Voilà un petit One-Shot que j'ai fait. ![]()
J'espère qu'il vous plaira !
Ils m'entouraient. Leurs ailes battaient l'air au-dessus et leurs yeux ne voyaient en moi qu'un tas de chair fraîche qui ne tarderait pas à y laisser la peau. Et ils avaient raison ces vautours. Ma gorge était sèche, je n'avais pas bu la moindre goutte d'eau depuis presque quatre jours. Quatre jours que j'avançais dans ce désert, quatre jours que j'errais sans rien d'autre que mon faible corps et mon esprit délabré. Je ne m'inquiétais pas pour autant, ma vie n'était qu'une vaste étendue de tristesse parsemée ici et là d'échecs cuisants. J'allais bientôt mourir, je le savais. Comment ne pas en être sûr ? J'étais à des kilomètres de la moindre technologie, de la moindre voiture. Me retrouverait-on un jour ? Rien n'était moins sûr.
Je m'étais échappé en quête de liberté, cette douce liberté que je savourais dans les airs, aux commandes de cet avion dont j'étais si fier. La tempête de sable m'avait frappé de plein fouet et avait fait chuter mon avion comme une vulgaire pierre. J'étais pourtant tout à fait conscient des risques, j'avais vu le bilan d'alerte à l'aérodrome en partant. Mais pourquoi l'avais-je fait dans ce cas ? Était-ce pour me réconforter de l'avoir perdue pour toujours, emportée par la maladie ? Ou bien au contraire pour tenter inconsciemment de mettre fin à mes jours pour la rejoindre dans sa souffrance ? La deuxième option me paraissait véridique et nul doute que la flamme de la vie qui brûlait en moi ne tarderait pas à s'éteindre. Reste à savoir si ce sont ces oiseaux de malheur qui auraient raison de moi, ou bien la soif grandissante qui se terrait en moi.
L'air était particulièrement chaud malgré le vent du nord qui soufflait autour de moi, soulevant sable et poussière, larmes et sueur. Le sol était flou, tout comme le reste de ce désert interminable. Rien ne semblait avoir de fin ici, du ciel bleu s'étendant à perte de vue, aux dunes s'élevant autour de moi telles les arbres d'une forêt. Dans l'espoir d'obtenir un peu plus de fraîcheur, je déchirais une partie de ma chemise pour m'entourer le visage avec, à la manière d'un touareg. La différence était négligeable mais tout de même présente. Je jetais un coup d’œil au ciel. Le soleil était rouge et se brouillait au loin, au-dessus des montagnes de sable. La nuit allait bientôt tomber. Je devais penser à là où j'allais dormir et surtout, dans quelles conditions.
Après quelques minutes passées à observer les environs, mon choix se porta sur un creux formé entre deux dunes. Le résultat formait une sorte de caverne creusée dans le sable de presque un mètre de profondeur. Ce n'était ni confortable, ni esthétique, mais cela me protégerait du froid glacial de la nuit.
Au cours de la fameuse nuit, j'avais observé la lune. Elle était magnifique dans ce ciel dans le moindre, sa surface blanche illuminant le désert, remplaçant un quelconque feu. Allais-je mourir ici ? Non, il me restait tout de même assez de force pour parcourir encore quelques kilomètres demain. Avec de la chance, il me serait peut-être même possible d'arriver à un oasis où je pourrais me réhydrater et qui sait, trouver quelque fruit qui me nourrirait. Après tout, l'espoir fait vivre...
Je me suis endormi. Le soleil se lève sur les dunes et tandis que j'assiste à ce spectacle de la nature, j'aperçois dans le ciel une chose qui m'intrigue. Un étrange son se propage dans l'air jusqu'à parvenir à mes oreilles. Aucun doute possible quant à la nature de ce bruit, je l'ai entendu des dizaines de fois. Je sors de ma caverne naturelle et agite les bras en fonction de la chose qui produit ce drôle de bruit. Mes soupçons étaient fondés, il s'agit bien d'un avion ! Je cours dans sa direction, hurlant de ma voix rauque après tant d'heures passées sans parler, agitant mes bras comme une furie dans l'espoir d'attirer son attention. Il est haut dans le ciel. Trop haut... Je tombe sur mes genoux et le regarde partir au loin. Le sable me brûle tandis que les grains appuient et laissent leur trace sur ma peau. Une larme coule sur mon visage. Comme si je n'avais pas assez d'eau, voici que j'en gaspille... Je passe ma langue sur la coulée d'eau en prenant bien soin de ne pas en laisser. Voilà à quoi j'en suis réduit : boire mes propres larmes. Je me relève difficilement et reprends ma route. Je le sais désormais : je ne sortirais jamais de cet endroit.
