Bon, et bien, c'est moi qui lancerai donc la 2ème page de ce topic !
Voici la suite (et presque fin !) du premier chapitre !
Enjoy ! (or not)
L’aveugle, comme souvent, fut le premier debout. Il sortit péniblement de la grotte, trébuchant tour à tour sur un casque de soldat, une stalagmite ou se prenant les pieds dans son pantalon. Sans se retourner, le capitaine Mirko Korahanis avait deviné qu’il s’agissait du vieil homme. Grattant sa barbe de cinq jours qui lui donnait quelques démangeaisons, lui qui était toujours impeccablement rasé, il fumait son herbe à pipe, scrutant au loin les premiers rayons de soleil envahir la plaine et éclairer l’entrée de la grotte.
- Dure nuit capitaine ? demanda l’aveugle.
- Cela se voit tant ?
Après deux secondes de réflexion, il réalisa sa maladresse, probablement due à la fatigue, et ouvrit la bouche pour bredouiller quelques pitoyables excuses. Mais en levant la tête vers son interlocuteur, il s’aperçut que celui-ci affichait un franc sourire et se mit alors à rire bruyamment, bientôt suivit par l’infirme.
- Nous devrions respecter le sommeil du reste de la caravane, dit finalement Mirko. Tous n’ont pas votre caractère matinal et quelques-uns d’entre eux n’ont pas l’habitude de voyager si loin. J’ai vu des visages marqués par la fatigue hier soir. Accordons-leur encore quelques heures de répit.
- C’est vous qui menez cette expédition mon jeune ami, je vous laisse entièrement décider ce qu’il convient de faire ou non.
Mirko s’attendait à ce genre de réponse. Et pourtant il aurait préféré un commentaire franc, une approbation ou un argument contre sa décision. Il n’avait plus les idées très claires et aurait bien profité de quelques heures de sommeil lui aussi. Mais il se devait de rester éveillé, juste au cas où… Les évènements de la nuit dernière ne l’avaient pas rassuré. Il était resté éveillé avant le sentiment que rien de fâcheux n’arriverait au cours des prochaines heures. Pourtant, un sentiment de danger grandissait à mesure que le soleil allait de plus en plus haut dans le ciel. L’étrange sensation que le voyage comprendrait quelques imprévus, peut-être de taille.
Tandis que l’aveugle avalait un morceau de pain avec un miel de sa création avec un peu d’eau, Mirko tira son épée de son fourreau et ramassa une pierre lisse et blanche à côté de lui. Examinant son aiguiseur de fortune avec dubitation, il enleva la pipe de sa bouche pour la ranger dans son sac de voyage et commença quelques allers-retours lents sur sa lame. Le capitaine regarda le bout de sa lame scintiller au soleil, puis produire une étincelle. Il plissa les yeux et abaissa sa lame. L’étincelle ne venait pas de sa lame.
- TOU LE MONDE DEBOUT !!! rugit-il. AU FEU ! ALLEZ ON SE DEPÊCHE BANDE DE SAOULARDS !!!! ENCERCLEZ LE CAROSSE ROYAL ET AVANCEZ EN LIGNE ! QUE TOUT LE MONDE SOIT PRÊT DANS MOINS DE TROIS MINUTES !
Complètement métamorphosé devant l’incroyable incendie qui se propageait à une vitesse ahurissante dans la forêt, Mirko débordait d’une énergie qui contrastait merveilleusement avec son apathie des minutes précédentes. Et tandis que tous dans la grotte s’affolait et se préparait à partir au plus vite, le capitaine siffla son cheval qui passa au galop devant lui. En une fraction de seconde, Mirko saisit une rêne de sa monture et se hissa instantanément dessus en lui indiquant la direction de la forêt. Il sauta sur ses pieds à quelques dizaines de mètres de l’incendie et couru le plus vite possible jusqu’à la lisière des lieux. Evitant une branche enflammée qui tenta de le prendre en traître, il fit une roulade et se protégea avec le bras pour ne pas recevoir de flammes dans les yeux. Une main devant la bouche pour respirer le moins de gaz possible, il scrutait le sol rapidement. Il trouva finalement ce qu’il cherchait. Un morceau de bois cramé mais toujours solide. Sa forme était étonnamment cylindrique, comme dessinée. Pas de toute possible. Il mit la bûche de combustion dans sa poche et sprinta hors de la forêt le plus rapidement possible, crachant ses poumons sous l’effet des gaz qui lui montaient sérieusement à la tête.
