Bonjour à tous. J'ai récemment écrit une nouvelle, moyennement longue ( à peu près 12 pages). J'aimerais connaître vos avis et critiques avisées
Enjoy, merci d'avance !
Cole
7 octobre
C’était une de ces soirées classiques ou tous écumaient les bars. Les types désinhibés frôlaient l’incident diplomatique à murmurer aux belles déjà prises, on buvait, dansait, certains voulaient oublier, d’autres se rappeler la fièvre aigre douce des festoiements post-épreuves en tous genres.
Tout juste sortis du bar «Le Scat», Val’, sa petite amie Eve, Cel’ et moi, étions accoudés à un mur non loin. Celine ne fumait pas « Pas capable de garder du fric, manquerait plus que ça» répétait-elle souvent. Je m’excusai de façon sarcastique alors que je lui envoyai une éparse fumée grise sur la truffe. « T’es con». C’était vrai, avec elle j’étais toujours un peu con. Elle ne m’intéressait pourtant pas. C’est alors que débuta l'indicible scène. Un schmilblic, un événement si peu crédible qu’il n’aurait eu sa place que dans un troma du type Toxic Avenger. Un groupe de cinq marginaux, des bronzés aux débardeurs cheap, pantalons de treillis et chiens tenus au bout de laisses faites en cordes, s’était installé plus loin, dans un tintamarre d’insultes et de grognements. Tout le monde les ignora sur le coup, à l’exception de Mo’ le videur, qui n’avait pas son pareil pour négocier avec tact. Lui les fixait avec méfiance. Un des sdf s’approcha de nous le dos voûté, encapuchonné et puant le whisky. Souriant comme un timbré, il nous avait déclaré « Tas de bouffeurs de caviar de merde. Z’êtes que des putes suceuses de queues, nabots parfumés à l’oseille, pédés de bourges. Vous êtes gerbant.». Nul ne pipa mot, il sembla alors se crisper et sortit un cran d’arrêt de sa poche. Un flot d’adrénaline m’embauma, je me senti soudainement étranglé par une force étrangère. Il avait empoigné Céline par ses cheveux et lui tenait le canif sous la gorge en gueulant « Vous savez ce que j’en fait moi des succubes vénales ? Je les renvoie torcher le cul du cornu !». Mo‘ se rua bestialement sur l’agresseur, mais celui-ci n’eut pas le temps de porter un seul coup, L’imbibé lui avait violemment planté l’arme dans le cou. Un geyser pourpre se déversa à grande vitesse de la plaie, le pauvre Mo‘ tomba à genoux en pressant de ses deux mains sa blessure, en vain. Pendant qu’il s’étouffait, des cris commençaient à fuser. Eve et Celine étaient déjà loin, Val‘ ne s’était pas fait prié non plus et avait déguerpi avec sa dulcinée, rapides comme des chevaux de courses. Je restai ébahi devant la violence de l’événement, mes jambes étaient en coton, mes pieds cloués au bitume. Puis un cri sauvage se propagea comme une onde surpuissante dans l’allée. Tous les regards se portèrent sur «lui». La scène ne pouvait être plus inimaginable. Tout de noir vêtu, le crieur s’approchait à grands pas, déterminé à en découdre. Le sdf le regarda avec haine, puis se figea le regard pétrifié, pâle comme un cul. L’homme avait le visage caché sous un masque de carnaval aux motifs rouge et blanc nacré, et tendait le bras droit au bout duquel un marteau noir annonçait un sort des plus funestes. La conclusion fût si rapide, si outrageusement violente que je ne réalisai pleinement la chose dix bonnes minutes après la tempête. Dans un fracas d’os, celui qui avait porté le coup à Mo’ s’écroula à la seconde ou le marteau lui écrasa la mâchoire. Comme les autres avaient répliqué, le masqué les avait tous démoli avec une fureur frénétique.
L’ambulance était arrivée rapidement après la fuite de l’homme au marteau. Les flics aussi, mais je décidai de m’éclipser avant tout interrogatoire. J’ai déambulé dans les rues silencieuses pendant des heures, spéculant dans mes pensées sur la vie et la mort, le désir et la morale. Vers 5 heures, j’ai dormi plus sereinement que Sigourney Weaver dans son caisson, serein d’être en vie. La fureur qui nous étrangla tous était à un mois de là.
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Miller
17 décembre
« Bordel de merde».
Crawford m’observait derrière ses lunettes rondes. Ses mains semblaient avoir été passées dans une broyeuse, bien qu’il essayât au mieux de les cacher sous le bureau. Je desserrai ma cravate à pois, et celui-ci reprit:
« Les médias ne vont pas tarder à secouer ce foutoir. Putain de putain. On avait déjà suffisamment de fil à retordre avec les bouquèques qui butaient les vieillards pour leur fric les ruskovs et la clique des névrosés tueurs de fillettes. En vingt ans de métier je n’ai jamais vu de telles saloperies.
