Alors voilà, il est organisé depuis ben longtps dans mon lycée un concours de nouvelles chez les secondes et il semblerait que ce soit un concours à l´échel académique...
Enfin voilà, celle que j´ai écrit à été annoncée par ma prof de Farnçais comme l´une des deux meilleures de la classe et je tenais à la publier ici de façon à recevoir de très éventuels commentaires...
THEME DU CONCOURS : LE JARDIN.
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SORTIE NOCTURNE
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Son nom ? Cela n’avait aucune importance. Il n’y avait que lui, son château et le temps qui passe. Isolé dans les bois reculés de la région des Ardennes, un manoir aux hautes tours pointant vers le ciel occupait une grande superficie. Un grand manoir du dix-septième siècle aux murs blancs usés par le temps qui passe. Un grand manoir bâtit au centre même d’une vaste propriété. Les seigneurs qui y avaient vécu autrefois disposaient d’une fortune assortie à la richesse apparente des lieux. En ces temps, les jardins bénéficiaient du soin des jardiniers de telle sorte que l’herbe saine ne dépasse jamais les deux centimètres et de larges allées, où se promenaient les nobles durant la journée, divisaient le parc. Il s’agissait de jardins à la française. Autour de la fontaine irriguant les plans d’eau, un jardinier taillait soigneusement les épines des roses poussant sur des échelles formant une voûte au-dessus de l’allée menant à la demeure…
Depuis, les seigneurs s’étaient éteints, les roses avaient fanées sur l’échelle qui s’était effondrée sur la fontaine tarie. Les plans d’eau qu’elle alimentait avaient perdu leur féerique beauté ; ils abritaient alors d’immondes crapauds évoluant de nénuphars en amas de vase sur l’eau croupie et fétide. Les terres devenues pauvres ne faisaient vivre que les mauvaises herbes et les trèfles. Sur les deux bordures de l’allée infestée de taupes, une dizaine de chênes aux branches nues semblaient devenir, au coucher du soleil, des fantômes errant sans but et tendant leurs horribles bras au-dessus du chemin…
Son nom ? Cela n’avait aucune importance. Ce qui importait, c’était qu’il venait d’ouvrir les yeux, en face de lui, il ne vit que la pleine lune qui le fixait de son œil unique. L’astre nocturne diffusait une inquiétante lueur rouge dans le ciel parcouru de nuages noirs. La tête en arrière, il se leva. Il monta une haute marche creusée dans le sol et observa son environnement ; une pelle gisait à ses pieds et les chênes semblaient vouloir l’attraper avec leurs impitoyables grands membres tordus formant une voûte au-dessus de l’allée éclairée par le rayonnement de la lune…
Au-delà des plans d’eau muets, il aperçut sa demeure, les tours du manoir se dégageaient de la brume qui faisait du château une menaçante masse sombre et floue. Dans cet oppressant univers silencieux, il n’entendait que son cœur battre dans sa tempe. Ses pensées semblaient si floues, il se sentait si léger en marchant vers le Nord pour rejoindre son manoir sans se demander comment est-ce qu’il avait ainsi pu se réveiller dans ses jardins qu‘il eut à un moment ce sentiment de quitter le sol…
Soudain, des branchages craquèrent derrière lui et un énorme corbeau au plumage de charbon s’envola en croissant dans le ciel rouge où il se perdit. Le marcheur de la nuit venait d’avoir une peur bleue. Les sens en éveil, il devint plus attentif à ce qui l’entourait et constata que, depuis les dix longues minutes qu’il errait ainsi dans sur sa propriété, les nuages noirs couvrait de plus en plus le ciel sanguin, faisant baisser à chaque instant la luminosité du crépuscule. Depuis les nombreuses années qu’il habitait dans ce château hérité de lointains aïeuls, il ne s’était jamais préoccupé des jardins tombés à l’abandon qu ’il découvrait en cet instant en regagnant sa demeure ; des mauvaises herbes, de vieux arbres tordus et nus, des plans desséchés…
Depuis l’apparition dé l’horrible corbeau, la lumière de la lune avait disparu et seul le souffle du vent dans les branchages se faisait entendre…Il régnait alors une atmosphère morbide qui ne lui plaisait pas du tout…Lorsqu’il s’arracha de ses rêveries, il regarda vers l‘Est, vers l’Ouest, mais ne trouva pas les hautes tours pointues du sombre manoir dominant la propriété…Il s’était perdu dans les infinies allées du jardin…
En progressant pendant cinq minutes vers le Nord puis l‘Est, il se retrouva à son grand soulagement au centre du jardin, là où trônait la fontaine tarie. A partir de cet endroit, il savait que le château se trouvait vers le Nord, au delà du roncier qui barrait le chemin. Il écarta les branches épineuses en se saignant les mains, il s’écorcha la peau, se déchira les vêtements mais réussit à passer le barrage de ronces. Arrivé dans la dernière portion de l’allée menant au manoir, il resta pétrifié de surprise -ou de peur- devant le spectacle qui s’offrait à lui, tant il était absurde….
