Jamais je n'aurais dû entrer dans ce bar, c'est la seule certitude qui émerge de mes horribles flash back de la nuit dernière. Je m'étais dis "et pourquoi pas?" après tout ce n'était que le septième ou huitième sur la digue, ce merveilleux samedi soir du mois d'août. J'avais complètement oublié d'être en train de célébrer mon tout récent et douloureux célibat.
Je m'étais baladé le long de la plage pour voir les diverses activités offertes en pleine haute saison. Il se trouve que j'ai trouvé beaucoup de bars.
Je pousse donc la porte de ce dernier, un niveau d'alcool élevé dans le sang, je n'étais plus sur de rien. Je titube en vitesse entre les tables occupées par des familles entières en train de se goinfrer grossièrement de moule frites puantes, entre autres visions intolérables mais peu de gens ont remarqué le fait que ma vision était double, et que je ne maitrisais plus complètement mes pas.
Assis donc à une table du fond, je cherche dans mes lunettes noires dans les poches de ma veste, j'en ressors tout sauf ça. Elles sont sur mon nez, c'est dingue, je les avais oubliées jusque là. Ça me détend, je me sens protégé de ces carnivores tout partout devant moi que je supporte de mieux en mieux. Ma vision se débrouille, je commence à voir de nouveau clair, à m'habituer à l'atmosphère de terreur que m'inspire cet endroit. Ce que je veux, c'est boire !
"HOP LA!" la serveuse, j'ai hurlé sans le vouloir pour attirer son attention au delà du volume de la musique latine, et elle passe avec ses plats à la main, dans une tenue de soubrette ma foi excitante, mais sans m'entendre. Je suis tombé en pleine fête champêtre.
C'est alors qu'un jeune serveur derrière le bar baisse le son et interpelle la salle toute entière dans une langue bizarre que je comprends néanmoins :
"Excusez moi ! Le téléphone pour Monsieur Lamarche, s'il vous plait !"
J'étais ébahis que personne ne réponde, comme si le barman avait aussi baissé le son de tous ces gens dans le bar restau. Les mamies se contentaient de mâcher religieusement tout en faisant mine de regarder leurs assiettes, et les hommes se regardaient d'un oeil rieur tout en mâchouillant ou buvant, mais en se taisant. Même les mioches la bouclaient. Je me croyais vraiment au milieu de nulle part où une étrange justice populaire régnait d'une intraduisible collaboration entre habitants.
Alors je ne sais pas pourquoi, je me suis senti de leur meute et j'ai levé mon bras en déclarant d'un ton clair et certain :"Ouais c'est moi, amenez le ici." Dans leur langue bizarre.
Le barman a remonter le son tropico maracas, les conversations et les beuglements sordides se sont réanimées aussi soudainement qu'ils s'étaient éteint, et il m'a apporté le combiné du téléphone sans fil.
"Merci, et vous me mettrez une bière fraîche avec ça, mon ami. La plus forte bière que vous ayez. Et bien fraîche."
"Tout de suite monsieur".
Il tirait la gueule quand même, le jeunot, je me sentais revivre.
"- Bonsoir Monsieur Lamarche, votre contact se situe au premier étage, chambre 13. Avez-vous bien reçu ? dit une voix féminine sournoise.
- Cinq sur cinq, affirmais-je, c'est l'information qui me manquait.
- Une dernière chose tout de même : la mallette contenant les accessoires utiles à cette soirée est cachée dans le plafond de l'ascenseur. Avez-vous compris ?
- Je sens que ce sera une soirée d'enfer, chérie.
- Très bien."
Et elle a raccroché. J'ai fais de même, en jetant négligemment le combiné sur la table, ce qui n'a pas manqué d'éveillé l'attention du serveur qui, visiblement, ne semblait pas trop m'aimer. Il avait oublié ma bière, et j'en avais rudement besoin.
Alors je l'ai hélé, et il est venu avec.
Ce que je retenais de cette brève conversation, tout en savourant ma bière, était que j'avais rencard dans la chambre 13 avec une femme probablement superbe. Ça me paraissait aussi simple que logique.
Alors je me suis levé, verre en main, je me suis dirigé vers l'ascenseur et ce connard m'interpelle alors que je suis de dos. Ça a le don de m'énerver. Surtout quand en vous retournant vous apercevez le barman rigolant avec votre serveuse préférée (qui vous a ignoré, ceci dit au passage), en gueulant :
"- Hé monsieur, vous allez où comme ça ? Et qui va payer la bière ?
