Bonjour à tous, j'ai décidé de mettre en ligne ma création littéraire
! En espérant recevori quelques commentaires visant à m'améliorer.
Merci d'avance.
1999 Paris, France, 28 décembre. Depuis quelques temps certains fanatiques se plaisent à imaginer et à craindre ce qui sera considéré comme le bug de l'an 2000. Cette théorie farfelue qui explique que les appareils électroniques de toute sorte ne supporteront pas le changement de millénaire. A l'heure ou Internet s'affirme et ou les ordinateurs se multiplient à l'intérieur des foyers mêmes les plus modestes pour le plaisir des plus jeunes qui voient sous leurs yeux émerveillés des dizaines de jeux vidéos s'installer dans les machines.
En ce 27 décembre, Richie se lève de mauvaise humeur dans la capitale française, la fine couche de neige qui recouvre les pavés n'est guère à son goût, la neige, il n'aime pas ça, et sa place n'est pas en ville mais dans les montagnes comme il ne cesse de le répéter à son patron qui se plaint de ses retards quotidiens. Richie émerge donc de son lit, une pièce sobrement décoré, un petit bureau et une penderie en état lamentable héritée d'une tante dont le nom lui échappe totalement à l'heure actuelle. Vêtu en tout et pour tout d'un caleçon noir et d'une paire de chaussette, il a tout de l'homme négligé malgré ses atouts, mince et grand, la peau blanche faisant ressortir ses yeux d'un vert clair, brun, les cheveux coupés court, il avait ravagé quelques cœurs à l'époque de la fac, une époque qui semblait si loin maintenant. Richie attrapa une cigarette qu'il alluma à l'aide d'un vieux briquet écaillé et mordu de toute part tout en prenant la direction de sa cuisine ou une pile de vaisselle s'accumulait dans l'évier. Une cuisine minuscule ou s'encastrait tant bien que mal une table à la toile cirée tâchée de restes de repas préparés à l'aide de plats cuisinés. La cigarette à la bouche Richie se dirigea vers le coin salon ou les canettes de bières côtoyaient de monstrueuses piles de journaux qui devaient dater pour certains de plusieurs mois. Il déposa la fin de sa cigarette dans le cendrier ou s'accumulait nombre de ses consœurs avant de se laisser tomber sur le canapé, défoncé ou le cuir se déchirait et couinait à chaque mouvement de son porteur. Richie se passa la main sur le visage, jetant un coup d'œil sur l'horloge qui pendait au mur comme un homme au bout d'une corde. Rien ne bougeait au sein de l'appartement délabré ou les posters d'héros vidéo ludiques fréquentaient les lézardes des murs. 7h43, même pas le temps de prendre une douche pensa Richie, il enfila rapidement un sweat trainant sur le sol et se dirigea de nouveau vers sa chambre pour choisir un pantalon dans la penderie. 7h47, Richie claqua la porte, mettant un coup de clé rapide à la serrure, avant de descendre les escaliers qui grincaient à chaque changement de marche. La concierge leva les yeux rapidement vers lui au moment ou il franchit la porte d'entrée sans un mot, ni même un regard.
Richie est journaliste-écrivain, sans conteste un très bon journaliste mais qui a sombré aux appels de la vie nocturne parisienne. Depuis trois ans, il se contente d'une vie simple en allant au travail tout les matins, le plus souvent en retard et en écrivant des sujets importants sur la capitale qui regorge d'histoires étranges chaque jour un peu plus. Depuis plusieurs semaines maintenant, il se consacre à l'étude du bug de l'an 2000, une théorie à laquelle il ne croit pas le moins du monde et qui l'énerve au plus haut point. Cet athée confirmé répugnant plus que tout l'absence de faits dans une histoire ou une croyance quelconque l'a poussé à embrasser la carrière journalistique et à se lancer dans le démontage des phénomènes paranormaux à travers le monde. Actuellement, aucuns de ces "mystères" n'a résisté à sa capacité d'analyse hors-norme, aucun détail ne lui échappe et aucune affaire ne se termine sans son accord, une obsession qui lui aura couté une vie familiale pourtant promise au succès. Son appartement, pourtant placé dans un quartier riche de la ville a lui aussi souffert de cette maladie qui le pousse à tout prouver. Une fois plongé dans une affaire, rien ne semble plus compter jusqu'à la résolution de celle-ci et le commencement d'une autre.
