Salut, je viens vous présenter ma nouvelle
Je sais que le titre donne pas spécialement envie mais je suis mauvais pour les trouver
Merci à vous si vous lisez !
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La porte du bar s'ouvrit violemment, et Adam Jeffersen tomba raide contre le trottoir, tandis qu'un gros barman refermait la porte derrière lui, après avoir maugréé quelques mots dans sa barbe. Le trottoir était froid, doux, et Adam mit quelques minutes avant de trouver le courage de se relever. Il entendait toujours la musique venant de l'intérieur, savourait le contact des gravillons contre sa joue en repensait à toutes les fois où il avait été sorti du bar dans cette position. Ce n’était pas arrivé si souvent, une fois après qu'il eut jeté des cacahuètes à la gueule d'un autre client qui affirmait qu'il pouvait concurrencer John Bonham, et pas mal de fois après avoir vomi sur le bar en refusant de nettoyer. Le gros barman avait ces humeurs. Parfois, il offrait des chips ou des conneries à manger tout en buvant. Parfois, il ne causait pas et foutait tout le monde dehors à 23h. On pouvait jamais trop savoir avec lui.
Jeffersen marcha quelques minutes, en direction du centre-ville. Il tanguait de droite à gauche et peina à trouver le paquet de cigarettes qu'il cachait dans la poche intérieure de sa veste. Il s'arrêta pour l'allumer, tira une grande bouffée qu'il cracha en direction du ciel. Un mec en Skoda passait et regarda Adam avec un air mauvais. Ce dernier l'ignora et fixa le ciel. Les étoiles brillaient, tout était magnifique.
Il s’avançât un peu sur le boulevard et tourna à l'angle en direction de la plage. Adam ne voulait pas rentrer, s’il le faisait, sa femme allait encore l'accuser d'avoir été mater les putains depuis sa voiture ou alors d'avoir été claquer sa paye dans un bistrot miteux. Et si les mômes le voyaient dans cet état là, elle allait encore plus gueuler, dormir dans un coin de plage était plus sur. Il avançait lentement, l'air frais lui passant l'envie de rendre son diner qu'il avait eu tout à l'heure. D'un geste habile, il jeta son mégot dans le caniveau et enfonça ces poings dans les poches de sa veste. C'est à ce moment-là qu'il s'aperçut qu'un homme marchait à peu près à son niveau depuis deux bonnes minutes.
Un petit type, maigre, avec une sorte de chapeau des années 20 sur la tête. Il marchait calmement, sans bruit, tout en regardant droit devant lui. Adam, surpris de voir qu'il n'était plus seul, s'arrêta de surprise, et le type fit de même. Ils se dévisagèrent l'un l'autre pendant une quelques secondes, puis Adam brisa la glace.
-Bordel vous êtes qui ?
Il avait essayé de se montrer agressif, mais avait échoué en balbutiant sur le "qui". Le mec n’eut pas l'air impressionné et dit d'une voix sympathique :
-Juste un homme effectuant sa marche digestive. Vous voulez vous joindre à moi ?
Jeffersen hésita, puis se dit que dans tous les cas, il n'avait rien à voler sur lui et qu'il ne perdrait rien à avoir un peu de compagnie. Ils marchèrent silencieusement puis l'homme engagea la conversation.
-Alors, comment va votre femme ?
Jeffersen fut étonné par la perspicacité du type, et lui demanda comment il aurait pu savoir.
-Un mec ivre à 2h du matin un lundi est sûrement marié, lui répondit-il, ce qui fit rire Adam, qui se sentit beaucoup plus à l'aise.
-Et bien, vous savez, elle va bien, même si mon mariage est en train d'exploser. Elle dit que je m'occupe pas assez des mômes et que je passe trop de temps à rien foutre, mais elle sait pas ce que c'est, elle, que de bosser à la chaine.
-Vous avez des enfants ?
-Ouais, deux. Malheureusement, j'ai pas trop le temps de les connaitres. Quand je leur parle, je me fais engueuler parce que j'aide pas, ou alors je bosse. Puis, je sens bien qu'ils m'aiment pas trop. C'est pas vraiment descriptible, plus un truc que tu ressens. Ça me ronge pas mal d'ailleurs, je les voulais ces putains de mômes et ça me fait mal de voir qu'ils me glissent entres les mains.
Les deux hommes restèrent silencieux pendant une dizaine de mètres, puis l'homme demanda à Adam s’il était heureux, au final. Les larmes lui montèrent rapidement, et Adam parla bien plus fort qu'au début de la conversation.
-Bordel, bien sûr que non je ne suis pas heureux. Mes mômes me connaissent à peine, ma femme veut se casser et mon boulot me fiche tellement la trouille que je passe la plupart de mon temps à picoler dans un bar miteux. Je...je...
Il s'assit contre un mur et pleura. Le sol était sale, mais Adam s'en préoccupa peu sur le coup. Il pensait à ces gamins qu'il ne connaitrait sans doute jamais vraiment et qui quitteraient la maison le plus tôt possible. Il pensait à sa femme, qui avait été belle à une époque. Il s'excusa auprès du type, sans relever la tête. Ce dernier ne répondit pas, et Adam découvrit après quelques minutes à pleurer qu'il était parti. Quelques voitures passèrent, mais ne ralentirent pas. Un néon au loin était en train de clamser, et les lumières de la maison en face de lui était allumé, on pouvait y distinguer la lumière d'une TV se projeter sur le mur.
Il se redressa, et inspecta la rue. Il était presque 3h du matin, et Adam Jeffersen avait besoin d'une bière.