Déstabilisé, j'ai bredouillé :
- quoi ? cette bière ? si vous savez mettre ça sur la note finale, je suis à la chambre 13 avec ma compagne, vous pouvez faire les vérifications nécessaires.
D'un coup il s'est raidi et je crois bien qu'il a grincé des dents :
- On fait ça.
Je poursuis donc ma route dans le couloir, en direction de l'ascenseur, et alors j'entends la jolie serveuse dire au barman dans mon dos, comme si ma paranoïa avait accentuée mon ouïe :
- Il a l'air bizarre à porter des lunettes de soleil en pleine nuit. Regarde sa démarche, et pourquoi il prendrait l'ascenseur pour aller au premier ?
Alors je me suis retourné et j'ai gueulé :
- PARCE QUE JE SUIS BOURRE, CA SE VOIT PAS ?!"
"Ding!" L'ascenseur s'ouvre, je m'engouffre en vitesse dedans, heureusement vide, je me cale dans le fond.
Je vois le bar et leurs visages un peu au loin, fixés sur moi. J'appuie frénétiquement sur le bouton du premier. Et ces foutues portes qui ne se ferment pas ! Ah ça y est, oui, elles se ferment.
Ça vibre, je vacille sur place en tenant mon verre d'une main et en essayant d'agripper la trappe du plafond de l'ascenseur de l'autre. Bon, pas le choix, je bois tout d'un trait et je balance le verre.
Au moment où les portes s'ouvrent, un couple me fait face. Deux vieux étrangers, probablement anglais, tous deux portant des tongs avec des chaussettes remontées sur leurs mollets flasques, un short d'aventurier, une chemise hawaïenne, et un chapeau. Qu'importe, j'ai la mallette en main, le verre traine à mes pieds mais aussi la trappe du plafond, et je rote.
Ils regardent le plafond, puis redescendent leur air intrigué sur moi.
"- Vieil ascenseur, dis-je en leur langue. Finalement les craintes des Gaulois n'étaient pas infondées."
J'essaye de marcher droit. Chambre 7, 9, je m'appuie contre le coin, je tourne à l'ange. Et enfin j'arrive devant la chambre 13 mais j'ai envie de gerber. Panique. Cette mallette contient-elle des objets sexuels, comme je le présume ? Qui est dans la chambre ? Vision trouble à nouveau, perte d'équilibre, je frappe à la porte pour qu'il se passe vite quelque chose, quelque chose qui me réveille, me motive à nouveau. Et le pire se produit : Du bruit se manifeste dans la chambre, la porte s'ouvre brusquement et un type me bouscule en s'enfuyant. Je fonce alors dans la chambre et je boucle tout derrière moi. Et là je vois un mec de dis, assis peinard dans le canapé en train de regarder les infos.
"- Bordel mais il se passe quoi ici, et où est la fille ?!"
Pas de réponse. Je vais pour m'assoir, j'en avais besoin... mais en le voyant de face, il gisait en fait dans son sang, la langue pendue, le regard perdu au plafond. Ça lui allait mal avec son crane dégarni. Visiblement un couteau lui avait tranché la gorge, de façon très nette, voire chirurgicale; et là j'ai gerbé pour de bon. J'en ai foutu partout, y'en avait presque autant que le sang, ça me rendait encore plus malade. Dans ma nausée je savais très bien devoir ouvrir la mallette pour vérifier le contenu, avant de fuir le plus loin possible : c'était une boite contenant un puissant Desert Eagle incrusté à l'intérieur, avec deux chargeurs. Je l'ai refermée et j'ai fuis par les escaliers, j'ai dévalé le hall d'entrée, la ruelle, je n'ai jamais couru aussi vite, tout en lâchant de temps à autre un filet de gerbe, je dois le confesser. J'ai pris le volant jusque chez moi, à 40 kilomètres de là. Ce matin je pensais que tout ceci était un cauchemars jusqu'à apercevoir la mallette. J'ai trouvé un double fond avec la somme de 5 000e à l'intérieur.
(Tout ceci est bien-évidemment fictif
)
Je lirai demain si j'ai le temps...
ouaip ! et désolé d'avance pour les fautes ![]()
Mouais... Pas mal. Aucune émotion cependant, et quelques soucis de temps, mais j'ai bien aimé, sans plus. Essaie de trouver quelque chose de plus intense la prochaine fois. (c'est juste un conseil)
Et l'histoire se poursuit :
Non c'est fini de déconner je dois tout révéler. Il n'est plus temps aux mensonges désormais. C'est dans l'ordre des choses. Il y a un temps pour se faire et un autre pour se tester. Comme un whisky. C'est certain. Et pour gagner le droit de vivre, je dois m'extirper de cette histoire et retrouver mon identité propre.