Remis en scelle, il galopa jusqu’au camp et se laissa tomber lourdement sur le sol continuant ses quintes de toux. Deux soldats l’aidèrent à se relever sans un mot et on lui apporta de l’eau. Après avoir retrouvé une respiration quasi-normale, Mirko regarda gravement le roi, qui se tenait près de lui, inquiet.
- Il nous faut partir. Vite.
Salut,
Comme je constate que tu es un peu en manque de lecteur, je lirai quelques chapitres demain (et pourquoi pas tout, soyons fous
)
C'est sympa l'ami ! Oui, mes lecteurs m'ont abandonné, c'est triste.
Ceci dit, peut-être que le fait que je ne prenne pas le temps de lire (enfin entre l'écriture et d'autres activités je ne suis qu'ici que pour poster et voir les comm's, je devrais zoner plus souvent..) ce que les autres font. Mais je m'y mettrais ! ![]()
Je lis ces deux derniers chapitres dans la semaine ![]()
J'aime la tournure que prend l'histoire, on est directement dans l'action, c'est franchement pas mal.
J'aurais juste quelques petits reproches sans importance à faire. Tout d'abord il y a quelques maladresses au niveau des phrases et de leur liants (mais rien qu'une bonne petite relecture ne puisse arranger).
Ensuite il faudrait un peu approfondir le personnage de Mirko. Là il paraît un peu fade, un peu mec héroïque lambda. Enfin bon c'est vraiment minime, et je ne doute pas qu'il va gagner en consistance au fur et à mesure de l'histoire ![]()
Voilà voilà, sinon ça prend forme et le suspense est toujours là. Je quémande donc la suite ![]()
Haha, merci ! Pour ce qui est de Mirko, je compte juste introduire des détails à son sujet petit à petit et ne pas tout balancer directement, c'est un choix.
Mais merci de ton avis en tout cas ! ![]()
Je ne t'ai pas abandonné. Je dois tout relire mais je le ferais au plus tard la semaine prochaine.
Le début m'avait bien plu.
pas de soucis ! Je posterai en début de semaine je pense, je prends encore un peu d'avance comme ça je passe une semaine tranquille après à ce niveau vu que j'ai pas mal de taff à faire ^^
Yop ! Voici la suite, avec un petit revenant...
Enjoy ! (or not)
Il avait passé trois jours à errer sur la plaine, s’abritant dans cavernes, grottes et autres crevasses plus ou moins confortables. Après la pluie torrentielle de l’après-midi, une agréable fraîcheur s’était installée au cours de la soirée. Une appréciable d’odeur d’herbe mouillée emplit ses narines. Se contemplant une fois de plus de la tête aux pieds, il se rendit compte que les odeurs avaient été la seule sensation de bien être que son organisme était parvenu à éprouver au cours des trois derniers jours. En cavale. Il était tout simplement en cavale. Sa ruse, bien que diminuée par son manque de sommeil et une faim qu’il n’arrivait qu’occasionnellement à rassasier, lui avait pour l’instant permis d’avoir le dessus sur ses poursuivants. Dans son malheur, une lueur d’espoir lui avait été accordée : les cavaliers qui le traçaient étaient bien plus façonnés pour les batailles sanglantes et les exécutions morbides que pour la chasse humaine. Traquer, c’était son domaine. Multipliant fausses pistes, leurres et traquenards, il avait pour l’instant atteint son objectif : ralentir, blesser, énerver. Aussi, alors qu’il se trouvait bien perché sur une branche d’un solide arbre, il avait pu entendre les cinq guerriers se quereller sur la piste à suivre. Deux argumentaient que la forêt était le plus logique, un autre proposait de rentrer à la Tour Grise faire un premier rapport –sous peine de sanction- quand aux deux autres, ils n’avaient pas d’avis, et se contentaient de caresser leur arme. Lorsque les mots dépassèrent la pensée, l’un des deux meneurs décida de la marche à suivre. Et trancha la tête de son compagnon en ajoutant que l’irrespect envers un supérieur valait bien la décapitation.
