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Apocalypsem

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
22 juillet 2010 à 19:50:15

Bon...je vais essayer de ne plus donner dans la longue intro chiante, promis :hap: Voilà donc le premier chapitre de la fic que j'écris en ce moment, commencée à l'occasion du marathon qui a eu lieu il y a quelque temps. Et pour une fois, même si ça pourrait prendre du temps, y'aura une suite, et même une fin, normalement - j'ai un plan O_o . Enfin bref, c'est de la fantasy un peu bizarre sur fond de catastrophe, j'arrive pas tellement à ranger ça dans une catégorie, donc voilà...

Premier chapitre dont j'arrive pas à être contente, donc j'attends les avis/critiques/tomates, n'hésitez pas :-)

Et enfin - après je me tais - je m'en vais demain matin et reviendrai début août, donc si je réponds pas tout de suite, non ce n'est pas du mépris :fou: Et les trucs entre astérisques sont censés être en italique, mais les forums de jv.com sont ce qu'ils sont...

APOCALYPSEM*

Chapitre 1 : Horrere** – Apocalypse

Le souffle court, Ethan Laed se réveilla en sursaut. Sa mémoire, l’espace d’un instant, tenta en vain de s’accrocher aux vestiges d’un rêve qui avait déjà échappé à sa conscience fuyante, puis finit par déposer les armes. L’esprit encore un peu embrumé par le sommeil, il fronça les sourcils, se redressa dans son lit, dans l’obscurité silencieuse de sa petite chambre. D’instinct, il tendit immédiatement l’oreille, guettant ce qui avait bien pu l’éveiller aussi soudainement, mais il régnait dans la pièce un silence lourd et dense, si dense qu’il semblait emplir les lieux, presque tangible. Si dense, en fait, qu’Ethan avait l’étrange impression de pouvoir l’ *entendre*. Et le sentir, qui plus est. Comme si un étau s’ingéniait à oppresser peu à peu sa poitrine, de plus en plus pesant, et qu’il instillait en lui un étrange malaise que le jeune homme ne s’expliquait pas. Il pouvait sentir son sang pulser dans ses veines, et à chaque remous, il avait comme le sentiment de l’entendre, lui aussi, à chaque battement effréné – rythme qu’il n’appréciait pas du tout, d’ailleurs – de son cœur. A chaque heurt, le son lui paraissait comme décuplé par le mutisme ambiant, puis répercuté partout, dans tous les coins, sur la moindre parcelle des murs nus de sa chambre, pour finalement venir résonner à ses oreilles avec fracas.

Ethan se sentit subitement idiot. Venait-il *réellement* d’avoir peur d’un *silence* ? Il lâcha un petit rire sans joie, railleur, dans la pénombre tendue de la pièce. Puis se leva en s’étirant, un peu plus serein. Mais, s’il se sentait mieux, il avait toujours le pressentiment désagréable et persistant que quelque chose n’allait pas, comme un arrière-goût saumâtre stagnant au fond de sa gorge. Il n’avait jamais cru à toutes ces « conneries de sixième sens et de prémonitions », pourtant, mais cette nuit, son instinct semblait à tout prix vouloir lui lancer un avertissement. Un malaise diffus s’obstinait à s’ancrer en lui, le prenant aux tripes sans vouloir s’en décoller d’un pouce, lui donnant presque la nausée. Il avait beau réfléchir, se creuser la tête dans tous les sens, il était bien incapable de se souvenir de ce dont il avait rêvé. Il ne pensait pas qu’il se fût agi d’un cauchemar, ou il l’aurait su, d’une certaine façon. Et cependant, il s’était réveillé en sursaut. Il aurait juré avoir entendu un bruit retentissant, comme un coup de tonnerre, mais tout était à présent d’un calme plat et étouffant. Et tout était très noir, aussi, se fit-il la réflexion.

  • Sans rire ? C’est la nuit, crétin !* se morigéna-t-il, exaspéré, se sentant encore plus stupide, et assez agacé du trouble insensé dont il se sentait envahi. Il jeta un coup d’œil circulaire à sa chambre baignée de ténèbres, nerveux, et eut soudain la pensée étrange et fugace que l’obscurité environnante était *vraiment* très noire. Trop noire, même. Pour aussitôt se sentir infiniment bête à nouveau de proférer ce genre d’inepties, et se rallonger sur son lit en se traitant mentalement d’imbécile avec la ferme intention de se rendormir. Mais alors qu’il s’abandonnait peu à peu à l’inconscience, son esprit accoucha d’une nouvelle observation incongrue : il avait beau tenter de fixer les rideaux de sa fenêtre, qu’il savait à sa gauche, il ne voyait absolument rien, et ce n’était néanmoins pas faute d’insister. Il régnait dans la pièce un noir total, impénétrable. Pourtant, aussi loin qu’il s’en souvînt, il avait toujours été capable de distinguer ne fût-ce que le contour confus de son bureau, contre le mur opposé, ou les montants rectilignes de la porte, et bien plus encore le pourtour de sa fenêtre oblongue, par où filtrait d’ordinaire la lueur de la lune et des étoiles, au dehors. Une lueur spectrale, faible et éthérée, certes, mais toutefois présente - du moins, toutes les autres nuits.

Ethan secoua la tête comme pour en chasser cette pensée, mais il sentit bien qu’il ne parviendrait pas à retrouver le sommeil, et se dit qu’il pouvait tout aussi bien aller faire un tour dehors pour en avoir le cœur net. A tâtons, il sortit de la pièce, descendit un vieil escalier en bois dont les plaintes grinçantes résonnèrent dans la maison endormie, et déboucha dans le long couloir du rez-de-chaussée. Ayant enfilé la lourde cape écarlate de son uniforme de milicien, il ouvrit largement la porte défraîchie, s’attendant à discerner la forme sombre et biscornue de la tour tuitienne à l’horizon, et la courbe élégante de la rue s’éloignant vers le centre de la ville, ses dalles mouchetées d’éclats nacrés. Mais à nouveau, il semblait que le noir fût complet et totalement opaque, car le jeune homme ne distinguait absolument rien. Rien, pas même l’éclat scintillant des étoiles dans le ciel, qui paraissaient avoir été imbibées et noyées par son encre vorace. Disparues, complètement. Dans un bref instant de pure panique, Ethan sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine, tandis que de légers spasmes venaient involontairement agiter ses mâchoires serrées.

- Kyle ? cria-t-il d’une voix qu’il tenta de maîtriser, mais qui s’échappa de sa gorge enrouée bien plus aiguë que d’ordinaire. Réveille-toi !

