L'incompris.
Je suis, comme mon habitude, allongé sur mon lit dans ma chambre, en train d'écrire une nouvelle histoire que j'ai inventé. En effet, j'adore écrire : c'est ma passion. L'écriture me permet de m'évader en rentrant dans une dimension où les gens peuvent me comprendre. Cela me fait oublier accessoirement mes douleurs au dos. Dans la vie, je suis incompris. Ma mère n'aime pas beaucoup me voir en train d'écrire des histoires : elle préfère que je fasse mes devoirs. « Arrête d'écrire tes histoires ; c'est complètement inutile ! Tu devrais faire tes devoirs » me dit souvent ma mère.
En effet, depuis la mort de mon père il y a des années, ma mère est profondément triste. C'est pourquoi, pour calmer ses nerfs et oublier son mari, dont la seul pensée la fait souffrir, elle s'acharne contre moi ; elle me réprimande pour se soulager. J'en ai assez, je ne veux plus suivre les ordres de ma mère mais comment lui faire comprendre ? Comment lui faire comprendre que je travaille et qu'elle ne le remarque pas. Elle ne voulait pas m'écouter, elle ne le pouvait pas d'ailleurs.
Parce qu'elle croit que mes camarades se moquent de moi et que je n'apprend pas assez, elle m'a inscrit dans une école spécialisée. Dans mon ancienne école, c'est vrai que je n'ai pas eus beaucoup d'ami mais cela ne me m'a pas gêné, je n'en ai jamais eu en réalité. Dans ma nouvelle école, les gens sont tous comme moi, cela me réconforte d'être entouré enfin de camarades sympathiques. Ici, je ne suis pas rejeté. Je peux m'amuser, discuter, échanger, découvrir, apprendre avec eux. Mes journées en leur compagnie sont très sympathiques mais « toutes bonnes choses ont une fin », et lorsque c'est l'heure de rentrer à la maison et que mes camarades me quittent, je dois me préparer à ce que ma mère scrute chacun de mes mouvements pour trouver une raison de me réprimander.
Aujourd'hui, accompagné d'un bloc note et d'un stylo, je vis entre deux ruelles, écrivant des histoires. Je vivrais le peu de temps qu'il me reste, plongés dans quelques univers où les gens me comprennent. Je n'oublierai jamais les heures de ma vie, passées sous les coups de fouet de ma mère, où j'ai souvent regretté d'être muet.