Sur le chemin, ses empreintes s'inscrivaient dans la neige boueuse comme une signature éphémère que le temps se charge d'effacer, un peu comme la vie de l'homme se plait à penser Richie. La ville était calme en cette froide matinée de décembre et de vacances scolaires et le bus relativement vide (pour une fois). Richie attrapa un journal qui trainait négligemment sur un siège vide, s'attardant sur le nom, "La Capitale" et sur sa Une, une photo de la Tour Eiffel s'effondrant avec en titre "Le Bug de l'An 2000 J-5". Une sensation de tristesse l'envahit, de nos jours tout le monde peut écrire un article dans une feuille de chou illisible et avoir l'audace de se faire appeler journaliste. Une atteinte à son métier et à sa dignité. Ses yeux parcoururent rapidement l'intérieur du journal qui semblait être au niveau de la Une et approcher un néant quasiment absolu. Les mots s'alignaient, formaient des phrases qui ne signifiaient rien, Richie roula en boule le journal, un sourire aux lèvres avant de laisser aller ses pensées, la tête collée contre la vitre du bus ou les immeubles défilaient, ou les enseignes des magasins s'enchainaient dans un florilège de couleur. Finalement, son trajet s'acheva et il se retrouva devant la tour qui lui servait de deuxième foyer comme il se plaisait à l'imaginer et à le raconter à
(ses amis)
ses collègues de bureau. Après la froideur de la rue, la chaleur du Hall est une bénédiction pour ses mains rougis par le vent. A son entrée, l'hôtesse d'accueil lève les yeux de son clavier d'ordinateur et lui sourit.
Alors, j'ai lu. J'avoue que pour l'intant, je réserve mon avis pour l'histoire, essentiellement à cause du thème qui me parait un peu usé. J'ai un peu de mal à voir de quelle manière, on peut en faire une histoire originale. Mais il ne tient qu'à toi de me prouver le contraire et je vais donc attendre la suite pour pour me prononcer.
Côté déroulement de l'histoire, je te donne les plus et les moins :
Les plus :
- Tu prends le temps de poser l'histoire et ça, c'est un très bon point, à mon sens.
- Dans la même lignée, tu donnes pas mal de détails un peu sur tout, tu prends le temps de faire des descriptions, d'ajouter de courtes anecdoctes. Ca aussi, c'est pas mal, c'est ce qui permet de poser une ambiance, de donner du caractère à ton histoire.
- Bon point pour la forme. Assez peu de fautes, une certaine fluidité pour enchainer.
Les moins :
- Comme je disais, tu fais des descriptions. C'est bien mais il faut qu'elles s'intègrent à ton texte, qu'elles servent l'histoire. Là, tu fais l'inverse. tu mets l'action au service de la description. Exemple, tu fais se balader ton personnage pour pouvoir décrire son appartement. Il en ressort que le texte est un peu plat.
- Attention à la concordance des temps. Tu passe du présent au passé et vice-versa.
- L'enchainement des actions. Tu as tendance à décrire les actions, pas à pas. N'hésite pas à faire des ellipses parfois pour alléger un peu.
That's all ! Keep on trying !
Merci pour la réponse !
En effet, je prends le temps de poser mon histoire (ce qui risque de prendre pas mal de temps).
Pour moi, les descrpitions sont un passage obligatoires et j'aime donner foison de détails.
Pour le moment, l'histoire avance petit à petit et j'avoue n'avoir qu'une vague idée de la suite à donner.
Le style de l'histoire sera apocalyptique evidemment mais je ne sais pas encore comment faire prendre la sauce sans tomber dans des ficelles maintes fois utilisées.
J'avais pensé à des zombies ou des possédés mais le principe me parait vu et revu pour créer une ambiance originale.
Je te remercie encore pour ton commentaire et ton analyse !
Contrairement à sanphi (mais c'est sans doute parce que je n'ai pas sa grande expérience de la vie
) j'adore le sujet du texte, je trouve ça très intéressant et suivrai ton histoire, ne serait-ce rien que pour ça !