Lorsque seul le silence de plus en plus lourd lui répondit, il appela à nouveau, toujours sans succès. Son frère ne devait, de toute évidence, pas être à la maison ce soir, conclut-il avec amertume. Exhalant un soupir résigné, il rentra rapidement ceindre le fourreau où reposait son sabre et l’étui dans lequel dormait paisiblement son pistolet, avant d’attraper une lanterne qu’il se hâta d’allumer. Ebloui, il plissa ses yeux bleu clair, la soudaine lumière dessinant sur son visage hâve et anguleux des ombres dansantes. D’un pas vif, le pouls rapide, Ethan sortit dans la rue, sa lanterne tendue à bout de bras devant lui. Lanterne qu’il faillit lâcher aussi sec, en découvrant soudain le spectacle qui s’offrait à ses yeux hébétés. La route s’étalant devant la maison avait été littéralement scindée en deux et s’ouvrait sur une longue crevasse large de quelques pieds. Les dalles, violemment arrachées, gisaient çà et là, brisées en de multiples morceaux, sur la terre ravagée et zébrée en tous sens par de monstrueuses fissures. Quelques arpents plus loin, le sol était jonché de tuiles fracassées et de planches de bois qui avaient volé en éclats, derniers vestiges de ce qui avait été la maison des Forsan, plus proches voisins des Laed. Les lieux semblaient déserts.

Bouche bée, Ethan contemplait la noirceur des sinistres déchirures ; elles semblaient peu profondes, mais non moins inquiétantes. Par le passé, le jeune homme avait déjà entendu parler de pareils phénomènes, mais n’en avait jamais encore été le témoin direct, ce dont il se serait bien – très bien – passé. La nuit promettait décidément d’être agitée – un bien bel euphémisme ! songea-t-il. Dans quelque direction qu’il se tournât, son regard s’arrêtait sur un sol à vif, écorché, complètement retourné par de profondes lézardes aux arêtes abruptes, dures, cassantes ; implacablement rongé par ces fêlures macabres qui couraient dans toutes les directions, innombrables. Lorsqu’il réalisa combien il avait eu de la chance que sa demeure ne s’écroule pas, désarticulée, comme l’avait fait celle des Forsan, son malaise s’accentua. Si la veille maison familiale des Laed avait connu le même sort, il n’en aurait sans doute pas réchappé. A l’heure qu’il était, il aurait pu être raide mort, la plupart des os en réduits en bouillie, enterré sous les décombres de sa propre chambre, supposa-t-il en frissonnant. Ou pire encore, coincé sous les débris, en vie mais suffocant peu à peu, en train de lutter pour la moindre gorgée d’air. Les poumons comprimés, la trachée sèche, brûlante, rongée par des flammes de douleur attisées à chaque instant, encore et encore, jusqu’à l’explosion fatale. Jusqu’à la mort... Tout à ces lugubres pensées, Ethan avait de plus en plus de mal à contenir la nausée qui ne cessait de s’élever dans sa gorge, et finit par tomber à genoux sur la terre craquelée, pour vomir une bile acrimonieuse.

Une toux grasse le secoua un instant, puis le jeune homme s'essuya la bouche d'un revers de manche fébrile et se releva tant bien que mal, le front en sueur. Il rassembla ses esprits, posa une main sur la garde froide de son sabre pour se donner une contenance, puis s’élança vers les éboulis, prenant garde d’enjamber la crevasse principale qui défigurait la rue. Peut-être y avait-il des survivants, même s’il n’y croyait guère ; il se devait au moins de vérifier, ne fût-ce que parce que c’était son boulot, après tout. D’ailleurs, la milice allait probablement en avoir, du boulot, se dit-il avec un rictus maussade. Si du moins elle tenait toujours debout.

Esquivant les fissures les plus profondes, Ethan parvint bientôt devant l’amas chaotique de poutres et de gravats, ne sachant trop comment s’y prendre. Sa lanterne pendue à son bras, il tenta de se frayer un passage à travers les débris les plus proches, s’époumonant en même temps :

- Frank ? Ivanna ? Il y a quelqu’un ?

Il s’attendait presque à entendre le vieil homme répondre d’une voix devenue chevrotante : « Non, y’a personne ! » comme il en avait l’habitude lorsqu’Ethan, enfant, venait batifoler dans la maison poussiéreuse, pleine de souvenirs. Une réplique qui ne manquait jamais, alors, de le faire rire aux éclats, mais dont l’évocation n’amena sur ses lèvres qu’un sourire au goût amer, cette fois. Il venait d’apercevoir, au milieu de l’entrelacs de solives et de madriers effondrés, une main tendue en un ultime appel au secours. Déjà raide et froide, pâle comme la mort.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 juillet 2010 à 10:34:10

Hellow :)

Oh mais que diable, me suis-je dit en voyant le forum ce matin, un nouveau Suledhel? Classe.

Et après avoir fini, je reste sur la même impression, classe. Déjà parce que niveau orthographe... Ben j'ai rien relevé, puis parce que y'a quelques fois où j'ai dû demandé à mon petit Robert la définition de certains mots,

Il y a quelques passages où j'ai trouvé les descriptions de l'état d'esprit un brin trop longues, mais ça fait partie du style, et je sais que certains adorent, donc c'est même pas à changer.

Niveau scénario, eh ben c'est difficile d'en juger, puisqu'il ne s'est pas passé énormément de choses, d'autant que le titre de l'histoire en révélait déjà une partie. Néanmoins, tu y imposes ton univers, et c'est pas plus mal d'en avoir un qui comporte des armes à feu, ça change.

Ah et sinon j'avais fait un relevé de trucs que j'avais notés, mais il est ridiculement minuscule.

"et à chaque remous, il avait comme le sentiment de l’entendre, lui aussi, à chaque battement effréné"
-> répétition de "a chaque", et puis à partir de "l'entendre", le reste de la phrase sonne un peu lourd, pour moi tu pourras l'enlever.

"Et tout était très noir, aussi, se fit-il la réflexion."
-> Je sais que ça doit être correct, mais "se fit il la réflexion" sonne un peu bizarrement, perso je mettrais plus "Il se fit la réflexion que tout était très noir", même si pour le coup ça sonne beaucoup plus classique.

". Pour aussitôt se sentir infiniment bête à nouveau de proférer ce genre d’inepties"
-> M'est avis qu'ici il faudrait plutôt placer une virgule avant et après "à nouveau" ou mettre "d'à nouveau proférer" non?