Qui l’aurait prévu.
Un silence des plus pesant s'était alors abattu.
Le quintuple meurtre du 7 octobre n’était rien comparé à ça. Comme un tsunami déferlant sur l’humanité. Comme un virus qui annihilait toute logique, rationalité, inhibition, ce au profit de l’horreur. Plus tard le parlement adoptait la loi Klein, qui rendue constitutionnelle modifiait à elle seule les articles 8 et 10. La convention européenne des droits de l’homme approuvait, les médias hurlaient au scandale, le phénomène devenait mondial.
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Cole
10 octobre
Je n’étais plus le même depuis vendredi. Ma cervelle semblait bouillonner, la vague écumeuse de mes pensées déferlait en moi, empêchant toute autre réflexion à celle-ci. De retour au lycée, la routine sembla soudainement irrecevable, comme une fausse note stridente et suraiguë. Je commençai alors à relativiser les processus d’instauration à la vie civile de toute la clique de St Quentin, puis du pays, puis à des concepts toujours plus abstraits, grimaçant par ci et là. Qu’est ce qui m’avait pris au juste en ces jours brumeux ? C’est alors que la raison s’imposa à moi comme un flash aveuglant. La justice était en perdition.
On connaissait la donne; un klaxon, un café de trop, une odeur de pisse chaude au fond du bus, un refus de carte de crédit: Les gens, zombifiés par les incessants aléas journaliers perdaient leur essence à petit feu. Mais ceux qui avaient remarqué les barreaux avaient les mauvaises clés. La consommation, la culture, la baise, l’amitié n’étaient plus que des placebos, c’était à cet instant précis que je compris qu’il y avait une implosion imminente. Rien ne serait plus comme avant. La justice allait devenir l’instrument privilégié de tous. C’est pourquoi je décidai de frapper vite et fort, transgressant parmi les pionniers les conceptions sociétaires. Je m’achetai sur le champ à la boutique de la rue piétonne un masque de saltimbanque et passa le reste de la journée à le contempler, arguant à moi même qui devait être le premier à payer.
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Miller
8 novembre
Je lâchai la liasse de papiers que je tenais sur le bureau et fis craquer mes pouces. Louis s’était derrière moi penché sur le contenu du dossier alors qu’il prenait sa pause thé et sandwich (« Le café ici ressemble à de la chiure de rat» disait il souvent).
« Une piste ? Me demanda-t-il entre deux bouchées de son jambon mayo
C’est le premier cas similaire. Depuis que tout a commencé.
Quel masque portait-il celui là ?
Sais pas. Pas de témoins, pas d’empreintes. Un étudiant, Gabriel Locke, tabassé à coups de barre à mine, retrouvé près de la voie ferrée au milieu de la rue. C’est surprenant. Il a été traîné sur plusieurs mètres pour se retrouver les membres écartés, sur le dos, au milieu de la route. Il était en fait, comme exposé.
Tu crois que c’est le même ?
Les clodos du Scat avaient été retrouvés complètement défoncés. Je veux dire littéralement, leurs caboches s’éparpillaient sur toute la rue.
Ouais m’en parle pas.
Et le gosse là n’aurait eu selon le légiste que six coups au niveau de la tête, d’une puissance moyenne. Il est mort certes mais ce n’était pas un carnage. Si le premier quintuple meurtre s’apparente à un délire psychotique, celui là est calculé, minimalisé. Comme si le simple fait de voir Locke supprimé lui était suffisant.
Ma main a couper que ce fils de pute est le premier imitateur.
Une coulée de sauce goutta sur le bureau, Louis s’excusa et nettoya la tâche avec un mouchoir. Je lui enviai sa faim, et lui demandai sèchement de manger à son bureau. C’était vraiment pas ma semaine pour stopper l’héroïne.
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Mark
29 octobre
« Non, ce n’est pas un problème.»
Je donnais à Nina une liasse de quarante dollars, à contrecoeur. Elle m’embrassa le front la mine réjouie et se dirigea vers la porte d’entrée
« Pumpkin, ton portable. Sur la table.» Repris-je
Elle fit volte face, le vit et revint le récupérer en me souriant
« Je te dirai si le film valait le coup !» Déclara t-elle
Va. Salue Tom de ma part.
Puis elle quitta la maison en claquant la porte. Son parfum vanillé et fort s’éparpilla dans l’air, ce qui me fit remuer les narines. Jupe trop courte, haut trop plongeant, rouge à lèvres pétant et des yeux de biche. Fait chier, pas étonnant que cette gamine se fasse emmerder par des idiots. J'espérais que son nouveau gusse aie la carrure suffisante dans ce cas de figure. Le chien vint me lécher la main et s’assit sur le fauteuil à côté de moi, comme pour me rassurer. Je restai immobile deux minutes, puis décida de reprendre l’entreprise débutée cette semaine. Je me levai et me dirigeai vers la porte du sous sol quand le téléphone sonna. Je regardai le numéro sur le combiné, grimaça, puis décrochai:
« Susie.»
