Bonjour à tous, j'ai écrit ce court texte dans le cadre de mon cours de français et j'aimerai connaître votre avis. Par contre ,je tiens à vous dire que la fin est un peu bâclé
Sa vision du monde
La pièce était blanche, le lit était blanc, la porte était blanche, l’enfer était un gouffre immaculé de blanc. Pour ce petit homme aux sens aiguisés, la seule porte de sortie était le sommeil, mais depuis quelque temps, le sommeil ne lui suffisait plus. En effet, depuis peu, son sommeil était froid comme l'hiver. Il ne cessait de se poser la même question : Pourquoi? Pourquoi avait-on jalousé son innocence? Pourquoi l’avait-on enfermé dans cette chambre des supplices afin de le tourmenter?
Sa sordide cellule était bien aérée, possédait une odeur exquise, le plancher comme les murs étaient moelleux à souhait et les sons se propageaient avec harmonie. Ce bien-être relatif était le comble de l’ironie pour lui, car il savait qu’une terrible souffrance était masquée derrière le bonheur.
Ainsi, l’enfer, ce gouffre sans âge avait revêtu son manteau blanc et lors de ces moments de panique, seule la couleur de son sang lui permettait de garder l'esprit sain dans ce monde uniforme. Lorsqu’il passait à l’acte, il devait faire vite, car ils n’étaient jamais bien loin, ils le surveillaient incessamment. Malheureusement pour lui, à chaque fois, c’était la même chose : il regardait la porte s’ouvrir très lentement, il les regardait avec mépris se jeter sur lui tels des fauves. Pour lui, le temps était arrêté. Il se délectait de chaque instant. Comme si la vie voulait le narguer, il perdait toujours connaissance lorsque son bonheur atteignait son paroxysme.
Maintenant, ils avaient compris et lorsqu’ils n’étaient pas en sa présence, ils l’attachaient à son lit. Ils disaient qu’ils faisaient ce geste pour le protéger de lui-même, mais il ne les croyait pas.
C’était le cinq novembre et, selon un de ses tortionnaires, il avait été dans cet enfer depuis un an. Afin de commémorer ce monstrueux jour, il voulait enfin sentir le vide. Ainsi, quelques heures plus tard, lorsqu’il fut laissé seul à son aise, il ferma son œil vivant, cet œil corrompu et maudit. Il savait bien que cette tentative était vaine, qu’elle allait encore se solder par un échec, mais c’est la dernière option qu’il avait. En effet, ligoté à ce lit, que pouvait-il tenter outre que ce geste? Donc, dans les premières secondes, il fut envahi par un sentiment d’extase, car cette fois-ci, le monde était sombre. Par contre, ce bonheur absolu fut très bref et rapidement il fut submergé par la haine : il voyait! Son âme était impure, infecte, pourrie, putride, elle était devenue une chose abjecte, avariée… Dans un élan de colère, il commença à crier et à se débattre.
Pendant ce temps, dans la pièce voisine, un psychiatre présentait le dossier de son patient et son histoire à la nouvelle infirmière :
« L’homme que vous entendez présentement crier est aveugle de naissance, mais grâce aux avancées de la médecine, il a pu subir une opération qui lui a donné la vision. Il n’a pas supporté le choc et dans une crise incroyable, il s’est crevé l’œil droit. Par chance, les médecins l’ont arrêté avant qu’il ne puisse récidiver avec son œil gauche. Ainsi, comme vous pouvez le déduire, cet homme est atteint d’une forme très grave de schizophrénie et vous devriez le considérer comme un individu très instable et violent. Souvent, il est affecté par de violentes crises hallucinatoires. »