"il arriva à proximité de la ville proprement dite"
-> Je sais que c'est chipoter pour rien, mais pour le coup le "proprement dite" me parait en trop.

Comme je disais, il est rikiki, mais pour conclure, bé je dirais juste que j'attends de lire la suite pour pouvoir plus juger du scénario, mais vu comme c'est parti, ça peut donner quelque chose de très très bon. :)

PS : Désolé de la brièveté du commentaire.

Jack_Kincaid
Jack_Kincaid
Niveau 9
24 juillet 2010 à 00:47:39

J’profite de commenter vite fait avant que mes collègues s’en chargent. Ouaip’, je suis un vil opportuniste =) Et comme d’hab, tu prends en compte ce que tu veux et tu laisses tomber le reste (mais t’es devenue la maîtresse de l’exercice entre temps, alors bon, je t’apprends rien^^)

« à sa conscience fuyante »
Hypallage volontaire ?

« Comme si un étau s’ingéniait à oppresser peu à peu sa poitrine, de plus en plus pesant, et qu’il instillait en lui un étrange malaise que le jeune homme ne s’expliquait pas. »
J’ai du mal avec le « comme s’il instillait un étrange malaise »… Soit il y a malaise soit il y a pas, je vois pas trop comment tu pourrais faire « comme si ». En fait y a plusieurs fois des « comme pour [x] » ou en fait le propos qui est dit c’est simplement « [x] », et même si ça reste français on se demande un peu ce que le comme fait là^^

« Il n’avait jamais cru à toutes ces « conneries de sixième sens et de prémonitions » »
J’aime pas la citation, dans la mesure où Ethan est d’accord, y a pas de raison qu’il ne s’approprie pas le terme de « conneries » (en général quand tu fais une citation avec termes vulgaires ça suppose que les propos sont pas assumés par le perso, ici y a pas de raison).

« Un malaise diffus s’obstinait à s’ancrer en lui »
« du trouble insensé dont il se sentait envahi »
C’lourd non ? :/ J’en ai pris deux au hasard mais me semble qu’assez souvent tu fais des détours qui sont pas vraiment nécessaires. Limite la 2ème j’irais presque jusqu’à dire que c’est une faute, même si ok on est d’accord, c’est pas vraiment le cas.

« Mais à nouveau, il semblait que le noir fût complet et totalement opaque, car le jeune homme ne distinguait absolument rien. »
Un petit peu master of the obvious, nan ?

« Son frère ne devait, de toute évidence, pas être à la maison ce soir, conclut-il avec amertume. »
Tu construis en discours direct, mais la phrase fait pas vraiment discours direct, à part si Ethan a un style de pensée un peu ampoulé^^ Bon en fait en lisant la suite je m’aperçois que y en a plusieurs du même style donc j’imagine que c’est voulu

« la plupart des os en réduits en bouillie »

« dans la maison poussiéreuse, pleine de souvenirs. »
Je signale ça parce qu’à première vue t’as l’air de parler des souvenirs d’Ethan, or au moment où il y va étant gamin, il les a pas encore… Si c’est d’autres souvenirs ok, mais on sait pas trop à quoi ils nous mènent ^^’

« leur acharnement à persister »
Ou plus classiquement, leur persistance à persister :-)

« à abattre peu à peu vos défenses en en érodant lentement les remparts »
Ou plus classiquement, à abattre peu à peu vos défenses en abattant peu à peu vos défenses :-)

« fuligineux »
OWI ! (omg faut vraiment que je relise aspexplorer)

Pas grand-chose à dire, donc, au final. Dans l’ensemble y a plusieurs phrases ou passages que je trouve vaguement lourds et que j’aurais pas forcément écrits comme ça, mais je suis trop vieux pour tout quoter et la plupart du temps ça reste acceptable. J’ai bien aimé autant l’histoire que la forme (j’aime bien le va-et-vient que tu fais au début, j’ai un pressentiment – qqch de dangereux – mais non ffs ; il fait noir – c’est suspect – mais non ffs^^ ), ça permet au lecteur de rentrer dans l’événement à la même vitesse qu’Ethan, et c’est classe quoi.

Voilà voilà. Je lirai probablement la suite, bonne chance :-)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 29 juillet 2010 à 01:40:02

Bon, plusieurs jours que j'ai lu et que je repousse le moment de commenter... ceci étant, vu qu'on arrive fin août, j'ai chassé ma flemme pour m'y atteler.

Du point de vue formel, bien sûr, il n'y a pas grand chose à reprocher objectivement — si ce n'est la citation interne au texte que jack a relevé et qui m'avait fait tiquer également. J'aurais tout de même trois (vraies !) fautes à relever :
- "Si la veille maison familiale des Laed [...]" : oubli d'un i (bon, d'accord, simple faute de frappe).
- "c’aurait été trop facile" : "ç'aurait été" (autant vous dire que je suis heureux d'avoir débusqué une vraie faute chez Suledhel après le passage de deux correcteurs, dont xbq :p)
- Tu orthographies tantôt "Yvanna", tantôt "Ivanna".
Après, d'un point de vue plus personnel, je trouve dommage l'introduction de certaines tournures/particularités qui donnent un peu dans le bel esprit "gratuit" comme le zeugma final ou encore le subjonctif imparfait. Si ta conscience de puriste t'empêche de le supprimer carrément, mieux vaut le contourner autant que possible (à part pour des formes communes comme "fût").
Exemple : "Mais à nouveau, il semblait que le noir fût complet et totalement opaque" pourrait devenir sans problème "Mais à nouveau, le noir semblait [...]".
Ou : "aussi loin qu’il s’en souvînt", avantageusement remplacé par "aussi loin qu'allaient/portaient ses souvenirs".
Bref, c'est très souvent faisable et ça a le mérite de remplacer ce temps qui tout aussi correct qu'il soit, est si peu usité qu'il crée des accrocs à la lecture. En outre, le subjonctif imparfait et surtout le zeugma sont utilisés presque uniquement dans un but ironique/humoristique très en décalage avec le ton général du texte.
Et vu que c'est dans le même temps : utiliser "flavescent", c'est toujours amusant, mais ça tient plus de la private joke pour amateur de vocabulaire que d'un mot qu'on place sérieusement à mon goût ^^
Dans un autre registre, on sent bien que tu aimes beaucoup les phrases longues, choix que je ne vais pas critiquer vu ma propension à en abuser par moment. Ceci dit, je trouve que la systématisation des phrases de plus d'une ligne à base de juxtaposition et quasiment sans point-virgule crée un rythme un peu lancinant que les phrases nominales et les petites cassures syntaxiques ne réussissent pas vraiment à rompre. D'un côté, tu as la qualité de ce défaut (et encore, tout subjectif) la très grande homogénéité de ton style, qui est clair, fluide, et surtout très régulier. Très professionnel, même.
Dernière petite remarque formelle, qui porte elle davantage sur le ton que sur la construction, je ne suis pas très amateur des remarques, entre cadratins ou non, qui brisent un peu le ton du texte. Le plus représentatif de cette sensation est "un bien bel euphémisme", une formule vraiment cliché. Ou encore : "non, c’aurait été trop facile", certes en discours indirect libre mais un peu trop facile, justement, comme formule. Enfin bon, ce n'est pas déterminant mais je trouve ça dispensable, surtout à cause du contraste avec la narration très dense et soutenue.

