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Witchcraft

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
27 février 2013 à 12:08:38

Je vous propose une "Fic" plutôt axée médiéval-fantastique pour mes débuts sur ce forum.

Le feu qui les tenait à l'abri du froid venait de s'éteindre et l'officier s'affairait à le rallumer. Le jeune noble était assis sur un petit rocher, au coin des buissons, à l'orée de la forêt enneigée. Son livre à la main, un ouvrage gris et sombre, il chantonnait une ritournelle enfantine du pays du sud. Sa blondeur candide était à vomir, de l'avis du garde du moins. Coincés là, au nord, dans cette étendue blanche et inhospitalière, ils n'étaient pas hors de danger. C'est d'ailleurs pour cela que le garde était présent ; pour assurer la sécurité du jeune prince. Ce dernier se leva et, tournant une de ses mèches bouclées, s'adressa à son protecteur :

« -Pourquoi mon père m'a-t-il envoyé ici. Tu le sais toi ?

L'officier assura ses arrières d'une langue de bois propice :

-Non, messire.

Le rictus malicieux du prince vint heurter le regard de l'homme droit :

-A la vue de l'âge de sire mon père, appelle moi sire dès maintenant. Tu veux ?

-Qu' oserais-je vous répondre, sire ? »

Le jeune homme paru satisfait. Il ne devait pas excéder la vingtaine de l'avis du garde. L'épée qu'il portait à la ceinture était plus courte de moitié que la longue pique de l'autre. Alors que le feu reprenait doucement vie, les hurlements des loups des bois s'étaient calmés et on entendait presque le vent frémir dans les feuilles des arbres alentours. Tandis que le jeune prince lisait son livre, vraisemblablement très intéressant ; il traitait des anciennes sorcières.

« -Crois-tu aux sorcières ?

-Je pense qu'elles ont existées. Elles sont parties, c'est ce que je crois, Sire.

-Pourquoi seraient-elles parties ? Elles avaient le pouvoir, un alphabet runique, une culture. ON dit qu'elles avaient des enfants avec les humains, et qu'elles les « purifiaient ». Elles étaient majoritairement féminines, bien qu'on parle d'un grand sorcier. Elles séduisaient les hommes par leur beauté, on dit que les sorcières maquillaient leurs yeux pour qu'on ne voit pas leur vraie couleur, commune à toute cette race : l'orange. C'est là ; dans le livre.

-Vénérez-vous l'Unique, Sire ?

-Bien sur. Comme mon père et ses ancêtres, et toi garde, qui pries-tu ?

-Je prie l'Unique pour l'égalité et la justice, le dieu du nord pour la guerre et le diable pour le bien.

-Le diable pour le bien ? Quelle drôle d'idée... Malgré tout, j'admets une certaine vérité dans tes paroles. On dit que le mal est aussi dangereux pour le bien que pour lui-même. Cette discussion me fait mal à la tête, tout comme ces rituels de sorciers, restons en-là. »

Alors que le garde mâchait un morceau de viande séchée, un hurlement se fit entendre dans la forêt.
C'était un cri fort et puissant, digne d'un homme nordique. Le grognement fut bref et lorsqu'il s'estompa, le visage du blondinet plein de terreur se heurta à l'incompréhension du soldat.
Ce dernier tenait sa longue pique droite, l'air grave et déterminé. La jeunesse prit le pas :

« -Nous devrions aller voir. On pourrait se faire attaquer pendant notre sommeil.

-Jeune prince, votre demande est reine. »

Et ils y allèrent. Ils traversèrent les bois, pleins de conifères reluisant de neige, et remarquèrent les traces. Elles étaient, comme on aurait pu s'en douter, on ne peut plus fraîches. Ils les suivirent jusqu'au corps. Ils le virent alors. Un grand homme, bourru, affublé de pelages diverses, étouffé par son propre sang. Sur sa tunique, un tatouage bleu. Récent. Après avoir laissé remonter son estomac, le jeune prince ouvrit son livre, saisit la dernière page, et lut le sigle dans l'ancien alphabet : l'alphabet runique des sorcières.

« -C'est du runique ! Du sorcier ! Cela veut dire... »

Ils étaient tellement affairés qu'ils ne remarquèrent pas, dans le clair-obscur d'une nuit de pleine lune, le petit chapeau pointu et la paire d'yeux oranges qui apparurent derrière eux.