J'espère que vous n'aviez pas vraiment cru que c'était l'histoire d'un pauvre poivrot largué dans un hôtel de passe douteux, où il se retrouverait malencontreusement impliqué dans une affaire de tueur à gage. "Da dada dans mes lunettes"
vous pensiez que j'étais bègue ou quelque chose comme ça ? Le boulot a été parfaitement accomplis dans cette chambre, il n'y a eut aucun problème, sauf que oui j'ai bousculé un pauvre minable en sortant de la chambre, après avoir rempli le contrat. J'ai même trouvé la mallette tout seul, je n'ai jamais eut besoin d'un putain de coup de fil en plein boulot pour venir me rappeler où se trouve quoi et ce que je dois faire. Vous êtes de loin les moins bien placer pour me la sortir, celle là. Vous ne savez donc plus décryptez le jargon ? allo tango alpha répondez, source code invalide, je répète, source code invalide. Par contre un bon whisky c'est fou ce que ça fait du bien.
"Tididi!" C'est le bruit émis par un téléphone portable dernier cri, lorsqu'il sonne.
"
- elle :Désolée, nous étions dans l'incapacité de vous joindre.
Tiens, la voix sournoise à la cat's eye.
- toi : Formidable, il n'y a que ça de vrai, nos échanges.
- elle : Hum, merci..? je tenais à vous dire que nous ne pouvions pas lire dans vos pensées; le fait envisageable que vous vous passiez de nous pour résoudre ce mystère nous échappe. Par conséquent il serait formidable que vous clarifiez certaines... parenthèses. Où êtes-vous ?
- toi : JE, hum. Me trouve naturellement à proximité de la zone de salaire.
- elle : C'est à dire ?
- toi : Derrière vous.
Elle faisait face à sa baie vitrée, son paradis, elle s'y sentais puissante. Sa tour infernale, imprenable. Et j'étais juste derrière. Elle a compris et s'est retournée.
- toi : Tu portes bien ton tailleur.
Je n'étais, comme toujours, pas très sur de moi. Elle a fait une tête incompréhensible, je dirais un mélange d'exaspération et d'impatience.
- elle : intrusion surprenante, mais ici tu es en joue, sur trois écrans à ce moment même et le plus important est un mini-canon aérien de dernière génération, qui débarquera dans la pièce sitôt que tu feras un pas de travers. Je te conseille alors de t'assoir pour l'encaissement, ce qui est j'espère ton unique motivation. Finissons-en.
- toi : Oui madame.
- elle : Mademoiselle. J'y tiens personnellement.
- toi : Moi aussi.
- elle : ?
- toi : :troll:
- elle hausse les épaules et : Qu'importe."
- toi : Non, pas du tout.
Elle touche du bout des doigts son supasofa et s'y installe confortablement, elle pivote sur elle même et se retourne vers la belle baie vitrée, lumineuse, verdoyante, prodigieuse. Un petit fauteuil devant son bureau me semble adéquate, je vais m'y bercer aussi, elle me tourne toujours le dos. Un soda, ou un alcool dilué au soda quelconque, avec tous les superflus qui va avec pour appeler ça un kikoococktail, fait bzzzzttt en s'injectant tout seul du supasofa quand il sort de son accoudoir droit. Et d'un coup il y a un verre qui pousse sur le bureau, dans l'opercule prévu à cet effet, et arrive presque sous mon nez.
- elle : vous prendrez ?
- toi : allons pour votre alcool pur le plus fort, je parle du meilleur que vous avez sous la main."
- elle : Souhait exaucé. Concluons, mais d'abord expliquez moi une chose... Bordel mais pourquoi tu m'as quittée espèce d'idiot ?!"
Oui j'avais fini de déconner j'ai encaissé 250 fois plus que l'avance et je reprend ma route désormais. C'est dans la nature des choses. Il y aura toujours comme un goût de déjà vu partout où on passe. Comme un très bon whisky. C'est ridicule. Et pour que je garde ce droit de vivre je dois peut-être continuer cette histoire, maintenant que j'ai ma liberté propre.
Suite et fin :
Elle s'est tournée pour lui faire face, le supasofa opérant une rotation brusque, mais il avait déjà disparu. Il s'est échappé de cette histoire qui n'est qu'un écran de fumée. Bouton d'alerte. Elle constate que plus rien de fonctionne depuis l'arrivée du patient, sauf le téléphone.
"
- elle : Kathie ? passez moi le chef de la sécurité, monsieur Wiggum.
- Kathie : Tout de suite mademoiselle Hessen.
