bon j'ai déjà envoyé l'histoire sur le forum nouvelle-écriture apparemment c'est peu actif ![]()
j'ai lu dans les conseil du topic épinglé qu'il fallait éviter les textes fleuves mais je préfère l'envoyer en entier c'est plus classe
dites moi ce que vous en pensez et j'espère bonne lecture
Dans l'obscurité, je cherchais à suivre la lueur faiblarde émise par le sorcier. Notre groupe essayait de se déplacer rapidement dans la forêt trop dense pour être praticable. Chaque obstacle, chaque tronc étaient évités au dernier moment et semblaient inlassablement revenir animés de la ferme intention d'atteindre leur but. Malgré le déplacement forcé, le nombre de frottements et les respirations bruyantes une oreille extérieure n'aurait entendu aucun bruit. Le sorcier se chargeait de la discrétion de la troupe. La faible luminosité me permettais à peine de distinguer les silhouettes de devant s'agiter, j'entendais les murmures d'une discussion mouvementée se perdre dans la chaleur épouvantable de la forêt. La lueur se stoppa et s'éteint arrêtant la course de tous le monde. L'agitation de devant avait cessé. Il ne restait plus rien. La forêt bloquait toute lumière, et aucun son ne me parvenait.
J'ai tâtonné et posé ma main sur un tronc. Recouvert de mousse. Bien sur. Dégueulasse et spongieux il m'a recraché toute l'eau qu'il avait avalé ces derniers jours. Je restais planté dans une position inconfortable en essayant de retenir mon corps qui ne demandait qu'à bouger. Je ne devais faire aucun bruit la probabilité d'un danger était élevée et le sorcier avait autre chose à faire que de couvrir le bruit d'un type qui avait envie de changer d'appui sous prétexte que sa position était inadaptée pour attendre. Mes pieds s'enfonçaient progressivement dans le sol, j'avais cette impression que si l'attente durait trop longtemps le sol m'avalerait en entier. Je m'enfonçais toujours à la même vitesse sans perspective d'arrêt. Maintenant une fraicheur bienvenue se dégageait depuis mes pieds.
Une autre lueur est apparue, de beaucoup plus loin. Cette fois ci aucune origine magique. Une torche. Elle fut éphémère. Après deux bruits mats successifs, la lumière est tombée puis a probablement été étouffé par l'humidité de la forêt. La lueur de notre guide a repris aussitôt puis elle est repartie dans sa course chancelante. J'avais lâché ma main du tronc. Pour m'extirper de la mélasse où je m'étais planté sans le retoucher, je me suis tortillé avec beaucoup de mal. Je suis finalement sorti dans un désagréable bruit de succion. Devant, certains se sont retournés avec agacement. Celui qui devait me suivre me poussa avec insistance, si je perdais de vue la lueur on pouvait errer dans la forêt jusqu'à ce que des rayons de soleil daigne la traverser. Nous avancions en file si un membre perdait celui qui le précédait, l'éparpillement pouvait être rapide et irrécupérable. Moi par exemple je venais de perdre mon compagnon de devant.
La frayeur fut courte. La forêt de moins en moins dense m'a permis de rattraper la file de soldats sans difficulté et sans quitter des yeux la petite lueur qui avait continué à son allure habituelle. Elle était faible bougeait et se balançait au rythme des pas du sorcier. Elle semblait pouvoir s'éteindre à tous moment, une légère brise ou de l'eau projetée d'une branche chahutée par la marche des soldats lui promettait la mort et pourtant elle était encore présente. Nous étions en train de sortir du cœur de la forêt, nous apercevions des morceaux de ciel et recevions la lumière de quelques étoiles à travers la canopée. Nous progressions enfin sans lutter contre les racines, les branches, les toiles d'araignée et autres feuillages trempés. Nous recevions même un petit vent rafraichissant après la chaleur étouffante de la forêt. Les sentinelles étaient un signe évident de l'approche du but. La masse volumineuse de l'enceinte apparaissait enfin et se découpait dans le ciel étoilé.
