Chaque époque eut son petit, c'est bien connu ! Aux grands hommes succède toujours le malingre et il serait vain de penser qu'on puisse y échapper. Ce qui importe alors, c'est le temps nécessaire pour les mettre à terre. Même Victor en son temps eut à prendre l'exil pour continuer à clamer haut et fort son opinion. Oui, il est de mise que les tyrans d'opérette se prennent à enfler et se croient à l'abri de tous coup. La victoire insolente tant qu'ils se croient capable de faire taire quiconque irait à l'encontre de ses absurdes raisonnements.
Heureusement, comme Jean se plaisait à le dire, la fortune réserve toujours à ces mécréants un quelconque retour du sort. Les plus faibles, non de l'esprit mais du pouvoir (ceux-ci non exempt de sens commun), finissent par obtenir gain de cause. L'autorité ne peut triompher de l'intelligence que temporairement, l'homme bancal finit forcément par se faire rattraper. Ces petits hommes seraient presque à plaindre s'ils ne s'enfonçaient pas eux même dans une crasse à qui ils font éloges plus que tout. A les entendre, seul leur superbe serait apte à être décrite et vaille la peine d'être nommé. Le reste, il faut le faire taire plus que tout !
Oui, le Nabot finit par réaliser les limites de son Être. Alors il ne peut que prendre peur et chercher à le dissimuler. Il se lance dans une guerre sans merci contre ceux qui osent mettre les mots sur son mal, sur ces actes aberrants et ses propos incohérents. Il fera tout pour censurer les Grands qui se lèvent car il sait que sa tête vacillera et que la couronne roulera sur le sol, ce serait pour le Nabot la mort la plus terrible que devoir se plier. Le fou ne se rend pas compte qu'il avance déjà à genoux ! En vain, il continue sa messe despotique mais la foule se dissipe. Le laissant seul avec quelques autres opportunistes attendant leur moment pour conforter dans un premier temps mais rêvant secrètement du petit trône.
Alors le Nabot finit par se retrouver seul. Maître de ses lieux, mais seul. Toujours le genoux au sol et le sourire béat.
Pauvres petit, je le plains tellement.