Lorsqu'on les trouva, le prince avait le doigt pointé sur quelque chose. Un signe. Étrange. Ancien. Dans son livre une traduction était donnée; "Nouvelle Ère".

Voilà. Au plaisir d'une critique :)

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
01 mars 2013 à 16:24:14

Suite de l'intro :)

***

[Il y a bien longtemps, dans une petite salle au nord du continent]

La créature ne savait même pas ce qu'elle était. Trop grande pour être humaine, trop grosse et barbare pour appartenir aux derniers elfes, trop peu habile pour faire partie es colonies de nains miniers, elle semblait venir tout droit des contes pour enfants. Ses grosses mains poilues attrapèrent un bâton qui trainait là et elle s'en aida pour se relever.
Arnak me protégera.

Voilà ce qu'elle se disait depuis qu'elle était venue trouver refuge chez le sorcier. Ce dernier était parti chercher des yeux de salamandres pour concocter un breuvage. La bête ne se souvenait que de la longue tunique bleutée qu'il portait, et de ses yeux de braises, cruels et sanguinaires, capables de réanimer des morts. Bien qu'elle connaisse peu de choses là dessus, la créature le soupçonnait d'être un nécromancien. Elle espérait qu'il ne la tuerait pas pour la mystifier.
Arnak me protègera.

La petite pièce lugubre, il n'y avait qu'une torche de lumière violette qui brillait près de l'autel démoniaque. Un livre écrit en Futhark, un grimoire épais, était posé sur un petit présentoir, au coin d'un chaudron plein d'eau qui bouillait tandis que le feu s’essoufflait. Les orteils de grenouilles qui avait été plongés à l'intérieur de la préparation faisaient ressortir un fumet qui faisait baver depuis plusieurs heures déjà l'ogresse. Elle avait promit de ne rien toucher pendant l'absence du grand homme. Elle avait peur de sa vengeance.
Arnak me protègera.

Elle poussa un grognement qui éparpilla les poils bleus qui parcourait son visage dur. Affalée sur le sol dur en pierre taillée, presque inconsciente, elle remarqua à peine la porte qui s'entrouvrit pour laisser entrer une ombre enfantine. La bête observa ce concentré d'allégresse parcourir avec une fraicheur digne des animaux les plus purs. Elle se dit que son sang doit être délicieux. Trop tard. Dans un soupir de terreur, l'enfant, d'une pâleur presque reluisante, grimaça et se tordit de douleur sur le sol froid. Au moment où elle allait fermer les yeux de peur d'être la cause de tout ça, l'ogresse vit l'homme, tout de bleu vêtu, s'avancer le bras droit levé en avant, pressant l'air en son poing. Il tordit ce dernier et le remonta avant de le relâcher. L'enfant décrit alors une courbe, s'éleva, avant de retomber durement, dans un fracas à s'en casser les os, sur la roche qui parcourait la maison. Le sorcier eut un rictus satisfait et il entonna un chant, ignorant le cadavre qui gisait inconscient. Il chanta pendant cinq longues minutes, achevant sa chanson d'un soupir d'une profondeur jamais atteinte. Dan l'effroi le plus total de l'ogresse, la chair se décomposa, et l'enfant devint un squelette. Il se leva, et, dans un cliquetis osseux, sortit de la maisonnée pour s'enfoncer dans les brumes des marais alentours. Le sorcier ramassa une rotule qui était tombée, la jeta dehors avant de fermer la porte. Enfin, dans un sourire presque humain, il se tourna vers la créature.
Arnak me protègera.

Et d'une voix chaude, il débuta :

« - Tu n'es pas du sang faible, le tien est bleu, puissant, comme le mien. Mais d'une manière plus barbare.

Le son grave d'une voix qui n'avait pas servie depuis longtemps résonna dans toute la chaumière :

-Je veux être humaine. Répandre le culte d'Arnak. Transformez-moi.

-Tu me donnes donc des ordres ? Très bien, nous attendrons que tu sois un peu plus déterminée et disciplinée...

-Non, maître, ne me faites pas attendre, je le supplie.

-Bien, dernière des ogresse, ainsi tu voudrais devenir humaine ? Personne ne t'as dit que la transmutation n'était pas un art facile ? Tu ne seras pas complétement humaine, que je crains.

