Bonjour à tout le monde !
Voila, comme beaucoup, j'ai commencé un roman de fantasy. Je poste ici le premier chapitre afin que vous puissiez m'apporter vos commentaires avisés. Je ne peux pas poster de carte donc vous resterez dans le vague pour ce qui est de la géographie. Si j'arrive à scanner et à télécharger ma carte, je la posterai.
Bonne lecture !
Nartaìl
Chapitre premier
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L'épée s'abbatit avec rage et Ethen l'esquiva de justesse d'un pas de côté. Il contre-attaqua de taille mais son adversaire était plus vif que lui et avait prévu son attaque. Il recula d'un bond puis, en se baissant, balaya d'un coup de pied rasant les jambes d'Ethen, qui se retrouva à terre. Mais le jeune homme ne laissa pas le temps à son adversaire de le menacer de sa lame et se releva rapidement, son épée toujours en main. Les deux bretteurs se firent alors face comme deux loups affamés attendant qu'un des deux fasse le premier pas pour se jeter immédiatement sur lui. Ethen observait l'homme face à lui. Il était d'âge mûr et ses tempes se parsemaient de gris. Son regard bleu intense était des plus destabilisants mais le plus impressionnant était la longue cicatrice qui courait de son oeil au coin gauche de sa bouche, comme une longue flamme dévorante. Les adversaires marchaient en cercle d'un pas lent mais alerte. Le temps semblait suspendu et Ethen n'en pouvait plus. Il se fendit en avant et regretta imméditament son geste. Son adversaire l'attendait et détourna l'épée du jeune homme de son bras gauche tandis que sa lame glissait sous la gorge d'Ethen.
- L'épée, Ethen, l'épée ! vociféra le maître d'arme en abaissant son arme. Tu ne dois jamais quitter l'épée des yeux ! Tu te laisses trop souvent distraire.
Ethen hocha la tête de mauvaise grâce. Il était en sueur et reprennait difficilement sa respiration mais pour une fois, il avait l'impression de n'avoir commis aucune faute. Hormis pour sa dernière attaque... ce qui lui avait coûté la défaite. Mais ce satané maître d'arme ne paraissait pas voir ses progrès et ne faisait que trouver à chaque entraînement de nouvelles erreurs à corriger.
- Je suis désolé, maître Torann, fit-il sur un ton soumis. J'y ferai attention à l'avenir.
Le maître d'arme remarqua sa fausse soumission et esquissa un sourire. Cette expression ne paraissait pas naturelle sur ce visage brut mais elle redonnait vie aux deux morceaux de jais qui remplissaient le rôle des yeux. Le maître d'arme colla une grande acolade à son jeune élève.
- Tu t'améliore, Ethen, lâcha-t-il. Je n'aime pas trop flatter mes élèves mais je dois bien l'avouer. Mais ne crois pas que tu as tout appris ! rajouta-t-il en voyant le visage d'Ethen s'illuminer. Tu dois pouvoir me vaincre, et tu es encore bien loin d'y arriver mon jeune ami.
- Oui, maître Torann, dit Ethen. Merci, vos leçons sont très efficaces, je crois pouvoir bientôt vous faire mordre la poussière !
Torann explosa d'un rire tonitruant.
- Tu ne manques pas d'air, jeune seigneur ! Tu finiras par me surpasser c'est sûr... quand je commencerai à devenir aveugle tu auras de bonnes chances !
Ethen allait surenchérir quand un page arriva sur le terrain d'entraînement. Il vit que les regards se tournaient vers lui et le rouge lui monta aux joues. Il s'inclina devant Ethen et annonça timidement :
- Dame Megira vous demande, seigneur Ethen. Elle a dit que vous deviez la rejoindre dans la Grande Salle.
- Merci Thomas, fit Ethen. Tu peux disposer. Maître Torann, il semble que l'entraînement soit terminé. Quand serez-vous disponible pour la prochaine leçon ?
