Soupirs d'impuissance, sourires teintés d'absence,
Le phénix de son amour vacille, étouffé par les cendres
de la routine, elle tente de raviver l'incandescence
Avec un souffle sans oxygène sur des braises éteintes
Ses cinq sens sont malmenés par le courant d'air de ton abscence
Tu n'as pas la présence d'esprit nécessaire pour savoir
qu'un séducteur séduit mille fois la même femme
Et tu ne vois même pas que ses larmes imbibent le matelas
Un voile devant ses yeux, son regard perdu dans le brouillard
Elle se bat contre un fantôme, à mille lieues de ses fantasmes
De ses croyances d'homme idéal, la charge est lourde sur son dos
Le prince charmant : un Père Noël qui n'apport' pas d'cadeau
Ca fait mal de l'apprendre car c'est l'expérience qui l'enseigne
Choc émotionnel, son âm' saigne, trac' des sillons comme la Seine
Elle est, la victime consentante, toi l'assassin bienséant
Qui assène sans conscience des coups aux sentiments
Son coeur pompe du vide, verse du sel sur les blessures
Les bons moments s'empilent dans une boîte à chaussures
Elle puise dans ses ressources, le jour viendra où
ell' épuisera la source, se brisera dans une secousse
Tu la regardes tu la confonds avec le plâtre, du mur
Tu ne vois plus, que les petits plats qu'elle te prépare
Une meuble sur pattes, une main docile, un murmure qui flotte en l'air
Un moyen facile pour un amour sans préliminaire
Le fleur fane dans l'obscurité de ta négligeance
A l'époque, des farfales à l'eau et la châleur de ton corps
ça suffisait, sans exigeance, aucun rêve de grandeur
La paix était son pôle quand elle avait la tête sur ton épaule
C'était ta plus belle oeuvre, t'as cru qu'elle se peindrait toute seule ?
La peinture s'écaille, sur la toile un linceul
Souviens-toi des heures qui devenaient secondes, à présent
Chaque seconde est un décompte où elle pèse pour et contre
Elle creuse deux tombes avec sa peine, crois-tu qu'elle va mettre
un râteau à l'appel ? L'appel du large, pour qu'elle s'épanouisse
Son bâteau navigue sur une mer lisse, sans intérêt
Donc elle se dirige avec valises vers l'estuaire d'une port' d'entrée
Qui coulisse sur ses gonds, sur une éclipse de Soleil
Ses larmes brillent dans l'embrasure, s'y forme un arc en ciel
L'avarice porte les haillons de l'égoïsme
Et la leçon apprise devient esquisse d'Apocalypse
"Quand l'avarice rentre au cerveau, Venus s'en va"
Ornement humain dans un environnement urbain
Habitant des oubliettes contemporaines
Dans l'étau du béton, devant les immeubles, les gares
Les supermarkets minables, la récompense est rare
Fouilleur d'ordures à ses heures perdues
Pour un quignon de pain ou des arêtes de dorades
Adepte du dos rond, le bitume comme dortoir
Un représentant de l'infortune, ses dorures dans le thorax
Oublié avant d'être vu, les regards se détournent
Devant sa main tendue les trajectoires le contourne
Son plan d'épargne, des pièces oxydées dans un cendrier
Son patrimoine, les soirs de Décembre juste heureux de s'en tirer
S'étirer avec douleurs, les traits tirés comme étiquette
Il a troqué sa dignité pour les vapeurs d'une piquette
Brisé par la torture du système, il est la rature de l'Architecte
Atteint, par la peste du vingtième et unième ( siècle )
Pauvreté, sa maîtresse nymphomane
Six heures du mat il prend place derrièr' sa pancarte
Commence le passage incessant de passants
pressant le pas pour le retard, ou ce clochard repoussant
Résultats passables quand il alpague la bonté d'âme
Autant être discret dans une banque avec un passe montagne
Implorant " Madame, quelques pièces s'il vous plaît "
Réponse cinglante " Tu veux des pièces ? Va travailler ! "
La dame s'éloigne, le rouge aux joues car offusquée
Et le nuisible lové comm' sous la menace d'une fouet
La fierté bafouée, observ' le saint Graal s'éloigner
De son côté la dame espère qu'un tel toupet soit étouffer
Pourtant tout était fait pour une réponse favorable
Six chiffres sur le compte en banque et disciple de Jéhovah
Mais la dame souffre d'un mal animal
Les oursins dans les poches réduisent ses coûts au minimal
L'avarice vieillit mal, la passion des petites âmes
Non pour un Everest futur oui pour quelques petits tas
Mais ne tire pas sur elle avec l'arbalète de la haine
Elle est à plaindre, car esclave d'elle-même
Sans même voir qu'elle est spartiate atteinte de cécité
Dans son trois pièces miteux en cité, il fait plus froid qu'en Sibérie
C'est simple selon elle : " le confort c'est pour les riches !"
Un repas par jour suffit et ça alimente son port' monnaie
L'avare perd tout, en voulant tout gagner
Quel avantage à rester pauvre dans une montagne de fric ?
Sa vie met en exergue le côté avide
Certes ses poches sont bien remplies, mais son âme rest' vide