-Quand bien même je ne serais qu'a moitié humaine, je le veux.

-Qu'il en soit ainsi alors. Le charme est irréversible, tes poils bleus disparaîtront, ta grandeur mémorable aussi. Mais je crains que tes cornes restent.

-Peu importe.

-Tu auras soif et faim quand je te transformerais. Prends cette chose.
Il lui tendit un morceau de dinde.

-Je te téléporterai loin d'ici grâce à ce portail.
Il désigna un pentacle dessiné vulgairement à la craie sur la pierre fraîche.

-Faites, grand sorcier.

-Tout d'abord, indiqua-t-il, approche toi du portail. »

La créature fit ce qu'il avait demandé. La figure ensorcelante s'illumina, irradiant la pièce d'une lumière blanchâtre. Le sorcier ouvrit le grimoire, lut quelques mots en Alphabet Thébain et entonna une incantation ancienne. Pendant trente minutes le corps de l'ogresse se tordit et quelques poils tombèrent sur le pentacle. Tout en récitant, le sorcier les balaya. Après de longues minutes, le pentacle s'ouvrit, laissant passer la grosse créature. D'un claquement de doigts, le sorcier dit au revoir à l'ogresse.
Arnak me protègera.

Elle tomba sur la mousse fraiche de la forêt sombre. Elle contempla son nouveau corps aux proportions presque humaines. Malgré tout, ses cornes, ses cheveux longs et drus, et sa hauteur la différenciait des autres créatures à deux pattes. Fière de sa nouvelle apparence, mais aussi assoiffée et affamé, comme l'avait prédit le mage, elle sortit le morceau de viande que lui avait donné l'homme, et se dirigea, à l'odeur, vers la taverne la plus proche. Arrivée à destination après de longues minutes de marche éreintante, elle poussa la porte du petit bâtiment au toit de chaume, essuyant ses pieds velus pleins de neige su un paillasson en poils animaux. A son arrivée, les clients se retournèrent, surpris de se retrouver face à un monstre cornu, habillé d'un simple sous-vêtement de cuir poilu, à la chevelure disproportionnée. Elle demanda à boire de la bière. Malheureusement, elle n'avait pas d'argent, le tavernier lui fit amèrement comprendre. Avant qu'elle eut prit conscience de sa force inhumaine, elle se saisit de l'humain et le balança sur sur un de ses clients. L'impact, du à la puissance de l'ancienne ogresse, tua les deux hommes sur le coup. Les clients poussèrent des hurlements et fuirent de la taverne. Un cri de guerre fut entonné par l'ex-ogresse, poursuivant les clients avec un maillet qui était caché derrière le bar. Quand il ne resta que des cadavres et des fuyards dans la petite auberge, la créature descendit dans la cave et prit une chope. Elle planta ses griffes dans un fût et le perça. La bière qui en coula était fraîche et dorée. Après avoir bu tout son soûl, la créature s'effondra sur le sol et s'endormit.
Arnak me protégera.

Ainsi naquirent les trolls et le culte d'Arnak le grand.

***

Bonne lecture :)

ErionDeFert
ErionDeFert
Niveau 5
05 mars 2013 à 11:23:21

J'aime ton univers.

Ton intro se lit facilement, je n'ais pas ressenti de difficulté ou de lourdeur dans ton texte.

Après, je pense que le passage avec l'ogresse, je pense que j'aurais préféré à la première personne car tu raconte ce qu'elle, ce qu'elle ressent mais en étant extérieur à elle. Mais bon, ce n'est qu'une question de préférence personnelle.

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
05 mars 2013 à 12:11:52

En réalité, l'intro est toujours pas finie, elle se termine sur le prologue direct à la vraie histoire, il sera partagé en 3 parties.

Merci du commentaire, j'ai toujours cru avoir une écriture un peu trop lourde.

Pour l'ogresse, je pars un peu dans une forme "GameOfThrones" c'est à dire un point de vue omniscient tout en ayant une énonciation interne. :)

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
10 mars 2013 à 17:58:39

Je profite de cette fin de vacances pour vous adresser la première partie (il y en aura minimum une deuxième) de la fin de l'intro.
Au plaisir :)

***

« -Vous voudriez voir des trolls ? Mais pourquoi ça ?

