Salut à tous les zozios !
Grosse petite intro :
Le texte qui va suivre est un peu particulier car je l'ai écrit quand j'étais en Première, j'avais donc 16 petites années (ohoh je me sens vieux) et surtout, dans le cadre d'un jeu de rôle sur Internet. Ce dernier existe toujours d'ailleurs (http://www.fract.org/).
Le contexte, très grossièrement, est que votre héros vit dans un monde post-apocalyptique suite au "Crash". Tout le monde appelle ainsi l'événement qui a provoqué l'état actuel du monde, sans savoir de quoi il s'agit précisément (explosion nucléaire? épidémie? etc...). La terre ressemble donc à un vaste désert où tentent de survivre quelques individus et où l'anarchie domine largement.
Mon personnage d'alors (le héros de ce texte) s'appelait Le Duc, résidant dans la communauté (ou comm') de Los Camelots. Pas très aidé par son enfance difficile, crasseux, les cheveux longs et gras, un brin vulgaire et nihiliste, il est surtout affublé d'une grosse schizophrénie qui le rend tantôt sympa et serviable tantôt psychopathe, meurtrier et compagnie...
Bref, si je me permets de poster ce texte, c'est que vous n'avez pas besoin d'en savoir plus que ce qui se trouve au-dessus, étant donné que l'aventure racontée est finalement à part.
Je poste donc dans le message suivant le début de ce gros Role Play. Si vous avez des questions sur l'univers initial, n'hésitez pas ! Mais comme je vous le dis, le texte en est en quelque sorte indépendant et trouve donc sa place ici comme une fic à part entière.
Aussi je le reposte tel quel sans aucune modif de ma part, je veux juste avoir vos avis sur cette sorte d'instantané d'il y a 5 ans (ce qui m'avait fait défaut à l'époque car le jeu changeait de version et je n'ai quasiment pas eu de lecteurs, un peu rageant par rapport au temps consacré ^^)
Première partie du RP :
Habituellement, les grandes montagnes nordiques offrent à la ville de Los Camelots et à ses habitants une agréable diminution de température. En effet, en fin de journée, lorsque le grand astre perd en altitude, ses rayons dorés s’échouent sur la chaîne montagneuse esquissant ainsi une ombre imposante sur la ville, la libérant d’une chaleur jusqu’alors bien tenace. Seulement, ce jour-là ce fut un massif nuageux qui, poussé par un vent d’est, s’écrasa sur l’immense paroi rocheuse. Et, comme si les pics montagneux perçaient de toute part la forme blanche et éthérée, plusieurs litres de liquide s’effondrèrent. Le nuage dodu et bosselé se vidait de son essence comme un mourant abandonne son âme. Enième fille du paternel flottant, une petite goutte chuta, imitant ainsi sa multitude de sœurs. Modelée au gré de l’air, son apparence sans cesse déformée, elle semblait tomber éternellement. Ridicule point tassé et sombre, Los Camelots apparaissait progressivement. Telle une femme laissant deviner ses courbes gracieuses, la ville montrait ses quartiers, ses bâtiments et finalement ses habitants. Et dans cette course vertigineuse le petit corps liquide acheva son éphémère existence en s’écrasant violemment, en s’éventrant misérablement, explosant sa modeste constitution sur une surface qui se voulait plus dure.
Quelques secondes plus tôt, un homme, un Camelots, le Duc remontait l’une des allées principales de la ville en maugréant sourdement du temps qui se préparait. Dans une curiosité de grand enfant, il arrêta sa marche et leva la tête vers le ciel. Ce qui se passait dans l’esprit du Duc, à ce moment précis, personne bien sûr ne pouvait le savoir. Les mains sur les hanches, les yeux fixés sur la grande masse informe qui trônait dans le ciel, il paraissait s’exalter, s’imaginer de drôles d’idées, échauffer brusquement son cerveau. Et si quelqu’un l’eût surpris alors, il aurait pu se dire que le Duc était un homme heureux. Maintenant souriant, il s’affublait d’un air bête, d’un air de créature qui ne comprends pas son plaisir mais qui en profite et en jouit. Le Duc, parfois, c’était un homme comme cela.