Cela fait maintenant deux heures que je marche, à en juger par la position du soleil dans le firmament. Je pense qu'il doit être aux alentours de deux heures de l'après-midi. Cela fait donc exactement quarante-deux heures que je suis parti de la ville. Quarante-deux heures que je n'ai rien mangé ni bu. Quarante-deux heures que je vis avec une seule idée en tête : mourir. N'est-ce pas enfantin au final ? S'accrocher à quelque chose que l'on sait perdu pour toujours... Je ne sais pas. Je ne sais plus. Les heures passent et défilent en moi, carcasse traversant le désert en quête d'un espoir. Mes pieds s'enfoncent dans le sable, laissant la trace de mes pieds, immédiatement effacée par le puissant vent du nord. Je le vois effacer les seules traces de mon existence sans rien dire, sans rien pouvoir faire. Quelqu'un me regrettera-t-il ? Serais-je pleuré par des gens ? Je ne pense pas, je n'ai jamais beaucoup apprécié la compagnie de trop de gens, cela m'intimide fortement.
Le vent me souffle au visage. Je sens un grain de sable pénétrer sous ma paupière et je me frotte l'orbite dans le but de la faire ressortir. Encore une fois, une larme coule sur ma joue pour cette fois finir directement au coin de ma lèvre. Je me lèche les babines pour ne pas en perdre puis m'allonge sur le sable. Qu'est-ce qu'on se sent bien. Je sens tous les muscles de mon corps se détendre. Je voudrais mourir maintenant, soulagé de ces souffrances qui écrasent mes épaules. Mais ma fierté me l'interdit. Je ne peux mourir maintenant, surtout pas après ce que j'ai enduré. Je dois vivre. Soudain, un glapissement se fait entendre quelques mètres devant moi. Je me retourne brusquement vers la source du son et découvre un étrange animal dont j'avais seulement entendu parler dans les livres. De grandes oreilles, un pelage clair, pas de doute, il s'agit bien d'un fennec. Je le regarde m'observer, nous nous jugeons. Je pourrais peut-être le manger. Non, il est trop rapide, ça ne sert à rien de gaspiller mon énergie à courir derrière un vulgaire renard. Après quelques instants, la bête se sauve en sautillant. Me voilà à nouveau seul.
Le soleil est haut dans le ciel, il doit être cinq heures de l'après-midi. Il n'y a aucun nuage et pas le moindre oasis à l'horizon. Il fait chaud, très chaud... Je transpire, je sens que ma chemise est trempée. Voilà que je reperds de l'eau...
De l'eau !
Je cours vers la source que je viens de voir et prends une grande gorgée d'eau, la tête dans la mare. Enfin, une gorgée de sable, que je recrache immédiatement... Je regarde autour de moi. Un mirage. J'ai été berné par une de ces illusions du désert, ces fantômes des dunes. Je n'en peux plus, c'est trop difficile. J'en ai assez de tout ça, de cette traversée du désert causée par un malheureux accident. J'en ai assez de devoir marcher dans le sable toute la journée avec pour seule nourriture l'espoir futile qui nous hante lorsqu'on se sait perdu. Je suis las de devoir me battre chaque seconde de chaque heure depuis ces derniers jours... J'en ai assez, je n'en peux plus.