-Je suis chasseur, le plus éminent de la région. Range ta faux et dis moi où je peux trouver des trolls ou mon arbalète fera siffler un carreau entre tes deux yeux !

-Vous êtes tout ce qu'il y a de plus convaincant, c'est le moins que je puisse ajouter. Vous trouverez ces bêtes dans la forêt de l'aube, à l'ouest de notre village, après avoir passé les landes de Krik et la rivière sans fond.

-Y a-t-il une réelle raison à l'appellation de cette rivière ?

-Croyez-moi, quand vous y arriverez, la profondeur de l'eau sera le cadet de vos soucis. Sur ce, messire, voulez-vous une paire de bottes ?

-A vrai dire...non. Mais tu m'es sympathique. Combien coûtent les bottines de cuir, là-bas ?

-Ah. Monsieur est un connaisseur, excellent choix. Pour moins du quart de votre bourse, elle sont à vous. »

Le marchand fut surpris de voir apparaître un petit sourire au coin de la bouche de l'homme à la fine barbe. Il enleva sa capuche pour laisser entrevoir une face de jeune coquin. Il tendit l'intégralité de la bourse au cordonnier, tout en lui adressant une parole avant de commencer à quitter les lieux.

« Je te les offre. Fais en cadeau a ta fille ! Elle aura meilleure allure quand elle attendra à la sortie des auberges. »

Le gros homme s'empourpra, et, avant d'avoir rattrapé cet insolent, saisit un gourdin accroché à la porte. Mais, après cinq bonnes minutes de course, il s’aperçut de la disparition du jeune homme, et rentra chez lui.

Kaël riait encore de la farce faite à l'artisan. Il y repensait en traversant la forêt de l'aube, comme lui avait indiqué le marchand. Approchant à une vitesse folle de la trentaine, il tentait, lui qui était si réservé à l'époque où il ne sortait de la propriété de ses parents seulement pour chasser au faucon, de devenir un jeune homme normal. Malgré tout, les rires, les folâtreries et tout ce qui s'en suivait, ne duraient qu'un temps. Un temps certes béni, mais éphémère. La mort elle, restait. Tout ce qui faisait la force des armes, c'est qu'elles tuent. Une arme bénigne infliger une blessure. Mais sera-t-elle éternelle ? Qu'est-ce donc qu'une blessure parmi la mort. Quand les trolls avaient dévasté le village où Kaël habitait, il avait senti la mort. Son père était blessé, sa mère et ses sœurs profondément choquées. Malgré toute la souffrance disponible en eux, rien n'égalait la mort. Depuis qu'il chassait, Kaël avait tué de nombreuses fois. Jamais d'humains. Il en était un, et même si, après une longue diète, il ne cracherait pas le moins du monde sur une cuisse de petite fille dodue, il ne tuerait surement pas de sitôt un homme pour sa viande. Il avait été soldat avant de déserter lors d'une bataille un peu trop dure à son goût. Même si on l'avait d'abord testé à l'arc, les instructeurs de l'armée Variane se mirent en accord sur le fait qu'il excellait à l'arbalète. Certains disaient qu'il pouvait toucher une cible mouvante à plus de cent mètres. Ce n'était pas l'entière vérité. Il pouvait assurément toucher quelqu'un dans un régiment, mais un guerrier rapide et solitaire était presque impossible à coincer. En repoussant les dernières feuilles qui séparaient la rivière de la forêt, il se souvint des prédictions du marchand. Jusqu'à présent, seules les ronces avaient donné du fil à retordre à Kaël. Pas de loups en vue. Il n'avait pas vu de Trolls non plus. Cette région, bien qu'assez obscure pour lui, n'était pas réputée pour sa faune dangereuse. Alors qu'il commençait à voir le lit de la rivière, un craquement de branche retentit, laissant s'échapper d'une pirouette un homme leste et d'un certain âge. Son coutelas se mit sur la jugulaire de Kaël et sa barbe chatouilla la nuque de ce dernier.

