Bonjour bonjour
Je me suis lancé dans une fiction sur une autre forum. Malheureusement, si les retours sont sympas, je n'ai que très peu d'avis sur l'écriture en elle même. Or, j'aimerais beaucoup avoir des commentaires sur ceci.
Du coup, je me dis qu'en la postant aussi ici, j'aurais des retours correspondant plus à ce que je recherche.
La fiction quand à elle est librement inspirée de la série Assassin's Creed. Enfin disons que cette série sert de fond à mon histoire.
Je vous envoie la première " suite ".
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1814 - Quelques part dans les plaines, non loin d'Omsk.
La meute chassait.
Filant aux cotés du froid mordant, sous le regard inquisiteur de la lune blanche.
La meute suivait une piste. Elle avait envie de sang, envie de tuer, une envie irrépressible de traquer sa proie, de l’apeurer, de l’affaiblir et enfin de l’achever pour se repaitre de sa chair. Les pattes crissaient sous la neige, et le bruit feutré de ces pas semblait presque incongru dans le silence imposant de la nuit.
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L’homme avançait péniblement, courbé. La mélancolique douceur de l’automne avait laissé place à un hiver rude, lourd.
La furie des éléments s’abattait sur le paysage. On voyait les arbres ployer sous la neige, plier face aux assauts du vent. Le sol était recouvert une couche uniforme d’une neige blanche, pure, froide.
Toute vie semblait s’être arrêtée, mais en regardant mieux, on peut remarquer des traces ci et là de passages d’animaux de tout genre, prêt à braver les éléments pour leur survie. L’homme lui aussi luttait pour sa survie.
Il semblait épuisé. Ses vêtements miteux, déchirés, pendaient sur son corps maigre, affaibli par la faim. Il semble porter un paquet.
A y regarder de loin, on pourrait le prendre pour un mendiant. Mais son visage, émacié, montre une force passée, des vestiges d’une jeunesse lointaine faite de dangers et de victoire. Puis l’ont remarque enfin ses yeux. D’un bleu électrique, peu commun, ils brillent d’une détermination, d’une volonté implacable.
Puis l’on regarde la silhouette. Et l’on se rend compte que le mendiant n’en est pas un. Certes, il à l’air affaibli, miteux, réduit à avancer dans la neige, entre les sapins aux aiguilles tremblotantes. On remarque toutefois dans sa démarche une certaine classe, une certaine noblesse, une habilité qui n'est pas commun aux pauvres qui hantent les routes.
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Eclair gris. Un loup se faufile entres les arbres. Il avance à une vitesse formidable. Et soudain, il sent.
Les loups ne chassent pas comme les chiens, truffe collée au sol, mais les oreilles dressées et le nez au vent, attentifs aux effluves et aux bruits qu’une brise peut leur apporter. Il s’immobilise alors, truffe pointée dans la direction de la proie. À ce signe, tous les autres lèvent la tête pour analyser l’odeur. Chacun, alors, remue la queue et fait des bonds. Puis, gardant le silence malgré leur excitation, ils s’approchent le plus possible, contre le vent. La proie qu’ils traquent depuis quelques heures est devant eux. C’est une petite proie, donc peu de viande. Mais les loups ne sont que six. L’instinct aiguisé par des années de chasse, ils se séparent pour encercler leur proie.
Soudain, la proie se retourne. Elle se dresse de toute sa hauteur, de toute sa stature, et fixe droit dans les yeux le chef de la meute. Il ne détourne pas le regard, aucune peur ne se dégage de cet étrange personnage. Plus rien ne bouge. Seul le sifflement du vent vient déranger la lutte entre l’homme et la bête. Puis la meute s’en retourne.
La proie n’est pas normale. Elle n’a pas peur, ce sentiment inextinguible qui pousse l’esprit à réagir spontanément, qui plonge la réflexion dans un abime de folie, et qui pousse à l’erreur, exploitée sans miséricorde par la sauvagerie animale du groupe. La meute trouvera une autre proie. La chasse continue. Et l’homme reprend sa pénible route, courbé, luttant contre les éléments.
1826 - Omsk
Il courait. Il courait pour sauver sa vie. L'arbre n'était plus qu'à une vingtaine de mètres. Il était à bout de force. Il avait de plus en plus de mal à coordonner ses mouvements. Il haletait. Il sentait son coeur battre à tout rompre dans sa poitrine ses poumons prêts à exploser. Mais il ne pouvait pas s'arrêter maintenant, ce serait trop bête.
