Bonjour à tous
Le présent récit, sans prétention aucune, dont je vais vous présenter les premiers chapitres, a été posté sur la section écriture du forum du jeu Ogame, dont je suis un joueur occasionnel. Devant les critiques élogieuses je me suis dit que j'allais le présenter à d'autres, et jvc, avec son importante population, m'est venu en tête
Ci après, les chapitres créés !
LES KRETCHNER
Chapitre 2 - Yohan de Wasilia
Yohan de Wasilia regardait un autre homme tenter d’acheter son salut. Oh non pas le salut de l’âme sur lequel il avait depuis longtemps fait une croix, mais le salut de sa chair qui était, à la réflexion, plus important qu’il ne le pensait quand il était encore en son palais ministériel, engoncé dans le luxe et le prestige de la fonction. Ces derniers jours, le duc avait découvert qu’il était bien plus facile d’être un fervent Zaréen quand on n’avait pas à se préoccuper de basses contingences telles que la nourriture ou la maladie. Mais depuis qu’il menait cette folle cavale dans les niveaux inférieurs de Terra Secunda il avait eu tout le loisir de revoir son point de vue sur de multiples sujets. Et notamment sur son efficacité au poste de Premier Ministre du Grand Royaume Hégémonique Terrien. Dire que pendant toutes ces années il avait cru que son travail au service du GRHT, ou GR comme l’appelaient la plupart des trillons d’humains de l’espace humain, était un exemple d’efficacité. Qu’il était le plus proche de la quasi perfection incarnée par le souverain qu’il avait l’honneur de servir.
Au lieu de cela… quand il posait son regard sur les bidonvilles dans lesquels lui et son garde du corps erraient, il mesurait l’étendue de sa vanité. C’étaient des kilomètres de taule et de pièces informatiques démembrées, accumulés dans tous les sens, sorte de chaos informe et sans but. Dans les flaques de boue que l’Ancien Premier ministre soupçonnait d’être radioactive, de faibles réminiscences holographiques grésillantes à la gloire de mouvements politiques anarchistes illégaux montraient plus qu’assez la haine que les habitants des bas-fonds vouaient aux représentants de l’ordre public. Evidemment depuis le Grand Putsch les forces de l’ordre du nouveau pouvoir planétaire étaient débordées mais même pendant l’âge d’or est ce que les habitants avaient déjà vu l’ombre d’un uniforme autrement que fugacement, le temps d’encaisser un projectile anti-émeute ? Yohan en doutait. Quant aux robots patrouilleurs… sur le chemin il en avait croisé en escadron, disposé dans une caricature de pendaison, leurs cerveaux positroniques arrachés sauvagement.
L’attention de l’ancien dignitaire fut détournée de ses pensées moroses par des sirènes hurlantes. Il leva les yeux en direction de la voie aérienne et réussit à apercevoir, une centaine de mètre plus haut, un convoi de planeurs lourdement blindés qui semblaient se rendre à l’ancien Musée de l’Histoire Hégémonique, dans lequel, depuis quelques jours, une forte faction armée de loyalistes s’était barricadée, aidée d’un générateur de champ de force de catégorie militaire. Mais Yohan de Wasilia avait donné son accord pour la construction de ces planeurs Gargantua de seconde génération et il savait que leurs canons à faisceau étaient conçus spécialement dans ce genre d’opposition. Il fut saisi d’émotion à l’endroit ces derniers partisans prêts à donner leur vie pour cracher à la face puante du « Conseiller » Landers, mais pas assez pour courir les rejoindre dans leur suicide.
- Tout est réglé.
L’ancien duc se tourna vers Franz, son soulagement invisible sous son ample capuchon et son holo masque. Il parcourut du regard le visage de son loyal soldat. Le sergent Franz Paliat, qui sous ses airs de matamores, avec sa haute taille, ses muscles augmentés et son visage imberbe taillé à la serpe cachait, dans le secret de son regard d’un bleu glacial, une intelligence affutée. Cette intelligence qui lui avait permis de superviser l’odyssée de son ancien maître à travers les bas-fonds jusqu’à cette planque des mercenaires de Valsavis Sécurité. Cette intelligence qui avait permis au sergent de localiser ces gens, des mercenaires qui ne travaillaient qu’avec le Grand Royaume et qui étaient aussi impatients que le Premier Ministre de disparaître et qui comptaient bien sur le pécule dissimulé de ce dernier pour arriver à leurs fins. Si Franz était ému par l’approbation et le respect silencieux de l’ancien numéro deux du Grand Royaume, il n’en montra rien, et continua ses explications d’une voix détachée.
- Ils vont nous faire passer par un ancien réseau de tunnel de maintenance jusqu’à un quartier contrôlé par des loyalistes. Un escadron de TR-15 déréglés sèmera le chaos dans les forces de la Nouvelle Révolution qui font le blocus de la zone et nous nous faufilerons jusqu’à un planeur piloté par un agent ami. Profitant de la confusion il nous amènera en haute priorité jusqu’à une navette qui partira immédiatement rejoindre le Zedios, un vaisseau Sphinx en orbite. Un complice désactivera les inhibiteurs de translation du centre de commande et nous passerons immédiatement en espace phasique jusqu’à Nouvelle Bastille.
