les batteries côtières réduites en cendres, elles progressaient maintenant vers le centre ville, survolant les bâtiments depuis une altitude d'approximativement 600 mètres. Les cibles étaient claires. Le Helgoland devait raser le quartier des affaires et surtout la Bourse d' Áth Cliath, le Nassau devait bombarder les gares du centre ville et le siège du ministère de la guerre, et le Posen avait pour cible la zone industrielle sud. Alors que les luftfestung survolaient les rues désertes, elles déversaient à présent des tracts de propagande dans le silence, seulement perturbé par le lourd et lointains bruits des moteurs des énormes engins, et les cris et les flammes étouffés qui venaient du port.
Dans les rues de la ville, les civils qui n'avaient pas voulu quitter la ville la veille commençaient à céder à la panique. Dans les rues survolées par les Luftfestung, les soldats n'étaient plus capables de faire appliquer le couvre feu, et des foules entières se précipitaient hors des habitations pour fuir l'ombre menaçante des forteresses volantes qui planaient sur la ville.
Depuis son poste d'observation, le Général Ui Mórdha pouvait voir s'approcher lentement le Posen, qui s'avançait presque sur sa position. Quand l'engin fut à porté de tir, il ordonna lentement l'ouverture des toits. Laissant les officiers prendre leur temps, ces derniers ajustèrent les réglages d'angle de tir de la façon la plus optimale possible. Le général ordonna de cibler en priorité les canons de l'engin. Il attendit quelques secondes, et ordonna l'ouverture du feu.
Une première explosion suivie d'une secousse ravagea une petite partie du flanc avant gauche du Posen. A bord, la capitaine Erhinkohl se demandait ce qu'il venait de ce passer :
« Qu'est ce que c'était que ça ? »
« Monsieur ! » lui répondit son premier lieutenant. « Je crois que nous avons été touché ! »
« Impossible » rétorqua-t-il « Ce doit être un accident. Mettez moi en communication avec l'Amiral et faites moi un état des.... »
Il fut coupé net par une seconde explosion qui endommagea le canon avant principal.
« Sabotage ! » s'écria le capitaine, refusant de voir la réalité en face.
« Monsieur ! Leurs tirs provienne de l'ouest, à 13h ! »
« C'est impensable ! » se lamenta le capitaine. Il prit le microphone et s'adressa à l'équipage « Nous sommes attaqué ! Mettez vous en position défensive et détruisez moi ces canons ! »
L'imposante machine, qui avait perdu l'ensemble de ses canons avant, se mit à pivoter sur elle même pour permettre à ses batteries arrière d'avoir un angle de tir leur permettant d’annihiler les positions logroise. Ce fut une grave erreur, car les canons irlandais tenaient la luftfstung en joue et son flanc était désormais totalement exposé.
Ui Mórdha, devenant hystérique, ordonna d'intensifier le feu. Bien vite toutes les tourelles du Posen furent neutralisées, et l'engin ne ressembla plus au loin qu'à une sombre masse informe enveloppée de fumée obscures. L'appareil ne représentant plus une menace apparente, les logrois suspendirent le feu.
A bord du Posen, c'était la panique. Les marins survivants courraient dans tous les sens pour éteindre les incendies qui avaient prit un peu partout à bord. Les mages techniciens se préoccupaient de l'état du lévitateur, dont la puissance semblait faiblir. Le capitaine Erhinkohl, la mine déconfite, rendait rapport à l'Amiral Doenets et demandait une retraite immédiate.
Au sol, Ui Mórdha s'excitait, rouge de colère et d'hystérie :
« Pourquoi avez vous cessez le feu ? Abattez moi ça ! »
« Mais mon général » lui répondit le capitaine Brolaigh « L'appareil est neutralisé, et nos armes ont montré leur efficacité. Il faudrait maintenant déployer nos canons contre les deux autres. »
« L'appareil est neutralisé ?? Je vois toujours son ombre menaçante planer sur nous. Abattez moi ça, par Étain »
« Mais monsieur, avez vous seulement envisa... »
« Ne discutez pas mes ordres, capitaine. Je vous ai dit de mettre cette chose à terre alors abattez là ! Feu à volonté ! Qu'on les réduise en poussière ! »
Le Posen était alors en train de faire demi tour, Doenets l'ayant autorisé à fuir mais souhaitant encore poursuivre sa mission avec les deux autres appareils, quand le pilonnage du vaisseau fumant reprit. Il fut alors ravagé par un festival d'explosions lumineuses. Les moteurs furent détruits, la coque et son blindage éventré. Lentement, la luftfestung s'immobilisa, avant d'être traversé par une tonitruante déflagration qui sectionna l'appareil en deux.