Je t’ai appelé deux fois sur le portable, tu ne répondais pas.
Possible.
Ouais, bref. Tu emmèneras Nina demain matin, qu’elle soit à l’heure pour le déjeuner avec mes parents.
C’était prévu.
Tu as trainé les pieds la dernière fois, ne sois pas en retard s’il te plaît. Tu sais bien qu’ils n’ont plus beaucoup l’occasion de voir la petite.
Je sais.
Ce n’est pas la porte à côté.
Je sais.
Et qu’elle n’oublie pas ses lentilles, ça a coûté le dernier été qu’elle...
Fais pas chier Sue. Tu m’emmerdes. Va plutôt émasculer Vince, c’est son rôle maintenant de supporter tes conneries.
Toujours un gentleman.
Nous raccrochâmes simultanément, puis je descendis au sous sol après avoir appuyé sur l’interrupteur de la lumière. L’ampoule clignotait toujours, j’oubliais à chaque fois qu’il fallait que je la change. Bien que j’y passais ces derniers temps la plupart de mes après midi. Il était toujours là, les yeux se révulsant dans tous les sens, le scotch n’avait pas bougé d’un poil, ses poignets étaient rougis mais les liens ne faiblissaient pas. Parfait. Je m’assis sur la chaise pliable se situant juste en face de lui et ouvris la petite boîte métallique grise qui contenait la seringue. Il gémit un peu à la vue de celle ci, mais je lui mettais un coup de pied dans les valseuses et il se calma. je visai la veine de sa nuque, puis laissa la drogue faire son oeuvre l’affaire de quelques minutes. Quand l’aiguille de ma montre pointa sur le douze pour la cinquième fois, je lui enlevai le scotch qui collait ses lèvres. Il cracha un flot de sang qui atterrit sur mes pompes, et je lui mettais une grande claque. Puis une autre. Et une dernière. Je m’essuyai les mains avec un mouchoir et retroussai mes manches.
« Pourquoi.»
Il l’avait-il dit d’un ton à peine audible, j’étais donc dans les temps.
Ah, c’est assez surprenant n’est ce pas. Un inconnu qui te met la branlée pendant cinq jours d’affilée, alors que tu n’as rien à te reprocher.»
Il commença à pleurer, répétant des «Pourquoi» à peine audibles.
Ça n’a aucun sens, petit. Absolument aucun. Je ne sais pas moi même pourquoi t’es là. Ce que je sais, c’est que je vais t’exploser la tronche jusqu’à ce que tu crèves. Et une fois mort, je te donne un coup de défibrillateur, juste comme ça. Sans aucune raison. Maintenant ferme ta gueule.
Mes vêtements crépitaient dans le feu de la cheminée, ainsi que les siens. Il avait un peu plus résisté que l’autre, mais il pleurait plus, le précédent voulait déjà mourir au deuxième jour et restait de marbre comme une statue de cire. Après une consultation à domicile d’un quinquagénaire pour une bronchite, je m’endormis sereinement sur le canapé. A mon réveil, il était déjà le matin. Après une douche, je me dirigeai vers l’extérieur et découvrit une petite boîte en carton devant la porte d’entrée. Je l’amenai, l’ouvris avec un couteau et découvris un masque. Beau, magnifique même. Le genre vénitien aux motifs floraux blanc et rouge. L’expéditeur n’était pas notifié, la boite était vierge d’inscription. Je souris en pensant que dans ce monde de conventions et d’interdits, je n’étais peut être pas le seul à perdre pied.
Cole
20 octobre
Mes parents s’inquiétaient de mon état, ils comprenaient la mesure du changement. Radical. Depuis le premier, j’étais dans une constante bonne humeur. Je me rasais tous les jours, lisais par simple plaisir alors que je n’avais que rarement pris le temps de m'intéresser à ce domaine. Je m’étais mis au jogging, évitais les fast food avec les potes, prenais le temps de discuter avec mes concepteurs. Et tuais sur une base régulière tout ceux qui gangrénaient mon espace. Je ne m’étais jamais réellement questionné sur la portée d’un meurtre, si des sentiments tels que la culpabilité, la paranoïa, le repli sur soi ou toutes ces conneries étaient fondées. Peut être la réponse était-elle latente, enfouie dans les limbes de ma noirceur. Enfin, noirceur, c’est ainsi qu’«ils» définiraient mon cas. «Eux» qui savaient si bien ce qui est juste et dans la norme. Ils savaient, ce n’était qu’une question de temps. Ma mère cachait mal ses pleurs la nuit, mon père maigrissait vite et buvait en cachette. Je ne pouvais pas permettre qu’ils m’attrapent, me remettent dans la même cage. Ma nouvelle vie ne faisait que commencer.