C'est alors que j'aperçois une silhouette dans le sable. Deux yeux dorés surmontés de deux petites cornes. Une vipère des sables. Le souvenir d'une antique reine frôla mon esprit et est suivi d'une idée funèbre. C'était tellement facile. Je n'avais qu'à prendre le serpent et le laisser faire. Le venin s'occuperait du reste. Non, je ne pouvais pas, je l'avais déjà dit. J'avais survécu à trop de choses pour mourir d'une façon aussi sotte. Et alors que je me levais pour poursuivre ma route, je sentis une vive douleur au niveau de ma cheville puis vis le reptile s'échapper dans le sable. Cela ne se pouvait, pas au moment où je reprenais mon destin en main. Au moins mon problème était réglé, et j'étais fixé : la mort viendrait me chercher d'ici une heure. Je l'attendis, assis sur le sable, comme on attend un train pour partir vers de lointaines contrées. Au bout de quelques minutes, mon regard se brouilla, mes sens devinrent flous. Le moment était venu. Mes paupières virent une dernière fois le ciel puis se fermèrent. Pour toujours.
J'ai voulu voir si t'étais un flemmard et si t'avais corrigé les quelques trucs que j'avais souligné, du coup, j'ai été celui qui m'avait le plus marqué et j'y ai trouvé ÇA:
"Je devais penser à là où j'allais dormir " C'est encore plus moche...
Je devais penser à me trouver un coin pour dormir, la recherche d'un lieu où dormir s'imposait...
J'ai pas lu le reste! ![]()
J'ai tout lu, et il est vrai que bien que l'in ressente l'impression d'épuisement et d'abattement que tu cherches a faire passer.
Après...bah le reste ne suit pas. Comme la souligné Mandoulis(qui a d'aillleurs enfreint une règle du forum au passage)certaines(beaucoup en fait)de tes tournures de phrases ccassent vraiment ton récit.
Nottamment la phrase finale:Mes paupières virent une dernière foi le ciel[...]
Franchement essaye au moins de réussir la chute^^
Sinon, je trouve que ce texte est appréciable, personellement je pense que tu peux t'améliorer.Je lirai tes prochzins textes ![]()
Mandou
Mais t'es partout bon sang !
Merci pour le commentaire, je tâcherais de m'améliorer. ![]()
Bon, comme à mon habitude, je commence par les détails. Faut pas s'effrayer, donc que le début du poste ressemble à un amas de critique. Si c'est catastrophique je le dirais en seconde partie mouhahahahah
"Et ils avaient raison ces vautours"
Faudrait mettre une virgule avant le "ces vautours" pour être correctement syntaxiquement. Vu l'oralité, de la tournure, je terminerai aussi par trois petits points, ou un point d'exclamation. Et je sais que tu voulais reprendre une expression orale. Mais je pense que là tu devrais prendre une tournure écrite malgré tout genre " Et ces vautours avaient raison...". On reste à l'écrit, l'oralité soit ça accentue l'efficacité, soit ça la gêne. ici ça la gêne.
"parsemée ici et là d'échecs cuisants."
Souvent, faut éviter de séparer trop un terme de son complément directe. Ici "parsemée" et "échecs cuisants". Mais si t'y tiens, faut pas que t'oublies alors de mettre entre virgules ", ici et là,", pour bien que les différentes parties de la phrases ressortent et prennent plus facilement sens. Et si tu mets à la fin, ton "ici et là", faudra quand même le faire précéder d'une virgule.
"J'étais à des kilomètres de la moindre technologie, de la moindre voiture."
Personnellement je trouve que passer de la technologie à la moindre voiture, c'est pas très logique. A part si la voiture devient un élément essentiel. A priori l'efficacité, c'est de commencer par le particulier puis en rajotuer avec le terme plus globale. Effet de gradation.
"J'étais pourtant tout à fait conscient des risques, j'avais vu le bilan d'alerte à l'aérodrome en partant"
J'ai l'impression que tu fais tes phrases à l'oral dans ta tête, et ce qui a l'air de passer bien au final à l'écrit c'est là encore moins efficace. Quand t'as deux propositions juxtaposées, (deux dans une me^me phrase séparé par un verbe) souvent soit les séparés, si c'est de la narration. Soit les coordonner à l'aide d'une conjonction (mais ou et donc or ni car) en mettant en évident le sens qui relie les deux. Ici tu peux mettre un "car" Ou mettre la deuxième proposition en premier et la lier à la deuxième par un "et".
"Ou bien au contraire"
Faut toujours essayer de supprimer tout ce qui est inutile. Là c'est redondant, même si à l'oral on est redondant, ca passe moins à l'écrit. Soit "Ou bien" soit "Ou au contraire".