- Oh et comment allons-nous passer l’armada qui encercle le secteur de Basille ? Et à qui appartient le vaisseau Sphinx ? Pas à des gens du mouvement Nouvelle Révolution j’imagine, s’enquit l’ancien Premier Ministre, un peu inquiet que leur fuite doive passer par un vaisseau aussi repérable qu’un gros porteur marchand.
- Si, en quelque sorte. Une filière loyaliste avait prévu de s’emparer du vaisseau avec des exosquelettes légers dissimulés dans la soute pour tenter une attaque suicide et de liquider Landers de façon radicale, mais on est arrivé à convaincre la partie la plus réticente de leur groupe qu’évacuer le duc de Wasilia était une meilleure idée. Quant à l’armada dont vous…
- Hé Monsieur le Ministre, il faut bouger maintenant ! Les sondes X8 seront bientôt dans le secteur pour leur ronde et je tiens pas à être holographié par ces saloperies, cria l’un des mercenaire, vêtu d’une combinaison de combat garnie d’impacts de fuseurs, qui n’avait manifestement pas trouvé le temps de se raser depuis quelques semaines.
Dès lors ce fut une course dans les boyaux sinistres de Terra Secunda. Ils avaient beau n’être pas poursuivis, ou du moins le duc ne le pensait pas, les mercenaires les menait à train d’en faire, et plus précisément lui, Yohan, car son garde du corps n’avait évidemment aucune peine à supporter de courir sur une longue distance, ses implants physiques étant parmi les plus redoutables du marché. L’ancien chef de gouvernement, lui, pestait intérieurement de ne pas avoir cédé à la tentation de se faire implanter. Ils furent bien obligé de marquer une pause avant Wasila ne s’effondre.
- Je suis désolé, fit il en haletant, j’ai cent vingt-sept ans, c’est loin de vos âges, messieurs.
Les autres se contentèrent de lui jeter des regards noirs. Franz balaya l’assistance d’un regard glacé. Ils étaient peut être sept, mais avec la machinerie qu’il y avait dans son corps il était une petite armée à lui tout seul. Un rapport de force à ne pas ignorer.
- Alors dites-moi Vot’Grâce, lança avec insolence une voix féminine, comment ça se fait qu’ce Landers vous ait tous baisé dans les grandes largeurs vous et votre soi-disant Grand Roi ? Nous l’peuple on a été mis devant le fait accompli, comme qui dirait, mais j’pense bien que tout le monde ici est curieux de savoir pourquoi d’un seul coup d’un seul le roi pas si grand qu’ça a perdu la loyauté d’son armée, d’sa police et de tous les caciques.
L’ex sergent Paliat, qui pour devenir le garde du corps du Premier Ministre, avait subi un endoctrinement neurochimique qui l’avait rendu fanatiquement loyal au Roi-Hégémon faillit bondir séance tenante sur la jeune femme mais Yohan, qui avait senti le soldat bouillir tout au long de la tirade s’était interposé.
- Non, non Franz. La jeune demoiselle fait partie du peuple même si elle n’est peut-être pas pas sa représentante la plus diplomate. Et j’ai consacré ma carrière, ma vie à tenter, avec plus ou moins de succès, de faire prospérer l’Etat et le Peuple. Je vais répondre à sa question, malgré son manque de respect, murmura le duc dans la Langue Noble, qu’assurément les mercenaires ne parlaient pas.
L’homme d’état évalua celle qui l’avait interpellé. Une jeune femme aux cheveux noirs coupés très courts, aux traits étonnamment fins et vêtue d’un exosquelette léger avec un imposant pistolet pulseur dans son holster. Ce n’était pas une mercenaire ordinaire. Sa peau était bronzée. Sur certaines planètes cela ne voulait rien dire, mais sur Terra Secunda… Elle n’avait pas toujours été dans une petite compagnie de mercenaires, à faire de l’élimination de criminels et d’irradiés dans les bas-fonds privés de la lumière du soleil. Comment avait-elle pu aboutir ici si elle habitait auparavant les niveaux supérieurs ? La question devrait attendre.
Le duc soupira. Malgré l’urgence il voyait bien que la question que posait la jeune femme intéressait tout le groupe et peut être même Franz. Il fallait les comprendre. Ils s’étaient couchés un soir, la prédominance et l’invincibilité du Roi-Hégémon et de sa nation interstellaire aussi certaine pour eux que le lever d’un soleil de Terra Secunda. Le Grand Royaume était devenu le cadre de référence de leur vie, la structure dans laquelle ils évoluaient, et même si sa fondation était récente à l’échelle humaine, il semblait parti pour durer des milliers d’année. Et puis le jour du Putsch, sans avertissement, des corps d’armée avaient fait défection, des soldats s’étaient mis à tirer sur leurs frères d’armes, des croiseurs de combat avaient fait pleuvoir leurs ogives nucléaires et leurs faisceaux calorifiques sur les bases d’où ils prenaient leurs ordres. Et cela dans quasiment tout l’espace humain, excepté le secteur de Nouvelle Bastille, où était situé le Commandement Militaire Central, qui bien qu’en état de siège était encore loin de tomber aux mains des forces félonnes. Yohan de Wasilia s’assit sur une roche descellée et parla, d’une voix lasse, son auditoire suspendu à ses lèvres.
