Bon allez soyons fous, je poste mon premier texte sur ce forum !
En fait c'est ce que j'avais écrit pour le bac blanc de français, donc quelque chose de court écrit en très peu de temps (2h), je ne l'ai pas retouché depuis.
Le sujet était : "Vous ferez ressortir la beauté cachée d'une réalité apparemment ordinaire, banale, sans relief ni attrait, ingrate même, réalité qui vous a marqué pas ce qu'elle révélait tout à coup à votre regard. Vous évoquerez les circonstances de cette "rencontre" ; vous métamorphoserez par différents procédés d'écriture la banalité, l'insignifiance, la laideur éventuellement de cette réalité, tout en exprimant les sentiments que cette réalité, perçue avec une certaine qualité de regard et d'attention, a levés en vous. Votre texte - s'engageant dans une écriture poétique - devra faire sentir cette transfiguration du réel en restituant le côté précieux et singulier de ce souvenir."
Paye ton sujet à rallonge
Bref, voici ce que j'ai écrit :
Noir.
Comme chacune de ses aubes. Au réveil, les yeux ouverts mais inutiles, tels deux fenêtres donnant sur un mur.
Noir.
Chaque jour, les même tâtonnements, les même obstacles, insurmontables. Et pourtant, chaque jour, franchis. Trouver des vêtements, fins entre ses doigts, et noirs, comme tout le reste. Chaque jour, pousser la porte, lourde, gravir les escaliers, abrupts, pour sortir de sa cave.
Sa cave, oui. Mais il ne s'en soucie guère : tout est noir, pour lui. Alors il se résigne, accepte tout. Chaque jour, le capharnaüm horrible de la rue qui l'assaille, le presse, l'oppresse. Chaque jour, il se mêle à la foule, comme on entre dans un torrent. Il en a peur, de ce torrent, noir, comme tout le reste. Mais il faut marcher, mendier. Alors il se résigne, accepte tout. Dans ce torrent, il est malmené, emporté, parfois, noyé, souvent, meurtri, toujours.
Telle est sa réalité, son quotidien.
Noir.
Aujourd'hui, le bruit est plus fort que d'habitude : les marchands crient et les enfants pleurent, le torrent gronde. Alors, aujourd'hui, il ne veut plus se résigner, tout accepter. Aujourd'hui, il prend la petite rue, sur la gauche. Il sait qu'elle est là, le bruit imperceptible de la brise s'engouffrant dans la ruelle le guide. Il s'avance, marche prudemment. Trébuche. Le nid-de-poule est invisible pour lui, noir, comme tout le reste. Mais aujourd'hui, il est à bout, alors, aujourd'hui, il ne veut plus se résigner, tout accepter. Il crie, sa douleur et la monotonie de sa vie.
Noire.
"Vingt-Dieux, pourquoi qu'y crie comme ça, le borgne ? Il veut qu'on l'égorge, peut-être ? Allez, file don' ta bourse et on te laisse partir..."
Noire.
Comme la peur, qui fait battre son cœur, fort, contre sa poitrine, comme l'angoisse, qui le prive d'air, soudainement. Comme la bête, enfin, tapie dans la voix du malfrat. Qui sautera sur lui s'il ne fait rien, s'il n'obéit pas. Mais aujourd'hui, il ne s'en soucie guère. Aujourd'hui, il ne veut plus se résigner, tout accepter. Alors il reste là, planté, immobile.
Il écoute. Il écoute le gravier qui crisse sous les pas de l'homme, qui s'approche en ricanant. Il écoute la course, derrière lui, légère comme une plume. Il écoute l'élan, et le bond. Et la pied qui siffle dans l'air, pesant, et le coude qui frôle sa main, tremblante. Et la craquement de la mâchoire de l'homme, le bruit sourd d'un corps qui s'affaisse. Les hurlements des comparses qui fuient, lourdement.
Il écoute enfin, comme il encore jamais écouté, la respiration de son sauveur, régulière, et le bruit du tissu quand il s'approche, lentement.
Et il sent, maintenant, le souffle de l'étranger sur sa peau, proche, de plus en plus.
Et les lèvres, proches, de plus en plus.
Et le frôlement. Suffisant, dans sa simplicité.
Et la révélation.
Et aujourd'hui, j'aime. Je l'aime, lui, comme un frère. J'aime la pierre, Grise, des maisons. J'aime le sang, Rouge, sur le pavé, aussi. J'aime le monde et j'aime ma vie et j'aime cet instant, irréel. J'aime ce tambour dans ma poitrine. Et aussi, surtout, j'aime ses yeux, Dorés. Qui brûlent tels deux Soleils. Et j'aime leur brûlure en moi.
Et aujourd'hui, je vis.
