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Le château

bottleof
bottleof
Niveau 9
25 février 2012 à 01:41:14

Bonsoir tout le monde.

Je vous présente un autre projet sur lequel je travaille. Plus fantastique, plus personnel, et aussi plus artistiques, je le pense.

Il s'agit de l'histoire d'un tableau, sur lequel est peint un château immense. Ce château renferme des vies, huit vies plus exactement. Chacune d'entre elles est une représentation d'un trait particulier, un trait fin dessiné par un peintre, un trait qui représente un sentiment.

Parmi ces huit vies, il y a quatre hommes et trois femmes. Ainsi qu'une ombre, repère pour chaque vie, dictant les actions des uns et des autres. Cette ombre est guidée par le château, qui représente une entité à lui tout seul. Ces personnages, enfermés dans un château qui n'est que peinture, sont "condamnés" à une mort éternelle. Mort dans le sens où en étant constamment dirigés, ils ne vivent pas, ils ne sont que des points sur un tableau. Jusqu'au jour où une tâche blanche apparaît sur ce tableau. Cette tâche fait disparaître l'ombre. Il n'y a plus de repères, plus d'illusion ou de réalité, et les sept personnages restant connaissent ce qu'ils ont toujours redoutés de connaître : La vie, et les limites qu'elle oppose à leur éternité.

Bien entendu, le livre ne révèle l'identité contextuelle du tableau qu'en toute fin d'écriture. L'ensemble est donc très flou pour le lecteur, il se demande : Où suis-je ? À qui ai-je à faire ? Quel est le but de toute cette histoire ?

Finalement, les personnages, après avoir assisté à l'enterrement de l'ombre, se mettent à vivre, pour une nuit. Une nuit où tout dérape, où les sentiments s'entremêlent, se tuent les uns les autres, s'aiment puis se détestent, représentant les tumultes de l'esprit. Cela fini de manière paisible, puisque en trouvant la vie, deux sentiments vont triompher, l'amour et le désir, éliminant par scènes successives et originales : La

bottleof
bottleof
Niveau 9
25 février 2012 à 01:49:50

La faiblesse, la force, la solitude, le pouvoir et la folie.

Chaque personne est représenté de manière visuelle et sentimentale en fonction de son trait. La solitude sera aveugle, sourde et muette, et connaître la fin dans le suicide. etc.

Je ne dévoile pas tout, l'idée étant très fouillée et complète pour être trop long à expliquer.

L'essentiel étant de démontrer, à travers la séquence finale et deux peintres qui discutent devant le tableau, que l'on peut donner vie à ces sentiments en les projetant sur l'extérieur. Et plus que d'avoir peur de vivre et de mourir, il faut profiter de l'instant présent.

Je vous propose la toute première partie du Chapitre premier.

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1. L'enterrement

Je les ai quittés. C'était un soir de mai, ou d'hiver, cela n'a plus d'importance. Là où l'on vivait, il n'y avait pas de saisons, ni de temps. Il y avait uniquement ce château, gigantesque œuvre d'art qui renfermait en son cœur nos diverses âmes. Le château ne connaissait pas de limites, il n'était jamais le même, et le mystère qui l'entourait nous poussait à le craindre. Il contenait ces pièces étrangement vides, qu'on ne pouvait ni éviter ni comprendre. Ces tableaux d'un noir absolu, contre lesquels les pointes des pinceaux se cognaient et disparaissaient. Ces fenêtres qui ouvraient leurs ailes vers le monde, au travers desquelles on ne pouvait poser les yeux sans ressentir ces intenses brûlures nous picoter les paupières. Ces meubles massifs, que nos mains ne pouvaient toucher, transperçant ces couleurs ocres, ambres ou amandes. Nos pieds parcouraient inlassablement ces couloirs, toujours sombres, éclairés par de fines chandelles invisibles. Nos visages brillaient sous ces lumières imprécices. Ceux des femmes laissaient ressortir leurs paumettes, leurs lèvres délicatement dessinées, et une petite lueur trouvait sa place dans leurs pupilles, faisant apparaître un éclat incertain qui nous donnait la sensation qu'elles pouvaient voir ce que nous étions incapables de distinguer. Ceux des hommes accouchaient de traces d'ombres parcourant la peau, aux angles improbables et aux aspects menaçants.

Le château régissait notre vie, nous n'y étions jamais nés, nous n'étions jamais censés le quitter, il était la seule chose que nous avions connu. Notre seul repère parmi cette immensité qui s'étendait au-delà. Nous ne voulions pas le déranger ou l'importuner alors nous ne cherchions jamais à comprendre ce que nous étions censés faire. Il nous apportait les réponses de lui-même, ouvrant les pièces aux bons moments, laissant étinceler les couleurs aux instants propices. Nous n'avions qu'à suivre ses pas, à emprunter le chemin de manière discrète, en faisant semblant de savoir. À de rares occasions nous avions la permission de nous retrouver dans le jardin, qui formait un cercle parfait tout autour des fondations en pierres. Des chaises longues en métal, recouverte d'un gris pâle, y étaient disposées, aux traits fins et aux formes solides, où nos corps se reposaient allégrement. Il y en avait une pour chacun d'entre nous.