- Ecoutez, je n’en sais pas beaucoup plus que vous. Si, si ! Quelques jours avant la grande trahison de, les services secrets ont commencé à s’agiter et à nous transmettre des rapports évoquant un regain d’activité séditieuses, mais rien de précis. Les amiraux et généraux locaux ne donnaient aucun signe particulier d’agitation, le chômage était au plus bas, les indicateurs économiques étaient bons… Et puis, deux jours avant que tout ne s’écroule, nous avons reçu un rapport précis disant qu’un certain représentant de quartier, Carl Landers, originaire de Syndra XI, tenait des discours enflammés contre le Roi-Hégémon. Nous n’avions jamais entendu parler de cet individu ! Comme nous pensions avoir affaire à un individu isolé, nous avons envoyé un émissaire sur Syndra afin d’entendre ses doléances. Il est arrivé dix-huit heures avant que les conjurés ne se révèlent et il a trouvé la planète entière en état de révolution ! Comme nous pensions avoir affaire à l’épicentre d’une vaste conspiration – ce en quoi nous n’avions pas tort, ironiquement – nous avons envoyé une flotte commandée par l’amiral Alaric se rendre maître du système. Mais…
La voix de l’ancien premier ministre se brisa. Le simple fait de repenser à cet instant dans le poste de commandement de Sanctum Terra menaçait de lui faire perdre tout son masque de maîtrise et de calme, toute capacité à appréhender la situation.
- Deux vaisseaux. Seuls deux vaisseaux ont réussi à envoyer un message. Ils disaient « Amiral Alaric traître, ordonné aux croiseurs titans de faire feu sur reste de la flotte », et le message s’interrompait sur une demande de soutien. Le scénario s’est reproduit partout. C’est comme si… je ne sais pas, comme si d’un seul coup une folie collective avait envahi des millions de milliards d’individus.
Un long silence plana dans le conduit d’entretien. Les mercenaires en particulier étaient surpris d’apprendre que Carl Landers était un illustre inconnu. Beaucoup supposaient qu’il avait été un homme important, un conspirateur ayant accès à des ressources privilégiées mais pas qu’il n’était qu’un vulgaire représentant de quartier sur une petite planète éloignée. Le reste du récit était tout aussi troublant. Le mercenaire barbu, Endren Cowl, le chef du groupe, se reprit le premier.
- Bon, monsieur le Ministre, c’est une histoire fascinante et mais nous nous sommes déjà trop arrêtés et vous semblez être assez reposé. Tout le monde, en avant ! Et toi Brianna, la prochaine fois que tu parles comme ça au duc, t’en prends une, exosquelette ou pas, c’est vu ?
Et ils reprirent leur course. Occasionnellement quelques rats de belle taille surgissaient d’un conduit et étaient immédiatement abattus. Les rongeurs qui traînaient dans les niveaux inférieurs de Terra Secunda étaient porteurs de miasmes contre lesquels les traitements médicaux rudimentaires des combinaisons de combat portées par les mercenaires et les implants de combat du sergent ne pouvaient pas grand-chose. Finalement après plusieurs centaines de mètres parcourus dans un silence oppressant uniquement rompu par le bruit de cavalcade, le groupe stoppa – au grand soulagement de Yohan de Wasilia – devant une bouche d’aération menant à la surface.
- Bon à partir d’ici nous sommes juste sous le blocus des noirs connards, dit Endren en utilisant le surnom à la mode des prévôts, donc on attend que les drones TR-15 se mettent à tirer dans tous les sens et on vous courez tous derrière moi.
Le plan semblait un peu rudimentaire au Premier Ministre, et il s’inquiétait de l’aspect « tirer dans tous le sens » mais il se tut. Il était de toute façon trop tard pour revenir en arrière. Alors comme les autres, il attendit en silence, envahi par l’adrénaline. Pas très longtemps toutefois. Soudain, des explosions et des tirs de projectiles assourdis se firent entendre au-dessus d’eux. La jeune femme nommée Brianna usa de son exosquelette pour casser la grille qui conduisait à la surface et en quelques instants ils furent dehors. Et en effet, tout le monde tirait dans tous les sens. Les fuyards en cavale débouchèrent dans une petite ruelle, relativement à l’abri, et eurent une vue privilégiée sur un groupe de Nouveaux Révolutionnaires échangeant des tirs avec desTR-15.
Ces drones qui lévitaient au-dessus du sol en tirant des faisceaux calorifiques dévastateurs – un rampant blindé qui faisait le barrage de la route vers le quartier rebelle en témoignait, réduit à l’état de carcasse fumante – faisaient des cibles difficiles et les hommes en verts et noirs étaient bien trop préoccupés par leur propre survie pour se préoccuper du petit groupe qui surgit da la ruelle derrière eux. Le Premier Ministre, soulevé manu militari par la mercenaire à l’exosquelette pour aller plus rapidement, était balloté en tous sens et se retenait de vomir. Finalement quelques tirs les visèrent. Yohan entendit des corps tomber derrière lui mais n’avait pas le loisir de se retourner pour regarder. Sous l’effet de la panique, Brianna accéléra, poussa son exosquelette à ses limites, et dépassant le reste du groupe. Au bout de quelques minutes de course, ils parvinrent jusqu’à une grande rue couverte d’étendards du Grand Royaume. Mais, à la grande surprise du duc, sa porteuse bifurqua jusqu’à une autre ruelle, plus modeste. Il tenta de crier une question mais n’eut pas de réponse, jusqu’à ce que finalement il soit déposé sans ménagement dans une sombre impasse. Son inquiétude ne manqua pas d’augmenter quand la mercenaire braqua sur lui son imposant pistolet.
