Bonjour tout le monde, je teste un peu l'écriture à la première personne, ce que je n'avais jamais fait auparavant. Merci de vos futures lectures et commentaires
Il fait nuit. C'est l'été, et pourtant il pleut. 4 heures du mat', et je suis toujours devant mon PC... Me suis totalement déréglé. Enfin bref. Je regarde sur ma table de nuit, en quête désespérée de jeux que je n'aurais pas fini pour la troisième fois.
Quelques vieilles jaquettes de 2002, trois ou quatre nouvelles productions que mon ordinateur d'un autre âge a supporté avec peine. Rien d'intéressant. En plus, j'ai pas sommeil. Va pour une quatrième fois... Pas envie de me prendre la tête, je m'empare du boitier poussiéreux d'un vieux fps, au hasard. Half-life. Il était pas mauvais, de son temps. J'insère le cd. Cette antiquité devrait s'installer rapidement. Enfin, ça me donne quand même le temps de réfléchir à ce que je vais faire demain. Chaque nuit, je le fais. Même si ça sert pas à grand chose, puisque j'arrive toujours à la même conclusion.
Le jeu se lance, me voilà dans la peau de Gordon Freeman. Petite pointe de nostalgie en revoyant pour la quatrième fois les premières images de Half-life premier du nom. J'y ai pas joué depuis longtemps, à celui-là. Je traverse le premier niveau, qui n'a pas beaucoup de saveur, les graphismes ont quand même pris un gros coup de vieux. Enfin, j'arrive tout de même à une de mes scènes préférées. Celle ou l'on aperçoit pour la première fois l'homme à la mallette. Une espèce de dandy distingué que l'on ne peut atteindre avec aucune arme. Pourtant, je vais essayer, c'est la tradition. J'arme un ak-47 et vide mon premier chargeur. Les balles passent à travers les lunettes de notre gentleman. Même avec des graphismes dignes des années 90, il est classe ce gars. Fusil à pompe. Mon premier tir passe au travers du costar et atteint un bidon d'essence. Merde. Grosse explosion. Ça me fait mal aux yeux, ce genre de trucs, surtout que c'est pixelisé à mort. Bon, ça s'arrête, cette explosion?
Je commence à avoir des maux de tête, et je vois flou. Ça m'apprendra à rejouer à des jeux de cette qualité graphique. Pour une fois, je peux vraiment dire d'un jeu qu'il fait « mal aux yeux »... Je suis pris de vertiges. J'aimerais bien fermer les yeux, mais je vois déjà plus rien. Et ce mal de tête, bon sang... Je tombe de ma chaise. Ma vision bascule. Noir.
Un sol froid et dur, ce n'est pas l'idéal pour se réveiller d'un coma. Bizzare, je suis pas sujet aux crises d'épilepsie. Un objet oblong me scie le dos. J'ouvre les yeux en hésitant un peu. Je ne suis pas dans ma chambre, et je ne porte pas mon habituel pyjama à carreaux. Je reconnais rapidement la pièce, même si elle vient d'être le théâtre d'une spectaculaire explosion. C'est la dernière salle du premier niveau de half-life. Bon, ce genre de rêve, c'est glauque, j'aime pas. Je me lève, constatant que je m'étais évanoui sur un fusil à pompe.
-Content de voir que vous vivez encore... Mr Freeman.
Alors là, mon cerveau a fait fort. L'homme à la mallette est toujours devant moi, et apparemment, il s'est refait une beauté. Il aurait l'air presque réel si il n'y avait pas sa démarche un peu raide, et sa façon particulière de tenir sa petite valise.
- Je ne me trompe pas, vous êtes bien... Gordon Freeman...
Il prononçait ces derniers mots avec une ironie à peine dissimulée.
Autant jouer le jeu, en attendant que je me réveille.
Ouais.
Je sais pas trop quoi répondre d'autre. Je vais pas engager une conversation sérieuse avec une chimère, faut pas abuser.
- Bien bien... Très amusant, mon ami, mais nous n'avons que peu de temps. Il ne fait aucun doute que si vous étiez Gordon Freeman, et que j'étais bien l'homme à la mallette, nous nous serions entretués depuis longtemps.
Il sourit, découvrant une rangée de dents blanches.
Si vous ne désirez pas tailler une bavette, sachez que cela n'a aucune importance. Écoutez moi, simplement. Je vous proposerais bien de vous asseoir, malheureusement nous allons devoir nous contenter du sol.
Il regarde sa montre, et s'assied à califourchon devant moi, m'invitant à faire de même. Je reste debout. Vivement que je me réveille, même pour revenir à une vie banale de no-life.
Donc. Pour me présenter brièvement, mon petit nom c'est A4219. Un programme d'infiltration –un virus, un trojan, appelez moi comme vous voulez-. Je me considère comme relativement indépendant, et, en toute modestie, j'ai réussi à investir un grand nombre de machines.
Ça devient complètement barré, ce rêve. Un virus représenté par un mec en costar cravate, et qui vient me parler au milieu du monde d'un vieux fps... Faudrait peut être que je pense à consulter...
Eh ho là dites... Vous êtes pas en train de nous faire un petit remake de Matrix là quand même? Parce que là ça sent fort le plagiat...
Il prend un air faussement indigné.
- Je vous en prie, voyons. Je ne m'abaisserais pas à ça. Et puis, vous remarquerez que mes objectifs sont loin de ceux de ce cher Smith.
Malgré la bizarrerie de la situation, je commence à bien m'amuser. Autant en profiter, ça me changera, après tout. Je lui répond, moi aussi, avec une ironie non dissimulée.
-Vous vous connaissez?
-
Non, je n'ai jamais eu l'honneur de le rencontrer. répond l'homme-à-la-mallette-virus. Comme je vous l'ai déjà dit, reprend-il, le temps presse. J'ai besoin de vous pour une expérience un peu particulière.
Ça prend une drôle de tournure là. Ce rêve, j'y réfléchirai longtemps. Au fond, ça peut peut être m'apprendre des choses sur moi-même. Ce qui m'étonne, c'est que je sois si lucide... au beau milieu d'un rêve. À nouveau, je joue le jeu. Peut être que cela abrégera cet entretien qui commence à devenir gênant.
- Quel genre d'expérience ?
Le dandy se relève, et regarde sa montre à travers ses emblématiques lunettes noires.
- Le temps est écoulé. Nous nous reverrons dès que possible.
Il ouvre sa mallette. Je recule instinctivement, avant qu'une intense lumière blanche ne m'éblouisse. Noir.