Au sol, les soldats se laissaient emporter par la liesse de la victoire, et le général Ui Mórdha jubilait. Enfin, le royaume de Logres donnait une leçon aux mages. Mais la liesse déchanta bien vite. L'énorme appareil en ruine et en flamme n'avait plus rien pour le retenir dans les airs. Lentement, puis de plus en plus vite il chuta des cieux pour s'écraser dans un fracas phénoménal sur les quartiers sud de la ville.
Toute la cité fut secouée par les tremblements, et le crash souleva un immense nuage de fumée sur la ville, réduisant par la même occasion une petite partie des quartiers populaires en cendre. Toutes les vies qui se trouvaient dans le périmètre n'eurent aucune chance...
Dans son entrepôt, toujours intact car situé hors de la zone de crash, Ui Mórdha cherchait en vain à prendre contact avec le QG de Tara. Voyant que toutes les communications étaient coupées, il prit la décision d’abandonner la position pour se réfugier plus au nord. Désormais enveloppés et aveuglés par la fumée, les canons verticaux logrois n'avaient plus aucune utilité.
Abattre le Posen semblait alors avoir été une grave erreur, paralysant la dernière défense d' Áth Cliath, laissant la ville en proie aux deux Luftfestung survivantes et ravageant la population civile plus que les germains ne l'aurait jamais fait.
Mais la destruction de l'Appareil avait démoralisé les germains qui décidèrent sans attendre de battre en retraite, sans avoir accomplit aucun des objectifs principaux qu'ils s'étaient fixés. Les beaux quartiers et les industries de la ville étaient saufs, le Logres avait montré qu'il était toujours énergique et combatif, et la propagande saurait aisément retourner le peuple contre l'envahisseur germain en le rendant responsable des vies perdues dans la catastrophe du Posen.
Cette très courte bataille marqua un léger tournant dans la guerre, montrant enfin que les germains pouvaient être stoppés. C'est peu après cet épisode que l'ensemble des fronts furent stabilisés, et qu'enfin les négociations de paix débutèrent.
Viens donc te présenter sur le topic idoine.
Et j'ai commencé à lire, mais je reprendrais dès que possible
.
Lu .
Un texte steampunk de très bonne facture. Après, la il n'y a pas vraiment de chute ...
Le style est efficace. Le combat dynamique. Mais on s'attendait à ce que ce soit un poil plus devellopé.
Merci pour le commentaire, c'est encourageant
Pour ce qui est de la chute, c'est vrai que je ne me suis pas attardé sur la conclusion que j'ai très vite expédiée, et comme c'est presque un "premier jet" (comme précisé au début, j'ai écrit ça très vite) ça ne m'étonne pas que tu trouve que ça manque un peu de développement.
Pour ce qui est de la chute, en fait le texte décrit un évènement qui s'est déroulé pendant une guerre qui a eu lieu vingt ans avant le scénario du bouquin que je suis en train d'écrire, c'est peut être aussi pour ça que je ne me suis pas étendu sur "comment tout s'est terminé"... ![]()
Ah, parce que tu écris aussi un texte plus long en rapport avec cet univers ? Sympathique
.
Si tu as l'envie et le temps, n'hésite pas à le poster sur le forum .
Je ne suis pas doué avec le Steampunk, bien que mon mentor en soit un très grand auteur. Mais il est vrais que le texte est bien écrit, intéressant, et l'univers " Mage & Machine " me plait franchement bien !
--crazymarty--
Oui. Au départ c'était juste un entrainement, tenter d'écrire un premier bouquin avant de me lancer dans un projet de scénario (complètement différent et orienté SF) qui me taraude depuis la fin du lycée.
Et avec le temps, cet essai c'est approfondit et j'en ai fait un vrai univers cohérent, dans un monde à la fois uchronique et fantastique (et accessoirement plus ou moins steampunk au vue de la période abordée) qui s'étant sur plusieurs millénaires d'histoire. Et maintenant je me rends compte que cet univers, au départ simple essai, commence à primer pour moi sur le premier.