Passons maintenant à des éléments de rythme/psychologie. Bon, tu dois le savoir, mais tu réussis à rendre avec fidélité tout le cycle de pensée d'un personnage, sans en omettre les soubresauts divers ; tu ne recours jamais (ou très rarement) à la synthèse d'un "après avoir réfléchi aux différentes voies qui s'ouvraient à lui, il choisit de" ; il y a un petit côté courant de conscience en point de vue externe, aidé par l'abondance du style indirect libre. Bref, c'est très bien fait...
mais pas assez localisé à mon goût. Je veux dire par là que tu utilises ce style constamment, et pas seulement aux moments où il se justifierait particulièrement. Le début du premier post, en particulier — et c'est ce qui doit donner au lecteur l'envie de continuer, théoriquement — est particulièrement chargé dans ce sens. Alors, bien sûr, c'est fait avec beaucoup d'adresse, mais en dehors du problème de rythme que ça peut causer, on peut y trouver un autre défaut.
Ce défaut, c'est que tu es conduite à faire du style sur assez peu de chose, à donner dans l'hyperbole, ce qui est logique dès qu'on dilue l'action. La fin du première paragraphe sur les battements de sang est tout à fait dans ce genre ; idem pour la nuit, à laquelle tu donnes des propriétés d'opacité et de "sur-noirceur" assez surréalistes. En fait, tout se passe comme si tu calquais strictement ton temps de la narration sur celui de l'action : il te faut toujours un paragraphe pour raconter un temps t d'action, à l'exception d'une petite ellipse sur le temps de parcours, et encore. Et ce, quoiqu'il se passe pendant cette minute.
D'une certaine façon, c'est assez intéressant comme expérience littéraire. Mais d'un point de vue personnel, j'ai un peu de mal avec ça, surtout que ça cause parfois une emphase qui rend un peu irréelle l'action.
Autre remarque, liée à celle-ci : l'hyperbolisation constante rend le personnage hypersensible en apparence, d'une part par l'accent mis sur des doutes et des soubresauts de la conscience naturels, et d'autre part par le comportement en lui-même du personnage. Par exemple, le fait de le faire vomir... je trouve ça un peu douteux. Je sais qu'il est assez à la mode de faire vomir les gens pour un oui ou pour un non en littérature, mais là, rien ne me paraît spécialement apte à lui faire subir ça, surtout que ça se construit principalement sur des angoisses (alors que le vomissement est un réflexe très organique à la base).

Voilà. Sinon, l'histoire a l'air sympa. J'aime bien l'idée de faire de la fantasy post-apo, j'ai longtemps caressé l'idée sans concrétiser. La catastrophe que tu dépeins est intrigante, l'ambiance est bien rendue, bref, ça donne envie. Au niveau de l'univers, je trouve un peu étrange la précision du recensement (12k âmes) et le prénom "Akhena", qui tranche par rapport à d'autres personnages qui ont des noms très typiques de notre monde (initiative que je ne saurai jamais assez louer).

Pour conclure ce commentaire très décousu, je dirais que le début du texte est passablement lourd, et me rappelle pas mal (en mieux) la façon dont j'écrivais il n'y a pas si longtemps, et qui me colle encore à la peau de temps en temps. C'est très bien fait mais la densité des effets de style est assez pesante. Je trouve que ça s'améliore beaucoup dans la suite du texte, plus fluide, bien agencée, un meilleur équilibre narration/introspection et surtout la montée en puissance de l'ambiance apocalyptique. Dans tous les cas (et ça, c'est du début à la fin), un très bon chapitre d'ambiance. Je lirai la suite, car l'efficacité de l'atmosphère angoissée que tu mets en place est redoutable et que ça promet du bon pour la suite.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
30 juillet 2010 à 01:11:47

Intriguant, intéressant. Je ne ferais pas de détails sinon j’y passerais des siècles.

C’est incontestablement bien écrit. Trop bien écrit même. Le vocabulaire est d’une rare richesse et j’ai apprédié de lire des trucs du genre «  Comme si un étau s’ingéniait à oppresser peu à peu sa poitrine », qui est tout de suite plus élégant que les courants « l’angoisse l’envahissait », et j’aimerais avoir cette qualité qui donne un relief particulier au texte sans tomber dans des lieux communs. Le hic, c’est qu’il n’y a pas de mesure. Si à partir de la moitié ça se délite un peu pour avancer davantage le récit, ça demeure néanmoins très lourd, pour ne pas dire pompeux.
Mais voilà le fond du problème, car ce n’est pas pompeux. Comme je l’ai dit, c’est plutôt un manque de rythme. Ton style apparaît d’une très grande constance dans la description du décor et des pensées d’Ethan malgré le soin que tu y apportes. Ca mériterait de structurer le texte autrement, d’accéler par endroit la narration, pour ensuite s’attarder sur des éléments de ton monde, de la peur grandissante du personnage.
Voilà, tout est équivalent et donc s’annule. C’est un peu ça. La performance est admirable, par la longueur et la style, mais elle manque de panache. Disons que c’est comme du miel, c’est délicieux, ça brille, mais ça colle aux doigts et c’est visqueux.
Je sais que je ne suis pas très claire, mais c’est difficile de traduire une impression par les mots. Je dirais en somme que la forme m’a impressionné sans pour autant créer un plaisir de lecture tangible.

Sur le fond à présent. Les pensées d’Ethan sont remarquablement bien retranscrites, avec des efforts incroyables déployés pour varier les sentiments, et les agissements. Ca donne une forte crédibilité au texte. L’ambiance est donc très bien installées, avec une gradation dans la découverte du monde détruit. Ca ouvre sur pleins de questions, et l’univers fantasy que tu ébauches est séduisant, par quelques touches comme l’emploi d’arpents pour les distances, ce qui suffit à envelopper le lecteur dans ton monde sans passer par une description fastidieuse.