Pour ce qui est du style, pas grand chose à dire, si ce n'est pour rejoindre sanphi. Abrège les descriptions, c'est bien d'installer un cadre et toussa, mais n'en fais tout de même pas trop. Et si c'est instinctif, et bah... réfrène-toi
(Just kidding of course
)
J'ajouterais aussi que, outre quelques virgules qui ne seraient pas de trop pour alléger la sauce, tes phrases sont généralement un peu longues, ce qui alourdit l'ensemble. Force-toi à faire quelques coupures, tu verras ça ne peux être que bénéfique pour la qualité de ton texte.
Pour l'intrigue rien de particulier à dire, je rejoins également sanphi (décidément...) sur le point des ellipses.
Continue, moi j'attends la suite de pied ferme !
Bon courage ! ![]()
La suite de main ![]()
Bonjour
concernant le fond, le sujet peut être intéressant, mais j'attends la chute pour juger de sa pertinence.
pour ce qui est de la forme, il y a effectivement peu de fautes, mais tu abuses de phrases longues et la construction de certaines est maladroite.
ça peut être un style de faire des phrases longues (je l'ai moi-même fait dans un de mes texticules desprogiens), mais il faut que ça soit justifié et que ta phrase soit construite de telle manière qu'elle ne puisse être écrite sous une autre forme (c'est à dire qu'elle ne puisse être décomposée en phrases plus courtes simplement en remplaçant une virgule par un point). Ou alors tu peux justifier la juxtaposition des phrases par des mots d'enchaînement ou la ponctuation.
exemple (un peu à l'arrache mais c'est pour donner l'esprit):
En ce 27 décembre, Richie se lève de mauvaise humeur dans la capitale française. La fine couche de neige qui recouvre les pavés n'est guère à son goût: la neige, il n'aime pas ça, et sa place n'est pas en ville mais dans les montagnes comme il ne cesse de le répéter à son patron qui se plaint de ses retards quotidiens.
autres points :
"ses yeux d'un vert clair, brun, les cheveux coupés court"
la proximité de vert et brun est maladroite (à la 1ère lecture rapide, on dirait que brun se rapporte aux yeux)
on peut préférer :
"ses yeux d'un vert clair, les cheveux bruns coupés court"
"Une cuisine minuscule ou s'encastrait tant bien que mal une table à la toile cirée tâchée de restes de repas préparés à l'aide de plats cuisinés"
attention, une phrase doit toujours comporter une phrase principale, on ne peut pas faire une phrase avec seulement une subordonnée
"le canapé, défoncé ou le cuir se déchirait et couinait à chaque mouvement de son porteur"
plutôt :
le canapé défoncé DONT le cuir se déchirait et couinait à chaque mouvement de son OCCUPANT"
et qu'est-ce qui couine ? le cuir ou le canapé ? ce n'est pas très clair
au final, je verrais plutôt :
"avant de se laisser tomber sur son canapé défoncé au cuir déchiré qui couinait à chacun de ses mouvements"
ou
"avant de se laisser tomber sur son canapé défoncé qui couinait à chacun de ses mouvements et dont le cuir ne finissait plus de se déchirer"
"Cet athée confirmé répugnant plus que tout l'absence de faits dans une histoire ou une croyance quelconque l'a poussé à embrasser la carrière journalistique et à se lancer dans le démontage des phénomènes paranormaux à travers le monde"
là, la phrase est particulièrement foireuse, tant dans le fond que dans la forme.
déjà, il n'y a pas de phrase principale, et quel est le sujet de "l'a poussé" ? (j'ai bien compris que c'est l'absence de faits, mais tu ne peux pas l'écrire comme ça)
et on ne peut pas répugner quelque chose (on peut répugner à faire qqch ou qqch peut nous répugner)
de plus, le principal problème des phénomènes paranormaux n'est pas tant l'absence de faits que leur interprétation et leur explication.
et puis (mais ça n'engage que moi), je mettrais plutôt "athée pratiquant", pour bien montrer que sa vocation de sceptique professionnel est une vraie profession de foi.
pour résumer : justifie la construction de tes phrases longues par la ponctuation ( : ) ou les conjonctions, pas de subordonnée seule et attention à certains choix de vocabulaire
Merci pour les avis constructifs ! Ceci m'aide énormément et fait plaisir. Je retravaille la seconde partie pour améliorer tout cela !