- Maintenant, m’sieur le Premier Ministre à qui je peux parler sur le ton qui me plaît, on va voir combien les NR peuvent payer pour vous mettre la main dessus, lança-t-elle d’un ton moqueur au duc qui sentit un liquide chaud couler à l’intérieur de son pantalon.
Sa ravisseuse eut un rictus de mépris et se mit en mouvement, trop vite pour qu’il puisse ne serait ce qu’esquisser un geste. Et ce fut le noir.
LES KRETCHNER
Chapitre 3 - Yoshino et l'Individu
Le Destinée Manifeste était bien plus que le plus redoutable des vaisseaux de guerre conçus par l’humanité depuis qu’elle connaissait le secret du vol entre les étoiles. Il s’agissait d’une véritable œuvre d’art aux dimensions kilométriques, hommage à tous les bâtisseurs de cathédrale de l’ancienne Terre, la glorieuse Sanctum Terra. Sorte d’ovale aplati d’où surgissaient d’immenses spires d’une infinie complexité surmontés par des statues de grands hommes dorées à l’or fin, ses flancs parcourues de gargouilles intimidantes de la bouche desquelles sortaient les ouvertures des armes du super destructeur, ce qui frappait en premier ceux qui contemplaient la majesté de ce bâtiment, tout à la fois navire, station spatiale, ville et basilique à la gloire du Roi-Hégémon était le buste de ce dernier projeté par hologramme entre les spires, comme une immense bannière des temps primitifs, sauf que les dimensions de celle-ci étaient supérieures à celles de la plupart des bâtiments humains. Le simple maintien de cet hologramme coûtait en énergie vingt fois ce que nécessitait l’alimentation continue d’une ville moyenne du vingt et unième siècle.
Quant à ses systèmes d’armes, ils étaient inégalés. À la proue du navire spatial, la plus grande bouche à feu jamais conçue pouvait projeter un faisceau calorifique sur une zone considérable et à une portée inégalée. La puissance de cette arme était telle qu’elle pouvait rendre une planète inhabitable et la transformer en un enfer de chaleur qui anéantissait toute forme de vie en quelques dizaines d’heures. Tel était le Destinée Manifeste. Ou du moins c’est ainsi qu’il était avant la grande trahison. Le commandeur-général de Nouvelle-Bastille, maître stratège du Royaume, conseiller militaire suprême, Yoshino Obayashi se rappelait l’époque de son lancement. La construction du « DM » comme on l’appelait alors, avait de nobles objectifs. Permettre d’éradiquer définitivement les planètes corsaires de la bordure en quelques années, constituer une imparable défense contre toute tentative de rébellion des systèmes distants, et montrer à chaque humain de la galaxie l’invincible puissance du Grand-Royaume.
Et aujourd’hui ce titan, ce dieu des vaisseaux spatiaux voyait son ornement être endommagé de toutes parts. Les fresques gigantesques représentant l’Unification des Planètes Nations qui avaient été gravées au laser par les plus grands artistes de l’humanité pendant soixante-douze ans sur les spires et les flancs du géant de l’espace étaient parsemées d’impacts de projectiles balistiques et de zones brûlées par le feu des armes à rayonnement. Comment osaient-ils ! Bien sûr ils n’avaient pas pénétré la coque du Destinée Manifeste, pas encore, ils ne réussissaient qu’à abaisser temporairement les boucliers, mais ces destructions abjectes, ces trous faits dans l’habit de soie du roi des cieux étaient autant d’offenses impardonnables.
Les traits d’Obayashi se durcirent encore, son visage aux traits patriciens et aux cheveux d’un gris acier se faisant l’archétype de l’honneur offensé. Flottant au-dessus du sol sa salle de méditation zéro gravité, mais néanmoins méditant en position du lotus, le plus grand stratège des forces militaires du Grand Royaume regardait les défenses de Nouvelle-Bastion décimer impitoyablement la force d’incursion de la Nouvelle Révolution, pluie de projectiles et de rayons qui s’abattaient sur les traîtres abjects qui avaient assassiné le Roi-Hégémon. Par l’immense baie vitrée – quoique vitrée soit impropre puisqu’il s’agissait d’adamantium rendue transparente par chimie moléculaire – il discernait chacune des explosions qui environnaient le Destinée Manifeste. C’était un spectacle réellement divin que ces lumières qui transperçaient le vide intersidéral dans une danse complexe et terrible, que ces milliers de vaisseaux qui accomplissaient une chorégraphie n’ayant rien à envier à celle des danseuses étoiles du ballet de Terra Secunda.
