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Le Chat

polkan
polkan
Niveau 6
27 juin 2010 à 19:16:32

Voici la nouvelle que j'ai écrite à l'occasion du marathon de l'écriture, et que j'ai sobrement intitulée: Le Chat, car elle parle d'un chat :). Elle est assez courte, et ce n'est qu'une première version, mais au moins elle est finie.
J'ai voulu faire dans l'émotion, j'espère que c'est réussi.

Bonne lecture!

Il était une fois un chat. Oui, un chat. Il avait quatre pattes, une queue, un poil lisse et soyeux qui formait des motifs alternant le noir et le blanc, des yeux verts avec en son centre une ellipse noire qui s’élargissait la nuit lorsque le soleil paressait derrière l’horizon. Bref, un chat. Si vous vous demandez ce que ce chat avait de spécial, alors j’ai le regret de vous informer que vous allez être déçu. Car ce chat était désespérément normal. C’était, un peu, quelqu’un comme vous et moi, comme Monsieur Tout Le Monde, à la différence près que c’était un chat.

Toujours est-il qu’il était issu d’une portée de sept chatons d’une chatte fermière qui avait fricotté avec un honnête matou du voisinage. Ce fier et imposant matou s’était enfui dès qu’il avait aperçu le ventre bedonnant de la mère et avait ainsi laissé notre chat orphelin de père. Comme beaucoup de chats de sa génération il fut nommé Félix.
Après un mois dans l’ombre d’une grange délabrée, passé à jouer avec ses frères et sœurs dans le foin, et avec les nombreux et inoffensifs poussins qu’il se plaisait à pourchasser, notre chaton fut arraché à sa famille.
Son appréhension face à l’inconnu fut de courte durée, car lorsqu’il fut présenté à la famille Lapince, ses doutes s’envolèrent immédiatement, à tel point qu’il en oublia ses frères et sœurs ; il ne sut d’ailleurs jamais ce qu’ils étaient devenus.

Les Lapince habitaient un charmant pavillon dans un quartier qui l’était tout autant. Le père, un homme à la droiture exemplaire et à l’autorité affirmée sur ses congénères, partait tous les matins pour aller travailler et revenait le soir, parfois imprégné de l’odeur de femelles humaines inconnues. Il s’asseyait alors sur le canapé interdit à Félix, regardait la télévision et s’offusquait à chaque fois qu’il voyait un reportage sur la maltraitance des animaux ou sur la politique. « Tous des pourris », criait-il dans les deux cas avec sa gouaille légendaire. Son l’autorité sur la maison était incontestable, mais il savait se montrer attendri envers Félix quand il le fallait, et même quand il ne le fallait pas.

La mère était celle qui restait le plus longtemps à la maison, et par ce fait celle qui s’occupait le plus du chat. Jamais elle n’oublia une seule des deux coupoles de croquettes quotidiennes durant les cinq ans qui précédèrent l’ « évènement ». Elle le caressait très souvent lorsqu’ils étaient seulement tous les deux à la maison, et se confiait parfois à lui, espérant qu’il comprendrait ses tourments, et il les comprenait. Le reste du temps elle feignait de ne pas avoir de l’affection pour lui et il se sentait profondément trahi. Il ne comprit jamais la raison de ce comportement.
Enfin, les deux enfants Lapince étaient ceux avec lesquels le chat s’entendait le mieux. La relation était fusionnelle entre eux. Ils connaissaient toutes les passions de Félix : ils agitaient des fils de laine sous ses yeux, lui lançaient des balles en mousse, couraient avec lui dans le jardin spacieux les beaux jours d’été, et lui laissaient toujours les fonds de yaourts qu’il s’empressait de lécher avec sa langue grippeuse. L’ainé s’appelait Benjamin. Il avait cinq ans au moment de l’arrivée du chat dans le foyer. Le cadet, Kévin, avait le même âge que le chat, et était donc son compagnon de jeu idéal, dès les premiers mois de sa vie. « Regarde chéri, ils sont trop mignons », disait la mère quand elle voyait le chat sauter dans le berceau du petit, qui lui glissait ses tout petits doigts dans son pelage encore tout neuf. La situation était tellement idéale que les parents Lapince se plaisaient à dire qu’ils avaient non pas deux enfants, mais bien trois. Certes, en grandissant, Félix avaient d’autres préoccupations : dormir, protéger son territoire contre les hordes de volatiles toujours plus nombreux, ou perpétuer sa lignée avec la snobe voisine (chose qu’il ne réussit d’ailleurs jamais), mais les jours heureux avec la famille Lapince avaient convaincu Félix qu’il avait déjà vécu ses neuf vies, et qu’il était désormais au paradis.