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Tu lis la signature d'Elex38, tu veux un bonbon ![]()
Je comprends pas comment vous faites pour ne pas me ressembler ....
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- Bonjour Mr Hanzier. Comment allez-vous ce matin ?
- J'irais mieux si cette foutue neige disparaissait et vous ?
- Très bien, Mr Hanzier, très bien, je vous remercie.
Richie grimpa dans l'ascenseur ou quelques autres collègues s'étaient déjà massés, les conversations allaient bon train, le réveillon de noël, la préparation du jour de l'an, le mercato du Paris-Saint Germain, autant de sujets qui ne manqueraient pas d'alimenter les bouches encore quelques jours. Richie écoutait d'un air distrait, les fêtes de fin d'année ne lui plaisaient guère et il n'était pas passionné de football même si il avait déjà été au Parc des Princes à quelques occasions.
Le tintement et la voix enregistrée de l'ascenseur retentit dans la cabine, annonçant le cinquième étage, et Richie en sortit avant de prendre la direction de son bureau, un open-space venu de l'autre coté de l'Atlantique quand le PDG du journal avait visité un homologue américain et s'était enthousiasmé pour cette nouvelle forme d'organisation.
- A l'heure Mr Hanzier ? Voilà qui devrait être marqué d'une pierre blanche dans l'histoire de notre société.
- Oui, sans doute, répondit Richie froidement, lui qui n'avait jamais porté le plus grand respect pour le chef de son département, mais j'imagine que vous n'attendiez pas à mon bureau pour contrôler mon arrivée ?
- Non, non, évidemment pas ! Voilà, si je suis là c'est avant tout pour vous parler de votre article qui doit paraître demain en Une sur la théorie du bug de l'an 2000.
- Sur l'imbécillité de croire en cette théorie vous voulez dire ?
- Et bien….beaucoup des autres journaux s'appuient sur cette théorie, s'en moquent, la défendent… mais pas vous, vous vous la démontez impitoyablement. Je suis dans l'ensemble d'accord avec vous et votre passé joue en votre faveur sur cette affaire, mais j'aimerais que vous remaniez vos propos. Traiter ceux qui croient en cette théorie, "d'imbéciles crédules" et je vous cite, ne risque pas d'arranger les ventes d'ici à la fin de l'année et voyez-vous, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des lecteurs en masse. Le patron marqua en temps d'arrêt avant de reprendre. Après tout chacun est libre de croire en ce qu'il veut et certains croient en des êtres supérieurs, aux extraterrestres ou aux fantômes.
- Ce qui pour moi est la même chose et ceux qui se réfugient dans la croyance de la religion ne sont rien d'autres que des "imbéciles crédules". J'aimerais écrire un sujet là-dessus à l'occasion mais je ne pense pas en avoir la possibilité.
- Vous avez parfaitement raison, s'attaquer à la croyance des gens est un exercice difficile que votre esprit semble apprécier mais qu'il ne maitrise pas. Prenez donc cette requête pour un ordre, et modifiez votre article, je vous ai toujours laissé le champ libre jusqu'à aujourd'hui mais ne tirez pas sur la corde trop longtemps.
Le patron se leva, rajusta ses lunettes cerclées d'or sur son énorme nez et enfila les mains dans les poches de son costumes gris à plusieurs milliers de francs avant de prendre la direction de son bureau situé au 8ème étage de l'immeuble. Richie s'assit, légèrement tremblant, il avait dénoncé et condamné la censure à une époque pas si lointaine faites à un journaliste qu'il estimait beaucoup et voilà qu'à son tour on le privait du droit élémentaire et essentielle d'expression. Il resta quelques minutes le regard fixé sur les pages imprimées de son article, un dossier plutôt, qui ridiculisait toutes les croyances émises par ces imbéciles. Il fut ramené à la réalité par une voix familière et insistante.
- Richie….Richie…. Eh, oh, Richie tu m'entends ?