Et c’était aussi une victoire supplémentaire au crédit d’Obayashi dit le « shōgun ». Il s’était retiré pour méditer il y avait déjà quelques heures quand il avait été certain que les forces ennemies ne pourraient plus échapper à sa stratégie. A cette pensée ce ne fut pas le contentement qui le parcourut mais la colère. La stratégie de l’ennemi était aberrante ! A chaque nouvelle manœuvre des Nouveaux Révolutionnaires autoproclamés la consternation empreinte de malaise du commandeur-général augmentait. Celle-ci en particulier, n’avait aucun sens. Comment avaient-ils pu imaginer qu’il leur serait possible de prendre à revers le réseau de stations militaires Golgos ? Il y avait une de ces plateformes, équipées d’armes atomiques de classe 9, à tous les points de translation, de chaque système qui composait le secteur Nouvelle-Bastille. Sans parler des canons stellaires qui pouvaient tirer dix-huit mille projectiles de métal liquide guidés au laser en huit secondes. Et de toutes les autres défenses qui entouraient le Commandement Militaire Central du Grand Royaume.
Ils avaient surgi trente-six heures auparavant, une véritable nuée d’astronefs hétéroclites et leur manœuvre avait stupéfié les cerveaux du CMC tant elle était inepte. Tenter de submerger les programmes de ciblages automatiques des stations Golgos en envoyant une vague d’attaque immense afin que quelques vaisseaux puissent se faufiler et tenter une attaque suicide sur les plateformes spatiales.
Obayashi rumina les enregistrements qu’il se repassait en esprit depuis le début de sa méditation. Pourquoi des attaques suicides ? Pourquoi cette sauvagerie ? Il savait que des kamikazes avaient fomentés des attaques contre des points stratégiques un peu partout dans l’espace humain, sauf qu’il s’agissait de soldat du Nouveau Royaume déterminés à emporter autant de traîtres que possible avec eux dans la mort dans un ultime sursaut de bravoure. Attaquer l’ennemi en sacrifiant sa vie n’avait de sens que si l’on était désespéré, or les Nouveaux Révolutionnaires n’avaient aucune raison de l’être puisque, tôt ou tard, ils viendraient à bout du réduit isolé de Nouvelle-Bastille, aussi bien défendu qu’il puisse être. C’était comme si ils voulaient absolument liquider le secteur de Bastille immédiatement, comme si ils ne pouvaient pas attendre. Alors qu’ils avaient gagné ! Yoshino sortit un mouchoir de soie de la poche intérieure de son uniforme bordeaux et or et essuya une goutte de sueur qui coulait le long de son front ridé sous le poids de l’incompréhension. Pourquoi cette boucherie ? Pourquoi sacrifier inutilement autant d’hommes ? On aurait dit une armée de primates sans aucune stratégie se lançant à l’assaut d’une ville humaine. Obayashi descendit au niveau du sol et se maintint à une poignée avant de faire apparaître un panneau holographique.
- Intelligence virtuelle, gravité retour au niveau standard et contactez le premier officier tactique Lawson, ordonna le commandeur d’une voix lasse.
- Commandeur, vous m’avez fait demander, fit la voix de Lawson à travers tous les systèmes audio de la pièce, selon l’IV ? Justement je m’apprêtais à solliciter un entretien.
- Oh ? Je souhaitais votre avis éclairé sur les manœuvres ennemies, mais cela peut attendre quelques instants. De quoi vouliez-vous m’entretenir, Jason ?
- Hé bien commandeur, commença l’officier en cinquième dans la chaîne de commandement du Destinée Manifeste en cachant mal son excitation, j’ai le plaisir de vous dire que nous avons réussi à mettre un chasseur ennemi en stase ! On ne s’explique pas encore pourquoi mais son disputeur n’a pas fonctionné. Ce qui veut dire que… nous avons un prisonnier.
Obayashi fut debout en instant. C’était une autre particularité qui le répugnait particulièrement chez les ennemis sans honneur qui assiégeaient Nouvelle-Bastille. Aucun d’eux ne se laissait capturer vivant et tous se suicidaient soient grâce une capsule de poison, soit grâce à des implants. Cela n’avait jamais fait partie de la doctrine militaire des légions du Royaume. Mais pour la première fois Obayashi tenait l’un de ces fous sans honneur qui avaient trahi l’humanité toute entière. Et il ne lui accorderait pas la paix de la mort rapidement.
***
Il le haïssait. Comment avait-il pu ne pas s’apercevoir qu’Obayashi était si abject ? Immonde ? Infâme ! Infâme ! Il devait mourir, et souffrir. Oh l’homme avait longtemps respecté et admiré le «shōgun », celui qui avait maté les bandes corsaires de Thoric le Rouge, le vainqueur de la bataille de Frangia II, et d’une liste d’exploits trop longs pour être cités. Il avait admiré son sens de l’honneur, hérité des anciennes valeurs orientales remontant au temps des vieilles nations terrestres, sa politesse surannée et sa culture. Il avait adoré cet homme qui avait toute la confiance du Roi-Hégémon et qui occupait la position unique de maître stratège et qui trouvait le temps, tout en concevant de redoutables plans de bataille, d’émettre des théories philosophiques.
