Bonsoir !
Tout d'abord, pour ceux qui me connaisse (et donc qui connaissent un peu les nouvelles sur lesquelles je travaille) : Non, je n'abandonne pas du tout le roman "Yesterday, Today, For ever !".
Juste que l'inspiration fait des va et vient, des allers-retours incessants, et je n'arrive à les contrôler.
C'est justement ce dont je vais vous parler dans cette nouvelle. L'inspiration farceuse.
Mais surtout : La page blanche ...
C'est d'ailleurs le titre de la nouvelle, que je vous laisse découvrir dessuite.
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Page blanche
Criante de vérité, elle nous guette et se tait.
Impossible de n’en tirer idée, inutile de chercher l’entité.
Elle est lasse de tout dialogue, affranchie de toute description, à l’encontre de tout art. Elle nous tue, sans amertume je me tus. De sa blancheur effrayante, elle attire le regard dans un vide hagard de toute vie. L’inspiration s’échappe, sans ne jamais se retourner, en veillant à ne jamais se retrouver avant cette page tournée.
Vide, incapable, inutile, laissant place au suicide de la langue futile. Exécrable. Elle se moque en silence, ironique, fière de sa sentence, prête à priver l’auteur de toute œuvre prometteuse.
Faute de se creuser le cerveau, elle nous tort les boyaux, ricanant dans un écho de peine.
Douleur, d’abandonner lâchement ce bout de papier. Rancœur, résigné, convaincu que le bon moment sera de la partie une fois prochaine, …
Page blanche. Ecrivain phobique, elle accompagne nos journées, hante notre esprit et nos nuits, s’infiltre dans toutes nos pensées, sans jamais s’y dépêtrer.
Comme un couteau dans le dos, elle surprend à toute heure, jamais on ne s’y attend. Ne m’appelez plus Rimbaud, dans la rancœur, je pleure.
Récit abandonné, ironie déplacée, empathie inconsidérée, … Elle m’achève.
L’imagination s’envole, s’estompe, me rie au nez en laissant derrière elle un vide infini, étourdissant et affolant. Aucune phrase ne tient la route, laissant place au doute. Aucun mot ne trouve sa place, la situation est cocasse.
Déchu, incapable.
Abattu, immoral.
Déçu, je m’évade.
Lâcheté, dîtes le moi comme vous voulez, mais considérez ce déchet comme un sonnet. Silencieux, invisible, il bercera votre lecture. Mieux vaut-il ça qu’un amas d’injures pour la littérature.
La page blanche … Elle débute blanche, et termine blanche. Fade. Pas une once de surprise, seulement l’absence de sens. Aucune logique, aucun but, aucune éthique, elle me rebute. Reprise par le temps, elle se ternira un jour ou l’autre, sous les coups d’une plume revancharde, rancunière. Prière faite, que ce moment ne tarde …
Blanche comme neige, presque beige, elle conserve le néant de ma plume me menant à l’amertume.
Impossible d’en tirer nulle satisfaction, car au fond, elle m’attend impassiblement. Je suis à genou, elle au garde-à-vous, le glaive levé au dessus de ma tête, je me lève, mais m’entête.
Je cherche, fouille, creuse, au fin fond mon âme, de mon cœur, c’est infâme, je me leurre, … elle m’écœure. Rien ni personne ne parviendra à recouvrer mon inspiration, ni même la voix de la raison.
Mon pouvoir repose en l’écriture … mon désespoir s’impose à la rature. J’écris, puis j’efface. Je suis dans l’impasse. Celle qui ressasse, sans usure, les mots que je chasse.
Une idée, un sujet, un mot-clé, une entrée. Et pourtant, mécontent, je comprends qu’un roman à succès se compose bien plus d’une phrase lancée, tout contraire d’une prose. Phase difficile pour l’auteur amateur que d’en être réduit à écrire non selon ses envies, mais celles de la vie.
Un jour, l’inspiration est là. Toujours, je fonds dans le trépas. Pourquoi ? Demandez donc à Voltaire, Ionesco, Villon, Hugo, entendre ce qu’ils vous diront, dès lors qu’ils n’auront pas choix d’écrire leurs émois.
Le destin farceur préfèrerait-il ne s’attaquer qu’au modeste auteur ? Celui qui ne demande autre qu’à donner libre aux émotions ivres et aux confessions d’apôtre ?
Comme un orage qui s’abat sur moi, comme un ouragan arborant peine et vent, absence de mot, absence de temps. C’est le néant.
Ô, qu’un lecteur ne daigne lire mon bagne, qu’un courageux veuille me rendre heureux. Impossible, sans une ligne.