- Hein ! s'exclama-t-il comme réveillé en sursaut d'un mauvais rêve, la transpiration en moins.
- T'es à l'ouest complet mec, ça doit faire au moins deux minutes que ton téléphone sonne.
- Pardon Pierre, je réfléchissais …
-Ouais, l'interrompit son collègue, tu es en train de réfléchir à comment contourner l'interdiction du patron. Tu devrais laisser tomber, c'est qu'un article sur un truc qui n'arrivera pas. Voila, tu as raison alors pas besoin de ridiculiser la majorité des personnes de ce pays qui cherche à s'effrayer et à faire palpiter leurs petites vies d'ouvriers.
- "Ni Dieu, ni Maître", c'est ma philosophie, alors fous moi la paix. J'écrirais cet article comme je le veux et le publierais tel que je l'ai voulu.
Pierre n'insista pas et replongea derrière l'auvent qui le séparait du bureau de Richie, non sans murmurer quelques commentaires désagréables à l'égard de son voisin. Après les quelques minutes de calme de ce début de matinée, l'agitation semblait se mettre en marche, les téléphones sonnaient à tue-tête, les secrétaires courraient d'un bout à l'autre, des dossiers ou des cafés dans les mains, se croisant sans cesse comme dans un ballet harmonieux. Richie alluma son ordinateur, et se plongea dans son article, plus rien ne comptait à partir de cet instant là et il se mit à taper à la suite, sans retoucher le premier jet, non sans se sentir puissant. La matinée s'écoula rapidement et il se dirigea docilement à la cafétéria en compagnie des autres, sans parler plus que nécessaire, tisser des liens sociaux avec ses collègues de bureau lui importait peu.
Il débarqua dans le self et se dirigea vers un plateau. L'heure du repas était primordial pour bon nombre d'employés et le brouhaha qui régnait dans la pièce était important, il traduisait l'état des relations entre les individus. Richie se présenta à la cantinière et choisit un plat hautement gastronomique, saucisse-purée avant de s'installer à une table à l'écart, sachant que sa solitude ne serait pas longue. Les tables étaient disposées en longueur par rangées, il y faisait frais et quelques autres se trouvaient en terrasse, lieu réservé aux fumeurs que Richie ne tarderait pas à rejoindre. Une odeur de nourriture assez forte s'échappait des cuisines et rendait la proximité assez difficile à supporter, c'est que qui poussait Richie à s'en éloigner le plus possible. Il avala rapidement ce qui lui avait été servi avant d'attraper ses cigarettes, des Marlboro et de sortir sous le soleil d'hiver, il aurait tout autant pu fumer à l'intérieur, mais cela lui aurait valu les foudres de la direction qui semblait tenir au respect des non-fumeurs qui craignaient tous comme la peste le tabagisme passif. Il se fit interpeller par un de ses collègues du cinquième étage qui buvait un thé (ce que Richie ne supportait pas), répondant au nom de Mickaël ou Jérémy, il ne s'en souvenait plus et s'en moquait éperdument et qui s'approchait rapidement.
"- Salut Richie, tu vas bien ?"
"- Oui, ça va, répondit Richie, espérant lui faire comprendre que sa présence n'était pas souhaitée."
"- Tu sais que demain je fais ma première Une ? C'était pas prévu, mais bon dans ce métier il faut savoir se transcender par moments."
Richie recracha la fumée de travers et se mit à tousser fortement, son visage s'était décomposé en quelques secondes passant d'un agacement certain à une colère intense. Son visage s'était empourpré, virant au rouge et ses yeux semblaient vouloir jaillir de leurs orbites.
"- Tu fais la Une , explosa Richie ? Toi ? Tu vas faire la Une de demain ? MA Une ? C'est ça que tu es en train de me dire ?"
Le visage de son interlocuteur venait à son tour de changer du tout au tout, prenant un teint verdâtre comme si il venait tout juste de réaliser l'erreur qu'il avait commis.
"- Non, mais je n'y suis pour rien ! Il faut que tu voies ça avec Hudson, c'est lui qui m'en a parlé…"
"- T'inquiètes pas… j'vais lui en parler, tout de suite même."
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