Mais maintenant… il avait eu la révélation. Il savait que cet homme en apparence si admirable était une abjection, le mal sous forme humaine. Il connaissait le secret des pensées de celui qui était devenu son ennemi mortel et savait que la perversité et l’ignominie étaient ses règles de vie cachées. Oh la haine le brûlait, le brûlait, comme si il s’était plongé dans un brasier ou qu’il avait avalé des charbons ardents, comme si en son sein il y avait une flamme qui se nourrissait de ses organes pour se développer et croître jusqu’à tout consumer.
Oh toutefois la chaleur de sa haine était tempérée par une glaciale détermination. En croisant Obayashi alors que lui et Lawson traversaient un couloir du secteur administratif il faillit bondir pour l’égorger avec ses dents ! Mais il se contint car il devait donner le change, il n’avait pas le choix, il fallait qu’il réduise son juste courroux à une proportion plus congrue, qu’il se calme. Alors il se força à sourire, et même si Lawson le regarda d’un air curieux – ses mâchoires étaient si crispées que son sourire donnait l’impression d’avoir une rage de dent – les deux gradés passèrent leur chemin. Lawson. Oh l’infâme, le haïssable cancrelat. Parce qu’il était haïssable également n’est-ce pas ? Lui aussi il… il quoi ? Peu importe ! La nature du crime d’Obayashi était si abominablement insupportable que l’individu silencieux et envahi par la rage ne pouvait pas la formuler mais il savait qu’il y avait eu crime ! Une dissimulation, une ignominie !
- Hé qu’est ce qui t’arrive ? Tu vas bien ?
La brume rouge qui commençait à envahir son esprit se dissipa. Il se tourna vers la jeune femme qui lui avait adressé la parole. Elle occupait le même grade que lui. Oh et elle, elle n’était pas consciente que leur chef suprême était maléfique, criminel, odieux, abject. Elle ne savait pas, elle ne savait pas. Il fallait se contenir cependant, car innocemment elle risquait de lui dire et d’empêcher l’individu d’accomplir sa tâche, la tâche pour laquelle il avait été élu. Mais qui était-elle exactement… l’individu avait du mal à se souvenir… il se rappelait d’une pièce sombre et cachée dans les niveaux d’entretiens. Il se rappelait de vêtements qui tombaient au sol et de… de la chair, nue, appétissante… non, non ce n’était pas ça, pas comme ça, cette chair l’avait attiré oui mais autrement. Que se passait-il ? Ses pensées étaient altérées, il avait du mal à se souvenir de l’identité de cette jeune femme qui lui faisait face et dont le visage exprimait une perplexité grandissante. Dire quelque chose, dire quelque chose, vite. Ne pas le décevoir, ne pas oublier sa mission.
- Oh je… oui, je ne sais pas j’ai eu un léger malaise pendant la translation depuis Bastille et je me sens un peu bizarre. Mais j’ai pris des cachets et ça devrait aller mieux, ne t’inquiète pas Laëtitia.
Le nom de la jeune femme lui était revenu ! Coup de génie ! Et puis cette excuse était très bien trouvée. Il vit la compassion se peindre sur le visage de la blonde. Le mal de la translation, comme on l’appelait, était une chose très rare avec les progrès des systèmes de passage en espace de phase, qui éliminaient les effets secondaires sur quatre-vingt-dix pourcent du personnel de la flotte. Mais occasionnellement il arrivait encore pour des raisons mal comprises que le passage en espace phasique et la translation qui s’ensuivait cause des maux d’estomac à des gens qui normalement n’avaient aucun problème avec la navigation phasique. Il l’avait oublié mais maintenant, l’individu empli de haine se souvenait qu’il avait eu autrefois à travailler avec un jeune enseigne qui avait dû se reconvertir en administrateur militaire parce qu’il était incapable de supporter l’espace phasique. Il n’arrivait pas à se souvenir de son nom cependant…
- On se retrouve au mess 5-L d’accord ? Oui ? Je dois y aller et… oh tiens…
L’intelligence virtuelle du vaisseau diffusa par hologramme et par le réseau audio une série de messages appelant Isaya Radjin à se présenter au plus vite à son officier supérieur. Radjin. Radjin. Ce nom ne lui était pas étranger mais… il avait décidément des problèmes de mémoires aujourd’hui. Parmi les trente mille personnes qui servaient sur le Destinée Manifeste, pourquoi connaissait il particulièrement cette Isaya ?
- Brr, je me demande ce qu’on peut bien vouloir à cette horrible bonne femme. Si j’étais interrogée par elle j’avouerais tout ce qu’elle voudrait et plutôt deux fois qu’une… oh mais je dois vraiment y aller ! Huit heures au mess 5-L, n’oublie pas !
Le babillage de cette stupide femme blonde avait eu une utilité ! Il se souvenait bien d’Isaya maintenant, une femme impressionnante, aux formes généreuses qui aurait été très attirante si ce n’était son regard glacial et sa réputation de tortionnaire. Il l’avait croisé deux fois, par hasard, à la bibliothèque du secteur ouest et sa pâleur de zombie couplée à sa démarche de prédateurs aux aguets lui avait fait faire un large détour. Cependant… pourquoi avait on fait appeler Isaya ? Est-ce que par hasard on aurait fait un prisonnier ? Au début tune vague d’allégresse monta dans l’esprit de l’individu.
