Dring. Première humiliation de la journée. Mes yeux s'apprêtent à entrer en soumission. Je collabore et d'un mouvement de main une bombe de lumière chasse sur ma rétine. Lentement, je rejoins le manège qui déjà fait débiter son tournis. Ma cécité croît à mesure qu'on l'expulse du sommeil. Je mange un dernier morceau de rêve et je me lève. Le miroir a raison, ma prison se rapproche. Elle tient ma gamelle au sein de ses poumons. Tourner, tourner, tourner, ensuite il faut vomir. Les volets montent et dévoile le caillou, fondu, lissé, éructant ses charrettes à bruit. C'est la grande ville moderne, c'est la théorie des hommes. Ce matin une lourde défaite, un grand succès dans cette discipline. Je me cache à l'abri des regards et je me demande encore pourquoi les nuages s'efforcent à pleurer. Ici il n'y a plus rien de stérile. C'est une forêt de pierre, un puzzle manqué qui eut reçu une bonne note comme une boutade mal formulée dont tout le monde rit, machinalement, forcés à muter en pantins se déversant en tout sens. Fières et sportives, les fourmis enchainées. Colorié en gris, on doit s'entrainer à limer, c'est tout ce qui reste.
La porte me prend, l'ascenseur me prend, le train me prend. Quand je finis, je rentre chez moi , je prends le train, je prends l'ascenseur, je prends la porte et je m'en vais tomber jusqu'à la beauté du sommeil.
Le soleil brille et j'attends le jour. Où est passé le ciel ? Je l'entraperçois dans les gribouillis, déguisé sur les rivages, croqué en feuille charmante, il danse et il danse et fait se remuer mon cœur. Je veux le rejoindre pour le serrer très fort.