Style trop constant ce qui nuit au rythme. Il ne faudrait que cette lenteur surannée se poursuive trop par la suite.

MisterBlueberry
MisterBlueberry
Niveau 7
30 juillet 2010 à 16:37:29

Je viens de lire :content:
J'ai trouvé tout d'abord le style particulièrement lourd : tu fais plein de longues phrases, tu utilises des mots que je connais même pas, tu développes la moindre des pensés du personnage principal.
Il faut lâcher du lest ! C'est pour ça que j'attends avec impatience que tu épuise ton style, que tu en ais marre de développer pour nous donner l'essentiel (Par exemple, au lieu de : "Sa mémoire, l’espace d’un instant, tenta en vain de s’accrocher aux vestiges d’un rêve qui avait déjà échappé à sa conscience fuyante, puis finit par déposer les armes " - Tu mets : "Sa mémoire tenta en vain de s'accrocher aux vestiges d'un rêve qui lui avait déjà échappé"). Tu écris incontestablement bien et tu as de telles facilités que tu en fais trop. Voilà c'est surtout ce qui m'a marqué. Maintenant j'attends la suite :oui:

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
02 août 2010 à 20:59:14

Bon, je suis de retour et reposée, donc je vais enfin répondre. Déjà, merci beaucoup à tous, ça fait plaisir de revenir et de tomber sur des commentaires pareils :)

@Fitz : Merci, eh bien contente que tu aimes jusqu'ici... Pour l'instant c'est normal s'il se passe pas grand-chose, mais ça devrait bouger d'ici au chapitre suivant, normalement ^^
Sinon :

"et à chaque remous, il avait comme le sentiment de l’entendre, lui aussi, à chaque battement effréné"
-> répétition de "a chaque", et puis à partir de "l'entendre", le reste de la phrase sonne un peu lourd, pour moi tu pourras l'enlever.

Pas faux, la phrase m'avait l'air un peu "nue" sur le coup sans rien derrière, mais finalement j'ai juste supprimé la fin de la phrase et ça va très bien ^^

"Et tout était très noir, aussi, se fit-il la réflexion."
-> Je sais que ça doit être correct, mais "se fit il la réflexion" sonne un peu bizarrement, perso je mettrais plus "Il se fit la réflexion que tout était très noir", même si pour le coup ça sonne beaucoup plus classique.

Hmmm, moi ça me choque pas, c'est une sorte de discours direct présenté indirectement, si on veut. Enfin, je me comprends. Mais à part ça je trouve rien d'autre à te dire sinon que je préfère la phrase dans ce sens-là parce que pour moi ça sonne mieux :/

". Pour aussitôt se sentir infiniment bête à nouveau de proférer ce genre d’inepties"
-> M'est avis qu'ici il faudrait plutôt placer une virgule avant et après "à nouveau" ou mettre "d'à nouveau proférer" non?

Le problème c'est que si je mets une virgule, ça place "proférer ce genre d'inepties" sur le même pied, syntaxiquement, que la suite "et sa rallonger etc.", or ils sont pas censés y être... et je voulais faire porter le "à nouveau" plus sur le fait qu'il se sente bête plutôt que sur celui qu'il dit encore des inepties, donc je vois pas trop comment le mettre sinon...mais je me rappelle m'être dit que c'était pas très joli en l'écrivant, j'y réfléchirai.

""il arriva à proximité de la ville proprement dite"
-> Je sais que c'est chipoter pour rien, mais pour le coup le "proprement dite" me parait en trop. "

Ah, ben j'entendais "la ville proprement dite" comme le centre-ville par opposition à la ville dans son ensemble avec toutes les maisons un peu en périphérie et tout...

@jack : Waaah, un commentaire de toi ! :fou:
Hmmm, la maîtresse de l'exercice, moui, je me fais plus rare ces temps-ci, mais bon...

"
« Comme si un étau s’ingéniait à oppresser peu à peu sa poitrine, de plus en plus pesant, et qu’il instillait en lui un étrange malaise que le jeune homme ne s’expliquait pas. »
J’ai du mal avec le « comme s’il instillait un étrange malaise »… Soit il y a malaise soit il y a pas, je vois pas trop comment tu pourrais faire « comme si ». En fait y a plusieurs fois des « comme pour [x] » ou en fait le propos qui est dit c’est simplement « [x] », et même si ça reste français on se demande un peu ce que le comme fait là^^ "

Hmmm, pas faux, mais d'un autre côté la première partie de la phrase, avec l'étau, demande le "comme si", elle. Du coup, il faudrait que je trouve un autre moyen d'exprimer ça, voir scinder la phrase en deux histoire que le "comme si" régisse la première partie mais pas la seconde. Bon, je note, va aussi falloir que je réfléchisse à une solution...

"
« Son frère ne devait, de toute évidence, pas être à la maison ce soir, conclut-il avec amertume. »
Tu construis en discours direct, mais la phrase fait pas vraiment discours direct, à part si Ethan a un style de pensée un peu ampoulé^^ Bon en fait en lisant la suite je m’aperçois que y en a plusieurs du même style donc j’imagine que c’est voulu "

Oui, en fait j'ai fait un truc bizarre sans trop m'en rendre compte, c'est présenté comme du discours direct mais ça n'en est pas vraiment, vu que ce ne sont pas non plus les pensées brutes d'Ethan mais la façon dont le narrateur à la 3ème personne les relate. C'est sans doute pas très clair...ça choque beaucoup à la lecture ?

« la plupart des os en réduits en bouillie »

Hmmm, t'as rien ajouté en dessous, normal ?

« dans la maison poussiéreuse, pleine de souvenirs. »
Je signale ça parce qu’à première vue t’as l’air de parler des souvenirs d’Ethan, or au moment où il y va étant gamin, il les a pas encore… Si c’est d’autres souvenirs ok, mais on sait pas trop à quoi ils nous mènent ^^’

Je parle des souvenirs "actuels" d'Ethan au moment où le narrateur relate le texte...mais y'a un problème de cohérence, sans doute, je vais supprimer.

Les trucs auxquels j'ai pas répondus, c'est que je suis d'accord avec. D'ailleurs j'ai supprimé la phrase où je parle de la douleur, qui comportait pas mal de problèmes et qui servait pas à grand-chose au final.