Problème causé par moi-même, et surement un destin enfantin. Apportez-moi, connaissances, imagination mise en scène avec aisance. Enlevez-moi ce vide incessant, cette monotonie d’antan, ce sommeil harassant.
J’écris, je crie … j’inscris, j’envie. J’envie ces auteurs aux hauteurs inaccessibles et aux humeurs festives.
Ô, Dieu de la plume, envieux d’amertume, avec moi tu ne fais qu’un. J’inhume le parfum, celui d’un vide trop plein, qui ne se résume que par un mot : Rien.
Au détour d’une ligne, je tente de tromper son attention, non digne de toute invention, mais sa vigilance m’hurle sans hésitation, de m’arrêter rapidement. Je me pose alors la question : Aurait-elle raison ? Devrais-je peut-être attendre le bon moment, au lieu de m’entêter dans ce mal-être …
Tout compte fait, je préfère capituler.
Laissons les mots venir, se construire, sans se retenir. La page blanche, est un mauvais souvenir.
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Ça peut vous paraître bizarre, et je le comprendrais. Jai écris ça sur un coup de tête.
Et, je pense que la nouvelle n'est pas complètement terminée, mais que je pourrais rajouter quelques passages au gré de mes envies. Mais pour le moment, vous en avez déjà assez
Lisez ... une fois, deux fois, trois fois, comme vous voulez. Mais essayez, vous, lecteur (et j'espère auteur, car sinon, vous ne serez pas vraiment concerné), de vous approprier chaque phrase, chaque idée. De redonner à chaque mot sa juste valeur. Peut-être que je voulais faire passer un sentiment, mais que vous percevrais autre chose de tout aussi bon. Ce sera parfait. Ce texte est de moi, mais il est fait pour que chacun s'y identifie, et puisse se dire "Ce qu'il dit là, je connais".
C'est compliqué, mais vous verrez, peut-être que vous serez intéressé par cela ...
Je l'espère ![]()
J'aime bien, c'est très bien écrit.
Merci !
Krusty tu m'etonnes, je ne savais pas que tu maitrisais ce genre de texte, c'est très precis! Un genre beaucoup plus precis que tes nouvelles precedentes.
Je reconnais sans aucune hesitation les qualités de ce texte, mais les rimes, c'est pas trop mon truc. Et je trouve quand meme qu'il y a un probleme, pour faire des rimes, faut chercher des mots qui vont les uns avec les autres, et souvent ça peut faire perdre ou dévier de la réalité le sens qu'a une phrase. J'arrive pas trop a m'identifier a cette façon de voir la peur de la page blanche, c'est un peu trop poétique, pas assez naturel. Mais vraiment, ce texte montre que tu est excellent dans l'ecriture, une fois de plus!
Ouf, un commentaire qui fait grandement plaisir ! Je te remercie !
Très joli texte!
Bien que j'ai d'habitude tendance à apprécier les beaux pavés tout suintant de description, je dois avouer que cette simplicité, que dis-je, cette épuration de mots recoupée de ponctuation témoigne bien de la langueur qu'inflige à l’écrivain l'angoisse de la page blanche.
C'est très gentil !
" cette épuration de mots recoupée de ponctuation témoigne bien de la langueur qu'inflige à l’écrivain l'angoisse de la page blanche."
Je n'aurai su dire mieux !
Bien écrit mais j'aime pas.
C'est con ...
![]()
Pas d'autre avis
?
Et bien, le forum est très actif, ces temps-ci ! C'est génial !
Mais mon topic coule ... ![]()
C'est surtout qu'un mec poste tout ses écrits donc voilà.
Non mais pour en revenir au sujet c'est beau, ça doit être ultra-intéressant à écrire, mais à lire je trouve ça chiant, enfin c'est qu'une description quoi, un ressenti, et certes on l'a tous déjà éprouvé ici en faire un texte me semble pas utile, enfin moi personnellement hein.
Très bien, merci pour l'explication ![]()
J'suis totalement d'accord avec ton texte. ![]()
Merci ![]()
Un
ne fait jamais de mal ![]()
Un "Up" raté ![]()
Dernière tentative puis j'arrêterais de vous embêter ![]()
Je suis un peu etonné que tu n'aies pas reçu plus de commentaires, parce que ton texte est très interessant et maintenant je le trouve plus complexe que la premiere fois que je l'ai lu. Continue d'ecrire Krusty, j'aime beaucoup ton travail car je sens que tu as de la passion pour l'ecriture! (Comme moi
) ![]()
C'est très sympathique, ça, Colas
!
Si je comprend bien ... tu l'aurais lu une seconde fois
? Si c'est le cas (ou en partie), tu es d'autant plus génial
Vraiment, c'est LE genre de commentaire qui me pousse à continuer, ... Même si les critique vont tout de même dans ce sens, c'est évident !