Bonjour, voici une petite histoire que j'ai récemment écrit, j'aimerais avoir des conseils pour améliorer mon style ou affiner mes idées. A bientôt.
Au début était tout. Mort, Vie et pléthore d’antagonismes pas si dos à dos que les définissent les encyclopédies. Car si chacune d’entre elles était, la frontière les séparant était si frêle qu’elles se mélangeaient en une seule entité titanesque, renfermant tellement de connaissance qu’elle en était indescriptible, indéfinissable. Peu à peu, le Hasard engendrait des êtres, non pas une carcasse mue par une conscience, mais la Conscience, seule, infinie. Malgré une autosuffisance supposée, celle-ci s’enquit de s’approprier les sentiments pour avoir plus de moyens d’appréhender le Monde. Bien évidemment, comme vous devez le penser, tout découle de la Conscience. Vous n’avez pas tort, sinon j’aurais aussi mis une majuscule aux sentiments ; par contre, si je vous relate l’existence des sentiments en ces temps reculés, c’est bien parce qu’ils ont eu un rôle dans la genèse du monde actuel.
En effet, la Conscience, voulant catégoriser les pseudo-antagonismes de ces temps de jadis, commença tout d’abord par prendre en compte les sentiments. Ceux-ci, satisfaits de la perfection du Monde ne voulaient rien changer tandis que la Conscience, voyant en le discernement le Bien et le Mal ; en la Progression la Vie et la Mort et en la Connaissance, le Savoir et la bêtise voulait remodeler le Monde. La Conscience procéda méthodiquement en prenant les idées une par une et en étudiant leurs extrêmes. Le Monde devint chaotique, rongé de l’intérieur, autophage, plus indigeste, plus illisible et fâcheusement condescendant que Monsieur H. de B.. Tout ceci se fit sans l’accord des sentiments qui ne purent s’exprimer que qu’une fois le triste attelage de la Conscience achevé. Ils s’exprimèrent de la sorte :
-Ô grande Conscience, plus consciente que la conscience même ! Ne voyez-vous pas le Mal s’épandant dans ce monde ? Ne pensez-vous pas qu’il faille y remédier ?
La Conscience réagit :
-Certes, mais il faudra prendre en compte le Bien et le Mal.
-Qu’est-ce donc que ces bêbêtes là ?
-Lorsque l’on fait un acte, on le qualifie selon la façon dont il modèle le Monde : Bien ou Mal.
-Pourquoi avez-vous créé cela ?
-Mais pour faire progresser le Monde, pour nous montrer la bonne voie vers un monde meilleur, vous ne comprenez donc pas ?!
Oui, les sentiments comprenaient cette explication cartésienne mais ne saisissaient pas le pourquoi et se demandait franchement s’il y en avait un. Ils vinrent tout de même au secours de la Conscience :
-Et pourquoi ne pas réunir tout ce que vous avez créé en plusieurs entités cohérentes et interagissant entre elles comme vous savez le faire si bien ?
A cet instant. C’est à cet instant que nait votre monde.
Les minéraux reçurent la constance, les plantes la variance, les animaux le Bien et le Mal. La Vie et la Mort allèrent aux plantes et aux animaux. Restaient les créateurs : la Conscience et les sentiments. Les sentiments, soucieux de s’appuyer sur ce qui existait, s’attribuèrent aux animaux. La Conscience, « éternelle autosuffisante » créa sa propre matérialisation, complétée par la Vie et la Mort, et vous devez savoir de qui je parle…