« On s'arrête là, reprenez votre souffle » annonça le Chef. Lui il s'emmerdait pas avec le sorcier il donnait ses ordres aussi fort qu'il pouvait. Il avait pas l'impression qu'il faisait nuit et qu'on essayait de pénétrer discrètement dans un lieu hostile. Nous étions arrivés à notre angle d'attaque. Vu le temps mit à trouver l'endroit précis, il avait du être choisi méticuleusement sur des critères que j'ignorais. Aucun soldat ne s'était égaré, nous étions une trentaine à devoir passer ces remparts que j'évaluais à environ cinq fois la taille d'un homme. Le sorcier s'activait et semblait en pleine concentration, il était censé bientôt nous faire une échelle avec tous les morceaux de bois que nous avions trimballé. Il ne bougeait pas et restait immobile le regard dans le vide, déranger un sorcier en action était une interdiction absolu, la seule solution était donc d'attendre jusqu'à ce qu'il balance
« il sont au moins cinq cents, j'ai endormis ceux de garde ». Sans attendre de réponse il repartit dans son manège, apparemment il s'attaquait à l'échelle piochant dans le tas de bois étalé devant lui. Le Chef nous fit signe de s'éloigner du sorcier et pris la parole « Tous les types de garde que l'autre a endormis faut les tuer, c'est la consigne de précaution, si l'ennemi apprend que Köplich est là les autres vont morfler sévère. »
Les types qui pouvaient morfler dont parlait le Chef c'était notre armée principale, avec notre sorcier ici, elle était sans défense magique contre l'ennemi qui possédait plusieurs sorciers de haut niveau et nous un seul. Si les Garhs apprenaient que notre dernier bon sorcier, Köplich était à vingt jours de marche de l'armée ils donneraient un assaut fatal.
Après ces consignes l'échelle fut prête. Le sorcier n'avait fait qu'emboiter les bouts de bois, cela n'avait pas l'air de magie de haut vol, bien qu'il l'eut fait avec une vitesse impressionnante. Quelques hommes la plaquèrent contre le mur d'enceinte et commencèrent l'ascension. Alors que le premier soldat arrivait en haut de l'échelle et s'apprêtait à monter sur le chemin de ronde. On entendit des craquements bizarres. Un barreau lâcha et le soldat tomba jusqu'à l'échelon suivant. Ceux qui osèrent, se tournèrent vers le sorcier dans l'attente d'une explication. Il répondit juste au Chef « Je suis sur qu'ils s'appuient de tous leur poids aussi. », la seul personne dont il pouvait avoir peur c'était le Chef, et pourtant le sorcier était son supérieur. Le Chef répondit d'un court grognement. Les autres continuèrent à monter avec un peu moins d'assurance. J'ai grimpé l'échelle en avant dernière position le Chef juste derrière. Avant d'enjamber l'espace sans barreau et de mettre les pieds sur le chemin de ronde, j'ai lancé un regard en bas. Le sorcier partait se positionner en retrait dans la forêt. En haut il y avait déjà le cadavre d'un garde. Égorgé.
Deux groupes prédéfinis partirent de chaque coté du chemin de ronde pour repérer les soldats qui avaient été de garde, avec un autre groupe celui du Chef je suis partis vers l'endroit où notre Général devait être enfermé. Il n'avait pas été difficile d'avoir un plan de cette caserne, nous savions où aller. En faisant le moins de bruit possible on arriva à la prison des lieux. Un bien grand mot. La porte du bâtiment n'était pas fermé, le Chef me demanda de rester dehors pour vérifier si il n'y avait pas de grabuge tandis que le groupe s'introduisait à l'intérieur. A ce moment là de la nuit, j'y voyais assez clair pour pouvoir distinguer les silhouettes des compagnons parcourir l'enceinte. Quelques feux éparses dans la caserne permettaient, d'avoir un bonne vision de l'ensemble des évènements. J'observais les tentes des soldats toutes réunies dans la même zone. La deuxième zone où la prison se trouvait était constituée de bâtiment fonctionnels en pierre. La haut nos deux groupes s'étaient rejoints. Ils s'éparpillèrent dans le camp pour vérifier la présence d'autres endormis .
Curieux, j'ai jeté un bref coup d'œil a l'intérieur de la prison mais la pièce était trop sombre pour pouvoir distinguer quelque chose. Ça s'activait, j'entendais des chuchotements. Je repris mon rôle en surveillant les tentes. Le Général était-il là ? Nos renseignement venait d'une source fiable mais que les garhs aient enfermé notre Général dans ce trou perdu était surprenant. Un homme sorti du bâtiment et souffla agacé « Pas de clés.