Puis un jour arriva, ou la situation devint à proprement parler explosive. Mon père enfonça la porte de ma chambre d’un coup de pied bien placé et me pointa en joue avec son Colt, îvre mort et les larmes aux yeux. Il tira un coup qui me toucha à la jambe à travers les couvertures du lit, et ma mère hurla. Elle se jeta sur lui en implorant sa pitié, beuglant qu’on pouvait m’aider et me guérir, que tout irait comme avant. Ils se débattirent violemment, comme deux animaux. Puis le coup parti, et ma mère s’écroula dans le couloir, sans bruit, avec légèreté. Je sortis de mon lit et vérifiais l’étendue de ma blessure. Je pouvais marcher. La douleur était puissante et le sang abondait, mais ce n’était certainement pas grand chose. Le visage de mon père se décomposa, il tomba à genoux et la prit dans ses bras en bafouillant. Je sortis de ma chambre et assistai à la scène, plus comme un spectateur qu’un acteur, comme si tout n’était qu’un songe. Exactement comme ces moments ou j’exécutai ces gens. Elle toussa, se crispa et mourut, sans se débattre. Il resta alors un instant à la tenir, puis se résigna à la poser. Il s’assit contre le mur et colla sa tête, les yeux comme obscurcis par un voile. Il sortit une cigarette de sa poche, qu’il porta à ses lèvres et alluma. Sans me regarder, il me déclara, la voix soudainement ne vacillant plus:
« Tu fais chier.»
La police était arrivée dans les cinq minutes. Ils embarquèrent mon père, qui resta muet, et le cadavre de ma mère. On m’a fait voir un psy, puis emmené à l’orphelinat local. C’étaient les dernières semaines que je passais en ville avant de la quitter définitivement.
J'enverrai la suite dans la soirée ![]()
Miller
10 novembre
On en tenait un, et même peut être deux. Georges Benson, qui venait de tabasser son patron à coups de batte de baseball contre sa Bentley, en plein jour et à heure d’affluence. Les médecins étaient formels, il vivrait, mais resterait végétatif. Le fils de celui-ci, Vincent Greenberg, avait le bras long, et réclama une entrevue avec cet homme dès qu’il fût mis au courant de sa mise en examen. La salle d’interrogatoire rappelait plus tard le film Shining, tant le gamin avait visé juste avec son stylo à plume, au premier coup l’artère carotide et le deuxième l’artère vertébrale. Sa carrure peu imposante, et certainement son costume trois pièces impeccable, nous avaient tous leurrés vis à vis de ses intentions. Benson n’avait pas mis plus de deux minutes à se vider de son sang, et les interrogatoires précédents n’avaient que peu renseigné sur les motifs. Les avancées de mon enquête suivaient ce schéma depuis les tous premiers indices. Un pas en avant, deux pas en arrière.
Mes nerfs commençaient à lâcher. Les symptômes évidents ne devaient être depuis une semaine plus un secret pour quiconque, mais les collègues avaient la décence de simuler l’ignorance la plus totale. Le jour même, les premiers spasmes s’étaient emparés de moi, ce à la seconde même ou l’on embarquait Greenberg, couvert du sang de Benson. Il n’exprimait aucune plainte et se laissait traîner docile comme un agneau, et sans aucun motif apparent, il avait levé les yeux vers moi qui immobile le regardait à l’autre bout de la pièce. Ils avaient ce même regard. Détendu, fixe, d’une neutralité terrible. C’était celui d’un crocodile. Ma main gauche s’était agitée une bonne minute, pitoyablement cachée dans mon pantalon. Je me résignais le soir même à passer le coup de fil, me doutant pertinemment qu’une nuit d’insomnie supplémentaire pourrait m’être fatale.
Mon appartement avait peu de meubles, je n’avais besoin que de peu. Les livres étaient entassés par centaines dans des cartons qui se superposaient contre le mur du salon. J’avais à peu près tout, et ce que je n’avais pas, était en toute certitude déjà vendu. C’était ainsi que je me complaisais à dépenser mes fins de mois, dans l’évasion la plus brute. Qui pourtant était loin d’être la plus chère. Kate venait me voir parfois, bien que l’on ne faisait plus l’amour depuis longtemps. On parlait pendant des heures. Elle me répétait souvent que j’étais l’homme de sa vie, je lui rétorquais souvent qu’elle était idiote et qu’elle devait foutre le camp une bonne fois pour toutes. Je l’aimais comme un fou.
Toussaint était arrivé vers 19h, dans son habituel costume gris. Il entra, déposa la came sur la table basse de verre du salon et s’assit dans le fauteuil qui lui faisait façe en me regardant avec un sourire. Je le dégoûtais. Il avait une totale satisfaction à se sentir nécessité, dans la forme la plus extrême. Des filles toxicos qui ne pouvaient payer leur dose restaient chez lui, et le payaient en nature pour ses prestations. Celles qui s’en allaient finissaient toujours par revenir. Il leur refusait l’entrée, ce jusqu’à ce qu’agenouillées et implorantes elles aient atteint le quota. Elles le suppliaient de les baiser, elles le suppliaient chaque jour, comme Dieu le père lui même ne l’avait jamais été.