Mais un évènement allait à jamais bouleverser la vie du chat. C’était un matin d’Avril, le soleil était déjà haut dans le ciel et ses rayons tapaient tellement fort que Félix perdait abondamment ses poils. Un de ces jours calmes qui précède les grands changements.

Il ne comprit jamais pourquoi les Lapince avaient pris cette décision, toujours est-il que ce jour là ils ramenèrent un nouvel hôte. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, il n’avait jamais vu ce genre d’espèces auparavant, mais se douta très vite du calvaire qui l’attendait, peut-être parce que c’était écrit dans ses gênes, que ces ancêtres avaient déjà eu affaire avec ces envoyés du diable. Après quelques jours de disette, il se résigna à affronter la triste vérité en face : il allait devoir cohabiter avec un chien.

La première rencontre fut celle qui détermina à jamais leur relation. « Regarde, on t’a amené un nouveau copain », avait dit la mère à Félix, sous le regard attendri des autres membres de la famille. Le père approcha alors doucement le petit chiot du museau de Félix, puis lorsqu’ils furent vraiment trop près l’un de l’autre, le chiot se mit à aboyer férocement, Félix grommela et donna un coup de griffe avant de monter dans les escaliers. A ce moment il pensa à ces êtres soumis qu’étaient les petits insectes du jardin, ceux qui sortaient du gazon humide, ou ceux qui partaient à toute vitesse à sa vue, et qui le laissait jouer avec leur maison de toile. Nul doute que celui qui se présentait devant lui à cet instant, les babines renfrognées et les yeux dégoulinants de haine, allait se montrer beaucoup moins coopératif. La famille Lapince resta au côté du chiot, et Félix, seul dans l’escalier, sut au fond de lui que rien ne serait jamais plus comme avant.

Les jours qui suivirent, Félix resta dans la chambre de Kévin, sur le coussin qu’il avait spécialement posé pour lui. Il était réveillé par le cri des enfants venant du jardin, ce cri qui lui glaçait le sang. « Max, Max ! ». C’était ainsi qu’ils appelaient la bête immonde qui était sortie des entrailles de la Terre pour faire régner la Terreur chez les Lapince. « Max, Max !! » Ce cri aigu qui tenait plus de l’onomatopée insignifiante que d’un nom propre. Lui au moins, à défaut d’avoir un nom original, en avait un d’évocateur. « Max, Max !! » Un son strident qui berçait ses cauchemars, et qui résonnait dans ses oreilles à tout instant, même dans les rares périodes où il pouvait relâcher son attention.
Félix ne descendait que lorsqu’il avait un besoin pressant ou pour soigner son petit creux, et uniquement lorsque le chien était sorti avec l’un de ses maitres, une chose qui devenait de moins en moins fréquente. Parfois il tombait nez à nez avec le monstre et un combat avait lieu, aussi violent qu’il était court. Et après le combat les Lapince consolaient le chien, tandis que Félix les fixait du haut des escaliers, seul, espérant toujours que l’un des Lapince allait venir vers lui et lui caresser l’échine, pour le consoler au moment où il en avait le plus besoin. Mais cela n’arriva jamais. Pis, les enfants ne jouaient plus avec lui, et il restait seul sur son coussin de fortune.