- Mlle H. : Kathie ! attendez, n'avez-vous personne ni entrer ni sortir de mon bureau ?
- Kathie : Non, personne. Ella, il y a un problème ?
- Ella : Prévenez Ralph, enfin je veux dire monsieur Wiggum, je vous prie.
Elle s'est crispée sur le téléphone. Son joli bureau, son petit univers, ne lui avait jamais paru aussi oppressant.
- Ralph : Oui Ella, ici Ralph, tu m'as demandé ?
- Ella : Il y a ... Un patient qui rôde dans le secteur 7, strictement réservé au personnel soignant, je ne t'apprends rien vous avez dû le voir sur vos écrans de contrôle; mon Dieu dîtes moi que la situation est sous contrôle ou je vais péter un cable sur place. Écoute je ne me sens pas rassurée, Corben est venu dans mon bureau et
- Ralph : Du calme, Ella, tout va bien. Les écrans de contrôles ont un léger dis-fonctionnement, on a eut que de la purée de pois pendant quelques minutes. Tu dis que Corben est entré dans ton bureau ?
- Ella : Exactement !! Et plus rien ne fonctionne sur vos appareils !! Je sais bien que son dédoublement de personnalité n'est pas diagnostiqué dangereux dans le sens de physiquement agressif pour lui-même ou pour autrui, si ce n'est un penchant excessif pour la boisson et le don apparent de surgir là où on l'attend le moins, de bidouiller tout un système de sécurité réputé infaillible par les autorités militaires, mais vous n'êtes même pas foutu de
Il la coupa encore.
- Ralph : Je comprends, je ne voulais t'effrayer mais Corben s'est enfuit de l’hôpital. Toutes nos équipes le recherchent activement à l'heure qu'il est. Il s'est comme ... évaporé. J'essaie de me libérer.
Il raccrocha.
Elle se sentait légèrement plus inquiète. Et si Corben n'avait pas quitté la pièce ? Cette affreuse pensée l’obsédait, cette sale petite pensée perverse qui se cache dans un recoin obscure de notre tête, toujours à l'instant critique. Un patient de l’hôpital psychiatrique se tapis dans l'ombre, quelque part, peut-être tout près. Folie et frisson. Ne pas flancher.
Elle tapote nerveusement les touches du supasofa pour se servir un verre, tant pis pour l'heure, bon sang, Corben ingurgitait du whisky sec à 7:30 am et s'enfuyait quand même de l'hôpital en sifflotant. Le supasofa lui produisit tout sauf la boisson désirée, tout était détraqué, semble-t-il. Mais elle bu quand même, passant au delà de l'infecte.
Wiggum arriva enfin, une entrée fracassante et une démonstration de force, avec six gars bien équipés, qui défoncent presque la porte et passent coins et recoins du bout de leurs canons, surmontés de torches.
- Ralph : Il n'y a plus rien à craindre, tout est fini, ça va aller.
- Ella : Vous l'avez retrouvé ?!
- Ralph : Non, non pas encore. Je peux m'assoir ? Il faut qu'on parle tous les deux. Dans le cadre de cette enquête, cela va sans dire.
- Ella : Tout ce que tu .. Tout ce que vous voudrez, capitaine Wiggum.
Il fait signe à son équipe de sortir.
- Ralph : Il faut que tu me racontes les tenants et aboutissants de cette histoire, Ella.
- Ella : C'est à dire ?.. Il faudrait demander à Corben pour savoir cela !
- Ralph : Ce que je veux dire, c'est simplement que tu détiens peut-être inconsciemment les clés de cette énigme, peut-être qu'un détail te reviendrait, je veux dire, un détail qui pourrait nous être utile pour comprendre comment Corben a pu s'échapper de sa cellule, comment il est entré dans ton bureau sans avoir été vu... Et puis quels sont tous ces rapports étranges que tu envoies au directeur avec
C'est elle qui le coupe :
- Ella : Attends mais moi aussi j'essaie de comprendre !! Alors on va .. nous allons nous calmer et relativiser, c'est ça, relativisons.
- Ralph : Voyons ça. Corben est entré dans ton bureau, et que s'est-il passé exactement ?
- Ella : Il s'est comme d'habitude immédiatement mis à débiter toute une histoire d'agent secret loufoque, où il aurait un rôle principal. Un rôle à contre sens à proprement parlé, puisqu'il s'y retrouverait toujours impliqué contre sa volonté, dans de malencontreux jeux de circonstances qui font de lui un être manipulé par une mafia obscure, criminelle qui l'oppresse mais qui n'existe même pas. Sa paranoïa le pousse dans des terreurs extrêmes qui déforment son sens des réalités. Tout ce qu'il dit est possible mais faux.