Ses yeux, d'un bleu presque surnaturel, brillaient d'une détermination sans faille. Il entendait derrière lui le martèlement des pas de son assaillant, son souffle haletant. Lui aussi semblait manquer d'énergie. Malgré tout, il se rapprochait doucement, inexorablement.
Pourtant, au dernier moment, le premier réussit à puiser dans ses dernières forces l'énergie d'avancer, l'énergie d'accélérer une dernière fois, pour atteindre l'arbre qui le sauverait ! Il accentua l'écart avec son poursuivant puis atteignit l'arbre.
- Bien joué, Illyr, tu m'as encore vaincu. Je crois que je n'arriverais jamais à gagner cette course, soupira Andreï
- Tu manques tout simplement d'entrainement, lui répondit le dénommé Illyr. Si tu venais t'entrainer avec moi, au lieu d'apprendre la musique, tu aurais une chance !
Tout semblait différencier les deux garçons.
Illyr était le plus jeune. Agé de 14 ans, il n'était pas particulièrement grand, mais possédait déjà une carrure qui lui conférait une présence assez imposante. Pourtant, même s'il en avait le physique, il n'était pas une brute. Il avait un visage assez raffiné, encadré par des cheveux noirs de jais, qui contrastaient beaucoup avec ses yeux, d'un bleu électrique qui attirait le regard.
Andreï était d'un an son aîné. Il avait une silhouette plus élancée. Plus grand, certes, mais mince. Les traits de son visage semblaient taillés à la serpe. Sur son visage dur s'agitaient de petits yeux sombres, presque noirs. Il portait lui aussi les cheveux noirs.
Et pourtant ils étaient frères. Fils d'un noble russe, présent à la cour du roi et qui régnait sur une petite région à l'est de la Russie, toutefois sous la Vigilance du tsar Nicolas 1er. Andreï était, par droit d'aînesse, l'héritier du poste. C'est pourquoi il était tenu d'étudier avec un précepteur les lettres, l'art, ainsi que la diplomatie.
- Andreï ! Illyr ! Rentrez immédiatement ! Retentit alors une voix
Les deux garçons accoururent.
- Mais où êtes vous encore allés ! Pridurok ! Vous êtes plein de boue ! Andreï, dois-je vous rappeler que dans quelques années, vous serez homme et devrez donc représenter votre père ? Vous ne pouvez pas vous comporter ainsi, tel un enfant ! Et vous, Illyr, ce n'est pas en courant dans l'herbe que vous trouverez un avenir ! Filez à l'écurie, il vous faut apprendre à monter. Vous pourrez ainsi éventuellement entrer dans l'armée ! Quant à vous Andreï, Viktor vous attends pour vos leçons.
Les enfants, noyés dans ce flot ininterrompu de paroles ne savaient quoi répondre. Ils gardaient la tête basse, les yeux rivés sur leurs chaussures. Ils étaient pourtant coutumiers du fait que leur mère les sermonne ainsi. Faire profil bas était probablement la meilleure façon d'éviter la tempête.
Leur mère s'appelait Avdotya. Fille d'un médecin, elle avait épousé Aleksandrïevictch pour s'assurer un avenir. Elle ressemblait beaucoup à son fils Andreï, les mêmes traits durs, les mêmes yeux noirs. A défaut d'être belle, elle était élégante. Elle s'habillait avec goût et se déplaçait avec une grâce propre aux riches de ce monde.
Mais derrière cet aspect aristocratique se cachait une femme dure, froide, austère. Elle était sévère envers ses deux garçons. Elle s'en occupait à l'aide d'un précepteur et d'un bon nombre de servantes, son mari étant toujours occupé à la cour du Tsar.
Les deux garçons filèrent tête basse, heureux de s'en sortir aussi bien.
1814 - Quelque part dans les plaines, non loin d'Omsk.
A chaque pas, l’homme s’enfonçait dans la neige. La marche était difficile. Chaque pas lui coutait un effort surhumain. Depuis combien de temps marche-t-il ? D’où viens-t-il ? Et surtout, où va-t-il ? Voilà les questions que l’on pouvait se poser en regardant ce mystérieux personnage peiner contre les éléments. Les conifères autour semblaient secouer leurs épines, comme pour manifester contre l’intrusion de cet étranger, dans ce lieu propre à la nature, où peu d’hommes s’aventuraient.