L'étranger se recule, doucement. Le temps d'un soupir, il n'est plus là.
Et Noire.
Comme sa vie, à nouveau. Mais pas tout à fait. Aujourd'hui, en lui brûle l'espoir. Neuf. Doré.
Aujourd'hui, sa réalité s'est parée, l'espace d'un instant, d'une délicieuse palette de couleurs.
Et il repart, vers la grand-rue. Il trébuche, encore, mais il ne s'en soucie guère. Car aujourd'hui, il aime aussi les obstacles, partout devant lui.
Car aujourd'hui, il sait.
Il ne se résignera plus. Jamais.
Et il s'acceptera. Toujours.
Très beau ![]()
Lyrique à souhait et franchement... J'adore.
Il a y des fautes mais en même temps c'est un OS ![]()
Je te le dis tout de suite
J'ai lâché le sujet à la deuxième ligne pour me concentrer sur le texte.
Une vie monotone qui change tout d'un coup, c'est une bonne idée (du moins si c'est bien ça le message
)
Donc pour un os c'est d'une excellente qualité et la narration est superbe.
Que d'éloge que d'éloge ![]()
Qu'as tu fait, ratchet !?
[Hic] a déja les chevilles qui lui défonce les chaussettes, comme il nous l'a dévoila dans le topic "Apparitions" et toi tu aggrave sa situation ? Le pauvre !
Plus sérieusement, je ne sais pas vraiment quoi dire. Je ne sais pas commenter des textes comme ça. Disons juste que j'aime, ce texte coule tout seul et est vraiment agréable à lire. J'arrête avec les éloges, na !
Oui ben je vais pas dire que j'aime pas alors que si ![]()
(Par contre si on pouvait éviter "ratchet"... Je suis fan mais ce pseudo remonte à plus de 2 ans
Par contre j'aime bien "Ray" mon diminutif
)
T'inquiètes pas pour elles Say, mes chevilles ont eu le temps de dégonfler depuis la dernière fois, vous pouvez donc sans crainte en remettre une couche !
Et concernant ta tenue de cuir et ton fouet : Miam !
Plus sérieusement, merci pour vos compliments, ça fait plaisir ![]()
Aïe caramba, c'est pas sur ce topic que j'ai parlé du fouet !
Ray ne va pas piger, que va il penser de moi ?
Ahah, t'y réfléchiras à deux fois avant de dévoiler ta panoplie secrète maintenant ! ![]()
Je sais pas ![]()
Que dois-je penser de toi... Selon toi ? ![]()
Selon moi...eh bien, tu vois un vieux porc vicelard ? Eh ben c'est pas ça.
Même pas ![]()
Mais l'image reste marrante x)
Hum... J'te devais bien de lire en fait.
Mais j'ai du mal à accrocher vraiment...
Pour moi, tout est trop haché, tout est trop redondant, et le texte manque d'une touche d'envolée lyrique.
Le sujet en lui-même, est intéressant, mais il le serait encore plus si tu traitais vraiment le désespoir et que tu amenais petit à petit à cette résignation, plutôt que de nous l'offrir sur un plateau d'argent... Il faut que tu nous laisses nous délecter des senteurs, nous imprégner de l'image de ton plat, nous fasses saliver avant même d'avoir pu planter notre fourchette dans l'assiette. Or, ici, on mange sans même mâcher, on avale sans même déguster...
C'est trop court, pas assez étendu.
Et surtout, il y a certains passage vraiment trop hachés... Si tu voulais donner une rythme saccadé, il vaudrait, je pense, mieux le faire à l'aide de phrases courtes, plutôt que d'encadrer chacun de tes termes d'une virgule, comme dans certains passages.
Et le début, je le trouve assez maladroit pour quiconque ne sait pas de qui tu parles, je pense qu'en retouchant un peu le tout tu pourrais rendre ça plus clair, car à la première lecture je n'avais pas compris ce que tu voulais dire...
Bref, je pense pas que mon commentaire te découragera, au contraire même ![]()
L'idée du one-shot est bonne, mais je pense que doubler la longueur du texte afin du lui tisser une âme n'est pas de trop...
Mais bon, pour un texte à sujet (horrible) prédéterminé, c'est quand même bien ![]()
Salut Hic et bienvenue par la même occasion !
Alors voyons ce texte. J'ai un avis mitigé. Il y a un parti pris intéressant de hacher le texte par des virgules pour accentuer le rythme monotone de la réalité du personnage. De même pour la construction des paragraphes en mode refrain lancinant avec les répétitions maîtrisées et qui se ferment souvent sur la couleur noire. J'avais cru deviner au début qu'il était aveugle et le coup du borgne m'a surprise un peu. Ceci dit, c'est pas plus mal pour porter un œil neuf sur sa réalité ! Pas mal aussi le choix de la couleur dorée pour l'éveil, avec sa connotation d'étoiles qui brillent dans la nuit, à l'instar de sa vie plongée dans le noir qui soudain prend une autre dimension. J'ai particulièrement apprécié le passage avec la peur qui le réveille etc., qui monte crescendo dans un élan qui frôle la poésie et s'écroule ensuite comme un château de carte. Très bien rendu.
