Oui, c'est fini.
Le Mardi 20 Mars 2012, à 20h51, le message s'en est allé. Je ne la recroiserai pas, la décision est prise. Tout au plus en enfer et contre mon gré. Après quoi, j'ai utilisé la fonction " bloquer " de mon téléphone. J'espère que ça n'a pas marché et que d'ici quelques minutes, je vais recevoir un message. Je lui ai posé un ultimatum, j'ai posé mon coeur dans sa main et je lui ai demandé de faire un choix. Elle n'a pas su répondre ... Espèce de gamine. C'est bien vous ça, vous croyez toujours au grand amour à cet âge ? Mon estime pour l'humanité vient d'en prendre un coup, je vous respectais, maintenant je vous déteste. Vous attendez le prince charmant pendant des années, puis vous trouvez un con. Vous lui laisserez votre coeur, il vous laissera un coup de foutre et un gosse tout au plus, puis il se cassera, et vous aurez le coeur brisé.
Et après vous viendrez chialer dans nos bras, vous pleurerez si fort qu'on se sentira obligés de vous consoler. Pas moi. Parce qu'en ce jour, mon estime pour la gente féminine est passée de médiocre à nulle. Tout simplement parce que j'ai offert mon coeur, j'ai offert mon bien le plus précieux. Je lui ai offert tout ce que je pouvais, pour la remercier. La remercier de faire battre un coeur que je croyais de pierre, un coeur qui, en ce moment, saigne. La remercier d'être la lumière dans ma nuit. Ma nuit noire. Souvent une nuit blanche à force de penser à elle. La remercier d'avoir été là quand j'en avais besoin, de m'avoir sans doute sauvé la vie. En tout cas, si je me l'ôte, ce ne sera pas sa faute. Ce sera juste la mienne. J'aurais commis la faute de tomber amoureux, amoureux comme jamais. Amoureux à en penser à elle tous les jours, tout le temps, du matin au soir, lors des cours, des discussions avec mes potes, de mes moments de solitude... J'hésite entre faire ma tête dure et mon martyr jusqu'au bout, entre lui écrire " Merci " ou " Fuck you " avec le sang de ma future entaille.
Je voudrais remonter le temps et tenter de nouvelles choses, peut-être l'éviter. Si je pouvais remonter le temps, y'a tellement de choses que je changerai. Je serais plus là pour un grand-père qui ne sera bientôt plus de ce monde. Que j'ai vu tellement content de me voir qu'il en a pleuré. Qui m'a laissé de marbre. Je prendrais le temps de connaître ma soeur, celle qui est partie trop tôt. J'écrirai cette putain de lettre pour Carine, pour lui dire d'être là le 29. Parce que je sais que c'est important, que des vies sont en jeu ... Mais que j'en ai rien à foutre. Je serais un autre moi, celui que les gens auraient voulu avoir, je pense à Camille, mais aussi à toutes celles et à tous ceux que j'ai pu blesser ou décevoir.
Je viens de prendre mon portable. Toujours pas de réponse, je commence à réaliser ce qui se passe, je suis fier de lui avoir tenu tête, fier d'avoir résisté. J'ai un peu honte, les " Je t'aime " par satellite, ça n'a aucune valeur, les adieux non plus, mais je pense que même si mon coeur n'est pas satisfait de ces adieux, il s'en remettra avec le temps. J'aurais voulu poser mes mains sur sa taille, l'enlacer contre moi. J'aurais espéré la serrer contre moi à m'en rompre les bras. J'aurais aimé respirer son odeur, passer ma main dans ses cheveux. Caresser son visage. Effleurer ses lèvres. Je lui ai laissé mon coeur.
Elle m'a laissé du sel sur les joues. Plus de sel que durant toute ma vie il n'en a coulé. J'en ai limite honte de tomber aussi bas pour elle, une fille que je ne verrais jamais, que je ne connaitrais jamais et qui ne saura jamais vraiment qui je serais, qui je suis et qui j'ai été. Une fille qui jamais ne m'a considéré sérieusement. Sans doute à cause de mon manque d'expérience. J'ai jamais su y faire avec ce genre de choses malheureusement. J'ai vraiment trop encaissé pour pouvoir en aimer une autre un jour, même si je savais au fond de moi qu'avec elle ça ne rimait à rien, que c'était du temps perdu. J'en avais besoin, et j'espérais me faire briser le coeur.