« T’es un vrai casse couilles, Miller. Avait-il déclaré en son fort accent sénégalais, sortant une cigarette.
Je devrais m’excuser, peut être ?
Ferme ta gueule.
Et voila, encore une fois. Il me tenait comme un chien en laisse, ce sale fils de pute ingrat.
Tu me fais plus faux bond, mec. J’ai autre chose à foutre que d’aller me farcir des rendez vous qui n’ont pas lieu.
Ça n’arrivera plus.
J’ai di ta gueule.
Il inspira une grande bouffée et continua
Tu vas me filer six cent dollars, cash. À partir de maintenant, je te refourgue ta merde sur une base régulière, toutes les deux semaines. Je n’ai pas à subir tes états d’âme, j’ai un business à tourner moi. Si tu prends encore l’initiative d’arrêter, t’iras voir un autre fournisseur, à tes risques et périls connard. Je me suis bien fait comprendre ?
Je contemplai mes pieds comme un gosse honteux. Je n’avais pas le choix. Il se dirigea vers ma cuisine, ouvrit le frigo, sortit la bouteille de whisky et deux grands verres qu’il apporta au salon.
« Quelque chose t’emmerde Miller ?»
Je fis non de la tête. Il resta impassible pendant quelques secondes, me fixant à travers ses grands yeux noirs. Puis il me gifla violemment.
« Je te vois, connard. À travers ta petite gueule pâle de blanc bec. Tu me prends pour une merde. T’as pas plus de considération pour moi que pour toi même. Salopard. C’est fini, game over. Va te faire foutre toi et ta clique de flicaille. Si tu me balances, je te balance, et viole ta copine. Par le cul je te la baiserai ta poule blanche, pigé ?»
Il se dirigea vers la porte après avoir récupéré le pochon. Me tenant la joue, je me levai soudainement et hurla
« Mille dollars ! Reviens, je te les file maintenant, cash !»
Il s’arrêta subitement sur le pallier et se retourna. Je sortis la liasse de ma poche et lui tendis, l’air désespéré. Il fixa l’oseille, puis me fixa moi. Il ferma la porte, prit l’argent, compta, et mit le tout dans sa poche. Il regarda ma joue et déclara:
« Putain mec, je suis désolé. C’est la folie ces temps ci, je te dis pas la pression.» Il récupéra le pochon qu’il me donna en main propre, avec trois pilules bleues.
« Pour ce prix là, attend toi à de l’artillerie mec. Je vais pas te laisser sur ta faim mon negro.»
Il me donna une tape sur l’épaule, puis s’assit à sa place. Moi de même sur le canapé à sa droite.
« Bon on se le prend ce verre ?»
Je sortis mon calibre 45 de l’étui sous ma veste et lui tirai une balle dans la tête. Une gerbe massive de sang, de cervelle et d’os se propulsa contre le bar et le dossier du fauteuil. Lui s’écroula sur la table basse, qui se fissura. Je restai un instant pétrifié, l’arme fumante toujours tendue vers Toussaint. Puis je regardai celle-ci avec les sourcils froncés, et me dit à moi même à haute voix
« Si c’est aussi facile, pourquoi je ne l’ai pas fait plus tôt ?»
Je contemplai alors le mystérieux masque vénitien que j’avais reçu, qui trônait adossé à la fenêtre depuis dix jours. Je compris alors pourquoi je n’avais pas parlé à mes supérieurs de cet élément évident de l’enquête.
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Mark
20 novembre
C’était ainsi que cela devait finir. Les flammes léchaient les fenêtres et couraient sur les murs extérieurs telles des algues filamenteuses, rouge sang. J’humai l’air, fermai les yeux. La chaleur du bûcher suffisait à réchauffer mon corps nu. De mon jardin situé à l’entrée, le spectacle semblait tout droit sorti d’un de ces vieux films d’horreur des seventies. De vagues souvenirs épars s’emparaient de moi, alors que l’humeur flegmatique je dessinai des arcs de cercle avec mes mains, paumes au ciel. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas éprouvé un tel émoi. Le jerrican était déposé juste à côté de moi, et parfumai l’air de son effluve distinctive. Je pensai brièvement à tout ce qui s’était déroulé dans cette maison. Ma maison. Je l’avais aimé, elle m’avait apporté bien des plaisirs et des peines. Je me rappelai la dératisation qui s’était débarrassée des rats. Je me rappelai le chien qui ne pouvait s’empêcher de déterrer des saloperies du jardin. Je me rappelai cette nuit alcoolisée ou Fran’ et moi avions baisé comme deux bêtes dans le lit de la petite, alors que sa mère servait les hors d’oeuvres aux invités dans le salon. Je me rappelai les flics qui ramenaient Nina pour cette histoire de vol à la tire...