Chaque pas le rapprochait de son but. Le paquet qu’il tenait dans les mains semblait l’encombrer. Pourtant, il le gardait avec lui. Son contenu devait être bien précieux pour qu’il s’encombrât ainsi. Seul quelque chose d’une valeur inestimable pouvait pousser un homme à risquer sa vie de telle manière.
1828 - Omsk
- Illyr ! Illyr ! Réveille toi ! Illyr !
Le jeune homme était allongé sur le sol poussiéreux. On aurait pu le croire mort, mais le léger soulèvement de sa poitrine indiquait qu’il était encore en vie. Il ouvrit doucement les yeux, et discerna des visages inquiets penchés au dessus de lui. Son frère, sa mère, et Akulina, une des servantes de sa mère. Ils avaient l’air inquiet. Un soupçon d’inquiétude tordait leurs sourcils en un arc disgracieux.
- C’est encore la même chose, n’est-ce pas ? lui demanda son frère.
Il acquiesça d’un léger hochement de tête.
Ce n’était pas la première fois que ce genre de situation arrivait. Chaque fois, le même processus s’activait. Les lumières redoublaient d’intensités, et l’éblouissaient. Le monde se mettait à tourner. Une odeur de sapin lui emplissait les narines, un bourdonnement sourd lui bouchait les oreilles, et Illyr basculait dans un rêve profond, lourd, et mystérieux.
Dans son rêve, tout était noir. Il voyait par instant une ondulation traverser ce monde onirique. Sa seule certitude était qu’il avait à chaque fois froid. Un froid mordant, fourbe, trompeur, agressif, insatiable. Un vent qui s’insinuait partout et lui glaçait les os. L’odeur de sapin était de plus en plus forte. Soudain une grosse croix rouge écarlate emplissait sa vision, puis se rapprochait terriblement, emplissant de plus en plus la noirceur du paysage, jusqu’à ce qu’il se réveille.
Chaque fois, ce rêve se répétait, toujours aussi mystérieux. La croix rouge se rapprochait toujours inexorablement, sans toutefois jamais l’atteindre. Illyr était à la fois intrigué et effrayé par cette croix. Il voulait que la vision se poursuive, savoir ce qu’était la croix. Mais à chaque fois que cette pensée lui venait à l’esprit, une sourde terreur montait de ses entrailles, lui glaçait le sang et lui paralysait le cerveau. D’après lui, cette croix ne pouvait être que maléfique.
1814 - Quelque part dans les plaines, non loin d'Omsk.
Au loin se dressait la grande tour du dispensaire. Enfin, l’homme arrivait à son but. Il avait traversé maintes épreuves, subit les assauts de la nature et de la faim, mais son périple arrivait à sa fin.
Encore quelques pas, pour atteindre la petite bâtisse de pierre. Une lourde porte de bois lui barrait le passage. Il frappa, faiblement d’abord, puis puisant dans ses dernières réserves, recommença avec l’intensité du désespoir. Très vite, on accouru pour lui ouvrir la porte. Insensible aux regards étonnés, emplis de pitié devant ce personnage à l’aspect misérable, des occupants, il leur tendit son paquet. Celui-ci s’agitait doucement. A l’intérieur, emmitouflé dans des draps, un bébé au regard intense s’éveillait doucement.
- Dites … Dites lui … Dites lui de se méfier de la Croix ! Réussit-il à articuler. La Croix ! Dites lui, la Croix !
Le mystérieux étranger s’écroula alors. Il resta ainsi prostré quelques instants avant de se relever, avec le visage de celui qui à accompli son devoir. Il tourna le dos à la bonne sœur, qui le regardait avec incompréhension, un bébé dans les bras. Puis il avança, et disparut entre les épines des sapins.
Sans un mot, la porte du dispensaire se referma. Ses occupants avaient du mal à croire que cette scène c’était déroulée. Pourtant, le bébé emmailloté dans des linges suffisait à leur prouver la véracité de la situation. Ils se hâtèrent d’aller s’occuper de ce mystérieux enfant.