La voûte d’échelles portant les roses qu’il avait connu effondrées décrivait alors un parfait demi-cercle au-dessus de l’allée. Au pied de la structure, un homme aux cheveux d’argent cachés par un chapeau de paille et au visage fort sympathique était en train de tailler les épines des roses dont le rouge était presque aveuglant. Le jardinier se retourna :
« -Bonjour.
-Qui…Qui êtes-vous ? ! Balbutia le propriétaire.
-Je suis le jardinier. Et vous ? Combien de temps cela fait-il que vous êtes ici ?
-Et bien…Une demi-heure tout au plus, je me suis réveillé en état d’ amnésie partielle entre les chênes…Mais là n’est pas la question ! Cela fait longtemps que ce jardin est à l’abandon et je n’ai jamais engagé un seul jardinier…
-Ah oui ! C’est vrai que ça fait toujours drôle au début ! Fit le jardinier avec un certain amusement avant de retourner à sa besogne. »
Comprenant de moins en moins ce qu’il se passait, perdant peu à peu ses repaires dans sa panique au fur et à mesure que les nuages noirs grossissaient, il remonta en courtant l’allée nord pour rejoindre au plus vite sa demeure. Il arriva bientôt sur le parvis du château où se trouvaient une cinquantaine de personnes fixant tous sans exception les plus hautes fenêtres du manoir. Il regarda tous ces gens dont le visage ne lui rappelait rien. Des gens tous différents, des hommes, des femmes ou des enfants tous vêtus de manière différentes, portaient des costumes cravates, certains des chapeaux melon ou des habits de paysans, des femmes au grand chapeau orné de plumes en tous genres, d’autres encore avaient l’apparence de gentlemen à moustaches…
Fortement intimidé par cette foule de gens aussi étranges qu‘inconnus, le maître des lieux se glissa dans la silencieuse masse humaine pour se rapprocher d’un homme portant un chapeau haut-de-forme et au visage étroit terminé par un bouc pointu. Ce visage lui rappelait étrangement quelque chose…
« -Excusez-moi…Mais qui êtes-vous donc ? Se risqua-t-il à demander à l’homme au chapeau.
-Je suis Charles Ferdinand de Nahalbuck, fils de Vincent Nestor De Nahalbuck…Répondit humblement l’interrogé. »
« Sébastien de Nahalbuck… » Pensa-t-il en se souvenant que ce nom était inscrit en dessous du portrait de cet homme dans les galeries du manoir…
« -Mais bon sang ? ! Que se passe-t-il ? ! Demanda-t-il en paniquant.
-Mais enfin ! N’êtes-vous pas sensé avoir apprit qu’une nouvelle âme va venir nous rejoindre dans le jardin ? ! Nous avons apprit le décès de l’actuel propriétaire du château, Philibert le fossoyeur est parti l’enterrer au pied des chênes il y une demi-heure. Que j’ai hâte de faire sa connaissance ! »