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Exercice de style

edlinger
edlinger
Niveau 6
19 novembre 2011 à 12:52:39

Salut.
C'est mon premier récit depuis une petite fan-fiction sur GW qui date d'il y a presque cinq ans ( https://www.jeuxvideo.com/forums/1-9725-487644-1-0-1-0-0.htm ) alors je suis probablement rouillé... Pour la petite histoire j'ai rédigé ce texte en m'"inspirant" de deux de mes auteurs préférés, mais quand je me suis relu je me suis rendu que j'oscillais en fait entre le plagiat et la caricature tellement j'avais forcé le trait. J'ai donc intitulé mon récit "exercice de style", au moins on ne pourra pas m'accuser de malhonnête intellectuelle. :noel:
Le texte est un peu court et artificiel il est aussi possible qu'il reste encore quelques fautes dans la deuxième paragraphe, j'espère néanmoins que ça vous plaira. J'attends vos critiques pour m'améliorer, merci. :)

...

La Débâcle

Quand on arrive à Drancy on y est bien, c'est ça Drancy, le terminus de la crasse où transitent les marchands de mort en direction de la capitale... on ne s'y habitue pas à ceux-là, on les apprivoise on les ménage, même on filoute avec eux, mais leur visage dégouline toujours de sueur... ils empestent la ville, l'argent la poussière; ils sont pas comme nous, on s'en méfie.

Et ils nous disent qu'ils sont les représentants de tel ou tel patron qui vous enfume et vous encrasse, mais nous on se fout bien d'eux et de leur baratin... on y reste à drancy,là où se retrouvent les minables et les interlopes… en une espèce de masse indistincte, dangereuse, qui finira bientôt par déborder, par submerger les enceintes de la ville. C'est là qu'on se sent bien. Progrès qu'ils disent ! Foutaises ! On se sent philosophes à crever dans nos propres déjections. Donc, c'est ici à Drancy que j'ai rencontré arthur, un ouvrier au visage émacié, aux mains pleines d'éraflures, au regard vide et débile qui vous fait frissonner... Arthur ,il m'a longuement parlé de la guerre, c'est pour ça que j'ai décidé d'y partir, à la guerre, parce que G. qu'il m'a dit, t'es qu'un lâche et puis c'est tout. Moi je voulais lui prouver qu'il avait tort.

Le 13 Septembre, G. patrouille non loin du bois de B avec d'autres militaires, pensant G. mon gars cette fois ça y est tu vas être décoré tu vas lui prouver que tu n’es pas un... mais surtout sentant le froid traverser ou plutôt transpercer ses côtés ; et remontant cependant toujours la colonne de soldats pour atteindre le caporal, pensant toujours aux décorations aux honneurs à la gloire, alors que la brume, le froid et la pluie s'abattent sur eux (les soldats) comme une chape de plomb invisible, qui se colle aux visages, masque les peurs et les désirs. Et lui G., remontant la file, parlant maintenant avec son voisin de gauche, le petit juif de Paris, le petit juif qui a grandi entouré des siens et s'est retrouvé là par hasard, comme si la rencontre fortuite entre lui (le juif) G. le froid, la pluie et la campagne n'était rien d'autre que la résultante aléatoire d'une combinaison de facteurs divers, comme si face aux évidences de la guerre et de la matière s'effaçaient toutes les logiques tous les calculs et idéologies humaines... disant soudain, merde qu'est ce que tu fais ? Je pisse mais me regarde pas, me regarde pas... oh ça va ça va pisse je m’en fous… G. reprenant alors sa marche vers l'avant du régiment tandis que quelques minces filets de lumières peinent à traverser le froid, l'humidité et la pluie, qui emprisonnent, qui en quelque sorte fossilisent cette patrouille indistincte,… et bientôt disparue, fauchée, sinon vaporisée par l'armée ennemie, non pas vaincue (ce qu'un militaire pourrait comprendre) mais simplement comme effacée digérée puis finalement annihilée par la campagne, le froid et le pluie… lentement, doucement, irrémédiablement.

JonKrakauer
JonKrakauer
Niveau 5
21 novembre 2011 à 09:42:12

Ton deuxième paragraphe est illisible, désolé je n'ai pas pu le lire entièrement. Des phrases longues de quarante kilomètres de long, c'est clairement indigeste. Et comme je me rends compte que c'est plus de la moitié de ton texte, et ben... ça va être difficile d'en dire quelque chose.

Après, ça vient peut-être de moi, j'en sais foutrement rien. Mais j'ai pas pu.

edlinger
edlinger
Niveau 6
22 novembre 2011 à 00:04:33

merci pour ton message !
mais je plaide non coupable... Le démantèlement de la syntaxe (les participes présent pour dire l'instantanéité, les cassures de rythme, la dissolution des personnages dans la fiction) , est ce qui permet justement de rendre compte de l'absurdité de l'expérience de G. (le froid, la matière, les évènements qui arrivent de manière concomitante, presque sans prévenir etc) Avec une syntaxe traditionnelle le texte aurait été complètement différent et finalement assez banal. (un militaire patrouille...)