Soudain, une vulgaire goutte s’étala sur son front, l’arrachant subitement de ses songes. Ses traits faciaux changèrent en un point tel, qu’on eût cru voir un autre individu. L’enfant redevint brusquement adulte. Et c’était comme si, quittant son petit jardin spirituel, il recevait en une vague bien faite toutes les intempéries de la vie. Dédaigneux, il lâcha tout haut : « Et mèèèèrde ! Saloperie de temps ! ». Reprenant la marche qu’il avait récemment abandonnée, il se pressa afin d’atteindre sa destination sans trop se faire mouiller. Ses cheveux et sa barbe se perlaient des billes célestes et translucides et déjà tout son cou était envahi d’une sournoise fraîcheur. Mais très bientôt, il eût rejoint son but : la case de Gwâara, le shaman Camelots.
S’il venait en ces lieux étranges tout comme l’était leur propriétaire, c’était bien parce qu’il y en attendait quelque chose. Lors de la dernière chasse à l’homme, le Duc s’était aventuré dans les recoins les plus sombres de la gigantesque et ancienne cité pré-crash. Perdu dans un sous-sol lugubre et louche où chaînes et squelettes faisaient partie du décor, il avait découvert une plante étonnante. Le végétal dépassait amplement le mètre, dégageait une odeur saisissante et surtout, était doté de fleurs dont les couleurs magnifiques semblaient innombrables. Surpris et séduit par l’aura bizarre de cette plante, le Duc l’avait rapportée à Gwâara sans but véritable, seulement poussé par la curiosité. Cependant lorsque le shaman eût aperçu le trophée ducal, ramené des profondeurs de l’ancienne terre, il avait eut un rictus brusque. Ses yeux s’étaient couverts d’une lueur de désir intense, d’un besoin de posséder l’introuvable, comme pris tout entier d’un sentiment lointain qui ne s’était encore jamais éveillé. Ah ! Bien ! C’était une sacrée découverte qu’il nous avait fait là le Duc ! Un hallucinogène rare qu’on ne trouvait plus de nos foutus jours tant et si bien qu’on l’avait relégué au rang de légende ! Et Gwâara s’emportait, exhibait son savoir d’herboriste à son grand plaisir et à celui du Duc. Ainsi donc, lui, le taré du coin comme on l’appelait parfois venait de faire mainmise sur un petit bijou. Bien sûr, il aurait voulu en profiter dès maintenant, jouir du plaisir promis. Mais non ! lui avait rétorqué le sorcier fou avec des yeux de petite vieille maligne. Il lui faudrait attendre. Trois lunes de préparation, pas moins ! C’était le prix à payer pour savourer pleinement ce met si rare. Mais après tout ! concluait le chevelu, dans l’attente grandit l’envie et donc le plaisir ! Et ainsi, excité de tout son être, désirant l’avenir comme il aurait dévoré une vierge, il se séparait de Gwâara d’une trépidation de jeune amoureux qui va peut-être recevoir son premier baiser.
Et aujourd’hui, en ce jour de pluie, le Duc, d’un appétit qui avait mûri trois longues lunes durant, s’apprêtait à assouvir sa grosse faim.
Essoufflé du trajet qu’il venait d’accomplir, il pénétra dans la hutte du mystique sans aucune convenance, de toute sa démarche habituelle donc. Le visiteur se dirigea rapidement vers le cœur du bâtiment, sans même prêter attention aux bibelots ou outils de travail de Gwâara qui jonchaient négligemment le sol. Dans tout ce désordre, une modeste table de bois apparut enfin, presque intrigante de se tenir si dignement sur ces quatre pieds alors que tout autour s’écroulait. Et sur celle-ci se trouvait la tête du shaman, perdu dans un sommeil profond que ses deux bras soutenaient. Tout son être s’abandonnait lourdement dans ce besoin vital de ressourcement justifié par l’intense activité qu’il avait dû fournir ces derniers temps. Ce comportement inquiétait le Duc, car voilà encore qu’il ne pourrait accéder à sa trouvaille. Mais très vite il se rassura en voyant éparpillé sur la table ce qui auparavant était sa plante et maintenant plusieurs feuilles enfin exploitables. Tout de même ! Il lui avait fallu attendre si longtemps pour voir entre l’ancienne matière brute et l’actuelle si peu de différences ! Gwâara en tout cas n’avait pas l’air d’avoir chômé et très sûrement avait sollicité toutes ses connaissances de sorcier. Et alors qu’il parvenait à son ultime but, il venait de sombrer comme si cette facilité dernière l’avait vaincu, ce que maintes difficultés n’avaient pu faire.
