Bonjour à tous !
Comme certains le savent peut-être, je suis actuellement en train de réécrire une nouvelle se déroulant à Aqram ; et j'ai récemment eu l'idée de replacer le récit que je narre dans un contexte plus large, de lui créer une "histoire interne" à vrai dire.
Ainsi, à la manière d'un Tolkien traduisant patiemment le Livre Rouge de l'adûni à l'anglais, je me suis imaginé auteur moderne découvrant un conte ancien, et extrapolant à partir des sources antiques pour créer mon récit. La nouvelle serait ainsi introduite par un "extrait du conte originel" ayant inspiré l'histoire ; et chaque chapitre serait commencé par des extraits d'autres textes fictifs, en rapport avec le thème développé dans le chapitre.
J'ai, pour l'instant, l'introduction de la nouvelle, et celles des trois premiers chapitres.
Notez bien que je n'ai pas cherché à écrire de la poésie, du moins pas de la poésie selon nos critères. Je me suis imaginé traduisant des textes antiques, en essayant de rendre leur tonalité plus ou moins archaïque, selon leur auteur et leur date fictive de rédaction. Le résultat est plus ou moins heureux ; ce sera à vous de juger.
Sur ce, bonne lecture.
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Ecoutez à présent, et prêtez au conteur une oreille attentive !
Le discours de la pierre peut être faussé par les mensonges d’une main malhonnête,
Et les mots gravés sur les murs des temples ne sont pas toujours dignes de foi.
Aussi, écoutez !
Car ce sont les récits du conteur qui recèlent la vraie sagesse,
Et derrière ses mots se cache la vérité, offerte à qui voudra l’entendre.
Ici se rencontrent les hommes et les Dieux.
N’attendez pas l’Oiseau écarlate ni la Monture du Soleil,
Vous ne frémirez pas devant Rahumba, le Monstre du Fleuve qui terrifia Nomer ;
Rien ne sera dit sur Shozar aux cents ruses,
Ni sur Urishim qui fit voile jusqu’aux Îles de la Brume.
Ici se rencontrent les hommes et les Dieux, et eux seulement !
Car ceci est l’histoire de Belzhîqar, le Roi puîné d’Aqram,
Fils d’Enzagil, de la lignée de Shimur le Couronné de gloire.
Il n’affronta ni monstres ni démons,
Il ne vogua pas sur des mers sans noms
Et ne franchit pas les frontières des terres interdites.
Lourd pourtant a été son fardeau !
Car ses adversaires étaient les hommes de la Ville,
Et ils n’avaient rien à envier aux démons ni aux monstres, en ruse comme en méchanceté.
Aqram, joyau de Qaresh, cité étincelante !
Ton cœur déjà était pourri,
Et malgré les signes de la santé le Mal te rongeait.
Ecoutez à présent,
Car voici l’histoire du Roi d’Aqram,
Et nulle part ailleurs qu’ici vous n’en aurez la version juste.
Les signes ont été changés, les tablettes d’argile brisées ;
L’encre des parchemins a été grattée et de nouveaux mots réécrits,
Les souvenirs ont été corrompus par les traîtres et les félons.
Mais les paroles du conteur, elles, restent dénuées de mensonge,
Et les mots de la fable conservent la vérité secrète.
Samelkûshaya, Oraison du Roi Puîné