Cela l’avait beaucoup amusé. Caché à quelques mètres au-dessus d’eux, il avait ensuite suivi leur trace à travers les arbres. Il n’avait pourtant pas imaginé qu’ils iraient jusqu’à utilise des bûches de combustion pour le faire sortir de son repaire. Retourner à l’extérieur de la forêt se révéla bien plus difficile à travers l’épaisse et noire fumée causée par l’incendie. Manquant la chute de peu à plusieurs reprises, il finit par s’en sortir avec rien de plus que quelques égratignures. Toujours par chance, ses poursuivants avaient choisies une direction légèrement différente pour sortir de la forêt. Il avait ainsi pu les distancer. Assez pour réfléchir à la suite des évènements.
Et il se trouvait là, assis dans cette grotte. Après avoir multiplié autres refuges de fortune, il voyait celui-ci comme un somptueux palais. Sachant les traqueurs à bonne distance, il se paya le luxe de faire un feu en grattant deux silex durant. Plusieurs minutes de grattages rocailleux plus tard, le feu dansait et illuminait la grotte en provoquant chaleur et confort pour son hôte. Il avait faim. Pourtant, chasser ici et en pleine nuit se révèlerait compliqué et bien trop dangereux. Par précaution, il préféra se passer d’un repas et s’endormit instantanément après s’être allongé près des flammes.
Les premières lueurs de l’aube le tirèrent de son léger sommeil. Le feu s’était éteint depuis longtemps. Vérifiant que rien ne manquait de son équipement –côte de maille, un poignard caché dans chacune de ses bottes et une gourde qu’il portait autour du cou- il décida de quitter son foyer sans plus tarder et sortir de la grotte. Il regretta presque aussitôt. A moins de cent mètres se trouvaient trois des quatre guerriers restants. Dont un, arc bandé et flèche encoché, le regardait droit dans les yeux. Le trait partit vite, bien trop vite pour que le jeune homme aie le temps de l’esquiver sans problème. Se jetant sur le côté, il ressentit une douleur. Affalé sur le sol, tandis que l’archer préparait une autre flèche, il appuya sa main droite sur le côté gauche de son buste. Une plaie, relativement profonde, avait été causée par la première tentative. Se levant d’un bond, il se mit à courir dans une direction inconnue, mais peu lui importait, tant qu’il réchappait aux trois lascars. Le deuxième trait lui frôla l’oreille droite lorsqu’il s’était relevé. Alors qu’il avait à peine débuté sa course, il entendit ses agresseurs hurler des menaces de mort dans son dos. Cogitant tout en lâchant ses dernières forces dans cette course vers la survie, il se demanda pourquoi les guerriers n’étaient pas à cheval et comment l’avaient-ils retrouvé. Le feu. Un excès de confiance. Voilà ce qui l’avait précipité vers la chute. Certain d’être en sécurité pendant assez de temps, il avait négligé les qualités de repérage de ces hommes et se trouvait désormais dans une posture plus que désavantageuse. Blessé, fatigué et affamé, il devait distancer trois monstres surentraînés, comme il l’avait été, mais en pleine forme.
Les flèches continuaient de pleuvoir, en passant plus ou moins près de lui. Viser out en courant derrière sa cible n’avait rien d’aisé. Cela consistait sa seule chance de s’en sortir. S’ils s’obstinaient à vouloir le tirer comme un lapin, ils perdraient peu à peu leur avantage pour lui laisser assez de distance afin de se réfugier quelque part. Mais s’ils renonçaient aux arcs et flèches… Il se trouverait dans la pire des situations qu’il avait eu à affronter. Manifestement, les trois chasseurs avaient opté pour la deuxième solution, et avaient donc agi intelligemment, à son grand désespoir. Bientôt à sa hauteur, l’un deux tenta de plonger sur lui afin de le plaquer au sol. De quelques centimètres trop court, le premier s’écrasa sur le bas d’une pente de colline qu’était en train de gravir sa cible. Ce dernier commençait à ressentir les effets du jeûne et sa vision s’en trouvait troublée. Arrivé au sommet de la petite colline, il aperçut un groupe d’hommes au loin, et tomba à genoux, le souffle court et la tête prête à exploser.