Mon seul problème c'est que j'avance très doucement, je suis très souvent sujet au syndrome de la page blanche ou simplement gagné par la flemme. Pour le livre en lui même, je préfère ne pas trop publier les quelques chapitres qui sont écrit car j'ai l'espoir, peut être vain, et si je le finit un jour, d'être édité.
Mais je peux vous proposer la courte introduction de deux page (probablement provisoire et susceptible d'être remaniée) que j'ai écris pour le livre. Bonne lecture
La légende raconte qu'il y a de cela quinze cent siècles, des années et années avant l'ère des hommes, notre Terre était habitée par deux races souveraines, deux civilisations avancées s'opposant de nature et se faisant chacune face.
Les Nains étaient nés dans les montagnes de Scandinavie. Petits, hirsutes, costauds, ils étaient des artisans hors pair. Leur génie mécanique repoussait sans cesse les limites de la nature, bâtissant et produisant toujours plus. Dominant le nord-ouest de l'Europe, la fumée de leurs usines recouvrait les cieux d'un voile d'obscurité.
Les Elfes étaient nés dans les forêts du Caucase. Grands, agiles, les oreilles en pic, ils étaient passés maîtres dans l'art des arcanes. Leur magie leur offrait le pouvoir de modeler le monde selon leurs propres convenances, et ils vivaient à l'abri du besoin. Contrôlant l'Europe de l'est et l'Asie mineure, leurs citées de bois et de pierre s'élevaient - comme perdues - au milieu des forêts.
Pour des raisons obscures, depuis longtemps oubliées, les deux peuples se fâchèrent et entrèrent un jour en guerre. Le combat fut violent, long, démesuré. Les corps furent meurtris et la terre ravagée, ravagée par les manipulations créatrices des deux races de génie qui usèrent de leurs œuvres à des fins destructrices.
Finalement, après des décennies et des siècles de combats, les nains s'écroulèrent et durent s'avouer vaincus. Les Grands Prêtres de l'Empire elfique les bannirent de la surface, condamnant les survivants à ne jamais pouvoir revoir le monde qu'ils avaient souillé. Il furent enfermés dans les Mines qui les avaient vu naître, sous la terre, et chaque passage fut magiquement scellé.
Les Elfes dominèrent alors seuls la Terre. Ils bâtirent des colonies par delà le monde, imposant leurs marques sur chaque continent. Puis un jour, ils disparurent totalement, sans violence, dans le plus grand des mystères. Ils ne laissèrent d'autres traces que les ruines alors immaculées de leur présence terrestre.
Sur la terre où ils avaient enraciné leur Empire, des montagnes du Caucase jusqu'aux rivages de la mer Baltique, prospéra une immense forêt magique, maudite, qui s'éleva en bouclier protecteur de leurs vieux secrets.
C'est bien plus tard que l'Homme s'éveilla. Il s'organisa en tribus, en villes, puis en États. Mais l'Homme était divisé, en multiples ethnies, en multiples cultures. Il avait apprit à contrôler la magie et à façonner la pierre et le fer, mais ses connaissances restaient bien médiocres en comparaison des prouesses de ses deux illustres prédécesseurs.
Puis vint un jour où un homme se détacha des autres. Un perse, Darayawus, fit montre d'une maîtrise des arcanes qui égalait celle des elfes de jadis. Il se servit de ses pouvoirs à des fins tyranniques, s'entourant lui même d'une mystique divine, et s'en allant conquérir les nations de la Terre. Durant des siècles il étendit son empire à travers les terres d'Asie et d'Afrique, et sa longévité sans pareil ne faisait qu'attiser la ferveur de ses fidèles... et la crainte de ses ennemis.
Mais malgré toute sa puissance, son orgueil causa finalement sa perte. Il fut vaincu, par la ruse, par le Grand César, consul de Rome, qui tua le prétendu dieu d'un simple coup de glaive.
Après cela, l'exercice de la magie fut codifié et restreint, afin que jamais ne se réveille un autre mage tyrannique. Et l'humanité poursuivit son évolution dans la médiocrité et la division. Jusqu'à...