- Ralph : C'est bien, ça va nous aider. Et donc ? Que s'est-il passé ensuite ? Tout ceci nous est très précieux. Nous allons débrouiller cette affaire, Ella !
- Ella : Ensuite je l'ai mis en garde pour me protéger et j'ai tenté de l'amadouer, pour gagner du temps et vous prévenir. Mais mon supasofa semble complètement déréglé, n'est-ce pas ? Comment a-t-il pu désactiver les protocoles de sécurités, a-t-il bénéficié d'un hasard technique ?
- Ralph : Oui, ce... cette désactivation des systèmes de sécurité reste une ombre à éclaircir, mais revenons-en à l'histoire que vous a raconté Corben.
- Ella : Pourquoi tu me vouvoies, je n'aime pas ce ton solennel et mielleux que tu prends. C'est un interrogatoire ? J'ai la certitude que tu me caches des choses.
- Ralph : Excuse moi, je déraille à cause de toute cette affaire moi-aussi, je crois qu'on perd tous les pédales dans cet asile. Tu es... toujours installée dans ton supasofa ?
- Ella : ? ça ne se voit pas ? Mais que veux-tu au juste ?!
- Ralph : Poursuis l'histoire de Corben, c'est tout ce que je te demande, je t'en prie.
- Ella : Si ça peut vous aider... Il racontait qu'il était entré dans un bar et que je l'avais appelé pour qu'il t'élimine. Sa paranoïa à notre égard devenait de plus en plus morbide.
- Ralph : ? euh, comment ça, je ne comprends pas bien ! Tu peux me redire ça ?
- Ella : C'est simple, dans son délire il se pensait dans un bar chargé de remplir une mission. Et les rôles attribués aux acteurs de son délire sortent de son imaginaire tout en restant probables, et les personnages auxquels il attribue ces rôles sont des gens de la vie réelle, qui lui sont proches. Ce seraient comme des cauchemars éveillés. Le sujet, Corben, se met à ressentir un sentiment de peur extrême qui lui fait raconter des histoires pour auto gérer ses crises de terreurs paranoïaques. Il rejette sa pathologie, qu'il renie, dans des histoires qu'il invente au fur et à mesure. Il ne pense pas spécialement à votre mort dans ce bar hôtel, il utilise simplement votre apparence pour la placer dans son jeu de rôle. Comme moi il me prenait pour son commanditaire, je l'aurais appelé alors qu'il se trouvait dans ce bar.
- Ralph : Je crois comprendre. Poursuis, je te prie.
- Ella : Bien. Je vais boire un peu, j'en ai besoin.
- Ralph : Et ta boisson va apparaitre de ton supasofa.
- Ella : C'est l'évidence même, Ralph !
Ella se tourne vers sa baie vitrée et observe le grand parc enclavé où les patients affluent librement.
- Ella : Ah, ça fait du bien de boire. Il n'avait vraiment pas tord sur ce coup là. Je parle de Corben, bien sur. Après avoir critiqué ma boisson, mon "kikoocoktail", selon lui, l'histoire aurait changée. Il m'en a expliqué une toute autre.
- Ralph : Une autre version ? Laquelle ?
- Ella : Une version dans laquelle il était lui-même le tueur, mais je ne vois pas vraiment en quoi cela pourrait-être utile à votre enquête.
- Ralph : Tu alternes souvent aussi le vouvoiement au tutoiement.
- Ella : ... Ah, c'est parce que je parle de vous, à la brigade... je ne sais pas comment vous appelez ça. Dis donc, ils embauchent facilement les chefs de la sécurité ? On ne devrait pas plutôt parler de tout ça aux spécialistes ?
- Ralph : Je suis spécialiste, Ella. Je crois que cette histoire se met à te perturber toi aussi, écoute, nous sommes tous sur les nerfs. Tu veux vérifier ma carte d'inspecteur de police ? Je l'ai là, att
Elle le coupe :
- Ella : Non, ça va. Dans cette deuxième version il était le tueur et il n'était pas tombé par hasard dans cette affaire de contrat pour la mafia, ou les agents secrets. Il s'était mis en abime par rapport à la première version en disant qu'il s'est bousculé, enfin, qu'il a bousculé un minable après avoir rempli sa mission. Ce "minable" étant lui dans la première version. Mais sinon, rien de bien important ne changeait, nous deux avions toujours les mêmes rôles. Ah, et Corben pense aussi que j'avais eu une relation dans laquelle il m'aurait lui-même quitté. Ce qui est complètement absurde, en plus d'abjecte. Enfin je ne vois toujours pas en quoi cela est important. Je suis souvent rentrée dans son jeu pour le pousser à comprendre par lui-même, mais cela n'a..