Bientôt rejoint par ses ennemis, il leva les yeux vers eux.
- Enfin, nous te tenons, souligna celui qui semblait être le chef, un large sourire malsain étiré sur son visage.
- Faîtes-moi tout de même l’honneur de mourir en Cavalier, répondit lentement la proie.
- Non. Tu ne mérites aucun honneur.
Le prétendu chef recula d’une dizaine de mètres et saisit son arc, le banda et encocha une flèche. Il respira profondément et visa le bas-ventre de sa cible, afin de le faire souffrir autant que faire se peut, en le laissant agoniser, suppliant la mort de venir le chercher. Il lâcha sa flèche qui vint se planter dans l’estomac du jeune. Lequel émit un son rauque et s’effondra lentement sur l’herbe. Les trois guerriers laissèrent échapper rires, jurons et crachèrent sur le blessé avant de tourner les talons et redescendre la colline. L’homme ne respirait plus que dans un râle, saccadé. Il bavait, et avait un goût de sang dans la bouche. Tentant de se relever, il parvint à se mettre à genoux la main droite posée sur la flèche qu’il tenta vainement d’arracher. Il s’effondra en ayant pour dernière image un groupe d’hommes au loin, qui s’était mis en route dans sa direction.
![]()
Tu me fais penser qu'il faut vraiment que je boucle l'écriture de RM pour me jeter dans les lectures du forum. J'ai vraiment pris beaucoup de retard, je suis désolé
...
Pas de soucis en ce qui me concerne ! ^^ Prends ton temps ! ![]()
Petit up ? :/
Petit
![]()
C'est bien.
L'inconnu quasi-mort va tomber sur la troupe du roi, enfin c'est plutôt l'inverse. On va peut-être savoir qui c'est.
Mais je me demande bien où tu vas nous emmener. Je le découvrirai mais pour le moment, on peut très bien être à la fin du récit. Je me doute bien que ce n'est pas la cas.
Continue, je lirai la suite plus rapidement.
Haha ! Surprise, surprise ! Mon récit est parti pour être quand même assez long, donc il faudra du courage pour tout lire mais bon...
Je posterai peut-être la suite ce weekend, mais vu que j'ai pas trop le temps d'écrire avec le boulot que j'ai à faire pour les cours c'est chaud de garder de l'avance. ^^
Hello tout le monde ! désolé d'avoir pris autant de temps avant de poster la suite, mais j'ai eu une semaine relativement chargée donc du coup pas trop le temps d'écrire assez pour prendre de l'avance, mais c'est chose faite !
Enjoy ! (or not
)
Mirko Korahanis était tiraillé entre le fait d’avancer lentement durant la dernière partie du voyage, afin de pouvoir s’occuper des quelques blessés en cours de route, ou d’accélérer la marche pour arriver le plus vite possible à Ral’Vidia. Sentant que la décision ne lui appartenait pas entièrement, il consulta le prince Riou qui préféra traîner le pas pour que ses parents soient ménagés, ce qu’avait redouté Mirko. Il obéit cependant sans faire de remarque et reprit la tête du groupe. Les blessés avaient étés solidement attachés à des montures qui n’avaient plus de cavalier et étaient encadrées par deux ou trois soldats.