En bon égoïste qu’il était, le Duc amassa tous les ingrédients présents sur la table pour se préparer un joint comme jamais il n’en avait fait. Rouler était devenu un leitmotiv journalier pour la majorité des Camelots. Rien ne vint donc entraver cette activité et si le fond changeait, la forme restait identique.
D’un aspect général, le Duc possédait une attitude souvent brusque et peu subtile. Et si cette dernière avait quelque peu modelé son corps lui procurant plus de force et de muscles ici et là, il n’en gardait pas moins des petits doigts de fée. Non pas que ses mains fussent d’une finesse exemplaire. Au contraire, elles étaient larges et boudinées, marquées par le travail de toute une vie. Ce qui justement retenait l’attention, c’était l’habileté qui s’en dégageait, comme si un esprit secondaire, un petit génie caché dans la peau les agitait, usait d’une magie profonde pour invoquer une grâce en paradoxe avec tout le reste du corps. Et c’est ainsi que l’exceptionnel joint prit peu à peu sa forme.
Sortant une allumette de sa poche, le Duc fixait sa création avec un petit sourire d’homme satisfait. Gwaâra quant à lui dormait toujours et peut-être que son voisin, selon son humeur, partagerait. Mais pour l’instant le rouleur s’accordait un silence cérémonial.
Bientôt l’allumette craqua vivement contre la table engendrant une petite flamme blonde que chaleur et lumière accompagnaient. On eût dit une minuscule princesse dont la coiffe dorée s’agitait au désir de l’air ambiant et qu’un cortège grisâtre de fumée suivait. Le feu rencontra alors l’objet longitudinal que deux lèvres pinçaient fermement. Le blanc papier devint noir et la drogue, progressivement, s’embrasa délivrant ainsi ses secrètes essences. La première inspiration se fit en même temps qu’une brève étincelle apparut. Aussitôt la forteresse buccale se laisse envahir d’une bouffée guerrière. Le corps rétracte ce plaisir forcé, le veut voir disparaître mais l’esprit, lui, savoure et s’envole toujours plus haut dans les cieux des inconvenances désirées.
Premier souffle enfin, l’organisme marque un temps de répit tandis que l’âme, gourmande, en redemande déjà. Le fumeur réitère l’opération par trois fois, toujours curieux mais bientôt agacé de voir si peu de différence avec le cannabis. Cependant les yeux du Duc se couvrent d’un voile et plusieurs vaisseaux sanguins éclatent apportant une dominante rouge aux deux organes. Gwaâra, à côté, dort. Maintenant, énervé, les inspirations sont de plus en plus fortes. Sourdement, le corps tout entier se met en branle. Gwaâra, à côté, semble dormir. Un plaisir ou peut-être une douleur se fait ressentir au plus profond des entrailles. Le nectar brûle toujours mais sa fin est maintenant proche. Tout autour est recouvert d’un brouillard. A côté, une forme indistincte est encore visible. Voilà ! La flamme qui pourtant paraissait éternelle vient de mourir. Le brouillard est là, épais et omniprésent. Se lever pour mieux voir, oui ! A côté, rien…
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Le sol s’ouvre ! Le gris omniprésent laisse place à un noir intriguant. Vide…Néant…
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Une douleur intense et profonde perdure à l’intérieur du crâne. Il fait toujours noir et surtout très chaud. Le cerveau est en proie à une fournaise interne et des groupuscules de flammèches sadiques semblent prendre plaisir à le maltraiter. Progressivement, le mal grandit et devient insupportable. Soudain les paupières s’ouvrent comme si l’esprit, désespéré et perdu dans cette horrible situation, avait agi en dernier recours à la manière d’une bête qui se sait vaincue. Alors, une lumière éclatante, blanche et excessive transperce sauvagement les pupilles pour mieux les incendier. Un cri puis des grognements teintés d’insultes se font entendre.