Les huits chaises étaient semblables à des barrettes placées à distance égale, parcourant le cercle dans son entièreté. Et de là où nous étions nous pouvions voir le château se dresser face à nous. Il surplombait cette étendue verte qui filait à l'horizon dans une infinité identique. Son front se dressait au-dessus des nuages, fuyant vers l'immensité du ciel, vers l'éternité imperturbable. On laissait notre regard porter son attention jusqu'aux profondeurs inconnues qui recouvraient ce mur imaginaire. Des reflets jaillissaient parfois, derrière ce mur, et les déplacements nous semblaient si agressifs qu'on n'osait plus essayer de les percevoir. La nuit complétait cette peur. Ce n'était pas une peur, d'avantage une inquiétude, celle de la connaissance.

Notre vie était si régulière et si aisée, que nous ne voulions plus la quitter. Il n'y avait pas plus grande satisfaction que de n'avoir jamais à choisir. Les décisions nous étaient étrangères, et de ce fait nous ne connaissions jamais le moindre sentiment.

Ni de tristesse, ni de joie, ni de plaisir, ni de douleur. Et la crainte de découvrir leur sens et leurs portée était telle que l'intimidation que provoquait en nous ce mur visuel et ce vide auditif nous poussait à courir jusque dans la maison, laissant le jardin orphelin d'une quelconque présence. Le jour nous était inconnu, le ciel était constamment noir, l'herbe constamment immobile, l'horizon une barrière qui semblait nous enfermer dans une bulle. Une bulle où seul reposait le château, aux étages aléatoires, aux escaliers indécis, et à nous autres, les huits vies, ou simulacres de vies, qui l'occupait nuit et nuit.

Quatre hommes et trois femmes. Quant à moi, j'étais une ombre, qui se déplaçait subtilement sur les murs, qui s'opposait fièrement au ciel, peinte sur l'herbe, qui faisait corps avec les chaises, et qui servait de repères aux hommes et aux femmes. C'était à moi que reposait la tâche de les guider, d'apparaître ou de disparaître selon le gré du château, pour prévenir ou pour arranger. Avec moi ils n'avaient rien à craindre, j'étais leur seul repère, leur seul point d'ancrage qui leur permettait de vivre sans souffrir, de vivre sans avoir à vivre. J'étais le symbole de leur mort, dans laquelle ils se complaisaient pour ne pas avoir à ressentir. La mort était eternelle, la vie les auraient conduit à prendre conscience d'une limite, d'une barrière qu'ils sauraient été obligés de franchir une nuit ou l'autre.

Cette barrrière a été rompue en ce jour. Hors du temps, hors de l'espace. Un soir de mai, ou d'hiver, je les ai quittés.

bottleof
bottleof
Niveau 9
25 février 2012 à 02:49:27

J'ai posté le mauvais passage. Mea culpa. Enfin, le passage reste le même, après modifications.

C'est la première partie, qui fait office de préambule à l'enterrement et à la découverte des personnages :

L'extrait en question rebooté :d)

1. L'enterrement

Je les ai quittés. C'était un soir de mai, ou d'hiver, cela n'a plus d'importance. Là où l'on vivait, il n'y avait pas de saisons, ni de temps. Il y avait uniquement ce château, gigantesque œuvre d'art qui renfermait en son cœur nos diverses âmes. Le château ne connaissait pas de limites, il n'était jamais le même, et le mystère qui l'entourait nous poussait à le craindre. Il contenait ces pièces étrangement vides, qu'on ne pouvait ni éviter ni comprendre. Ces tableaux d'un noir absolu, contre lesquels les pointes des pinceaux se cognaient et disparaissaient. Ces fenêtres qui ouvraient leurs ailes vers le monde, au travers desquelles on ne pouvait poser les yeux sans ressentir ces intenses brûlures nous picoter les paupières. Ces meubles massifs, que nos mains ne pouvaient toucher, transperçant ces couleurs ocres, ambres ou amandes. Nos pieds parcouraient inlassablement ces couloirs, toujours sombres, éclairés par de fines chandelles invisibles. Nos visages brillaient sous ces lumières imprécises. Ceux des femmes laissaient ressortir leurs pommettes, leurs lèvres délicatement dessinées, et une petite lueur trouvait sa place dans leurs pupilles, faisant apparaître un éclat incertain qui nous donnait la sensation qu'elle pouvait voir ce que nous étions incapables de distinguer. Ceux des hommes accouchaient de traces d'ombres parcourant la peau, aux angles improbables et aux aspects menaçants.