1829 - Omsk
Des corbeaux s'élevèrent en hurlant dans le ciel. La lourde hache s'abattit dans un bruit sourd. Le bois craqua. La hache s'éleva dans le ciel avant de retomber puissamment. Illyr coupait du bois depuis deux heures maintenant. Cet activité physique lui occupait le corps et l'esprit. Les gestes, répétitifs, engourdissaient son cerveau et l'empêchait de réfléchir. Il ne voulait pas réfléchir. Il ne voulais pas penser.
Le déroulement de sa querelle avec son frère lui revint en mémoire. Les mots, poussés par son ire, avaient dépassés sa pensée. Il prit la décision d'aller s'excuser, tout du moins pour ses mots déplacés. Mais pas tout de suite. Il avait besoin de paix. Besoin de sentir le poids de la solitude peser sur son coeur pour dénouer sa colère. Une fois cette colère envolée il irait voir son frère.
En un an, ce dernier avait beaucoup changé. Leur père, souffrant des traumatismes du froid ainsi que des voyages répétés, était rentré. Il continuait de discuter avec le tsar, par messagers. En attendant, Andreï se préparait. Dans quelques mois, il irait a Saint Pétersbourg prendre la place vacante laissée par son père. S'il n'en avait pas encore le talent de fin orateur, il en avait déjà l'assurance. Andreï se baladait en grand seigneur dans le domaine. Convaincu de sa supériorité, il toisait d'un regard supérieur la masse active de la population qui s'affairait ci-bas. Tous le regardait avec crainte, crainte de la puissance du jeune homme, et des pouvoirs qui allaient lui être conférés, conseiller du tsar ! Andreï goutait déjà a la délicieuse saveur suave et douce du pouvoir. Il se comportait comme un vrai tyran avec les servantes, et ne rendait compte qu'a lui même, et a son père, qui passait le clair de son temps à se soigner au calme.
Le seul qui lui résistait, c'était Illyr. Son jeune frère s'opposait violemment à lui. Illyr refusait la tyrannie du jeune homme, et refusait qu'il la fasse subir a autrui. Il s'était déjà querellé à maintes reprises à ce sujet.
Oui, son frère avait changé. Aux longues courses ou tout deux s'affrontait pour le plaisir de se dépenser s'étaient succédés de longs affrontements, ou Andreï ne luttait que pour la victoire, que pour imposer sa supériorité, et gouter au délices du délicat plaisir d'imposer sa puissance à autrui
Ce comportement rebutait Illyr.
- Pridurok ... Murmura t'il, avant lever sa hache, et de reprendre son lent mouvement régulier.
1829 - Omsk
Dans quelques heures, il s'en irait. Andreï était fin prêt. Dans quelques heures il prendrait le chemin de Saint Petersbourg.
Illyr avait du mal a s'imaginer sans son frère. Malgré leur recentes altercations, il éprouvait toujours une réelle affection envers lui. Son absence serait comme un vide. Il emplissait la maison de sa personnalité.
C'est ainsi que pensait Illyr, allongé sur son lit.
Soudain, un cri déchirant emplit l'atmosphère. Cela le tira de sa torpeur. Illyr descendit les escaliers et déboucha sur le palier.
Chaud mon bide ![]()
C'est vrai que tu n'as pas eu de retour encore ! Désolé pour le manque de réaction de ce forum
Je vais essayer de lire tout ça dans l'aprem et t'apporter des conseils !
C'est pas grave, je prends mon mal en patience ! Avec toutes les fics ici je comprends que beaucoup n'aient pas le temps
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1829 - Lieu inconnu
Illyr ouvrit les yeux. Il se trouvait dans un lieu inconnu. Un mince rai de lumière filtrait à travers l'ouverture d'un volet. De sa position, Illyr voyait le toit en bois. Il tenta de se relever, avant de remarquer que des liens de cuir entravaient solidement son front, ses poignets et ses chevilles aux barreaux de ce qui semblait être un lit. Il était aussi bâillonné. Un bruit étouffé lui parvint de derrière, lui indiquant qu'il n'était pas seul dans la pièce.
Illyr décida de réfléchir méthodiquement. A sa droite, Illyr pouvait distinguer une petite table, avec une bougie, éteinte, posée dessus. Quelques centimètres plus haut s'ouvrait une étroite fenêtre, qui éclairait doucement la pièce malgré la présence des volets. Illyr reporta son attention sur la table. On y voyait des morceaux de tissus ainsi que de longues lanières de cuir, probablement les liens utilisés par ses geôliers pour l'attacher. Apparemment, rien qui eût pu lui être utile.