Quelques hommes en blancs, massifs, entrent brusquement dans chambre capitonnée. Ils se tiennent derrière le psychiatre. Il se gratte le crâne, car il fait toujours ça quand il est septique.
- Ralph : Tu vois toujours ces aides-infirmiers comme une équipe de choc paramilitaire, Ella ?
- Ella : MAIS !! mais qu'est-ce que je fais dans la cellule de Corben, et pourquoi je suis attachée ?! Mais qu'est-ce que tout cela veut dire, je ne comprends pas !
- Ralph : C'est pourtant l'évidence. Corben n'existe pas. Il fait parti de votre imaginaire nous tentons désespérément de vous le faire comprendre. Cette histoire n'existe pas !
Epilogue :
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Depuis cinq jours l'armée encerclait l'hôpital psychiatrique, empêchant quiconque d'entrer ou de sortir. Des soldats sur les dents, équipés de combinaisons blanches intégrales, avec des masques à oxygène et certains portant même des lances flamme. Un protocole d'alerte rouge, une redoutable menace bactériologique, avait été confié à leur commandement. Mais aujourd'hui les troupes se retiraient, ayant eu l'ordre d'élargir le périmètre de sécurité de plusieurs centaines de kilomètres et d'abandonner le berceau du fléau : l'hôpital. C'est ce que les infos internationales crachaient à la télé : "le virus de la folie", "arme bactériologique terroriste", qui aurait pris naissance en ce lieu avant de contaminer la population des villes voisines, de manière aussi radicale qu'inexpliquée.
J'ai oublié de me présenter : je ne suis qu'un simple infirmier ici, je m'appelle Benoit Cort. Il restera au moins ce témoignage par e-mail si jamais il m'arrive la même chose qu'aux autres. J'ai dû me retrancher, seul, dans un abri de jardin, avec un pc portable dont la batterie va s'épuiser; toujours dans l'enceinte de l'asile le temps d'écrire cela. Lundi, les militaires ont surgit dans nos services et on ordonné qu'on leur ouvre les cellules les une après les autres. Nos agents de sécurité ont d'abord obéis, mais quand ils ont vu les soldats abattre nos patients à tour de rôle, ils se sont rebellés et ils sont tous mort morts eux-aussi, dans un combat plus qu'inégal entre des tonfa et des M16. L'armée a pris le contrôle, a assassiné toute la sécurité, tous les patients, puis s'est retirée. Ils encerclaient l'hôpital et plus personne ne pouvait sortir jusqu'à nouvel ordre. Ils avaient emporté quelques cadavres avec eux, emmagasinés dans des combinaisons cryogéniques. On soupçonne qu'ils en ont brûlés pas mal le soir même dans un champ, à proximité. Il y avait une fumée noire dont la puanteur nous répugnait autant que le bucher avéré.
A cause de ces méthodes d'un autre age, la moitié du personnel soignant cédait à la panique. Confusion entre la volonté des uns et des autres. Il nous fallait un chef et naturellement nous nous sommes tous tourné vers le directeur.
Celui-ci ne sortait plus de sa chambre, et il s'est lui-même démis de ses fonctions en se tranchant la gorge. Nous l'avons retrouvé, au petit matin, assis dans son canapé devant la télé diffusant des infos déprimantes. Enfin c'est d'abord ce qu'on a conclu. Il nous paraissait cependant fort probable que l'un de nous ait fait le coup, même si personne n'a évoqué directement cette idée, car celui que nous suspections tous avait par conséquent pris le pouvoir sur nous : Le psychiatre Ralph Wiggum, soignant en chef.
Finalement il décréta que tout le monde était libre de choisir son destin, ou quelque chose comme ça. Et ceux qui ont choisi de rester ont vu les autres se faire brûler vif puis abattre, dès leur sortie de l'enceinte, l'armée ayant été claire sur ce point. Puis toute la nuit nous avons entendu des coups de feu aux alentours, par ci par là. Puis nous n'avons plus rien entendu. Toutes ces atrocités, tous ces horribles cris, me resteront gravés en mémoire à jamais.
Gardons espoir que quelques collègues ont réussi à fuir.
Nous n'étions plus que six. Moi, Benoit l'infirmier; Ralph, le psychiatre promu responsable de notre survie; Stéphane, l'assistant de Ralph; Karl, infirmier qui s'est rallié à Ralph également; Ella, psychiatre en second; et Kathie, son assistante.