Mirko se sentait fatigué. Ce voyage l’avait épuisé et il devait néanmoins redoubler d’effort pour motiver ses troupes et surveiller les alentours. La colline qui surplombait la plaine en face de ses yeux lui paraissait se trouver à des centaines de kilomètres. Il savait que celle-ci passée, Ral’Vidia ne serait plus qu’à quelques heures de voyage. Arrivé sur la colline le premier, il distingua à quelques mètres sur sa gauche une forme étalée sur l’herbe. Laquelle avait pris un teint rouge et se mêlait à une écœurante odeur. Mirko dégaina sa courte dague et descendit à terre. S’approchant furtivement de la forme, il s’aperçut que c’était un homme, mortellement blessé. S’assurant qu’il se trouvait seul afin d’éviter une embuscade quelconque, il s’agenouilla à côté de l’homme. Il respirait ! Une flèche plantée dans l’estomac se trouva la cause du sang répandu autour de lui. Il en avait perdu beaucoup mais avait essayé de compresser la blessure pour éviter de mourir trop vite. Mirko attrapa son arc et une flèche qu’il tira en direction du reste de la troupe. Le trait atterrit juste devant la monture d’un jeune soldat brun, qui cabra et fit tomber lourdement son cavalier sur le sol.
- Un signal du capitaine ! s’écria celui-ci.
Aussitôt, quelques-uns de ses collègues accoururent et jetèrent un même regard d’appréhension vers la colline. Ils décidèrent néanmoins d’aller voir la situation qui préoccupait leur chef, malgré leur envie de laisser le bâtard mourir seul au milieu de nulle part. Le capitaine Korahanis était agenouillé à côté d’un corps.
- Que se passe-t-il capitaine ? demanda le jeune soldat.
- Un blessé grave, seul, ici. Il y a eu règlement de comptes sur cette colline. Et je préfère croire que ceci est lié avec notre difficile voyage. Amenez-le auprès de l’Aveugle, il saura quoi faire pour stopper l’hémorragie. Ensuite, chargez-le sur un cheval restant et repartons. Ral’Vidia n’est plus qu’à quelques heures de route, je dirais quatre si nous accélérons un peu le pas.
Les soldats acquiescèrent et, tandis que l’on s’occupait du nouveau blessé –lequel n’était pas sûr de s’en sortir selon l’Aveugle- le jeune soldat brun, comme tous les gens du Sud excepté le capitaine, vint à la hauteur de Mirko qui ordonnait qu’on se mette en route et que l’Aveugle prenne soin du blessé lors du trajet.
- Mon capitaine… commença le soldat en s’inclinant.
- Nul besoin de me saluer. Que puis-je faire pour toi soldat ?
- J’aimerais –le soldat rougit légèrement- que vous me parliez de Ral’Vidia. Je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller…
- N’avez-vous pas étudié les capitales de notre monde avec vos précepteurs ?
- Si, bien sûr. Mais ce que raconte un livre ne vaut rien comparé à une description de vive voix. Et je sais que vous n’hésiterez pas à être honnête.
- Très bien… Ral’Vidia est, comme vous le savez, la capitale culturelle et économique de notre royaume, Ral. Si notre cité, Ral’Gora est, impressionnante, elle a en revanche tout à envier à Ral’Vidia, qui est d’une beauté sans égal. Les deux cités se sont longtemps combattues. Notre roi, qui était à l’époque le seigneur de Ral’Gora a mené cette guerre lorsque j’étais un peu plus jeune que vous. Il a, bien évidemment, remporté les batailles nécessaires à sa victoire et c’est ainsi qu’il est devenu roi de Ral, et qu’il a fait de Ral’Gora la capitale de ce pays. Son entente avec le seigneur de Ral’Vidia est simplement courtoise, mais ils essaient de se réunir, avec les seigneurs des autres capitales, une fois par saison, pour débattre de l’avenir du pays. Il faut savoir que les avancées -militaires, culturelles, ou économiques- qu’à connu le pays sont seulement dues à la réunification des grandes cités.
- Et nous serons reçus amicalement ?!
- Amicalement, non. Cordialement, oui. Ce pays est jeune, et repose sur un fragile équilibre qui est menacé à chaque instant. Sans compter la Tour Grise, dont les intérêts sont obscurs et qui a pris part, plus ou moins à la guerre.