Très souvent, le Duc se réveillait de cette façon aussi brutale. Très souvent aussi, il revoyait la veille en bribes de souvenirs lui expliquant la cause de ce piteux état qu’il admettait d’un rire gras, en mauvais garçon qui a fait des folies. Mais cette fois-ci, la mémoire était défaillante. Aucun élément passé ne lui parvint, uniquement cette douleur qui désormais œuvrait plus discrètement dans les profondeurs cérébrales. Si cette absence l’étonnait, il le fut bien plus en regardant devant lui. Une énorme étendue d’herbe bien touffue – cette matière qu’il pensait ne plus jamais revoir – recouvrait le sol jusqu’à l’horizon lointain. Interdit, le Duc se leva en vacillant. L’océan vert qu’il avait d’abord aperçu était en fait beaucoup plus bas que lui. Derrière, une énorme montagne présentait son imposante verticalité. Le Camelots se trouvait à la base de cette dernière, sur l’endroit où elle débute sa longue ascension céleste et qui ensuite devient plus abrupte. La région abritait une végétation des plus luxuriantes et la majeure partie de la montagne disparaissait sous un drap végétal.
Près du Duc s’écoulait une rivière aux eaux limpides dévalant la pente entre tous les arbres et buissons pour finalement continuer son chemin dans l’immense plaine, plus bas. Au loin, une multitude de petits bois se démarquaient laissant paraître des îlots verdâtres. Tout dans cette région semblait comblé et généreusement garni des éléments nécessaires, rappelant le désert comme un égoïste qui n’avait que son sable à offrir. Où était-il ? Qu’est ce qu’il avait bien pu foutre encore ? Et c’était quoi cet endroit ? Les questions se multipliaient dans la tête du chevelu. Lui qui aurait dû se réveiller dans sa case, à Los Camelots, après une soirée sûrement trop arrosée venait d’apparaître au milieu de nulle part, sans raison. Il s’assit en bougonnant dans l’herbe moelleuse puis apposa sa main sur son front comme si ce geste lui eût permis une meilleure concentration. Mais il fut bientôt tiré de ses songes car un buisson des alentours venait de s’agiter.
Je poste la suite très bientôt. En attendant, je remonte le texte au cas où certains voudraient commenter ![]()
Suite et fin de ce RP (heureusement que j'ai des comm' sur NE, on me prendrait pour un vieux schizo quand je vois mon gros monologue ici ^^) :
Tout parut alors intemporel, l’atmosphère venait de se figer, chacun regardant le macchabée d’un air triste ou effrayé comme si ce meurtre cachait une chose bien pire encore. Le Duc qui peu à peu se rendait bien compte de l’imprévu parla tout haut pour interroger la foule :
« Mais z’êtes fous ?! C’est vos p’tits jeux à vous ça ? Faut qu’vous vous massacriez dès qu’y a une fête ? Ok, y peut y avoir des accidents mais là… »
Personne ne réagit.
« Ouais ok… on va se la jouer cool. Bon, moi j’y vais ! Amusez vous entre vous mais j’tiens pas à jouer à l’embroché ! »
L’audience, une fois de plus, ne disait rien. C’était comme si l’âme d’un gamin se trouvait éparpillée dans tous ces petits corps, têtue et inconsciente du danger. Le Duc n’en demandait pas mieux, il voulait juste rentrer, ou du moins partir. Sans un bruit, il s’éloigna, espérant que personne ne vint le déranger avant qu’il fût sorti du village.
