La vie sonne y sonne creux, perturbée par quelques anonymes chuchotements.
Ici ce sont les murs qui parlent, de leurs voix claires et rauques. pour ponctuer le discours muet des meubles, les vitrages et portes laissent glisser sensuellement leur sirop au bout des doigts de celui qui les touche.
L'air est bon, une odeur de chair se dégage des êtres qui y vivent; les femmes d'un côté, tous les hommes ou presque de l'autre.
Situé au fond de la classe, un cadenas solitaire se fait la malle. Ses copines les feuilles administratives frémissent au passage de chaque élève. Espérant secrètement, peut-être, être arrachées à leur destin d'immobilité et pouvoir se mouvoir, un instant à peine, dans les vertes prairies d'un jardin.
Les dictionnaires quant à eux, semblable à la garde royale anglaise; ne cillent que lorsqu'un supérieur exige leur aide. Une fois leur besogne accomplie; ils retrouvent sans broncher la place qui leur est destinée, bien serrés les un parmi les autres, fidèles au local qu'ils continueront de servir toujours et encore, et ceux jusqu'à ce que la fissure de l'usure ne vienne les craquer.
Quant à moi, écrivant du bout de mon stylo mâchouillé, je souffre en silence mes nausées.