- Je ne sais pas quand nous serons de retour, répondit le maître d'arme. Sire Delgan ne m'a pas donné d'informations précises, mais peut-être que vous serez mieux informé que moi... Les visites officielles peuvent durer longtemps comme être très brèves. De vous à moi, je préférerai la deuxième solution. L'étiquette a tendance à me fatiguer très vite et à me donner de l'urticaire.
- Moi non plus je n'en raffole pas, soupira Ethen. Mais mon rang m'oblige à m'y soumettre. Les nobles voient d'un très mauvais oeil ceux qui y dérogent. Je vous envie Torann de pouvoir vous y soustraire !
Le maître d'arme hocha la tête d'un air peu convaincu. Sans doute enviait-il un peu le rang de son jeune seigneur.
Il n'a pourtant pas à se plaindre, se dit Ethen en quittant le terrain d'entraînement. Il est le maître d'arme du château d'Enangaeth, capitaine de la garde de mon père, qui le paie assez généreusement d'ailleurs. Enfin... tu ne peut pas me permettre de juger, Ethen. Tu es un privilégié et tu ne dois pas l'oublier. C'est ainsi que l'on s'éloigne de ses hommes.
La Grande Salle baignait de lumière. Les rayons du soleil s'engoufraient avec force par les larges fenêtres et inondaient la pièce d'une chaleur agréable. Sur les murs de pierre, les tapisseries marqués des armoiries ducales resplendissaient. La feuille d'argent des Heldols semblait pareille à un joyaux tressé sur une étoffe d'un vert pur. A chaque coin de la pièce se tenait un garde en tenue d'apparat : armure polie, heaume brillant et longue hallebarde argentée. Le regard dans le vague, ils avaient tout l'air de faire partie du mobilier. Mais lorsqu'Ethen entra dans la pièce, ils sortirent de leur torpeur pour amener leur poing libre contre leur coeur dans un salut muet.
S'il en avait l'habitude, le jeune homme n'aimait pas tellement ces démonstrations. Elles étaient sensées être le signe d'un respect sincère mais il se demandait si elles signifiaient vraiment quelque chose pour les hommes du château. Non que la famille ducale ne soit pas digne de respect, mais elle n'avait rien fait non plus depuis longtemps pour le mériter.
Au fond de la pièce, assise sur le trône ducal, Dame Megira faisait face à des visiteurs. Ethen ne les reconnu pas. Il connaissait les vassaux de son père mais jamais encore il n'avait vu le sire et la dame qui se tenaient là. Toutefois, les tenues qu'ils portaient ne laissaient aucun doute sur leur importance. C'était comme s'ils voulaient paraître supérieurs au commun des mortels. Sur la robe de la dame, les fils dorés se battaient avec des descentes de pierres sans aucun doute de grande valeur. L'homme quant à lui avait une tenue plus sobre, quasiment martiale, mais il portait l'épée à la taille, privilège des seigneurs.
Dame Megira se tenait derrière eux, assise comme le voulait la coutume pour l'accueil d'hôtes de marque, sur le trône ducal. Ses cheveux blonds étaient maintenus en arrière par un diadème en argent et elle avait revêtue sa robe de cérémonie. Ethen la dévisagea rapidement pour évaluer la situation.
Mère a voulu les impressionner, se dit-il. Elle porte même son châle de Swadia... Ils doivent être de haut rang pour qu'elle se sente à ce point obligée de marquer son rang. Des comtes peut-être. Tu as bien fait de prendre un bain, Ethen !
Ils n'avaient pas l'air d'avoir remarqué son arrivée mais un des garde se fit l'honneur de l'annoncer sans qu'Ethen en ait manifesté le désir. Il s'avança d'un pas et après avoir frappé le sol de sa lance, il déclama :
- Sire Ethen d'Enangaeth, comte d'Illyrea, jeune seigneur des Heldols.