Le Duc venait de quitter le gros de la foule ne croisant plus quelques Feux Follets à l’écart. Lui qui avait vu de nombreux corps dans sa vie restait quand même choqué. Ce meurtre, en pleine fête, sans prévenir de rien, c’était dingue ! Et surtout l’attitude des habitants était intrigante. Ils ne bougeaient pas, ne disaient rien à croire qu’ils attendaient quelque chose d’inévitable. Des cris se firent alors entendre, mais ce n’étaient pas les Feux Follets. Et ce n’étaient pas leurs petits cris de joie étrange. L’intonation était clairement guerrière et haineuse. Le Duc, pour la seconde fois, eut l’impression d’être submergé mais l’instinct lui disait que cette fois-ci, ce ne serait pas pour jouer à l’invité nigaud : une armée de nabots envahissait le village. Ils ressemblaient beaucoup aux Feux Follets à la différence qu’ils étaient tous vêtus de bleu. Ils ne possédaient pas de chapeau à clochettes mais un long bonnet où finissait un pompon. En d’autres circonstances, le Duc se serait bien marré mais les petits démons n’avaient pas l’air de vouloir rire. Certains tenaient de beaux arc, d’autre de grandes lances et plus rare encore, des tridents dorés. En l’espace de quelques instants toute la place fut encerclée. Les assaillants prenaient position sur le toit des chaumières ou bloquaient les nombreuses issues. L’un d’eux s’avança, affichant un sourire narquois, les yeux rouges et fixant le souverain des Feux Follets. Il possédait lui aussi une cape, bleue, et un trident doré. Le Duc comprit alors l’origine du meurtre qui venait d’avoir lieu et surtout, imaginait déjà le triste avenir de ceux qui l’avait accueilli. L’horrible nabot s’avança encore, pour bien montrer qu’il allait prendre la parole. Il monta sur l’une des tables basses, lui procurant une altitude misérable et laissant deviner un penchant pour l’envie de dominer. Rapidement il balaya du regard tous les Feux Follets, ne s’étonna même pas de la présence du Duc, puis replongea ses petits yeux rouges dans ceux du vieux pour enfin dire, d’une voix assurée d’orateur :
« Toi ! Toi, misérable faquin comme tout les tiens, aujourd’hui enfin tu vas connaître la volonté du Destin ! Moi, Maître des Lucioles, Peuple Supérieurs des Contrées Sauvages, Je viens ici reprendre ce qui nous revient de droit. Vous avez osé vous installer sur nos Terres ! Vous, misérables, incapables ! Vous nous avez volés, tout ce village que vos imbéciles mains ont bâti ne doit pas exister. Nous seuls avons la permission de façonner la Nature qui nous entoure. Aujourd’hui, Moi, Maître des Lucioles, Je veux vous voir périr lentement sous le coup de nos armes ! Vous n’êtes qu’une sous race, jamais personne, jamais animal, jamais plante n’aurait dû voir les insignifiantes créatures verdâtres que vous êtes. * rire long de dégénéré, le blanc de son œil est d’un jaune visqueux contrastant avec le rouge sanguin de l’iris. Montre du doigt le vieux * Mais maintenant, vous allez souffrir, Nous allons vous exterminer un à un car Nous sommes nés pour gouverner, pour gouverner et pour détruire, pour anéantir les défauts de la Nature. Nous sommes ses mercenaires et en ce Jour de grâce, elle nous ordonne de supprimer la Honte qu’elle a enfantée. * même rire supérieur avec acclamation de son armée * »
Les Feux Follets restaient froids, se regardaient cherchant de l’espoir dans les yeux d’un autre. Le vieux souverain baissait la tête, accablé par les menaces si véhémentes du chef des Lucioles. Son visage restait sage, on sentait le bon patriarche protecteur qui aurait donné son corps, sa vie pour éviter le grand malheur annoncé. Le Duc restait encore sur les dernières paroles du mégalomane nain quand il éclata enfin dans un rire moqueur et bruyant :
« Et vous avez pas trouvé mieux ? Faut qu’vous vous les fassiez parce que leurs gueules vous reviennent pas ? Meuheuheu, z’êtes vraiment cons dans le coin, marrants mais cons ! »
Alors, ce fut le drame absolu. Le chef des Lucioles poussa un cri d’homme et lança l’assaut. Au même moment des explosions retentirent et de grands jets de flammes montèrent au loin, brûlant les habitations aux alentours. La première rangée des Lucioles fonça et s’écrasa sur la foule des Feux Follets transperçant déjà quelques pauvres innocents. Les attaquants étaient bien mieux armés et possédaient l’avantage de la surprise. Une grande partie des Feux Follets tomba dans un massacre atroce. Leurs agresseurs donnaient l’impression d’être nés pour exterminer. Ils anéantissaient avec une rage sourde qui éclatait lorsqu’un pauvre petit être vert expirait. Les volées de flèches contribuèrent grandement à l’attaque des Lucioles. Beaucoup de Feux Follets les reçurent au niveau de la tête et de la gorge, s’effondrant immédiatement et livrant au sol blanc des hectolitres de sang. Les lances et les tridents aussi étaient terribles. Les mignonnes petites têtes roulèrent par terre conservant leur expression de terreur.