-Le Général est bien là alors ?
-Ouais mais on a pas de clés, bon je dois chercher des pelles. »
Des pelles ? Du raffut commença à s'entendre à l'intérieur. De ma position je ne distinguais toujours rien, je décidai d'entrer. Sur la droite notre Général se tenait en tenu sommaire, enfermé derrière une grille avec des barreaux très fin et espacés, assez pour pouvoir passer un bras. La serrure de cette grille ne semblait pas ouvrir une porte mais la grille entière, sa grosseur contrastait avec la fragilité apparente de l'ensemble. Nos gars avait enlevé plusieurs dalles et maintenant creusaient la terre à main nue. Un gars plus malin que les autres utilisait casque pour creuser. Si plus de bruit avait été permis nul doute que la grille de fortune serait déjà défoncée. Mais chaque frôlement la faisait vibrer et engendrait le début d'un vacarme plus assourdissant que les travaux de sape. Le Général derrière la grille attendait stoïquement la délivrance sans prendre part au creusement.
De l'autre coté de la pièce d'où venait là lumière, trois corps de soldats Garhs avaient été trainé et entassé contre le mur, un d'eux était dépourvu de casque. Le Chef était assis paisiblement sur une chaise accoudé à une table qui comportait trois chopes de bières et une partie de carte abandonnée. Il me demanda
« Qu'est ce qui se passe ?
-Vous faite du boucan.
-L'enceinte ?
-Ils ont tout éliminé, ils sont dans le camp...
-Bien, aide a creuser. »
Génial. Je traversai la pièce et pris un casque sur un cadavre, devant la porte nos troupes étaient revenu, le Chef était déjà parti à leur rencontre. J'évaluai la taille du trou, si le Général et sa grande taille légendaire faisaient un effort et passaient en rampant la tache ne prendrait pas longtemps. A l'intérieur de la geôle aucune dalle le sol était immédiatement sur la terre que nous creusions. Après quelques instants nous étions plus que deux à creuser les deux qui utilisaient un casque. Ceux qui avaient arrêté prétextaient attendre les pelles, mais le fait qu'un gars se soit amoché le doigt à cause d'un coup de casque trop appuyé et mal ajusté, faisait aussi parti des raisons de l'arrêt. Avec la flemmardise. Régulièrement le Chef repassait sa tête par l'encadrement de la porte pour demander moins de bruit. Dehors c'était toujours le calme plat.
Un moment plus tard le Général murmura « Je passe. », on s'écarta, il rampa, et sorti difficilement, les pointes du bas de la grille peu acérées lui raclèrent légèrement la peau. Il se releva en dépliant avec difficulté sa grande carcasse malmenée par le passage à travers le trou exigu. Ses habits qui étaient déjà mal au point ne ressemblaient plus à grand chose une fois recouvert de la terre grasse du sol. En plus de l'accoutrement il avait une mauvaise mine. Sans doute la mine habituelle d'un Général libéré en pleine nuit. Ses cheveux étaient fâchés avec la gravité et sa barbe n'avait pas vu de rasoir depuis longtemps. Pas le temps de souffler ni de s'éterniser en retrouvailles, le Chef nota la libération et fit signe à tous le monde de déguerpir en direction de l'échelle. Je sortais du bâtiment mais le Chef avec sa grosse poigne m'attrapa au passage « toi tu sais ou est parti Faulich, tu le trouves, tu lui dis qu'on a plus besoin de pelles, et qu'on s'en va. » Il faisait un gros effort pour ne pas aboyer ses ordres comme à son habitude. Sans avoir pris la peine de savoir si j'avais compris sa masse bedonnante était partie diriger les autres. Je pris donc la direction qu'avait pris Faulich et je l'apercu peu de temps après, se dirigeant vers moi sur le chemin principal. Il rendait une silhouette étrange, il avait pris autant de pelles qu'un humain pouvait en porter. « c'est bon lâche tout ca on y va.
-Je m'en doutais. »
Il lâcha toutes les pelles au milieu de l'allée non sans faire un certain bruit. Et on partit vers l'échelle rejoindre les autres.