@Ari : Bon, ben j'ai supprimé les guillemets pour la "citation", du coup. Quant aux fautes, honte sur moi et toute ma descendance jusqu'à la treizième génération ! :fou: J'avais pas du tout remarqué et pourtant j'ai relu de nombreuses fois O_o Merci bien :)

Pour le zeugma final (qui si je me souviens bien de mes cours est en fait un faux zeugma), j'avoue que j'ai hésité à le mettre, vu que ça dénote un peu avec le reste, mais comme je compte introduire, du moins essayer, quelques autres touches d'"humour" (enfin le mien, toujours, donc pas sûr qu'il fasse rire grand monde ^^") mais plutôt dans certains dialogues, donc je me suis dit pourquoi pas... Mais c'est fait exprès, et donc j'imagine qu'on peut dire que ça tombe dans le bel esprit gratuit, pour ça.
Par contre pour les subjonctifs imparfaits, euh, je les ai pas mis juste pour faire joli/puriste, c'est juste que personnellement je les utilise assez souvent, du coup ça ne me choque absolument pas d'en voir dans un texte, et comme c'est tout à fait correct je vois pas trop pourquoi je devrais les remplacer par autre chose...je ne les trouve pas particulièrement lourds, là... Si j'avais commencé à en mettre aux conditionnels passés, d'accord, ça je suis pas fan. Quant au "flavescent", pour celui-là je dois avouer que ça relève effectivement d'une sorte de private joke, je suis percée à jour ! :fou: Y'en a d'autres, sinon, qu'à force d'utiliser j'assimile, et donc je fais plus trop attention quand je les mets (genre fuligineux, surtout que vu toutes les fois où je fais allusion à l'obscurité, quelques synonymes ne peuvent pas me faire de mal). Mais sur le principe je trouve ça dommage - et idem pour les subjonctifs imparfaits, d'ailleurs - d'éviter d'utiliser des termes juste parce qu'ils sont peu usités... Enfin, pour flavescent j'en étais consciente, en tous cas. Ça choque tant que ça les subjonctifs imparfaits ? :/

Arf, pour les phrases longues, oui, c'est pas du tout la première fois qu'on me le dit, et pourtant là je pensais avoir simplifié un peu mon style depuis le dernier texte que j'avais posté, où on m'avait notamment fait la même remarque... Visiblement va encore falloir que je travaille ça. En fait j'écris "au feeling" vis-à-vis de la sonorité d'une phrase, il faut qu'elle ait un certain rythme quand je l'écris, sinon je me sens obligée de rajouter un truc, et je me rends compte que bien souvent ça alourdit ê_é

Quant aux remarques entre cadratins, j'ai supprimé le passage avec "ç'aurait été trop facile", donc ça c'est réglé. L'euphémisme, par contre, et même si je réalise que c'est cliché, je trouvais ça pas mal compte tenu de ce qui est dit et de la situation du texte avec le séisme à cet endroit-là...

Pour le cycle de pensée du personnage, c'est exactement ce que j'ai essayé de faire, oui, je suis contente que ça ait fonctionné, du coup. Je vois un peu ce que tu veux dire quand tu dis que c'est pas assez localisé...en fait j'essaie de faire une narration à la 3ème personne mais qui colle vraiment beaucoup au personnage, histoire de bien décrire ses pensées, réactions, que sais-je encore, pour vraiment présenter un personnage euh..."humain" et profond, disons. Du moins, j'essaie. C'est sans doute pour ça que les paragraphes sont chaque fois calqués sur l'action, je n'y avais pas vraiment fait attention en écrivant, en fait. Et c'est pour la même raison que ça doit donner une impression d'hyperbolisation constante et d'hypersensibilité du personnage... Enfin, pour le fait qu'il vomisse, je parle un peu avant dans le texte du fait qu'il a la nausée, mais visiblement je ne l'ai pas montrée assez forte que pour que le vomissement paraisse vraiment crédible. Par contre pour les battements de coeur au début, c'est peut-être moi qui l'ai pas bien décrit, mais, essayant de m'imaginer dans la même position, dans le silence et le noir et effrayée, je pense que j'aurais cette impression que mes battements de coeur feraient énormément de bruit et empliraient tout l'espace de la pièce... Enfin, j'ai supprimé un morceau de phrase à cet endroit-là, ça fait peut-être déjà moins hyperbolisation - j'espère. Et quant à la sur-noirceur/sur-opacité, là par contre, c'est normal et c'est voulu...il me semble dire dans le texte que les étoiles et la lune ont disparu du jour au lendemain, c'est pour ça que tout paraît - et est, en fait - plus noir.

Sinon la précision du recensement c'était plus pour donner une idée de la taille de la ville, en fait. Quant aux noms des personnages, en fait il y a un mix de noms "réels" et de noms inventés ou inspirés de quelque part (du latin, en fait, ça paraît assez évident que je m'en inspire pas mal, il me semble), m'enfin j'essaie quand même que ça ne dénote pas trop... ou en tous cas que ça fasse pas nom d'HF à 36000 syllabes :fou:
Merci beaucoup pour ton commentaire, ça confirme quelques trucs que je pensais déjà et ça m'en fait réaliser d'autres, mais dans tous les cas avoir des critiques aussi détaillées, ça fait plaisir ^^

@Ostra : Sur le style, tu rejoins un peu Ari, si je t'ai bien compris, et je suis plutôt d'accord avec tout ce que tu as dit, j'ai un gros problème de longueur/lourdeur des phrases, j'essaie d'améliorer ça mais visiblement j'ai encore du boulot... Pour le "tout est équivalent donc ça s'annule", ça rejoint un peu ce que dit Ari sur le fait que chaque paragraphe = une action, ou bien j'ai mal compris ce que tu essaies d'expliquer ? Enfin si j'ai bien compris, ben je te répondrai la même chose, à savoir que j'essaie d'approfondir un maximum le personnage, de le rendre tangible en décrivant ses moindres faits et gestes.... mais je manque peut-être de mesure, je ne sais pas, c'est la première fois que je me lance là-dedans, jusque là ça me plaît bien, mais je suppose que ça ne peut pas plaire à tout le monde justement... Enfin peut-être que ça s'améliorera avec l'introduction d'autres personnages dans les prochains chapitres, j'espère.