Mais rapidement, le centre de la foule réagit face au brusque assaut. Sans stratégie véritable, chacun fonça sur une Luciole, dans le but unique de tuer, de se venger et de survivre. Cette fois-ci, il y eut des pertes des deux côtés. Un Feu Follet se précipita sur une Luciole encore affairée à encocher une flèche. Il réussit à la mettre à terre puis dans une lutte horrible, dans un combat à mains nues, il tenta de l’étrangler rageusement. L’autre ne se laissa pas faire. D’une main nerveuse, il réussit à atteindre le visage de son agresseur et lui enfonça sournoisement un doigt dans l’œil. L’organe s’enfonça, quittant son orbite et donnant au Feu Follet un aspect de monstre. Dans un soubresaut de fou furieux, il regarda le responsable, puis déversa sur lui un cri de survivant. Emprunt d’une force nouvelle, il l’attrapa fermement par les mains puis, de ses dents pointues, il se mit à lui dévorer le nez.
Partout le combat faisait rage, multipliant les actes barbares et sanglants. L’air s’était empli d’une odeur de brûlé. Le feu se propageait vite et incendiait facilement toutes les chaumières. Bientôt le ciel ne fut presque plus visible, masqué sous cette atmosphère grisâtre et oppressante. Le Duc restait ahuri par la scène, tous ces petits corps qui se déchiquetaient, s’arrachaient et s’entretuaient avec tant de haine et de détermination ! Un spectacle unique. Mais, alors qu’il regardait un Feu Follet en train d’éclater la mâchoire d’une Luciole par la seule force de son poing, il entendit un sifflement aigu et proche. Ce sifflement, c’était celui qu’il entendait tous les jours en allant à la chasse, celui que fait une flèche lorsque qu’elle traverse l’air. Il eut à peine le temps de voir le trait que déjà une grande douleur naissait au niveau de son ventre. Le projectile venait de transpercer son abdomen laissant apparaître une grosse tâche rouge sur sa chemise. Le choc le fit reculer de quelques pas puis il chercha un appui en titubant, dominé par le mal récent qui l’envahissait. Il regardait béatement le long morceau de bois qui lui traversait le corps, un goût de sang dans la bouche, lorsque son chemin croisa celui du chef des Lucioles accompagné d’un de ses gardes. Le Maître des Lucioles l’observa de ses yeux rouges, un sourire sadique aux lèvres avant d’ajouter :
« Monstre ! Vois le dégénéré que tu es ! Poilu et difforme, tu es pire que tes frères, les verdâtres impotents ! Que Ma gracieuse main efface la grossière tâche qui a le culot de me faire face, Moi, le Brillantissime ! »
A ces derniers mots, il empoigna son trident d’or et l’enfonça profondément dans la cuisse du Duc. Sous cette seconde agression, le Camelots dut se mettre à genoux, plié par l’insupportable douleur qui maintenant était omniprésente. Il sentit peu à peu sa jambe s’engourdir, une fraîcheur au niveau du ventre et son cœur qui battait à en éclater. Un afflux de sang monta au niveau du sternum avec le choc d’un coup contre sa gorge. Puis il n’entendit plus rien, ou seulement des bruits sourds, étouffés. Il voyait la méchante face du chef des Lucioles se tordre en un rictus de jouissance, plaisir de dominer et de faire souffrir. Il le voyait rire avec son garde, il le voyait le montrer du doigt, il le voyait, heureux à pouvoir le narguer, heureux d’abattre le monstre difforme qu’il était. Le Duc, depuis son étrange réveil, avait durant toute la journée suivit un parcours chaotique. Et malgré tous les événements, il avait toujours réussi à se contrôler, lui, l’impulsif de Los Camelots. Mais là, en ce moment, moment où il était à genoux, soumis et raillé par un nabot mégalomane, transpercé d’une flèche et la cuisse inondée de sang, là, précisément, il sentait une obscure force le pénétrer et prendre contrôle de son corps. Lui qui s’était tenu toute la journée, toujours jovial et souriant, se laissait peu à peu gagner par la vengeance. Les dents serrées, il fixait le nabot, une douleur horrible lui labourait le cerveau. Puis il fut prit de spasmes, tout son corps se contractait prêt à agir, ses poings, ses bras, ses jambes. Les blessures qui l’avaient obligé à se mettre à terre ne lui faisaient maintenant plus rien. Seule, cette migraine insoutenable durait, cette migraine que le Duc redoutait plus que tout, car son apparition était un avertissement : l’Autre arrivait.
Je ne t'ai pas oublié, mais faut que je récupére un pc avec le net pour commenter en détail (je suis sur tel)... bref, si au moins ça peut upper et pousser d'autres personnes à lire, le texte vaut le coup !