Je vais commencer à faire une sorte de carnet de voyage de mon road trip en Amérique du sud commencé il y a 8 mois.
2012, Route "Nacional 21", Victoria
Amérique du Sud
35º
C´est par là que passent tous les hommes fatigués de l´occident, les orphelins, les malheureux, les mécontents, les hommes libres, les insoumis. Ceux qui ont eu des revers de fortune; ceux qui ont tout plaqués, ceux qu´une passion romantique a bouleversés. Les nouveaux communistes francais, les complotistes espagnols. Les idéologues du Tupac Amaru que les milices du Pérou tranquent; ceux que la routine effraie. Les anciens professeurs, regrettant de partir si tard. Les hippis argentins, les Suédois mondialistes, les toxicomen sans racines et une poignée de touristes hollandais. Des esprits généreux, des têtes fêlées. Des voleurs de passage, des perverts à la retraite. Des marins venus du Nord, des vagabonds bretons. Des Israeliens à la recherche d´un idéal. Les couples homosexuels, quelques Japonais et des Canadiens francais. Tant de nouveaux voyageurs qui passent leurs journées le pousse sur les routes et les sentiers, et chaque nuit, sous une de ces tentes posées dans la brousse, il y a au moins un représentant de la forte race des aventuriers.
Sous ma tente, seul mes réveils se ressemblent: le chant des oiseaux est comme l´annonce d´une journée oú les secrets du monde se révèleront pour récompenser ma curiosité. Il n´est jamais plus de sept heures et le sol dur me somme de me lever: "Allons, le monde est trop beau et trop vaste pour que tu le fasses attendre!" Je sens déjà les premiers rayons de soleil me brûler à travers la tente, faisant d´elle un four. Le petit déjeuner se limitesà quelques gorgées d´eau et quelques biscuits secs lorsque le besoin physique ou moral s´en fait sentir.
Je plie ma tente et ferme mon sac, et repars très tôt sur les routes.