A sa gauche se dressait seule une armoire. Il pourrait éventuellement se glisser dedans, si tant est qu'il arrivait à se détacher. La porte de la salle devait se situe devant ou derrière lui, impossible d'en dire plus.
Illyr était bloqué. Il ne pouvait rien faire. Il décida de prendre son mal en patience et de se reposer. Il aurait besoin de toutes ses forces pour ... A vrai dire, Illyr ne savait pas quoi faire. Il était perdu. Des milliards de questions assaillaient son esprit. Ou était-il ? Pourquoi était-il-la ? Soudain, le souvenir de son agression lui revint en mémoire.
1829 - Omsk
Illyr descendit les escaliers et déboucha sur le palier. Une flaque de sang serpentait sur le sol. Son reflet dans le liquide écarlate lui glaçait le sang. D'où ce sang venait-il, et surtout à qui appartenait-il ? Illyr prit son courage à deux mains et s'avança. Et son cri lui resta bloqué dans la gorge. L'horreur qui s'ouvrait à ses yeux le paralysait. Sur le sol gisait Viktor ... Où tout du moins ce qu'il en restait. Ses jambes étaient lacérées de traces sanglantes. Son pantalon était déchiré, et sa chair était par endroit à vif. Un de ses pieds se trouvait à 10 centimètres de sa jambe d'origine. Un flot de sang s'écoulait de son moignon ensanglanté. L'intérieur de ses cuisses avait été labouré à l'épée. Une plaie béante s'ouvrait comme un sourire démoniaque sur son abdomen, laissant entrevoir les entrailles du pauvre hère. Le regard d'Illyr remonta plus haut et s'arrêta sur son cou. Et ce qu'il vit le saisit d'effroi. Sa tête était manquante. L'aspect de la blessure laissait penser qu'elle avait été sauvagement écartée du reste du corps. La mare de sang qui s'était formée à cet endroit prouvait que sa tête, tout comme son pied, avait été détachée du corps de Viktor avant la mort de celui-ci.
Illyr s'avança et se résolut à changer vite de pièce. Encore une fois, son esprit rationnel prenait le pas sur son cerveau engourdi par l'horreur. Viktor était sans aucun doute mort, et il ne pouvait plus rien pour lui. Il devait tâcher à l'inverse de s'occuper des vivants, c'est-à -dire retrouver son père, sa mère, son frère, et se sauver lui-même.
Soudain, sa vision se brouilla. Un silence assourdissant bourdonnait dans ses oreilles. Une forte odeur de sapin emplissait l'atmosphère. Mais au lieu de sombrer comme à son habitude, Illyr resta conscient. Il lui semblait voir le monde d'une autre façon. Tous ses sens semblaient en éveil. Son odorat était accru. Sa vision plus puissante. Et, ci et là, brillaient sur le sol des traces rouges. D'un rouge brillant, semblable à celui de la croix qui emplissait ses cauchemars. Puis soudain tout s'estompa. Illyr revint au monde normal. Les traces avaient disparu. Pourtant, poussé par une force inconnue, il décida de se rendre dans la direction qu'elles montraient. Illyr poussa une porte, et se retrouva à l'air libre. Soudain, une sourde douleur lui irradia l'arrière du crâne, et son visage heurta l'herbe encore humide. Puis, plus rien.
1829 - Lieu inconnu
Illyr se maudit de sa stupidité. La douleur dont il se rappelait venait à coup sur d'un coup frappé sur l'arrière du crâne, pour lui faire perdre connaissance et l'amener ici. S'il avait réfléchi et analysé la situation, au lieu de foncer bille en tête, la situation ne serait pas la même. Puis l'image du corps disloqué de Viktor lui revint en tête. Son estomac sous souleva. Qui était les gens responsables de cela ? Quel genre d'être humain fallait-il être pour commettre des atrocités de ce genre ?
Soudain, Illyr entendit le grincement d'une porte, accompagné du bruit de bottes sur un sol en bois se rapprochant. Illyr sourit. Les images de cadavres s'estompèrent. Il allait enfin avoir des réponses.