La gorge serrée, les jambes engourdie par la nuit passée, Newnamm sortit sans agitation de sa modeste couche. Aucun cri n'avait suscité en lui le besoin de s'activer, pas même les claquements sourds que laissaient échapper quelques tires farouches. A quoi bon se presser ? l'habitude l'avait emporté : rien ne sert de courir, il faut partir à point. Tel était l'adage. Aussi, Newnamm s'amusait à regarder ces oiseaux effrayés par les tirs de mortier qui perçaient les alentours de Chôlon. Ici, on les appelait les touristes. Le plus souvent vêtu d'une chemise de coton, d'un pantalon mi-long et de chaussures de bonne confection fraichement lacées et cirées, le volatile arpentait une démarche dont l'initié ne pouvait point méconnaître.
Newnamm les connaissaient que trop bien. Ils étaient là lors de sa naissance, ils seraient là après sa mort.
Dans la douceur de ce doux matin, le ciel bleu et mystérieux cachait les nouvelles du quotidien : le vieil homme détala à l'entrée de la pagode, teinté de ce liquide aqueux ô trop bien connu. Dès sa venu, il cibla à Newnamm de son doigt, au dehors, la sombre platitude de trois corps...