Ah ben, du coup je suis contente que sur le fond, la description des pensées et la découverte du décor fonctionnent et rendent le tout crédible. Le mieux serait que j'arrive à la même impression mais avec un style moins lourd et un rythme moins monotone, donc...je note, merci beaucoup à toi :)

@MisterBlueberry : Merci de ta lecture également, j'ai bien conscience d'avoir un style trop lourd, comme je l'ai déjà répété plusieurs fois maintenant, j'essaie d'y travailler, c'était encore pire avant - si si, c'est possible :fou: Ben d'ailleurs je suis d'accord sur l'exemple que tu cites, mais en écrivant, la phrase me paraissait fort nue, comme ça - parce que c'est ainsi qu'elle était, au début. Apparemment je devrais un peu moins céder à mes pulsions me disant que le rythme d'une phrase est pas bon et qu'il faut ajouter des trucs :fou:
Par contre pour les pensées du personnage, je l'ai déjà dit aussi, mais c'est justement ce que j'essaie de faire dans ce texte, de les décrire en détails pour donner de la profondeur et de la consistance au personnage, justement. Mais ça devrait s'estomper un peu à mesure que le lecteur apprendra à le connaître.

Ouf. Eh bien voilà, un re-grand merci à tous, et j'espère bénéficier à nouveau de vos avis éclairés quand je posterai la suite - qui est en cours, je ne peux pas être plus précise que ça pour le moment.

Titimathy
Titimathy
Niveau 44
03 août 2010 à 16:45:40

OWIIIIIIIII :bave:

Désolé pour mon léger retard, j'avais plus trop accès à l'ordi ! è_é

Donc voilà j'ai lu, bon malheureusement mon commentaire va sembler insipide et répétitif par rapport aux autres, mais bon... :o))

Comme toujours au niveau du vocabulaire, je le trouve extrêmement riche. J'ai appris des nouveaux mots comme "se morigéner", "flavescent" ou encore "acrimonieuse" (d'ailleurs j'ai l'impression d'être un gros inculte, vu que tout le monde connait ces termes XD). Par contre fuligineux est entré dans mon vocabulaire de base à présent. Bref, je pense que la plus grande difficulté pour toi sera de te maintenir dans le langage "riche" et de pas franchir la barrière du "pompeux", pour l'instant ça va mais on va dire qu'on se rapproche de la limite. Ceci-dit moi ça me dérange pas, j'aime apprendre des mots compliqués et tu maitrises très bien leur "musicalité" je dirais.

Concernant la construction des phrases, elles sont un peu longuettes au début : En cause, l'utilisation abusive des adjectifs et asyndètes. J'ai vu souvent 3-4 qualificatifs s'enchainer et cette procédure est appliquée souvent. J'ai trouvé ça un peu lourd, ça cassait un eu le rythme de la lecture, la fluidité. C'est surtout au début, je précise et même le premier paragraphe en fait, il illustre bien ce fait. Pour le reste j'ai trouvé que ça coulait de plus en plus comme du petit lait. Je me suis laissé bercer par tes descriptions. Je déplorerais peut-être qu'il n'y ait eu QUE des descriptions. Celà-dit c'est parfait pour bien transcrire l'univers apocalyptique.

Je suis très content aussi que tu ne te sois fixée que sur un seul personnage pour ce chapitre, ça a permis de bien le découvrir même si pour l'instant je ne ressens aucune personnalité très "grande" émanant de lui.

En conclusion, un style et un univers étoffé, un écrit de qualité supérieure ! :-d

Ps : Et moi j'adore les subjonctifs imparfaits ! è_é

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
03 août 2010 à 22:03:59

Arf, mais non ton commentaire ne semble pas insipide et répétitif, ne t'en fais pas :) Tous les commentaires sont bons à prendre, de toute façon... sauf les pubs pas du tout subtilement masquées en commentaires ^^" (merci Charly pour le ménage ^^ )

Sinon pour le vocabulaire, "flavescent" je l'utilise pas à tous les coins de rue non plus, "morigéner" et "acrimonieux" m'ont déjà l'air plus courants. Mais comme déjà dit à d'autres, je vais tâcher de fluidifier un peu tout ça.
J'ai d'ailleurs supprimé quelques mots et parties de phrase au début suite aux commentaires.
Pour les descriptions, bah, normalement les choses devraient commencer à bouger au prochain chapitre, là c'était un peu la mise en place de la situation initiale ^^

Et quant au personnage, ben c'est pas trop mon but de faire un personnage super charismatique avec une personnalité de malade :fou: Je veux juste "donner vie" à un personnage crédible, humain, bref presque un personnage qui pourrait exister... c'est assez ambitieux j'imagine, et j'ai bien peur de me casser la figure, mais bon, on verra. Contente que tu aies pu bien le découvrir, déjà :)

Merci du commentaire, cher confrère amateur de subjonctifs imparfaits :)

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
04 août 2010 à 16:14:32

Vieux motard que jamais, n'est-ce pas ?

Donc j'ai lu moi aussi, et niveau commentaire j'ai bien peur de ne rien avoir de très original à dire : mon opinion rejoint celle des autres.

Donc je vais aller assez vite dans mes remarques, surtout que je suis au travail et que ce n'est pas très sérieux :

Les phrases sont très riches et bien tournées, mais peut être justement trop riches : on s'y perd un peu, et le rythme est souvent cassé par l'excès d'adjectifs. Par contre je n'ai rien contre le vocabulaire très soutenu, au contraire je trouve que c'est toujours agréable de voir des mots peu usités.

Niveau histoire, tout est effectivement trop (en italique) décrit. Les sentiments du personnages auraient peut être gagnés à être plus éludés, pour justement gagner en rythme.

Sinon je rejoins les autres sur l'excès d'hyperboles. Par exemple au début tout parait tellement noir, à te lire, que j'ai d'abord cru que le personnage était devenu aveugle, puis, une fois qu'on comprends qu'il voit quand même la lueur de la lanterne, je me suis demandé si ce n'était pas dû à un sort, ou un truc du genre. Alors qu'au final, si je ne m'abuse, on parle juste du fait que les lumières habituelles (éclairage public ?) ne sont plus là à cause du tremblement de terre.

Mais bon ton texte reste très agréable à lire, et au final mon sentiment est plus positif. Quand à juger la qualité de l'histoire, c'est un peu tôt. (ah tiens si, c'est fait exprès que le bruit de bâtiments qui s'effondrent et de failles qui s'ouvrent ne réveillent pas le héros ? Il a le sommeil vraiment lourd)

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
04 août 2010 à 17:17:37

Je vois que tu rejoins les autres sur le style trop chargé, ben une fois encore je suis d'accord et j'essaierai de m'améliorer là-dessus.