« - Tu avais pensé à tout ! Et bien ! Le « danger » était plus humain que tu le croyais ! Allez, vous autres ! Sortez. »

Trois compères cachés un peu plus loin se découvrirent, laissant entrevoir des petites lames émoussées. Décidément, il en fallait peu pour effrayer les gens des villes ! Son arme fétiche lui donnerait un trop fort recul pour toucher le gros barbu, mais il avait une épée courte que lui avait donné son père lorsqu'il était parti de chez lui pour s'engager. C'était une lame de gala. Malgré tout, Kaël doutait que l'on voit la différence une fois enfoncée dans un cœur. L'incompétence des sombres lurons était visible dans leurs yeux et même quand ils le tenaient en main, il leur restait cette flamme d'inquiétude et de doute qu'il fallait éteindre. Un animal endormi et en confiance était bien plus facile à tuer que celui qui est alerté. Une branche tombée sur le sol craqua.

« N'ayez pas peur, ce n'est qu'une branche. »

Ce n'en était effectivement qu'une. Ils le croyaient. Une mèche de cheveux tomba sur le front de Kaël. Il souffla sur cette dernière. Les feuilles bruissaient grâce au vent, couvrant les bruits de pas presque aériens de la nouvelle venue. Sans bouger, elle laissait les choses se faire. Kaël sortit de sa torpeur momentanée :

« Qui te dis que personne ne vous observe ? »

Il profita du mouvement de tête du chef pour se libérer de son étreinte. Il se retourna, dégaina sa dague, et la planta dans le membre sanguinolent de l'homme barbu qui avait l'air complètement dépité. Les trois autres restèrent plantés là. Sans bouger. Ils étaient complètement tétanisés. Sans prendre le temps de retirer la lame, Kaël sortit son arbalète de bois, et décocha un carreau en direction du plus vieux des trois. Cette dernière se planta dans le bras de l'homme âgé et un des deux jeunes se jeta vers lui. Ce devait être son fils. Sans regarder l'assassin, le jeune traina son père dans la forêt pour fuir. Kaël ne les coursa pas. Le dernier restait sur place. Alors qu'il avait enfin commencé à charger, Kaël ayant son arbalète levée, les doigts mouillés de sueur prêts à relâcher leur étreinte pour tirer du jeune homme se contractèrent sous l'effet de la surprise.
Tandis que, marteau en avant, le bandit courait, un éclair jaillit du ciel et vint transpercer l'excité. Son corps se décomposant sous l'effet de la déflagration, Kaël observait la putréfaction du cadavre carbonisé quand elle se découvrit.

« - Je n'avais pas besoin d'aide.
D'un sourire malicieux, la nouvelle venue, de son air hautain, rétorqua :

-Moi je n'ai pas besoin de toi non plus, pourquoi ai-je fais cela à ton avis.

-Je n'en sais vraiment rien. Peut être trouvais-tu séant de jouer les sauveuses ? D’où te viens ta magie ? J'ai entendu dire que seule une poignée d'élus possédaient le pouvoir.

-Si j'en étais une ? »

Il la dévisagea. Sa frêle corpulence lui empêchait de se servir d'une quelconque arme, qu'elle soit contondante ou tranchante. En effet, les seuls prodiges que l'on pouvait attendre d'elle étaient d'origine magiques. Il se souvint des contes de sa nourrice, il y a très longtemps, quand un simili de cœur battait encore et qu'il n'avait connu que l'allégresse.

« Tu ne serais pas une sorcière quand même ? »

Elle exprima son dédain par un reniflement presque indétectable et réprima un deuxième rictus malin.

« Si j'en étais une ? » répéta-t-elle.

***

:ok: Bonne lecture et désolé à Without Life de ne pas lui avoir adressé l'avant première :)

On arrangera ça pour les prochaines fois.

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
10 mars 2013 à 18:07:32

Pour le début avec la "faux" du marchand, c'est un faux raccord de ma part. Je voulais le faire paysan à la base :rouge:

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
16 mars 2013 à 07:34:10

J'accueille un correspondant allemand donc la suite ne sera pas avant jeudi prochain.

Et puis...