Un violent coup me déchira quelque chose à l’arrière du crâne. Je tombai comme une poupée de chiffon, sonné. Je sentis qu’on me retournait, puis la vit. La voisine, Patricia. Elle tenait une pelle, pointée sur mon cou. Elle était la raison de tout cela. Du moins, pas tout à fait. Son fils avait reçu un traitement dans le sous sol, et celle-ci s’était depuis persuadée que j’étais le coupable idéal. J’avais indubitablement mal calculé mon approche, comme je l’avais enfermé le jour même ou celui-ci enlevait les feuilles du pommier qui jaunissaient mon gazon depuis trop longtemps. Elle ne vit pas mon sourire, comme je portai le masque. Peut être me souriait elle, elle même, je n’aurais pu le dire, elle en portait également un. Le premier coup me repoussa une vertèbre, le deuxième la cassa. Le troisième la brisa. La douleur était vive, mais je n’en portais pas une attention particulière. Je n’étais pas encore tout à fait mort quand le dernier coup sec me décapita. Il était agréable, cet instant ou tout n’avait plus d’importance.
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Cole
15 octobre
Elle me dévisageait derrière ses petites lunettes rondes. Olga, la belle et douce. J’étais amoureux depuis le premier regard posé sur ces deux diamants, fâcheusement dissimulés derrière ces verres souvent embués. La pauvre cachait bien mal ses maux. Le cinquième jour à l’orphelinat, je l'aperçus pour la première fois, elle qui marchant le pas rapide dans le réfectoire faisait tout pour éviter le regard des mômes. Ils n’étaient pas la seule origine du malêtre, je l’avais compris très rapidement. Son mari la battait. Il levait régulièrement la main sur elle, ce n’était pour lui qu’épisode banal de sa simple routine. Elle cachait grossièrement ses ecchymoses avec du maquillage, elle qui ne se mettait en valeur en aucune occasion. Puis un jour, elle avait croisé mon regard. Et je le sus, j’étais le seul, l’unique qu’elle daignait parfois regarder. Quelques secondes suffisaient. Je la désirais, et elle le savait.
« Je crois que tu sais pourquoi je t’ai convoqué dans ce bureau, Cole.» Déclara-t-elle sur un ton qui n’était ni grave, ni neutre.
La pièce cubique et grise jurait à un point inimaginable avec cette créature lumineuse de grâce. Elle était peu spacieuse, malgré son statut de directrice.
« Les meurtres de David et Soap. Oui, c’était une évidence.
Elle eût un léger tic à la joue, comme si une mouche l’avait approchée de trop près.
« Personne n’a parlé de meurtre.
Qui croit aux suicides ? Y a-t-il seulement une personne qui y croit ?
Tu penses donc que ce sont des meurtres. Rétorqua-t-elle en baissant la tête, les yeux toujours dans les miens
Ne spéculons pas sur ce que l’on pense. Vous savez, comme je sais, ce qu’il en est. Vous n’avez convoqué aucun autre gosse, même pas leurs amis proches. Dès le début, vous avez vu clair en moi.»
Je continuai de la regarder dans les yeux, mais captai la fermeture de son poing contre le tissus de sa robe, en un léger bruit d’effleurement.
« Que s’est il passé ? Questionna t-elle
Que s’est il passé ?»
Je ris à gorge déployée. La sincérité de ma réaction lui donna un mouvement de recul
« Ce qui s’est passé. Vous voulez dire, l’événement isolé ? Repris-je avec un sourire, comme si rien ne se passait au delà de la norme ces dernières semaines ? Et si nous parlions RÉELLEMENT de ce qui vous tourmente tout autant qu’à moi. Si nous parlions de cette folie qui nous embrase, tous autant que nous sommes ?»
Elle se mordit les lèvres. Alors que les larmes montaient en elle, celle ci se leva de sa chaise, se retourna et enleva ses lunettes.
Je me levai de la mienne, la poussai vivement contre le mur du fond et avança vers elle. Je lui faisais faire volte façe, et la tint par les deux épaules.
« Sèche tes larmes. Il n’est pas question qu’il t’arrive quoi que ce soit.
Cole...Tu ne comprends pas, j’ai...
Rien à foutre de ce que t’as fait. Tout le monde est coupable, et à la fois personne. La coupai-je. Il faut qu’on s’en aille.»
Son visage sembla s’adoucir. Je repris:
«Je ne doute pas une seconde que tu aies pensé à me dénoncer aux flics. Mais tu ne l’as pas fait. Tu t’attendais à plusieurs finalités de cette entrevue.»
Elle resta silencieuse
« Soit parceque je suis celui qui est le plus à même de te sortir de cette merde, soit que je te tue. Ce qui n’arrivera pas. Je ne te ferai jamais de mal. Je sais qu’avec toi, ça n’arrivera plus. Quand je te vois, la brume, tu vois, elle se tire. Je me rappelle que tout ça n’est pas normal, que ça ne peut plus durer. Je sais que je peux le faire. Il faut que tu me fasses confiance.»