- Et de quelle manière ? Je n’ai jamais entendu de Cavaliers Blancs ou Noirs sur les champs de bataille…
- Economiquement. Ils ont apportés un énorme soutient financier au roi Azaela. Quelle est leur motivation ? Nous l’ignorons, mais pour ma part, je reste méfiant. Ce qu’il se passe dans la Tour en elle-même est déjà bien assez malsain. Je n’ose imaginer l’influence qu’ils pourraient avoir sur le monde extérieur à leurs murailles.
- Vous disiez que Ral’Vidia était une belle cité capitaine ? se rappela soudainement le soldat.
- La plus magnifique qui soit. Tu n’as qu’à lever les yeux pour t’en apercevoir, glissa malicieusement le capitaine.
Le jeune soldat, Tiaphil, détacha son regard du capitaine et regarda droit devant lui. La cité se trouvait au flanc d’une énième colline qu’ils avaient traversé.
Elle était en effet sublime. Encerclée par de hautes murailles de pierre polie, elle semblait immense. Deux impressionnantes portes gardées par quatre soldats accueillait les voyageurs arrivants, en leur signifiant ce qu’était la grandeur. Des hautes tours s’élevaient plus hautes encore que les murailles, certainement celles du palais qui, d’après l’aspect de ces tours, promettait d’être somptueux.
Tiaphil resta bouche-bé plusieurs minutes, contemplant ce fabuleux spectacle, à côté du capitaine qui semblait perdu dans ses pensées, un léger sourire aux lèvres.
- Mon bon vieux Tiaphil, se dit-il à lui-même, as-tu jamais vu quelque chose d’aussi beau ?
- Je vous avais prévenu… Soldat Tiaphil, renchérit Mirko en souriant.
Les autres soldats arrivaient derrière eux et tous poussaient des exclamations de surprise. Même ceux qui étaient déjà venus dans la cité ne purent retenir un souffle approbateur, comme pour se remémorer les souvenirs qu’ils avaient de ce si bel endroit.
- Messieurs, déclara Mirko, voici Ral’Vidia. Dépêchons, le Seigneur des lieux nous attend depuis trop longtemps.
Yop yop yop (Yoplait!) :o)
Voici la suite !
enjoy ! (or not)
L’arrivée du roi dans la cité de Ral’Vidia avait suscité bien des intérêts. A l’approche du troupeau de chevaux, les citoyens, derrière les hauts remparts, murmuraient d’abord puis criaient ensuite. Ainsi, on entendait des « laissez passer les chevaux du roi » ou encore « regardez, le cortège du roi est là ! ». Mirko, un temps trop aimable, remerciait les gardes la cité puis s’était irrité au bout de plusieurs minutes perdues en parade et saluts. Aussi, lorsqu’il eut demandé à pouvoir accélérer la marche expliquant que le roi était blessé, le garde le plus proche hurla des ordres et des menaces qui ouvrirent le passage jusqu’au palais du seigneur des lieux.
Rapidement, on amena les blessés dans des chambres individuelles. L’état du roi parut plus important que prévu et la meilleure équipe médicale de la cité s’occupa de lui afin qu’il retrouve ses esprits au plus vite. La reine quant à elle avait très vite repris connaissance et fut conviée à prendre part à quelques activités avec la souveraine de Ral’Vidia. L’inconnu était dans un état critique et, même si ses jours n’étaient plus en danger après les premiers soins prodigués par l’aveugle, l’on ne savait s’il se réveillerait un jour ou non.
Le capitaine Korahanis naviguait entre la chambre de soin du roi et celle de l’inconnu, harcelant sans relâche les médecins pour savoir quand l’un des deux blessés serait disponible. Une première réunion entre le seigneur de Ral’Vidia, ses conseillers, les seigneurs des deux autres cités et le roi devait avoir lieu le soir même, malgré les protestations du capitaine :
- Monseigneur Aligor Mora, avait-il demandé, je suis le capitaine Mirko Korahanis, chef de l’expédition, et j’aimerais vous demander une faveur. Ne pourrions-nous pas retarder ce premier conseil afin que le roi soit en pleine possession de ses moyens ? J’ai ouï dire que vos médecins faisaient leur possible et sachez qu’au nom de sa famille je vous en remercie. Mais il n’est toujours pas en état d’assurer la place qui est la sienne. Une heure éveillé l’épuise plus que de raison…
- Capitaine, répondit Mora, j’entends bien votre complainte. Mais nombre des hautes personnes présentes à ce conseil se déplacent de loin, certains ont parcouru des distances bien supérieures à la votre. Je ne puis faire d’exception, même pour notre roi.