Mais rapidement il considéra la question sous un autre angle. Une profonde inquiétude, ou plutôt non, le terme était trop fort, mais une gêne non négligeable pour le moins, montait en lui au fur et à mesure qu’il imaginait Isaya en train d’interroger un Nouveau Révolutionnaire. Pourtant… pourtant il n’y avait qu’un risque infime que l’éventuel prisonnier soit d’un rang suffisant pour avoir été… été quoi… ? C’était étrange on aurait dit que son cerveau pensait dans deux directions à la fois parallèlement mais sans qu’il ait connaissance de l’une d’elles. C’était comme si…
Et puis soudain une illumination le frappa ! Mais oui ! Ce n’étaient pas des Nouveaux Révolutionnaires ! Ils allaient torturer un légionnaire spatial, un de ses frères d’armes soldats, car l’abject Obayashi les avait entraîné dans une rébellion contre le Roi-Hégémon ! Comment avait-il pu oublier une chose pareille ? Il était vraiment épuisé mais il se souvenait, il avait été envoyé ici pour infiltrer les traîtres ! Il faillit rire tout haut de sa bêtise avant de reprendre l’expression sérieuse qui convenait à sa mission.
Car il avait une mission. Se reposer d’abord. Et ensuite s’occuper du légionnaire capturé. Il ne devait rien révéler aux traîtres. Il connaissait les risques quand il s’était engagé. Et lui, loyal, ferait son devoir. Oui tout s’éclaircissait. L’individu consulta son affichage rétinien. Encore une heure de permission. Le sourire aux lèvres, il alla se coucher dans son dortoir et s’endormit du sommeil du juste.
Ah, de la SF
!
Bon, là, je rentre juste d'une veillée de travail. Je lis ça dès que je peux
.
Je t'invite également à te présenter sur le topic adéquat, et pourquoi pas à venir faire un tour sur le Café.
En tout cas, bienvenu parmi nous
.
Petite remarque sur la lecture, premier post :
"il quitta son salon et parcourut les couloirs de son immense propriété jusqu’à un balcon du deuxième étage auquel il s’appuya convulsivement tant il peinait à trouver son souffle."
convulsivement étant un adverbe relatif aux convulsions, il me semble pas super adapté dans ce cas.
Mis à part ça, je me suis plutôt bien régalé. je lirais donc la suite avec plaisir
.
Bonjour,
Je suis ravi que l'histoire t'ait plu et j'ai hâte d'avoir d'autres avis
Toutefois je ne comprends pas ta remarque sur le convulsivement.
On peut tout à faire s'appuyer de façon frénétique contre quelque chose (après un effort intense, ou quoi, je ne sais pas si tu fais du sport par exemple), quand on a dépassé ses limites physiques, et de façon convulsive, c'est à dire qu'on cherche sa respiration, qu'on a du mal à la trouver et que littéralement on "convulse", parce que la convulsion ce n'est jamais qu'on spasme musculaire en réalité.
Je prends quand même note de ton avis ![]()
Je sais pas si t'as regardé sur Youtube, mais des convulsions c'est quand même assez violent. Alors s'appuyer convulsivement contre une rambarde... Haletant, oui. Mais comme Marty, je dirais que convulsif ne convient pas.
Hé bien moi je pense que ça convient :p
Je suis navré que ce mot pose tant de problèmes, et je trouve dommage, Arduilanar, que tu viennes commenter uniquement pour dire cela, j'aurais préféré une critique négative ou positive sur l'ensemble ^^
J'ai pas encore eu le temps de lire.
Et puis bon, c'est toi qui vois de toute façon. Je m'en fiche du mot que tu utilises, c'est juste un conseil et tu en fais ce que tu veux.
Mais en fait je trouve vraiment que convulsion est approprié, parce que les émotions violentes peuvent donner lieu à des réactions violentes, enfin je sais pas, j'y réfléchirais mais pour l'instant ça me semble un bon choix de mots.
Mais y a pas de soucis hein, justement j'y réfléchis
Quoiqu'il en soit je m'en vais écrire le chapitre suivant et peut être celui d'après (mais bon je vais en soirée donc pas garanti pour ce dernier).
Oh et, petit teaser, dans le chapitre numéro cinq, il se passera un fait très important, ou plutôt une révélation importante, à l'échelle de ce début de récit ![]()
- Je vais vous conduire auprès mon employeur, professeur Scott, lança brusquement l’homme. Sachez que toute idiotie de votre part vous ferait amèrement regretter de n’avoir pas connu quelques moments de jouissance pendant ces dernières heures de temps « libre », si j’ose dire, dont vous avez disposé.
Quand son ravisseur et ses deux sbires, après l’avoir enlevé, s’étaient dirigés vers la navette pour fuir la planète, ils étaient passé par un ancien réseau mécanique puis par une zone de construction et enfin cachés dans le coffre d’un glisseur de police dont le conducteur avait accepté un pot de vin. Les trois hommes portaient alors des vêtements amples utiles pour cacher des armes et n’avaient pas un air très propre, au sens comme au figuré. Toutefois le chef du groupe s’était radicalement transformé. Adoptant un costume deux pièce intelligent qui se morphait pour épouser ses mouvements, le noir des vêtements soulignait sa peau d’une pâleur aristocratique, et ses cheveux blonds coiffés vers l’arrière faisaient ressortir un front haut et intelligent. Dudley Scott était auparavant effrayé par la menace physique que faisait peser l’homme, mais il était désormais également intimidé par la prestance inquiétante du blond.