Elle se jeta sur moi comme une lionne. Ses lèvres sucrées me comblèrent enfin, ses mains parcourant mon torse. Je la poussais contre son bureau, elle y écarta tout ce qui s’y trouvait en un éclair. Nous fîmes l’amour comme si nous étions les derniers des nôtres.
La voiture s’engouffra dans le tunnel qui précédait l’autoroute, le vent sifflant sur les portières comme une flûte aiguë. Olga dormait sur la banquette arrière. Parfois son songe la faisait trembler, et gémir. Je la réconfortais de ma main sur sa cuisse, elle se réveillait, me souriait, se rendormait. La route était longue, et on s’en foutait. La radio resterait éteinte tout du long. Sa respiration suffisait à m’emplir à nouveau. C’était elle, et rien ni personne d’autre, qui m’avait sauvé. Aujourd’hui encore on n’aurait su dire pourquoi, mais on savait tous les deux que sans l’autre, la mort nous attendait là bas.
Suite et fin !
Les masqués
4 décembre
Pas de journalistes, pas d’armée, pas de police. Le chaos, la contingence, l’irrépressible et animale violence les agitaient tous. Il se livraient un combat des plus singuliers dans les rues ou ils s’étaient donné rendez vous, passé le mot sans même ouvrir la bouche. Ils savaient que c’était là, que c’était le moment, qu’il fallait que cela soit fait. Tous, sans exception, arboraient le masque; seule réification rationnelle de leur barbarie . Armés de toutes sortes d'arsenaux, ils se coupaient, se brisaient, s’étranglaient, se déchiraient. Aucun n’avait d’allié, tous étaient ennemis de tous. Deux milles personnes trouvèrent la mort les deux premières heures. Commerçants, voisins et amis, médecins et pompiers, la même fureur animait chacun. Tous les âges étaient concernés. Le sang couvrit les rues, abondant tel une crue des plus foudroyantes.
L’onde de la sauvagerie se propagea dès lors. La destruction et la mort devinrent deux maîtres mots à l’échelle nationale. Ce pendant dix jours.
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Louis
26 décembre
Cela faisait presque deux semaines depuis la fin des «événements». Tous l’avaient sur le bout des lèvres, mais nul ne pipait mot. Le calme était revenu, mais la confusion était de pair. Elle agissait comme une gueule de bois monumentale. Certains se souvenaient sans comprendre ( ou le vouloir), d’autres avaient carrément oublié. Et ce, peut être par choix. Je faisais partie de la première catégorie. Je n’étais pas à proprement parler choqué ou ne me sentais coupable en aucune façon, comme je n’arrivais pas à interpréter autrement la chose qu’en tant que songe des plus irréels. Je me voyais tabasser à coups de barre à mine cette écume de pantins sans visages, rougis de cet hétéroclite mélange de sang humain, de chairs. Certains traversaient le charnier, des membres manquants, le regard vers les étoiles. D’autres attendaient, immobiles et sans armes, que l’on vienne les envoyer à la droite de Dieu. Il ne faisait aucun doute, pour moi, que tout n’était qu’un rêve.
La première initiative de tous une fois le calme revenu, fût de retourner au travail. Les gérants des drogueries ouvrirent communément leurs stores, les patrons de restaurants, les entreprises familiales. D’autres mirent un peu plus de temps, d’autres déposèrent le bilan. On ne connaissait pas encore le total des pertes humaines, et en toute franchise, je doutais qu’une seule personne impliquée aie eu le temps d’une seconde envie de savoir.
En ce samedi neigeux et venteux, je décidai de rendre visite à Miller, qui survécut au prix de la perte d’un de ses reins, transpercé dans le vif de l’action par un sécateur. Je ne présentais moi même que quelques ecchymoses au visage et un ongle arraché, ce qui dans le contexte était considéré comme un putain de miracle. Les nouvelles gueules cassées comblaient les rues. Il devenait même frappant dans notre petite ville d’apercevoir parmi la populace un visage qui n’eût pas semblé avoir pris part à l’action. Seuls les enfants en bas âge étaient restés cloîtrés chez eux, la porte fermée à clé. Bien heureusement, la plupart bénéficiaient à ce moment de suffisamment de ressources pour une auto suffisance relative. Eux n’avaient pas encore été témoins du mal comme nous tous.
Je nous servis une tasse de café et ajouta un ou deux degrés au radiateur antique qui comblait le mur.
« Rappelle moi pourquoi tu es ici, Louis ?»
Les paroles étaient saccadées, faibles voire inaudibles. Miller, tassé au fond de son fauteuil, restait figé dans une expression étrange, les yeux convergeant vers la fenêtre. Ses cernes orangées et ses joues creusées lui donnait l’air d’un authentique zombie. Il cachait sa maigreur avec deux pantalons de pyjama, un peignoir et une couverture.
