J´ai écrit une petite nouvelle dans un style un peu plus lugubre pour voir si j´arrivais à créer une ambiance... C´est court, je sais, mais je ne tenais pas spécialement à faire quelque chose de long, je voulais juste que ce soit facile à lire, et que ça laisse une impression. Voilà, mettez vos commentaires!
Courir. Droit devant soi.
C’était sa seule pensée, en cet instant. Courir. Afin d’échapper à ce monstre qui le poursuivait… A bien y réfléchir, le terme « monstre » ne convenait pas. La chose qui le poursuivait n’avait rien de vivant, de réel. Un bref coup d’œil au-dessus de son épaule aurait suffi à le vérifier.
Mais non. Il n’avait qu’une chose à faire en cet instant, et il le savait : courir. S’enfuir.
In continua donc à longer ce couloir de pierre, qui semblait prêt à s’écrouler sur lui, l’emporter sous la moisissure et les insectes ; ce couloir humide où régnait la pénombre et la puanteur, et où il courrait, seul. Seul mais poursuivi.
Il n’entendait rien derrière lui. Seul le bruit de ses bottes s’enfonçant dans la terre humide et se dégageant avec un bruit de succion l’accompagnait, ainsi qui sa respiration haletante. Mais il la sentait. Cette chose le poursuivait. Ce froid glacial, ce silence pesant et inhumain… Tout la trahissait. Et c’est pour ça qu’il courrait.
Quelle idée, aussi, de s’aventurer dans ce temple maudit, de jouer les aventuriers, avec pour seules armes une lampe-torche et un revolver. La lampe s’était cassée. Et il avait déjà vidé tout son chargeur sur la chose.
Sans effet.
Au fil du temps, au fil des toiles d’araignées qui se cassaient au contact de ses jambes, de ses bras et de sa tête, il continuait à courir, dans cet interminable couloir. Une ou deux fois, il avait faillit trébucher sur une irrégularité, mais s’était rattrapé in-extremis. Il n’osait pas imaginer ce qui lui arriverait s’il s’arrêtait.
Soudain, il arriva à un croisement. Il ne prit pas le temps de réfléchir sur la direction à prendre. Dans des moments comme celui-ci, l’instinct animal, dictait faits et gestes. Et son instinct lui disait de courir.
Il parcourut une vingtaine de mètres dans le couloir de gauche, qui était toujours aussi lugubre, avant de se prendre le pied sans une racine sortant du sol, et trébucha.
Il amortit sa chute avec ses mains, écrasant une araignée dans un bruit qui prenait l’amplitude d’un hurlement par la situation ; mais loin de s’avouer vaincu, il continua à quatre pattes au milieu de la boue et des insectes avant de se remettre debout, négligeant la douleur de ses mains ensanglantées.
Cette chose le poursuivait-il encore ? Oui, il avait senti le froid se rapprocher en tombant. Et il souhaitait que cela ne se reproduise plus : il avait eu l’impression que sa jambe avait commencée à geler au contact de cette chose.
Il aboutit enfin à une grande salle, immense comparée au couloir précédent, mais sûrement pas autant qu’il l’aurait pensé dans des conditions normales. Mais elle était totalement vide. Aucun endroit où se cacher. Et pire, elle était sans issue. Il le remarqua arrivé face au mur.
Il se retourna, prêt à vendre chèrement sa peau, à défendre le peu de vie qui lui restait.
Il voyait la chose arriver. Une espèce de voile noir qui troublait sa vision. Et plus elle s’approchait, plus il sentait ses membres s’engourdir, lentement… Il ne sentait même plus ses pieds et ses mains. Seulement sa sueur qui perlait sur ses joues, ainsi qu’une matière gluante qui sortait du mur pour couler lentement sur son cou, et enfin, ce froid glacial qui s’avançait…
Il ouvrit la bouche et se mit à crier. Crier à l’aide des dernières forces qui lui restaient. Crier toute la peur, la haine qu’il pouvait exprimer.
Puis, plus rien. Il devint muet d’horreur, au-delà de l’imaginable. On entendait seulement le sang s’échappant de ses mains s’étaler par terre dans un bruit mat et régulier. Et lentement, le bruit ralentit, avant de cesser. On entendit enfin un corps choir par terre, inanimé, vidé de sa vie.
Et à nouveau, l’endroit plongea dans un silence total.
Dans l’oubli.