Ceci dit, la passage à la première personne surprend. Le rythme choisi au début, pratiquement une virgule après chaque mot est un peu déconcertant parce qu'on a du mal à s'y retrouver. Le texte en devient un peu linéaire et ça rejaillit sur la clarté de l'histoire. En construisant une alternance de phrases courtes et nominales à l'intérieur d'un paragraphe, (c'est qu'un exemple, je n'y ai pas vraiment réfléchi), je pense que tu aurais pu imprimer davantage un effet de mélopée poétique. Tiens, si ça t'intéresse, va jeter un coup d'œil sur le texte de Fatuite qui se rapproche un peu de ce tu as fait dans sa construction. Il est pas mal du tout d'ailleurs :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-58-175175-1-0-1-0-one-shot-j-ai-rendez-vous-ce-soir.htm
Le texte n'en reste pas moins intéressant à lire, surtout sachant que tu l'as fait en 2h et quelque chose me dit que tu pourrais nous écrire des trucs très sympas. J'attends donc de voir ça !
Au fait, je suis curieuse. combien tu as eu ?
Merci pour vos commentaires !
Ys : merci pour tes critiques, bien sûr que ça ne me décourage pas ! Après l'exercice sur la forme ici est peut-être un peu poussé à l'extrême, donc on aime ou on aime pas... Concernant le rythme du texte, j'ai vu que sanphi et toi aviez du mal avec les virgules encadrant chaque mot, essayez de lire ce passage à voix haute, ça vous donnera pê un aperçu de ce que j'essayais de faire, et que je n'ai certainement pas très bien rendu
Après pour ce qui est de retoucher le texte, je pensais plutôt le laisser tel quel, sachant que l'idée ne venait pas de moi mais m'avait été imposée, du coup la motivation n'est plus vraiment là... Je veux dire, je suis content de ce que j'ai fait, mais je préfère me concentrer sur mes autres projets en cours qui, eux, me motivent beaucoup plus
sanphi : pour le passage à la première personne, il y a une explication toute simple. Je me suis aperçu en relisant le sujet après avoir écrit la moitié du texte qu'il était stipulé que le texte devait rendre compte de NOS émotions. D'où le passage subit à la 1ere personne, qui, je l'avoue, ne s'insère pas très bien dans l'ensemble.
J'aimerais bien savoir ce qui te fait penser qu'il est borgne parce que, pour tout te dire, le personnage tel que je l'avais imaginé est aveugle, au départ
Pour la note j'ai eu 16, d'après le correcteur j'aurais pu avoir bien plus mais d'après lui je n'avais pas totalement respecté le sujet...
J'ai oublié : sanphi, si ce que j'écris t'intéresse, il y a un lien dans le 'pic de pub ![]()
Ah, d'accord, voilà pourquoi j'étais tant surprise ! C'est vrai que tous les détails donnés au début laissent à penser qu'il est aveugle. Puis le fait qu'on le traite de borgne et les yeux dorés qu'il entr'aperçoit m'ont fait douter. J'ai bien imaginé que la couleur dorée avait une valeur d'image en soi ; la tranfiguration de sa réalité en quelque sorte mais pas le reste... Donc tout ceci n'existe que dans sa tête, le gars qui l'interpelle, etc. ? hum, tu aimes brouiller les cartes, toi !
Sinon, très bonne note parce que le sujet était loin d'être facile à traiter ![]()
J'ai plutôt aimé, c'est très fluides et il y a quelques images que j'aime bien. On sent que tu as beaucoup réfléchi sur comment construire ton texte, ce que tu as très bien fait. Le seul hic (désolé, il me fallait de la faire), c'est que, comme dit plus haut, on reste un peu sur sa faim. Pour reprendre la métaphore de la bouffe de Ys_, on dirait que ton texte c'est l'entrée, et on attend le plat principal. Mais bien entendu, en deux heures, pendant le bac, il est clair que tu n'as pas eu le temps d'élaborer.
Pour conclure, c'est un très bon texte qui mérite d''être retravaillé pour lui donner plus d'envergure, car il a du potentiel et que j'ai vraiment aimé, bien que ce soit pas assez développé.
Oui. Malgré le dictate auquel tu fus enchainé, tu es parvenu à faire pousser un joli texte. On y glisse aisément, c'est une belle plume. Bravo, j'applaudis, toutes mes félicitations.