:up: au passage

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
30 mars 2013 à 13:29:59

Je travaille sur la suite :oui:

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
15 avril 2013 à 19:09:14

Excusez-moi d'avoir fait durer la sortie de cette suite et aussi de la forme pas très aérée du texte :rouge:

Chapitre 1 :
RIMETH

Rimeth était assis dans l'herbe, un épi de blé à la bouche. Il était là depuis environ deux heures. Malgré ce que l'ont pourrait croire, il ne s'ennuyait pas. Le ciel bleuté et teinté de tâches immaculées satisfaisait amplement son désir de distraction. Les combats incessants entre les différents amas de laine blanche qui peuplaient le toit du monde suffisaient à combler la peine de son cœur pour la faire devenir joie.
Cela faisait maintenant plus d'un ans qu'il n'avait pas eu recours à ses pouvoirs. Selon lui ; et même selon la plupart des gens soit-dit en passant, il ne faisait pas bon état de dévoiler que l'on pouvait enflammer un bucher à l'aide de sa paume ou bien tuer un animal en tordant son esprit. Rimeth espérais que ce n'était pas vrai mais la vérité le rattrapa.
L'herbe longue et touffue des buissons du champ brillait d'un émeraude pâle. Seule entrave au paysage, le jeune homme, à peine âgé de plus de seize ans, portait des habits bariolés de couleurs riches. Dans les reflets noirs et bleus d'un haut de corps, on pouvait apercevoir, entremêlés de rouge et de nuances de jaune, un petit oiseau blanc s'envoler au croisement des jambes.
Il se souvenait très bien de la dernière fois que la puissance de ses paumes s'était manifestée. C'était un matin, dans la maison de ses parents adoptifs. La bataille faisait rage dans la cour, les épées s'entrechoquaient entre ses deux frères, âgés de seulement deux ans de plus que lui. L'ainé, qui était parti vivre loin il y a un peu moins de six mois, mettait une rouste sans nom au cadet, un peu potelé, qui avait la vocation de devenir marchand. Après trois minutes d'attaque, on décida de poser les épées de bois et les fleurets pour aller se désaltérer. Mais Rimeth n'avait que peu soif. Il profita de l’absence des deux protagonistes pour ajouter un charme à l'épée du cadet. La lame n'avait l'air changée, et pourtant, elle réussirait tous ses coups, qui que soit l'imbécile qui la manie.
Mais l'incident se produisit. L'ainé revint le premier, et attrapa au passage l'épée ensorcelée. Rimeth tenta de lui expliquer l'affaire, mais personne ne connaissait l'existence de ses pouvoirs ; surtout pas ses frères, donc il fut rapidement congédié sans rien avoir pu arranger. Le bois de chêne devint acier et le cadet mordit la poussière. L'entaille ouverte par l'arme ne se ferma que lorsque les vers l'eurent rongée, longtemps après la mort du jeune homme potelé. L'ainé se tint pour responsable bien que nul ne l'accusa, et quitta donc le domicile familial pour aller errer sans laisser d'adresse.
Rimeth était désormais le seul et l'unique enfant présent devant les yeux attendris des vieux parents. Il bénéficiait de tout ce que la vie de benjamin apportait, et, comme il avait eut deux frères, n'en subissait pas les inconvénients. Malgré une période oisive qui durait depuis plusieurs mois déjà, il semblait probable qu'il devienne banquier lorsque son père adoptif mourrait. On lui avait avoué ce qu'on savait de son père, qu'il était chasseur de primes, tueur de trolls, assassin et coureur de jupon ; et de sa mère, c'est à dire rien. Personne ne semblait savoir qui avait pu lui donner le jour. On invoquait parfois le nom de Morgana, mais il fut clair dés le début que Kaël n'eut rien à faire avec une femme de ce genre là. Rimeth avait toujours rêvé d'une vie d'aventures et de débauches, mais son aversion pour la maîtrise guerrière, bien qu'on lui reconnu une facilité bouleversante au lancer de dague et au poignard (armes de bandits, disait son père) , et sa difficulté à monter lui tracèrent une voie faite de comptes en banque et de deniers d'or.
Il se leva d'une traite, cracha la plante et se mit en marche. La route jusqu'à la ville, et surtout jusqu'à sa demeure, risquait d'être longue et promettait de laisser s'étirer le soleil jusqu'au couchant. La chose que l'on appelait communément « route » se révélait être un minable chemin de terre ou farfouillaient la plupart des malandrins des alentours. Fort heureusement pour lui, Rimeth ne transportait pas l'intégralité de son argent dans une bourse rebondie. Si un brigand s'affairait à lui voler de l'or, il trouverait fort à son aise de lui donner les trois pièces de bronze mal taillées qu'il avait conservées. Il est un fait quasi-avéré de dire que les ennuis arrivent lorsque l'on parle d'eux.
Un malotru, mal rasé, mal coiffé, petit et noiraud, se pressa sur Rimeth et l'interrompit. Ses habits semblaient faits pour lui : une simple tunique, de lin selon toute vraisemblance, un chapeau de paille troué en divers endroits, et des jambières de cuir mal travaillé qui venait, puisqu'elles étaient trop longues, plonger dans de sinistres chausses de même facture que le haut du vêtement.
La demande fut nette et sans bavure aucune :
« L'bourse ou l'vie, ptit gars. »
C'est sur qu'on ne pouvait pas trouver Rimeth camouflé dans une tenue telle que la sienne. Il est possible, qu'en effet, elle soit la cause de tout ceci, cette agression, et tout ce qu'il se passa derrière.
Tremblant comme un nouveau né, Rimeth lança la monnaie à terre. Le bandit s'empressa de ramasser, avant de quémander, tous couteaux levés, encore plus. Ce qui semblait prévisible arriva ; comme le jeune homme ne daignait pas donner de réponse satisfaisante au voleur, celui-ci se rua sur Rimeth.
Instinctivement, une réaction se produisit dans l'esprit du jeune homme. Le corps déclenchait son besoin de survie, et usait de tous les moyens disponibles pour se protéger. L'esprit de Rimeth vogua jusqu'au tueur, pour y déposer la graine d'un feu. Un souffle divin vint allumer la torche endiablée dans le crâne du hors-la-loi. Ce dernier s'arrêta net, se tordit, comme possédé par un démon, avant d'expirer un dernier soupir en contemplant son corps de plus en plus carbonisé.
Rimeth était comme tétanisé. Jamais il n'avait voulu tuer cet homme, il aurait préféré se défendre et l’assommer pour fuir. Une goutte coula de son front déjà ruisselant.
Secrètement, il avait toujours pensé que ses pouvoirs seraient reconnus et qu'ils serviraient pour une grande cause. Il pouvait enflammer un objet pendant plus d'une heure quand il était à moins de vingt pieds de celui-ci, guérir les blessures légères, notamment les égratignures sanglantes, et enfin (dernier pouvoir notable) réanimer les formes de vie inférieures, pas plus grosses qu'un rat, pendant une vingtaine de secondes. Et maintenant il avait tué un homme !
Mais voilà, Rimeth avait peur. Peur de ses pouvoirs. Peur de ce qu'ils pouvaient faire comme ce qui venait de se passer. Seules les sorcières maitrisaient les éléments et la nécromancie. Pire ! Ce dernier pouvoir évoqué était formellement interdit par toute forme de religion, de politique, ou même de dogme, sous peine de mort. Pire que tout : il n'avait aucune idée de l'origine des pouvoirs qui l'animaient. Aucune explication ne semblait rationnelle. L’hypothèse sur les sorcières était la pire.