Sinon pour le noir, même réponse qu'à Ari : "Et quant à la sur-noirceur/sur-opacité, là par contre, c'est normal et c'est voulu...il me semble dire dans le texte que les étoiles et la lune ont disparu du jour au lendemain, c'est pour ça que tout paraît - et est, en fait - plus noir. "
Pourtant je pensais que c'était assez clair quand je l'ai écrit, tiens, surtout que je le répète quelques fois quand même, qu'il fait plus noir que d'habitude.

Et quant au bruit, bah si, il est précisément réveillé par ça au tout début du texte...

Merci de ta lecture en tous cas :)

MisterBlueberry
MisterBlueberry
Niveau 7
07 août 2010 à 03:30:19

Pas la peine de te réprimer justement, c'est pour ça que je parle de "fatiguer" ton style, parce qu'il y a forcément un moment où tu en auras marre de faire trop compliqué et tu iras naturellement à l'essentiel.

Je me souviens plus où mais j'avais vu que tu avais lu (ça rime)la série de l'Assassin Royal (moi aussi) et si on observe bien Robin Hobb va toujours à l'essentiel sans fioriture. Pour employer une métaphore, ton texte est un aiglon couvert d'un frêle duvet qu'il perdra en grandissant.

En rajoutant des lignes et des lignes à ton histoire tu finiras par automatisé ton style et le réduire, il deviendra "adulte". Tu auras une impression de manque, comme si tu tentais d'attraper quelque chose mais qu'il s'esquivait au dernier moment. Ce "quelque-chose" c'est les fioritures qui allongent inutilement le texte, et que ton envie de perfection tentera vainement de retenir à elle. Tout cela est possible si tu continue et que tu ne t'arrête pas d'écrire. Tu finiras par ne faire qu'un avec le texte, (on dirait un conseil de surfeur) fusionner avec lui comme s'il s'écoulait de ta personne sur le papier. J'espère vraiment que tu continueras ton histoire pour en arriver là.

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
07 août 2010 à 14:11:53

Concernant le bruit, des bâtiments qui s'effondrent, ça ne se fait pas en un instant. Il y a forcément des pans de murs qui vont tomber un peu plus tard que le reste, des charpentes qui résistent avant de rendre l'âme.... Donc que le héros n'entende aucun bruit de ce genre après son réveil, ça ne me semble pas très réaliste, surtout si on suppose que c'est la toute première déflagration qui l'a réveillé. Je maintiens donc ce que j'ai dit...

Sinon concernant le style, je pense tout de même qu'il est très bon, et qu'il suffirait de pas grand chose (quelques adjectifs en moins ?) pour qu'il devienne excellent.

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
28 août 2010 à 14:46:05

Bon, je comptais au départ vous répondre en postant la suite, histoire de ne pas remonter le topic tous les deux jours sans y ajouter de texte, mais ça n'arrivera pas, et je n'ai pas envie de vous laisser complètement dans le vent, donc en m'excusant du délai, je m'en vais vous répondre :

MisterBlueberry : Je te remercie encore une fois de ton commentaire, par contre je ne suis pas très d'accord avec tout ça. Entendons-nous bien, je reconnais qu'actuellement mon style est trop lourd, comme je l'ai déjà reconnu précédemment d'ailleurs, et c'est un des trucs sur lesquels je compte travailler et essayer d'améliorer. Par contre j'apprécie moyennement que tu t'adresses à moi comme si tu connaissais mieux que moi la manière dont j'ai l'habitude d'écrire et comment elle va évoluer, ce qui n'est pas le cas. Surtout quand tu parles de "fioritures" et de mon "envie de perfection", de laisser couler ma personne sur le papier et d'aller naturellement à l'essentiel. Ce que tu as pu lire, c'est en majeure partie le "premier jet", les phrases que j'ai écrites au départ, je n'ai pas l'habitude d'écrire des phrases plus "simples" et puis d'ajouter des fioritures par après parce que j'ai envie de les complexifier, c'est souvent l'inverse : j'essaie en me relisant encore et encore de supprimer des trucs pour simplifier. Mais pas assez, visiblement. Enfin là n'est pas la question, ce que je veux dire, c'est que ce que tu as pu voir là, c'est en majeure partie la façon dont j'écris naturellement, contrairement à ce que tu as pu penser - si j'ai bien compris ton message, en tous cas, sinon, mea culpa. Enfin soit, voilà, merci encore, et j'espère que tu ne le prendras pas mal, peut-être nous sommes-nous mal compris.

Achene : Arf, tu m'ennuies :fou: ...parce que tu m'obliges à spoiler un peu. J'aurais envie de te dire que oui, tu as raison, mais que tu aurais eu des explications par la suite... Enfin, pour te répondre quand même un peu, c'est en partie un texte de fantasy quand même, donc les événements ne sont pas forcément naturels ou d'origine naturelle. Je réalise que ça doit être assez frustrant de se voir répondre ça quand on trouve que quelque chose n'est pas logique, et c'est peut-être un peu facile de ma part, mais voilà...
Quant au style, supprimer quelques adjectifs et adverbes, c'est une idée, oui... J'ai du mal parfois, parce que ces temps-ci j'écris beaucoup en m'imaginant les scènes et je ressens donc le besoin de décrire au mieux ce que je visualise, pour tenter de rendre au mieux l'ambiance que je m'imagine. Mais je vais tâcher de faire des (gros) efforts sur ce point-là, surtout que je m'en rends compte moi-même et que c'est le truc majeur qu'on me reproche d'habitude.
Merci encore à toi pour la lecture et le commentaire.

L'eau a coulé sous les ponts depuis, m'enfin je ne voulais pas non plus sembler m'en foutre de vos commentaires, donc voilà. Sur ce, au revoir.

Nato8888Rifs
Nato8888Rifs
Niveau 10
28 août 2010 à 15:08:57

Mais on aura la suite ou pas ? :-(

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
28 août 2010 à 15:51:02

Pas ici. Mais je ne veux ni faire de vagues ni m'expliquer/me justifier pendant 36000 messages, et il a été demandé de ne pas épiloguer, donc si tu veux en/me parler (et ça vaut pour tous les autres que ça pourrait intéresser aussi, au passage, servez-vous ^^) : elfindelwinterfell at msn point com

MisterBlueberry
MisterBlueberry
Niveau 7
28 août 2010 à 16:53:11

Excuse-moi vraiment pour mon deuxième commentaire Suledhel, c'est vrai que ça faisait affreusement condescendant maintenant que je me relis !

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