Si le premier paragraphe est inspiré du voyage au bout de la nuit, la deuxième partie du texte est en fait un quasi plagiat de l'écriture de Claude Simon. (qui a reçu le prix nobel de littérature en 1985, je sais que les arguments d'autorité n'ont pas cours sur internet, mais c'est pour te dire que ce style est une forme d'écriture reconnue et pratiquée)
Evidemment comme je n'ai le talent ni de Céline ni de CS, il se peut que mon texte soit indigeste à la lecture ; mais ce n'était qu'une manière pour moi de m'exercer à l'écriture en rendant hommage à des auteurs que j'ai appris à apprécier. :)

Je C/C un passage de wikipédia au sujet de l'écriture de CS si ça t'intéresse :
"Si ce style peut rappeler celui de Marcel Proust, il s'en éloigne par la simplicité du langage, même si cela ne paraît pas. Beaucoup de critiques ont d'ailleurs rapproché, à tort, les aspirations littéraires des deux auteurs[réf. souhaitée]. Le modèle proustien saisit des infimes flux de conscience et les vestiges d'une perception olfactive nommés « mémoire involontaire » (la métaphore de la madeleine) dans À la recherche du temps perdu pour recomposer l'image d'une société disparue.Simon, lui, prend le chemin inverse : son écriture diffracte la mémoire en fragments de souvenirs, en figures floues ou en bribes d'espaces-temps irréconciliables les unes avec les autres, mettant ainsi en scène les ruines d'une pensée torturée et hantée par les marques physiques de l'histoire vécue.

La difficulté principale à laquelle se heurte tout lecteur de Simon réside dans sa syntaxe ample, où des phrases s'écoulent souvent sur des pages sans aucune ponctuation, et dans la construction générale des œuvres. Celles-ci peuvent être considérées comme la juxtapositions de comparaisons, de phrases, de périphrases, formant une phrase unique."

edlinger
edlinger
Niveau 6
22 novembre 2011 à 00:16:39

ce paragraphe est bcp plus pertinent en fait :

"Les romans de l'auteur sont traversés par les thèmes de l'érotisme, de la guerre, de l'histoire perçue comme un éternel recommencement et du temps conçu comme un piétinement immobile, mais également de l'embourbement et de l'enlisement. La thématique de l'enlisement est rendue dans le texte par des procédés d'écriture particuliers (étirement de la phrase, répétitions, digressions...) Inspirée d'abord par Marcel Proust et William Faulkner (auquel il emprunte la forme "-ing", retranscrite en français par l'emploi répété des participes présents pour tenter de figer le temps), l'écriture de Claude Simon se caractérise par un travail formel d'importance. On y retrouve l'approche du peintre cubiste qui brouille la figuration, déforme les corps et tord la perspective. La perception organique de l'histoire vécue s'illustre par la présentation de détails apparemment insignifiants et par le mouvement chaotique de l'imagination qui guide le récit. À cela se mêlent des considérations esthétiques et des réflexions fournies sur le langage littéraire."

Bref, après des goûts et des couleurs... :noel:

[NGC]Colas
[NGC]Colas
Niveau 10
29 novembre 2011 à 18:07:57

Le 3e (ou 2e comme on l'a dit en dessus) paragraphe est vraiment étrange, moi je trouve que c'est une horreur à lire, et il n'y a pas d'excuses a trouver, faudrait avant tout corriger tout ça.

24bits
24bits
Niveau 14
30 novembre 2011 à 13:28:50

Avant Simon, il y a eu Faulkner, et moi j'ai d'abord pensé à lui.
Je comprends l'idée, et, avec un petit peu d'exercice, ce n'est pas si indigeste à lire. Il faut juste "savoir" comment lire ce genre de procédés.

Moi ce que je ne comprend pas, c'est le but recherché. L'absurdité, ça ne colle pas. Imager l'absurdité par l'absurdité de la syntaxe. C'est assez limité, et, du moins pour moi, ça ne marche pas.

Ce genre de procédé se marie mieux avec quelque chose qui dans la réalité n'existe que de manière décousue. Chez Faulkner c'est la pensée. Chez Simon je sais pas. Ça peut être le rêve aussi, etc...

Moi, l'absurdité, j'irais plutôt la chercher dans la lourdeur, la répétition, le rythme, très décousu (mais très marqué, et non pas glissant comme tu l'as fait) etc...Donc faire tout le contraire de la fugacité du genre de procédé que tu emploies.

Bref, je ne suis pas un cador dans le domaine non plus...Qu'est-ce que tu en penses ?

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