Un éclair vert fusa dans la nuit et éclaira toute la caserne, à son apogée il éclata sans faire le
moindre bruit en millier de filaments vert. Les filaments disparurent instantanément comme auto-consumé, seul à l'endroit ou l'éclair avait éclaté une sphère verte lumineuse persistait, elle était aussi aveuglante que le soleil prit en pleine face. Un putain de sorcier était là. Sans prendre le temps de me poser de questions je détournai le regard et détalai. Je débutai ma course aveugle, espérant éviter les possibles obstacles. Je regagnais progressivement ma vue et lorsque je sortis du quartier des bâtiments elle était totalement rétablie. Maintenant je longeais la zone d'habitation pour regagner l'échelle, aucun soldat n'était encore debout cela n'allait pas tarder, bien que tout se soit fait en silence. En observant les mouvements d'ombres je devinais que la sphère lumineuse me suivait de même que Faulich. Nous étions déjà tout près de l'échelle quand des soldats se risquèrent à sortir des tentes, leurs yeux habitués à l'obscurité morflèrent, la lumière verte était intense. Nous rattrapâmes le reste de notre troupe qui était encore qu'à demi-affolée, les premiers s'occupaient tranquillement à monter sur le chemin de ronde pour atteindre l'échelle. Le Chef se retourna, la main en visière afin de protéger ses yeux et beugla « qu'est ce que vous avez foutu avec les pelles, c'est quoi cette lumière de merde ? »
Les pelles ? Je me retournai vers la zone que le Chef observait. Ouais les pelles nous avaient suivi. La sphère verte ne nous aveuglait plus elle avait pris de l'altitude et s'était stabilisée en hauteur, au dessus de notre position. Plus aucun éblouissement possible, les pelles était bien là en train d'osciller à un mètre du sol environ, elles se stabilisèrent et passèrent en position horizontale. Cela laissait deviner qu'elles allaient charger, au moment où elles se projetèrent vers nous j'ai eu le temps de maudire Faulich d'avoir pris autant de pelles. Les pelles virevoltaient, difficile à éviter, je me couchai violemment à terre. Elles se fracassèrent contre la muraille, accompagnée d'aucun cris humain, bon signe. Je me relevai en même temps que mes compagnons vers la direction où les pelles s'étaient éclatées. Les pelles encore capables de voler, si on admet qu'une pelle possède un état pour voler, se remirent à flotter, cette fois ci elles n'eurent pas le temps de passer à la phase d'accélération et de nous menacer le Chef accompagné de quelques uns foncèrent sur elles avant qu'elles se mettent en position. Les pelles furent mise en pièce. Le Chef se retourna et lança un violent regard noir, je n'ai pas su si il était destiné à Faulich et moi qu'il tenait probablement pour responsable d'avoir amené les pelles jusqu'ici, ou à tous les hommes qui ne l'avaient pas accompagné dans sa course périlleuse vers les pelles ensorcelées.
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On se précipita sur l'escalier, arrivé sur le chemin de ronde, il y avait bouchon, les premiers ne descendaient pas. Derrière des groupes ennemis s'organisaient sous les beuglements incompréhensibles de gradés et certains Garhs isolés nous ajustaient avec leurs arcs. Une alarme se mit à sonner d'un bruit grave et régulier qui couvrait tous le camp. Je sentais un malaise inexplicable parmi nos gars, qui les empêchaient de descendre. Les regards effrayés se dirigeaient vers la surface extérieure de la muraille, je regardai en bas. Merde. La muraille était recouverte de milliers de limaces, orange vif d'environ un pied de long. Toutes avaient l'air de vouloir en découdre, s'agitaient et lançaient des sifflement qui tous assemblés se transformaient en un gigantesque murmure morbide. Impossible de se décaler elles semblaient recouvrir toute la muraille. Je revoyais mon jugement il y en avait peut être des centaines de milliers.