Jusqu'à ce que, bien des siècles plus tard, et par assurément le plus grand des hasards, les Nains de jadis rejaillirent des profondeurs d'où ils avaient été enfermés, grâces aux forages inconscients de mineurs d’Écosse. Bien sûr ils n'avaient plus grand chose à voir avec le fier peuple de jadis, et avaient oublié eux même la grandeur de leur Histoire. Mais ils n'avaient pas perdu toutes leurs connaissances. Ils en firent le don aux hommes, et les Royaumes d'Europe entrèrent dans une ère prospère d'industrialisation. Leur avancée technologique leur donna un tel ascendant sur les autres peuples que, pour la première fois, les européens, explorateurs par natures, purent se lancer dans la colonisation d'outre-mers, ne craignant plus les sorciers des terres exotiques.
Parallèlement, les mages furent chassés des cours royales, bannis parfois avec violence. Leur magie archaïque ne faisait plus le poids face au génie mécanique, et leurs sages conseils d'hier ne s'accordaient plus avec l'esprit d'innovation qui s'insufflait sous l'influence des nains.
Le petit peuple soufra aussi de la nouvelle politique, et fut contraint de troquer massivement sa vie d'agriculteur indépendant pour celle d'ouvrier exploité dans les usines nouvelles. Avec le temps, la colère fit son chemin. Les capuches noires se servirent de l'agitation des cols bleus pour tenter de recouvrer leur influence d'hier. Une alliance fut forgée entre mages et ouvriers. Elle conduisit à une terrible révolte qui embrasa les Royaumes de Slavie et se mouva bien vite en une guerre.
Et la guerre dégénéra en un sanglant massacre. Appuyés par les armées des Royaumes germaniques, des cités libres de Grèce, de la République romaine et du très puissant Royaume de Logres, ceux que l'on nommait à présent les technologistes écrasèrent la révolte. S'ils se montrèrent cléments avec la masse, car les usines avaient besoin de bras, ils ne souffrirent d'aucune pitié vis à vis des mages. Les meneurs furent tous condamnés à mort, et tout les arcanistes d'Europe, quelle qu'est été leur implication, se retrouvèrent ostracisés comme jamais ils ne le furent, avec une sévérité bien plus extrême que ce que l'on avait pu voir après la défaite de Darayawus.
Pour autant, les technologistes n'avaient en réalité remporté qu'une éphémère bataille, car la colère des prolétaires était toujours vivace, et les mages, bien qu'affaiblis, toujours vivants.
Quelques années plus tard, un sombre nécromant rescapé de la précédente guerre, retrouva les secrets de Darayawus alors qu'il explorait les passages interdits de la vieille foret des Elfes. Lors de sa quête, il eu une vision de nature prophétique, transmise par les vestiges de l'esprit de l'ancien mage perse, où deux êtres se détachaient de la masse pour mener la race des hommes vers une nouvelle ère.
Il comprit alors qu'il n'était qu'un instrument du destin, qu'il ne pouvait pas garder pour lui seul ce pouvoir, et il fit le choix de partager à ses disciples les secrets de la magie ancestrale.
Parmi ses élèves, deux prophètes émergèrent. L'un, piètre mage, était un leader naturel qui rassemblait les foules derrière lui. L'autre, médiocre meneur d'hommes, était mage d'une puissance inouïe et organisateur de génie.
A nouveau la guerre éclata. Le peuple se révolta une seconde fois sous la direction des mages et de leurs deux prophètes, et cette fois-ci, la domination des technologistes fut incapable de contenir la soudaine puissance qu'avait acquise leurs adversaires. La Guerre devint Mondiale quand l'Empire d’Abyssinie et le grand Khanat Monghol choisirent de rejoindre le camps des mages, même s'ils le firent pour des raisons qui leurs étaient propres.
Pourtant la guerre n'alla pas jusqu'au bout. Le premier prophète mourut, l'armée des mages et du peuple s’essouffla, les fronts devinrent statiques, et une paix de compromit fut finalement conclue entre les Mages d'Europe, leurs alliés, et ce qu'il restait de la coalition des Royaumes.
Aujourd'hui, comme jadis, les mages et les technologistes se font à nouveau face. Mais les choses ont changées, car tous font partie du même peuple (en dépit de la présence des nains qui restent minoritaires), et chacun se sert des connaissances de l'autre.
La Légende raconte que la trêve n'est que temporaire, et que le prophète décédé reviendra bientôt à la vie, pour apporter enfin aux hommes la paix qu'on jadis connu les Elfes...