Le château régissait notre vie, nous n'y étions jamais nés, nous n'étions jamais censés le quitter, il était la seule chose que nous avions connu. Notre seul repère parmi cette immensité qui s'étendait au-delà. Nous ne voulions pas le déranger ou l'importuner alors nous ne cherchions jamais à comprendre ce que nous étions censés faire. Il nous apportait les réponses par lui-même, ouvrant les pièces aux bons moments, laissant étinceler les couleurs aux instants propices. Nous n'avions qu'à suivre ses pas, à emprunter le chemin de manière discrète, en faisant semblant de le connaître. À de rares occasions nous avions la permission de nous retrouver dans le jardin, qui formait un cercle parfait tout autour des fondations en pierres. Des chaises longues en métal, recouverte d'un gris pâle, y étaient disposées, aux traits fins et aux formes solides, où nos corps se reposaient allégrement. Il y en avait une pour chacun d'entre nous. Les huit chaises étaient semblables à des barrettes placées à distance égale, parcourant la ligne du cercle dans son entièreté. Et de là où nous étions nous pouvions voir le château se dresser face à nous.

Il surplombait cette étendue verte qui filait à l'horizon dans une infinité identique. Son front se dressait au-dessus des nuages, fuyant vers l'immensité du ciel, vers l'éternité imperturbable. On laissait notre regard porter son attention jusqu'aux profondeurs inconnues qui recouvraient ce mur imaginaire. Des reflets jaillissaient parfois, derrière ce mur, et les déplacements nous semblaient si agressifs qu'on n'osait plus essayer de les percevoir. La nuit complétait cette peur. Ce n'était pas une peur, d'avantage une inquiétude, celle de la connaissance. Notre vie était si régulière et si aisée, que nous ne voulions plus la quitter. Il n'y avait pas plus grande satisfaction que de n'avoir jamais à choisir. Les décisions nous étaient étrangères, et de ce fait nous ne connaissions jamais le moindre sentiment.

Ni de tristesse, ni de joie, ni de plaisir, ni de douleur. Et la crainte de découvrir leur sens et leurs portée était telle que l'intimidation que provoquait en nous ce mur visuel et ce vide auditif nous poussait à courir jusque dans la maison, laissant le jardin orphelin d'une quelconque présence. Le jour nous était inconnu, le ciel était constamment noir, l'herbe constamment immobile, l'horizon une barrière qui semblait nous enfermer dans une bulle. Une bulle où seul reposait le château, aux étages aléatoires, aux escaliers indécis, et à nous autres, les huit vies, ou simulacres de vies, qui l'occupait nuit et nuit.
Quatre hommes et trois femmes.

Quant à moi, j'étais une ombre, qui se déplaçait subtilement sur les murs, qui s'opposait fièrement au ciel, peinte sur l'herbe, faisant corps avec les chaises, et servant de repère aux hommes et aux femmes. C'était à moi que reposait la tâche de les guider, d'apparaître ou de disparaître selon le gré du château, pour prévenir ou pour arranger. Avec moi ils n'avaient rien à craindre, j'étais leur seul point d'ancrage, qui leur permettait de vivre sans souffrances, de vivre sans avoir à vivre. J'étais le symbole de leur mort, dans laquelle ils se complaisaient pour ne pas avoir à ressentir.
La mort était éternelle, la vie les auraient conduit à prendre conscience d'une limite, d'une barrière qu'ils auraient été obligés de franchir une nuit ou l'autre.

Cette barrière a été rompue en ce jour. Hors du temps, hors de l'espace. Un soir de mai, ou d'hiver, je les ai quittés.

Un portail fut ouvert, écartant ses lames tranchantes pour laisser place aux hommes et aux femmes. Une allée de quelques mètres séparait le jardin d'un autre cercle, au cœur duquel résidait mon cercueil. L'herbe n'était plus endormie gracieusement, mais elle s'agitait sous les balafres du vent, qui faisait chanter l'air et trembler la terre. Les sept personnages devaient traverser l'allée jusqu'aux chaises placées devant le cercueil.

Ils n'avaient jamais connu la moindre sensation, et le vent qui ébouriffa leurs cheveux, qui les fit vaciller, leur devint insoutenable. La nuit n'était plus aussi noire et une teinte grise semblait éclore à l'horizon. Ils essayaient de l'ignorer mais ils n'y arrivaient pas. Ils essayaient de contenir cette étrange sensation qui remontait le long de leur échine mais ils en étaient incapables. Cette sensation était la peur, qui s'éveillait en même temps que la vie. Bientôt, ils sentaient les larmes approcher, les sentiments s'échapper, leurs cœurs résonner et battre de plus en plus fort, jusqu'à ce que leur apparence toute entière soit changée.

Autrefois ils étaient tous les sept identiques. Les hommes portaient des costumes sombres, les femmes des robes similaires, noires elles aussi. Leurs peaux étaient pâles, leurs corps solides et leurs voix monotones. Leurs visages étaient aussi singuliers les uns que les autres, et ils étaient comme sept tâches que rien ne pouvait différencier.

Mais la vie qui avait sommeillé en eux depuis toujours était en train de prendre forme. Une flamme inconnue jaillissait en eux, les poussant à hurler de désespoir en même temps qu'ils rejoignaient leurs chaises, s'y écroulant en larmes. Elle était arrivée, de manière plus brutale encore qu'ils ne le redoutaient.

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