Je rappelle que tous les patients étaient morts et que le personnel survivant était détenu en quarantaine. Ralph a armé les trois hommes (dont moi) de tonfa, mais pas les deux femmes. Il avait surement des idées de domination étrange derrière la tête mais à mes yeux il avait mieux que ça : Les clés de tout l'établissement, hérité de ce bon vieux directeur. Les cuisines, donc la nourriture, les grilles quadrillant toutes les zones, donc nos moindres déplacements, il fallait même lui demander la clé des chiottes. Il devenait d'heure en heure plus autoritaire et il s'isolait constamment de ses sbires. Il se retranchait dans le bureau du directeur pour délirer sur son cadavre. Je l'ai surpris clairement en train de s'engueuler avec lui, le remuant comme un pantin, à le questionner et à le ruer de coups.
J'ai l'intime conviction que ce virus n'est pas volatile. Je crois qu'il se transmet par la communication orale. J'en dirais plus tout à l'heure. Dans le cabanon dans lequel je suis retranché, il ne reste qu'une bouteille de whisky et je me demande si c'est bon signe si je mets à en boire comme les autres. Depuis qu'on avait découvert cette caisse, deux collègues en ont pris plusieurs chacun et ont trouvé un prétexte pour aller s'isoler. Sur le coup on avait trouvé ça banal, vu les circonstances. Ces deux personnes étaient les deux psychiatres, Ralph et Ella. Ils étaient en contact permanent avec tous les patients, comme le reste du personnel soignant, sauf que ces deux psy entretenaient des discussions intimes avec ces patients contrairement à nous qui, principalement, ne faisions que les accompagner de manière physique en entretenant des discours banals.
Le plan de survie du docteur Wiggum consistait à nous rationner d'un seul repas par jour et à attendre que le gouvernement s'occupe de nous. Mais au troisième jour l’électricité et l'eau ont été coupé, ce qui nous a fait perdre la majeure quantité de nourriture dont nous disposions dans les congélateurs. Peu de temps après Ella s'est mise à péter les plombs aussi. Elle s'isolait tout le temps dans son bureau, ne supportant sans doute plus cette hiérarchie selon les sexes. Mais j'ai épié et comme je le craignais elles se mettaient toutes les deux à délirer complètement et à parler à des êtres invisibles. Des patients imaginaires qu'elles voyaient défiler dans le bureau. Kathie, son assistante, était clairement infectée elle aussi. Alors Ralph a décrété qu'il fallait les enfermer dans leur délire le plus longtemps possible car elles étaient considérées comme des patientes désormais. Il voulait appliquer n'importe quelle méthode expérimentale tant qu'elle permette de comprendre cette folie, afin de peut-être neutraliser le virus à la source.
Élucubrations insensées. Il ne me restait plus qu'à fuir cet endroit. Benoit Cort.
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Big DADABOUM BOUM !
Une explosion atomique ravage tout.
Très loin de là un général discute avec son second autour d'un verre, devant un feu de cheminée crépitant. Ils sont à moitié ivres dans leurs uniformes et leurs fauteuils.
"
- Lepremier : Et boum, problème résolu, ça sonne toujours vieux film d'horreur classique mais tous les classiques pompent les faits réels.
Lesecond sourit et ne parvient qu'à rallumer son cigare de travers.
- Lesecond : Et ce virus n'a aucun moyen d'y échappé ? le problème est-il vraiment local et résolu ?
-Lepremier : Ce virus ne se transmettait que par la parole. Nous avons définitivement anéanti l’émission de parole de tout ce pays en cours d'infection.
-Lesecond : Oui, mais je n'ai rien compris ce charabia depuis le début, cette histoire de bar, puis de tueur, puis la psy qui devient folle... une bombe atomique et c'est réglé, faut pas chercher plus loin ?
-Lepremier : C'est ce que je dis toujours. Mais par précaution la vérification de l'identité de Benoit machin nous révélera le fin mot. C'est en cour de transfert. Et pour en revenir à ta question, non c'est impossible que le virus se propage puisque nous avons réduit en cendre huit fois plus de surface que la pire estimation de propagation du virus. Tout ceci dans un contexte de guerre, je te le rappelle, les informations parlent bien d'un virus terroriste destiné à convertir des citoyens des zones libres au régime de la destruction, non ?
-Lesecond : Ce régime terroriste de la destruction est en effet si imprévisible que j'en avais cru les infos.