-Mais… Vous ne pouvez pas, malgré tout mon respect Monseigneur, prendre des décisions sans notre roi…
- Nous ferons ce qui est le meilleur pour le pays. Si l’autoproclamé roi –il ajouta d’un air dédaigneux- est dans l’incapacité de prendre ces décisions, nous serons forcés de le faire. Me suis-je bien fait comprendre capitaine ?
- Parfaitement, lança Mirko en soulignant chaque syllabe.
Ainsi, il était clair que l’état du roi enchantait plus les seigneurs des grandes cités plus qu’il ne les attristait. La paix ne serait-elle donc jamais effective ? pensa Mirko. Alors qu’il allait de la chambre de l’inconnu à celle du roi Azaela, il croisa le prince Riou, l’air anxieux.
- Mon prince ! Des nouvelles ?
- Pas plus que lors de votre dernier passage capitaine… Les médecins disent qu’il va se remettre, mais que cela prendra du temps. Plusieurs jours avant qu’il ne puisse assister à un conseil…
- Quant à la vipère qui assoit son énorme derrière sur le trône de Ral’Vidia, il ne veut rien entendre, probablement encore trop blessé dans son amour propre de sa défaite il y a de cela dix ans.
- Mais il est le roi ! Ral’Taruna et Ral’Madria devraient s’opposer à cette décision !
- Prince Riou… Permettez-moi de juger votre jeunesse. Les quatre grandes cités de Ral se haïssent profondément. Au début de la guerre, j’avais votre âge à quelques mois près. Ral’Taruna s’est rendue sans sortir les armes. Les prêtres qui contrôlent la cité tenaient bien trop à leur cathédrale pour la voir souillée par le sang. Pourtant, les pouvoirs magiques qu’ils possédaient auraient pu nous donner du fil à retordre… Quant à Ral’Madria… Je pense être parfaitement placé pour vous dire que la résistance fut vaine. La cité du Nord n’est que trop peu considérée et, très honnêtement, l’avis du seigneur du Nord ne compte pas vraiment dans les décisions…
- Je vois… Lorsque pour moi le moment viendra d’être sur le trône –et je l’espère le plus tard- je ferais en sorte que chaque voix soit entendue. Si le Nord regorge d’hommes comme vous capitaine, nous devons respecter Ral’Madria autant que les trois autres cités.
- Merci, mon prince. Puissent les dieux du Nord vous entendre, répondit Mirko en souriant chaleureusement au jeune prince. Quelque chose d’autre ?
- Oui, acquiesça Riou dont le teint blafard alarmait le capitaine. J’avais pensé… Peut-être me trouvez-vous trop présomptueux mais… Si mon père ne peut pas assister au conseil, je pense que je devrais représenter Ral’Gora.
- C’est une excellente idée.
- Vraiment ? Et bien qu’il en soit ainsi… Cela étant, j’aimerais que vous veniez avec moi. En tant que conseiller. Vous en savez plus sur bien des domaines que nombre d’entre ces politiciens dont la soif de pouvoir s’étend jusque dans la Tour Grise.
- Ce serait un honneur pour mon prince. Désormais, si vous le permettez, j’aimerais me reposer un peu. Nous devons être prêts comme s’il s’agissait d’une importante bataille. Car le conseil est une bataille. Oratoire, mais l’une des plus difficiles à gagner, peu importe le nombre d’hommes.
Le prince Riou salua le capitaine et se rendit d’un pas traînant dans ses appartements tandis que Mirko le regarda s’éloigner avant de lui-même rejoindre sa chambre. Le prince Riou ferait assurément un grand roi, se dit-il, il a déjà plus de sagesse que son père.