"me paraissait véridique"
Tu complexifies le langage pour rien. paraitre véridique, c'est correcte et bien français, mais pas très naturelle comme expression. Ca fait plus dissertation. Je trouverai une autre tournure plus simple si j'étais toi.
"ou bien la soif"
Là encore, tes phrases sont pas hyper longues, mais ne sont pas courtes. alors faut éviter les redondances. Un "ou" aurait suffit.
"telles les arbres"
Bien sûr c'est banal tel. Malgré tout, tu aurais été plus efficace avec le terme encore plus courant et moins soutenu "comme". Surtout que l'allitération n'est pas jolie aussi.
"pour m'entourer le visage avec" Là encore à l'oral ca passe bien. Mais à l'orale on fait pas des phrases entières, on passe d'une proposition à l'autre, on s'arrête on recommence. A l'écrit, ca passe moins bien, car on doit comprendre toute la phrase. Donc faut pas trop éloigner le "avec" de ce à quoi il s'attache. Vaudrait mieux "pour avec m'entourer le visage". Le mieux serait même ici de supprimer le avec et de le remplacer par un pronom " pour m'en entourer le visage".
Autre suggestion, en fait, tu perçois qu'on saisit mieux l'image en la précisant à l'aide de ce rajout que tu as fait "à la manière d'un touareg". En effe,t ca permet de mieux visualiser tout de suite. Mais puisque ca permet de mieux comprendre autant placer cela avant, pour que quand on lit ensuite l'action, on l'imagine directement, sans avoir à revenir en arrière. Donc en gros ça donnerait
"pour, à la manière d'un touareg, m'en entourer le visage."
"un creux formé entre deux dunes"
Le "formé" est inutile ici. Surtout que ça fait lourd puisque tu répètes après le verbe former conjugué.
" Ce n'était ni confortable, ni esthétique"
Y a pas de virgules avant le deuxième "ni". On en met quand on coordonne plus de deux propositions ou plus de deux éléménts. Sauf si le sujet est pas le même pour les deux.
"Elle était magnifique dans ce ciel dans le moindre" GNEEEE ? J'ai pas compris là.
"Non, "
Là encore ca manque d'efficacité et pourquoi pas un point d'exclamation ?
Bon comme j'y suis déjà depuis un bout de temps je m'arrête pour l'instant à "Après tout, l'espoir fait vivre... "
Les commentaires généraux :
C'est pas mal en soi, le rythme est pas gênant dans la narration. On a le temps d'avoir suffisamment de description pour mettre dans l'ambiance.
Mais le problème majeur c'est que c'est pas assez efficace pour nous faire totalement rentrer dedans. Pour plusieurs raisons. Mais la principale je pense, c'est que tu construis trop tes phrases à la manière orale. Même quand on fait un style orale, ce n'est pas de l'oral, ca reste de l'écrit. Il faut faire très attention à la structure des phrases. Et il faut que tu fasses plus simple. Que tu rapproche les compléments de leur sujet. Et que t'hésites pas à lier logiquement tes phrases par des petits mots comme "or puisque parce que donc, mais ou et" Que tu te relises pour supprimer tout ce qui peut l'être. Tu utilises aussi trop de participes présent. Autant faire des propositions relatives, conjuguer le verbe à l'actif, ca le rend plus efficace. Le participe présent, c'est une action qui prend son temps pour se faire donc qui marque moins.
Faut être plus incisif en fait. Y a un peu trop de "je" aussi. Ca nous rappelle trop toujours que quelqu'un est là en train de nous parler et nous casse dans le récit qui est livré.
Je compte lire la suite, parce que y a du potentiel.
Tu voudras que je commente en détail la deuxième moitié du premier poste ?
Ok merci. ![]()
Il n'y a pas de suite, c'est une One-Shot... ![]()
Je m'en rendrais donc sûrement mon compte en lisant la deuxième moitié !
Ceci-dit, c'est un bon point, car en le reprenant le texte tu peux facilement le rendre vraiment sympa.
Et le problème d'efficacité devient un peu moins important.^^
...Je vais voir. ![]()