Les première flèches partirent. Pour un tir de réglage un seul de nos gars fut touché les autres flèches passèrent un bon mètre au dessus de nos tête. Le soldat touché tomba et s'écrasa sur le sol. Je n'ai pas eu le temps de voir qui. « Mais descendez bordel, fermez les yeux si il faut » Gueula le Chef. Notre mission était de faire une infiltration discrète notre équipement ne comprenait ni bouclier ni arc. La deuxième série de flèches arrivait, à la distance où les tireurs s'étaient positionnés, il n'y eu pas de miracle la volée transperça notre groupe. Ce qui incita les épargnés à descendre malgré le potentiel inconvénient des limaces. D'autres avaient réussis à trouver des boucliers sur les cadavres des gardes et d'autres étaient parti s'abriter dans les tourelles qui jalonnaient la muraille. Sous les ordres du Général les gars qui avaient dégotté un bouclier se positionnèrent devant nous, on s'accroupit tous derrière cette faible protection. A travers l'enchevêtrement de boucliers j'ai pu apercevoir le responsable du vacarme qui tapait régulièrement avec une grande masse sur un énorme gong en métal.
Le rythme de descente s'était accéléré et sept soldats étaient maintenant sur l'échelle, les limaces s'étiraient de tout leur long pour toucher nos hommes au point que des centaines tombaient régulièrement en perdant de l'adhérence sur la muraille. Je devais être le suivant à descendre, recroquevillé sur moi même j'attendais mon tour. L'échelle craquait, les flèches claquaient contre les boucliers. Sur l'échelle les soldats s'agitaient, un qui s'était empêtré avec des limaces hurlait et s'agitait dangereusement j'essayais de tenir l'échelle, elle commençait à tanguer violemment. Les Garhs ne s'approchaient pas au corps a corps ils laissaient les archers faire le travail.
On étaient de moins en moins, les flèches faisaient des dégâts. L'échelle était toujours bloquée. Des hurlements de douleurs surgissaient plus régulièrement. Le Chef un des seuls qui se tenait debout, ignorant les flèches, agitait son épée et s'éreintait à rouer de coup les limaces qui peuplaient la muraille. Plus loin sur les cotés, nos soldats combattaient au corps à corps. Des Garhs avaient entrepris de débusquer nos gars parti se réfugier dans les tourelles. «Vas y» me lança une voix. Je regardai l'échelle j'avais la place pour m'engager, plusieurs de nos hommes étaient descendus, ils restaient au pied du mur et se débattaient contre les limaces qui leur tombaient dessus. L'échelle vacilla brusquement et manqua me déchirer le bras les craquements étaient de plus en plus sonores. Je cherchai du regard un volontaire pour descendre à ma place. « Du feu ! Apportez moi du feu, il faut brûler ces machins ! » aboya le Chef. L'échelle se sépara en deux, les gars qui étaient dessus tombèrent recouvert de limaces. Nous étions encerclés nos gars sur les cotés s'étaient fait submerger. Je me retournai brièvement nous n'étions plus beaucoup. Les limaces commençaient à venir sur nous. Finalement la muraille n'était pas si haute j'ai lâché le bout d'échelle devenu inutile et j'ai sauté.
J'ai eu le temps de regretter cette décision pendant toute la durée de la chute, mais la réception ne fut pas dramatique et empreinte de soulagement. J'ai eu le souffle coupé, les bords de mon armure légère m'ont entaillé la peau à plusieurs endroits, ma tête s'est écrasée sur le sol, juste après s'être prise les genoux dans la mâchoire. En reprenant mon souffle, j'ai aspiré de la poussière, des morceaux de terre. J'ai craché un peu de sang mêlé avec de la bave et de la morve. Je me redressai un peu vite j'avais la tête qui tournait et mal au cou, ma vision troublée aperçue des ombres qui grandissaient sur le sol, par réflexe je levai la tête, mon coup douloureux craqua cela me fit perdre l'équilibre et retomber le cul par terre.
L'origine des ombres était mes compagnons qui m'avaient suivi avec un temps de retard, ils n'avaient pas pris la peine de se décaler ils allaient me tomber dessus. Je roulai sur le coté les autres atterrirent lourdement sur le sol détrempé. Ma roulade fut stoppé par le corps de quelqu'un qui autrefois avait entreprit la curieuse idée de descendre le mur avec une échelle, il était mort. Aucune trace des limaces autour de lui, son cadavre gonflé était parsemé de fentes qui suggéraient que les bestioles avaient perforé la peau et étaient rentré dans le corps. Lorsque mon regard s'est aventuré sur son visage un réflexe répulsif accompagné d'un dénis irrationnel m'ont empêché de reconnaître un ancien camarade. Je redirigeai mon regard sur la muraille, la sphère verte m'éblouissait. Les limaces qui remontaient avant nos sauts, à présent s'organisaient dans une sorte de mouvement vers le bas. En haut dans une aura verdâtre les premiers soldats ennemis montraient leur tête, ils avaient l'air aussi horrifié que nous par les limaces cela nous laissait une chance je me relevai et pris la direction de la Forêt. Je ne pensais pas être autant pressé d'y retourner.