Elle l'a déchiqueté petit à petit. Au début, je l'adorais. Avec le temps je me suis mis à l'aimer. Un amour impossible. Justement à cause de la distance. J'ai été là pour elle, j'ai été là pour lui. Je lui ai sans doute sauvé la vie, je ne sais pas, mais avant de la lui sauver je lui ai clairement fait comprendre que son attitude avec elle, elle était méprisable, déplorable, immature. J'avais ensuite le champs libre, j'ai commencé à lui déclarer ma flamme. Elle ne m'a pas considéré. J'ai pleuré, pleuré comme un gosse. Et j'ensuis arrivé, tellement amoureux, à m'excuser auprès d'elle d'être triste. Puis elle m'a parlé, et tout a recommencé. Des poèmes de plus en plus fougueux. Rien, toujours aucune considération, un simple merci m'aurait suffit. J'en étais arrivé à tellement l'aimer que j'en ai emprisonné mon coeur dans une prison de pierre, prison qu'elle a vite brisé. J'ai redoublé de fougue, j'ai tenté de lui montrer qui j'étais vraiment, j'ai cherché pendant des heures des mots pour lui montrer à quel point je l'aimais. Elle n'en avait rien à foutre.
Mon téléphone vibre, elle me demande pourquoi je la traite de gamine ... Je lui dis de m'oublier. Sa réponse ? Un simple " Ok. " ... J'ai plus envie de pleurer, j'ai juste envie d'hurler. Hurler de rage. Hurler de joie. Hurler de désespoir. Elle sait très bien ce qu'elle me fait. Les fins les plus courtes sont les pires. Au final, je pense que c'est pas plus mal ainsi, que j'aurais la paix, que je laisserai se reposer mon coeur tourmenté pendant de longues années, que ma tête prendra le relai. Je ne sais plus quoi dire, je m'étais imaginé tout arrêter avec elle, plusieurs fois. Et à chaque fois elle revenait vers moi, elle s'excusait, elle disait que c'était de sa faute, qu'elle avait brisé mon coeur et gâché ma vie ... C'était vrai, mais je lui répondais que non. Maintenant j'en ai plus rien à foutre, je le dis haut et fort, j'ai été ton jouet, ton objet. J'ai été ton con. Mais c'est terminé, plus jamais ça n'arrivera.
Pour une princesse de bas étage
Mon coeur a fait nauffrage
J'ai courru tête baissée dans l'orage
Que veux-tu ? Je ne suis pas un enfant sage.
L'amour, c'est une vaste connerie.
Je jure de ne plus jamais dire " Chérie"
En ce jour funeste, je le jure sur ma vie
Une nuit de ténèbres, que je maudis
Je n'aurais pas fait tout ça pour rien
Ni pour ses reins, encore moins ses seins
J'ai envie de croire aux réptiliens
Comme dit Saez : La vie n'est qu'une putain
Quand je vois les enfants crever en Afrique
Et les industries se battre pour un peu de fric
J'me dis que faire rimer Afrique et Fric c'est sadique
En fait non, c'est de la politique.
Alors que l'envie se fait sentir
Oui, l'envie de mourrir
Je préfère morosement écrire
Provoquer l'empathie dans un dernier soupir
Je ne doute pas de mes sentiments
Je suis prêt à te les écrire de mon sang
Ceci sera marqué sur mon testament
Que mon coeur te soit livré sanglant
Parle-t-on de versification
Ou bien d'émotion ?
De personnification
Ou bien d'un con ?
Est-ce normal tant de chagrin
Dans le coeur d'un seul humain ?
Un jeune homme qui ne sait plus rien
Qui soupirera une fois de plus chaque matin
Mon coeur a fait nauffrage
J'ai foncé tête baissée dans l'orage
Je suis pas un enfant sage
Maintenant, ma vie rime avec rage