« Tu as quitté la police, comme d’autres après tout. Mais personne ne semblait avoir lié quoi que ce soit avec toi. On savait que tu étais du genre solitaire, «le petit ermite», qu’ils t’appelaient. Ce n’était pas méchant, la plupart t’aimaient beaucoup, tu étais sérieux, tu as toujours mené tes enquêtes avec brio et nous te savions bon et généreux, bien malgré tout. Tu étais peut être au courant d’ailleurs, mais Catherine était amoureuse de t...
Louis. Me coupa-t-il avec un bref geste de la main. Qui savait ?
De quoi parles tu ?
Je te demande, il fit une pause tout en se redressant, craquant sa nuque par la même occasion, qui savait ?»
Je levai les paumes, lui faisait comprendre que je n’avais aucune idée de ce dont il me parlait.
Il chercha quelque chose dans la poche de son peignoir. Je dus tirer une drôle de tête quand ces quelques sachets de poudre qu’il en sorti tombèrent sur sa table basse.
« De l’héro ? Tu déconnes ?
Miller se mit à rire à gorge déployée, toussotant par ci et là, jusqu’à ce que ses joues prennent un teint écarlate.
« Alors ça y est. On peut tous reprendre notre train train, c’est agréable.»
Je compris évidemment ou il voulait en venir. Plus personne ne s’étonnait de quoi que ce soit depuis un certain temps après tout. Sans plus attendre, j’éclatai de même, jovial comme un gosse.
On devenait plus tard les meilleurs amis du monde. Jusqu’à son overdose, bien des années plus tard. C’était déjà un miracle qu’il aie survécu jusque là.
Épilogue
La petite s’amusait à courir après les moineaux, Olga réchauffait un bouillon à l’intérieur, je mâchais des baies, blotti dans le rocking chair. Les cinq premières années que nous avions passé ensemble demeuraient jusqu’à ce jour les plus belles. On faisait l’amour, on lisait, chassait, cueillait pêchait. On inspirait, on expirait. De vrais robinsons en somme. Par dessus tout, on débordait d’amour pour la nouvelle. Marie. Elle avait plus de sa mère que de moi, il n’eût pas un jour ou je ne ressentais pas cette infinie gratitude. Les couleurs revenaient peu à peu, les battements de mon coeur semblaient chaque jour plus puissants.
Le choix était vite fait: le paysage comblait l’horizon, sans âme qui vive. De la verdure, des montagnes, un grand cours d’eau, une faune suffisante à la survie. Les premiers temps n’étaient pas difficiles. On vivait mal, mais on vivait néanmoins. La voiture avait été abandonnée quelques dizaines de kilomètres plus loin, et nous avions marché des heures avant de trouver LE coin. Sur la route, Olga et moi primes les deux ultimes décisions qui impliqueraient l’utilité des «autres» dans notre vie. On déroba quelques centaines de kilos de livres, et le nécessaire vital lié au camping sauvage . Nous prîmes alors le temps nécessaire à construire notre chez nous par nous même.
Je connaissais depuis tout sur tout, de la compagnie anglaise de production Aardman jusqu’à la discographie des ZZ Top. Physiquement, ma force et ma santé n’avaient jamais atteint un tel niveau de perfection. Il m’arrivait parfois de rire en pensant aux anciens points de vue. M’imaginer à converser avec le type lambda, subir les questionnements qu’il s’imposerait tout naturellement en ces termes insensés « Et l’ennui ? Et les autres ? Et si tu meurs là bas ?», tout comme le vieux moi l’aurait fait.
On ne sait pas à ce jour ce qui a suivi au fléau. On garde cependant les masques en évidence sur le mur du cabanon. Pour ne jamais oublier.
« Cole ? C’est prêt !» M’interpella-t-elle.
Je me levai du rocking chair et m’accroupis en face de ma fille, qui se jeta dans mes bras en gloussant. Je grimaçai un peu, bien que ma blessure par balle ne me faisait quasiment plus mal. Elle me sourit. Ses yeux au soleil étaient du même bleu que le ciel. J’espérai le même temps pour le siècle à venir.
C'est assez long quand même, enfin surtout mettre tout d'un coup, t'aurais pu attendre les premiers avis pour mettre la suite...
Perso je n'ai lu que le début, enfin le premier "Cole", j'ai bien aimé et je continuerai demain.
Tu écris assez bien, c'est classique mais envoutant, on est rapidement accroché, c'est bien.
Je ferais une critique plus construite quand j'aurais tout lu.
Excuse moi, j'aurais du faire plus attention. Merci en tout cas ![]()
L'aspect " Pavé " repousse assez, je te l'avoue, mais je trouve ça ( j'ai survolé vite fait) très bien fait.
Merci ! Je ferai l'effort de poster plus court la prochaine fois