J'évitai les cadavres complétement déformés de mes anciens compagnons, un gars me dépassa sur la droite. Des flèches commençaient à pleuvoir. La forêt, très clairsemée aux alentours de la caserne, ne nous offrait pas encore de protection. Je vis la dernière victime des limaces au bout des restes de l'échelle, son corps était gonflé, une flèche s'y enfonça comme dans un sac de cuir bourré d'air. Le corps dégonfla, laissant une odeur horrible s'échapper. Le gaz libéré diffractait la lumière d'une manière inhabituelle. Je continuai de courir à bloc, sur un sol toujours plus irrégulier. Après une bonne distance n'en pouvant plus, je remarquai un arbre assez imposant et me jetai derrière, mes blessures provoquées par la chute s'étaient plus amplement ouvertes après l'effort de la course, je saignais abondamment. Ma main qui autrefois tenait désespérément l'échelle avait la peau lacérée. Un coup d'œil dans le ciel me signala que la sphère verte nous avait suivi. le Chef accompagné du Général me dépassèrent.
Après une trop courte pause affalé dans l'herbe trempée, des aboiements belliqueux se firent entendre. Je repartis donc péniblement sur les trace du Chef je n'avais pas la force de regarder ce qui se passait derrière moi, devant je ne pouvais qu'observer la course désarticulée du Chef, tous ses membres en mouvement qui tentait d'emmener le Général avec lui. Mes habits maintenant imbibés d'eau pesaient trop lourd. Je courrai en ligne, je me convainquis que rare serait les flèches qui parviendrait jusqu'à moi, je m'éloignai et les archers qui devaient éviter tous les feuillages et troncs abandonneraient peu à peu. Seul les aboiements me préoccupai maintenant. J'entendais les respirations et les courses d'au moins deux frère d'armes derrière moi.
La lumière verte disparut on tomba d'un seul coup dans l'obscurité et le calme, les étoiles nous permirent de progresser, dans la forêt qui s'épaississait. Doucement nos yeux se rappelaient qu'il faisait nuit. Temporairement hors de danger, le groupe parvint à se réunir. Nous étions peu. Au loin les clameurs des chiens diminuaient. Brusquement s'extirpant d'un coin d'ombre le sorcier prit la parole. « On va pas courir dans tous les sens on a aucune chance suivez moi je vais nous camoufler j'ai déjà détourné les chiens. » Il avait essayé de parler le plus rapidement possible avec une voix tremblotante, de plus en plus je me mettais à croire que le sorcier était un petit froussard. Peu être la raison de sa longévité. Pour justifier sa peur il fallait avouer qu'on était dans une vraie merde. On a suivi docilement le sorcier. Les respirations haletantes de tout le monde se calmaient. Le sorcier nous indiqua en tant que planque un escarpement provoqué par un éboulement de terre formé par les dernières pluies. On s'est tous calé contre cet amas de terre. C'était étrange de voir le sorcier prendre pour la première fois ses responsabilités en prenant des décisions devant le Chef et le Général. Pendant tous le voyage aller il avait été d'une discrétion absolue. J'ai vite remarqué le danger de notre position. Pour s'éloigner il fallait escalader la pente abrupte ou la contourner en faisant un long détour. Fichu forêt. « bon laissez moi faire. » lâcha le sorcier. Visiblement il gagnait de l'aplomb sous la pression. La respiration du groupe entassé rythmait l'attente. J'avais ma droite de libre, j'ignorais qui se trouvait à ma gauche mais il paraissait bien gaillard. J'avais aussi repéré que le second du chef s'en était tiré. C'était étonnant qu'il ne pleuve pas, la pluie aurait pu comme à son habitude dans cette région s'offrir la joie d'amocher le tableau mais elle devait faire un caprice ailleurs. Je ne distinguais pas notre sorcier mais j'espérais qu'il préparait quelque chose de son niveau. La stratégie qui consistait à ce qu'il ne se fasse pas remarquer était surement caduque maintenant. Des clameurs montaient depuis la lisière de la forêt des chiens avaient été rappelé. La silhouette du sorcier balança un objet indistinguable sur le sol juste devant nous.