-Lepremier : Non, non, je t'assure, c'est des conneries. Enfin ça nous a permis de tout faire péter au nom de la Justice et du bon droit. Et puis le contrat de Corben a été rempli.
-Lesecond : Le contrat ?
-Lepremier : Corben était réellement un agent des services secret. Il est... une sorte de cobaye sans identité. Les petites villes aux alentours de l'hôpital étaient la proie de mafia locales dont nous voulions nous débarrasser. Corben devait éliminer un gros ponte dans un hôtel. Il se trouve qu'il était génétiquement porteur d'une maladie inconnue... résultant de manipulations expérimentales, pour ne rien te cacher, il était over-boosté. Ses expériences sur un orphelin ont échappé à notre contrôle et l'orphelin avec. Il est allé se réfugier dans un asile et là bas on l'a pris pour un dément.
-Lesecond : Je suis friand de bonnes histoires à la metal gear solid et j'aimerais tout comprendre.
-Lepremier : En résumé ... Corben pète les plombs après avoir rempli le contrat. Il semble que sa personnalité se réfugie dans la cervelle d'un premier contaminé en ville, un poivrot qui se mêle instinctivement à toute cette histoire en entrant dans ce bar lui aussi. Étrange virus ... qui ensuite contamine l'hôpital psychiatrique. Hum. Tout ça par la parole, par des discussions profondes comme celle ci. Corben aurait donc parlé intensément à ce poivrot ainsi qu'aux deux psy. Et 24 heures après les villes aux alentours sont sans dessus dessous à cause de l'infection dans le bar où nous avons lâché "la créature" et des aller et venu dans les diverses villes du personnel soignants de l'asile. État d'urgence décrétée, armée et plein pouvoir en nos mains. Nous liquidons la source du problème et recueillons des échantillons du virus. Puis, au lieu d'atomiser la région, nous atomisons le pays. Un petit pays asiatique en conflit avec le terrorisme que nous décidons d'effacer des cartes afin de préserver le reste de l'humanité. Tout ceci passant comme une info qu'on cessera de diffuser et qu'on oubliera. Dans les livres d'histoire, nous aurons sacrifié un petit nombre pour en sauver un grand. L'infiltration terroriste est décidément pénible à éradiquer. Huhuhuhuhuhu
-Lesecond : Je ne comprends pas bien. Je dois être bourré.
-Lepremier : Le contrat de Corben a été réalisé. Il a tué le gros ponte. Puis, réfugié dans l'asile, il a rendu fou tout le monde. Dans le bar, il y avait un infecté qui s'est mêlé de toute cette histoire. Et le psy mâle dans l'asile été infecté aussi, il s'est mit à vouloir comprendre la personnalité de ce virus.
-Lesecond : C'est ça que je ne comprends pas bien, je crois.
-Lepremier : Ce virus semble être un dédoublement de la personnalité qui affecte les gens. Corben se retrouve dans la tête des gens qu'il infecte pour les rendre dingues. Ces gens perdent la boule parfois violemment et parfois non, tout dépend de la personnalité propre aux infectés.
-Lesecond : Et le psy qui voulait comprendre le virus, il a réussi ?
-Lepremier : Étant infecté, non, il ne pouvait rien entreprendre de concret. Il n'a pas compris l'évidence que le virus était une seule et même personne. Je te resserre un verre ?
"
L'ordinateur portable du second se mit à gémir sexuellement. En consultant ses messages prioritaires il vit cette information à prendre en compte :
"Après analyse des corps et du virus, nos conclusions sont formelles. Lepremier est infecté et pour les raisons suivantes nous vous demandons :
- Ne communiquez pas avec le général Lepremier et abattez le.
- Le virus se répand à l'écrit.
- Le général Lepremier à reçu un e-mail écrit d'un infecté.
- L'infecté écrivain n'était autre que Corben lui-même.
- Aucun infirmier du nom de "Benoit Cort" au registre du personnel de cet asile.
- Vous aurez peut-être déjà remarqué que Benoit Cort -> Ben Cort -> Corben
Merci de prendre immédiatement en compte les mesures d'élimination : Toutes ces histoires n'existent plus !
Coucou c'est Corben
J'espère que vous allez bien. Je viens vous dire le fin mot de tout ça. Je n'ai jamais pété les plombs, j'ai juste révélé la vérité de chacun, ce qui les a fait péter les plombs. De ce simple constat résulte que ce n'est aucunement mon problème.
Cordialement, je vous souhaite bonne infection.
FIN !
C'est d'un nul ![]()
j'avoue c'est nul, j'invente au fur et à mesure, je vais peut-être écrire une vraie fin, une mieux , ou alors m'arrêter là ![]()