Après tout, les sorcières n'était que des femmes, et Rimeth un homme. Non ?

Voili.

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
19 avril 2013 à 22:38:25

:up: ? :snif:

Arduilanar
Arduilanar
Niveau 10
19 avril 2013 à 22:54:35

Je lirai ton texte un jour. Promis. :-)

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
19 avril 2013 à 23:12:08

Merci :cute:

En espérant que ce jour est proche :-)

Arduilanar
Arduilanar
Niveau 10
19 avril 2013 à 23:17:54

Pas immédiat, hélas. Mais je vais avoir de looongues vacances dans quelques semaines. :-)))

Arail
Arail
Niveau 4
20 avril 2013 à 19:47:12

J'aime bien même si je trouve que tu changes trop régulièrement d'histoire racontée.

Tu as posté 4 parties :
-Histoire d'un prince
-Création des Trolls
-Histoire d'un certain Kraël dont on ne sait rien
-Histoire de Rimeth qui devient un sorcier ?

Je suppose qu'il y a une cohérence qui viendra plus tard, mais c'est surtout que ton prologue raconte trois histoires différentes, alors qu'il sert normalement à rentrer dans l'histoire.

Axetibe
Axetibe
Niveau 10
20 avril 2013 à 20:11:39

Arail :d) Bien résumé. J'avoue que mon prologue n'aide pas. Le dernier chapitre est vraiment le 1er chapitre de l'histoire, la vraie :o))

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