A travers la végétation de multiples torches se déplaçaient vers l'avant à la manière d'une battue. « Personne ne peut nous voir » prévint le sorcier. En dépit de l'avertissement toutes les épées étaient déjà sortie. « Et leur sorcier c'est un dur ? » La question venait surement du Général. « Je suis en train de le traquer.
-Comment est-on censé repartir ?
-Des chevaux sont gardés près de Stroedel. » Cette fois ci le Chef avait répondu. Le Général ignorait le plan. « Merde repérés ! » Hurla le sorcier. Un éclair puis l'instant d'après des centaines de flèches enflammées partirent dans notre direction accompagné d'un vacarme de magie. Des soubresauts de magie éclairèrent la forêt par intermittence nous aveuglant à chaque fois. Je les remarquai avec beaucoup de retard, des chiens fonçaient vers nous et semblaient nous voir eux, contrairement aux archers qui avaient vraisemblablement visé une zone largement devant nous marquée par leur sorcier. La plupart des flèches s'écrasaient sur les arbres et s'empêtraient dans les feuillages sans nous atteindre. Aucune ne s'éteignaient, elles créaient un chemin de lumière entre les tireurs et nous qui permettait de voir tous les Garhs avancer dans notre direction arc en main.
« Putain on grimpe ! » Vociféra le Chef. Les chiens arrivaient en même temps qu'une deuxième rafale de flèches. Les bêtes étaient animés d'une férocité irrationnelle nous devions ressembler à de vulgaires lapins.
Sans que je comprenne d'où elle venait une structure s'est interposée entre nous et les chiens avant que ces derniers puissent nous atteindre. Une création du sorcier. L'ensemble était une créature, érigée de blocs de pierres d'environ la taille d'un crâne humain. Elle avait une petite taille mais suffisante pour dominer les chiens, chaque mouvement provoquait le frottement des différentes pierres et créait de petites étincelles. Les chiens furent tous étrangement attirés par la petite création du sorcier et sautèrent sauvagement dessus. La masse de muscle précipitée sur le petit assemblage, le fit voler en éclat et les pierres roulèrent au loin. Sans me demander une quelconque permission et sans avertissement, un type me piétina et s'aida de mon corps affalé sur l'escarpement pour grimper plus rapidement. L'esprit d'équipe. Je n'étais pas le seul à être resté assis le sorcier était selon toute vraisemblance aussi resté dans sa position. Un chien jaillit sur moi. Mon épée que je tenais fermement, plus par peur que détermination guerrière, l'embrocha d'un seul coup en éclatant son sternum. Il creva sa gueule béante à dix centimètres de mon visage et se vida de son sang chaud sur moi. J'écartai le chien me levai et récupérai mon épée de la carcasse. Ma main agonisait dispersant partout des lambeaux de peau et du sang.
A une vitesse où l'œil humain ne comprend pas grand chose, toutes les pierres qui avaient composé l'éphémère créature de notre sorcier ont fusé à travers la forêt et se sont réunies pour à nouveau former le golem. Chacune avait pris la trajectoire la plus courte, depuis l'endroit où elles avaient roulé après leur séparation, jusqu'à à leur place originelle. Sur leur passage tous les obstacles présents furent éclatés, têtes, écorces, pattes, troncs. Aucun chien n'avait survécu. Un arbre tomba dans notre direction, sa chute fut arrêtée par le sommet de l'escarpement. La créature ressuscitée rougeoyait et émanait une chaleur impressionnante, ses jointures vomissant les résidus fraichement arrachées. La créature s'était reformée comme si la nature même de ses pierres était d'être ensemble et que leur séparation provoquait un dysfonctionnement trop fort pour qu'un obstacle physique puisse les empêcher de se réunir. Alors que mes camarades s'acharnaient à grimper parmi les ronces, sur des appuis inexistants et des prises qui s'arrachaient, je suivis le sorcier et me dirigea vers la base de l'arbre tombé et commença à grimper vers le sommet de l'obstacle. Le sorcier se retourna et me lâcha un petit sourire gêné.
merci ![]()