C’est docilement qu’il suivit l’élégant homme de main à travers une enfilade de couloirs, et remarqua ce faisant que les domestiques inclinaient la tête sur le passage de son guide, renforçant l’impression que commençait à avoir Scott : ce n’était pas juste un gros bras ou un mercenaire, et son élégance n’était pas celle de quelque nouveau riche désireux de se conformer aux codes de la société dans laquelle il évoluait. L’habit avait beau ne pas faire le moine – mais qu’était ce qu’un moine déjà ? – Dudley s’était laissé berner, malgré ces implants rétractables qui auraient dû le convaincre, même avec son expérience limitée aux reportages et aux séries holos, qu’il avait affaire à quelqu’un d’éminemment redoutable. Alors évidemment la question était : quel billonnaire avait su s’attacher les services d’un tel individu ?
Sa question n’allait pas tarder à trouver une réponse. Les deux hommes, le scientifique et le guerrier des temps moderne, stoppèrent devant une double porte en acajou massif. Son accompagnateur lui fit signe d’entrer un geste impatient et referma la porte derrière lui sans le suivre. Un peu désorienté, le professeur regarda autour de lui. Il était dans un grand salon clairement conçu pour rappeler un XXéme siècle fantasmé. Une cheminée illuminait la pièce de son feu, et face à ce feu, deux fauteuils au haut dossier, d’où s’échappaient des voix. L’un d’eux, après quelques minutes, pivota et Scott pu voir la qui y était assise, et hoqueta. Le style du manoir, la statue de chevalier, la livrée moyen âgeuse des serviteurs, tout trouvait sens. Le visage de la femme qui lui faisait face était connu dans tout l’espace humain. Eleonora Victoria of Bourbon, Queen of England and France, dans la vieille langue anglaise, ou plus simplement, Victoria X. L’ultime dépositaire vivante du sang des premiers rois humains, connue pour ses prises de positions contre le Roi-Hégémon, qui vivait en recluse dans une demeure secrète.
Cette femme au visage commun et aux cheveux d’un châtain parsemé de gris bénéficiait manifestement des traitements de régénération les plus avancées parce que même en tenant compte de ceux-ci, une femme de son âge, trois cent douze ans, ne devrait pas avoir l’air d’une quinquagénaire. D’aucuns la croyaient morte, puisqu’elle n’était pas apparue sur les réseaux depuis plusieurs décennies. Mais l’intensité du regard de Victoria dépassait celle de tous les vivants que Scott avait pu côtoyer. Elle semblait attendre quelque chose et Scott se sentit obligé de faire une révérence maladroite, ne pouvant s’empêcher de bafouiller des salutations maladroites. Il eut été de bon ton de parler anglais, sans doute, mais la langue commune était un dérivé de l’ancien français de Sanctum Terra et plus personne ne parlait la langue des ancêtres de Victoria. Quant à la langue noble, elle était une pure création du Grand Royaume et bien évidemment Scott ne la parlait pas.
Sa révérence maladroite fit rire la reine en titre, d’un beau rire cristallin. Elle murmura quelque chose en anglais à la personne assise sur le fauteuil à côté d’elle puis se leva, et, à la grande surprise de Scott, sortit de la pièce. Puis le deuxième fauteuil pivota et il eut un choc au moins aussi grand que lors de son enlèvement.
- Notre hôtesse me disait que tu étais un garçon charmant, Isaac. Hum ? Oh je sais, tu as renié la famille, tu as changé de nom et tout cela, mais permets à ta grande sœur ne pas se souvenir de toi comme aux jours d’antan.
Toujours stupéfait, Dudley Scott, n’arrivait pas à trouver ses mots.
- Hé bien quoi ? Même pas un bonjour ? Enfin j’imagine que Stephen ne t’a pas ménagé durant votre escapade. Cela aurait pu être différent si tu n’avais accepté de garder le contact et si nous avions pu agir avec moins de précipitation, mais tu nous a bien fait comprendre que tu ne faisais plus partie de la famille alors… Enfin. Je suis ravie de te retrouver, Isaac Kretchner.
[Si tu veux qu'un modo supprime un post, va mettre le lien sur le topic de modération ou il risque de ne jamais s'en apercevoir.
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[C'est fait ^^]
Donc voilà, le chapitre 4 est là, le 5 est bien entamé, je rentre de soirée vers 3-4h, si je suis pas trop torché je le finirais
(même si ça ne semble pas intéresser grand monde mais enfin ça me détend d'écrire donc après tout osef x)
Non mais je lirai, hein. Au moins le début. Mais dis-toi bien que d'une part, les lecteurs prennent toujours leur temps, et d'autre part qu'en ce moment le forum traverse une période creuse liée à l'après-fêtes. Donc ne te fais pas de soucis. ![]()