Au fil des mois, le chien grandissait et Félix comprit qu’il ne pouvait plus faire le poids. Pour éviter le choc des titans, le père eut la bonne idée de monter le bac de litière et les croquettes de Félix à l’étage. Cela l’arrangeait d’autant plus que comme cela, le chien ne pouvait plus imprégner la gamelle de son odeur putride. Au bout de trois mois, Félix ne descendit plus du tout. Il restait sur le coussin à entendre les cris du chien s’amuser dans le jardin avec les enfants. Parfois il se cachait en-dessous du lit, rivant ses yeux vers la porte entrouverte d’où le bruit semblait s’amplifier.

Peu à peu, comme les aboiements se faisaient de plus en plus forts, Félix s’habitua à dormir sous le lit, à même le plancher. Le sol était froid et dur mais au moins il se sentait en sécurité. Kévin retira alors le coussin avec indifférence, et pour Félix le monde se réduisit à un espace sombre et poussiéreux qui semblait ne proposer aucune échappatoire. Une prison de béton où il périrait après une lente agonie. Il avait peine à reconnaitre chez les Lapince les êtres doux et attentionnés qui l’avaient chaleureusement accueilli parmi eux. Ses journées consistaient à dormir dans le recoin sombre du lit, puis à manger à quelques mètres de là la ration de croquettes qui le maintenait en vie.
Les mois passèrent et les jours se répétaient à son grand regret. Parfois, quand il avait le cafard, il descendait quelques marches de l’escalier et intercalait sa tête entre les barreaux. Il regardait les Lapince caresser le chien et rire à chacune de ses pitreries, et se souvenait du temps où il était à la place de ce démon.

L’évènement qui précipita son départ se passa à la fin du mois de Décembre. Le réveillon de Noël était un des grands moments de l’année pour Félix, et il savait que son corps ne tiendrait pas jusqu’à l’âge du vénérable Monsieur Lapince pour qu’il puisse en profiter encore longtemps, et que chaque année écoulée le rapprochait un peu plus de la fin. Cette année-là avait été très spéciale pour lui, et il avait attendu ce jour où il sauterait de nouveau de cartons en cartons laissés vides par Benjamin et Kévin. Au fil des années sa passion pour les cartons d’emballage vides n’avait pas faibli, et les Lapince le regardaient sautiller avec la même fougue, au pied du sapin, au milieu des épines de pin et de la neige artificielle qui tombait doucement dans les cartons. Parfois des flocons se collaient sur sa moustache, et les Lapince riaient aux éclats. Le père amenait le carré de métal et lui envoyait la lumière qui lui brûlait les yeux. Il était heureux au milieu des enfants, qui par la même occasion oubliaient temporairement leurs cadeaux pour ne se consacrer qu’à lui.

Cette année encore, il espérait que le miracle allait avoir lieu, et qu’il pourrait descendre inspecter les cadeaux des enfants. Mais il n’en fut rien. A l’heure d’ouverture des cadeaux, au milieu de la nuit, Félix se réveilla, sortit de la chambre de Kévin et descendit quelques marches de l’escalier. Sa vision fut atroce et lui tortura l’esprit : les enfants avaient déjà déballé leurs cadeaux et Max mordait les emballages de toutes ses forces. Il les coinçait dans sa mâchoire et les secouait énergiquement, sous le regard attendri de toute sa famille. Félix n’avait pas pu cette année accomplir son rituel, et il contemplait morose le spectacle affligeant qu’il accueillit comme un signe, un ordre du destin qui l’appelait au changement. Dans l’ombre des marches d’escalier, il les regardait s’esclaffer, éclairés par les guirlandes multicolores du sapin et les fines bougies placées sur les meubles, à côté des bonhommes de neige, des anges grassouillets et des lutins au long chapeau vert. Ils s’amusaient avec leur nouveau compagnon idéal et pis, ils l’avaient oublié.

C’est à ce moment que Félix mit en place son plan d’évasion : il se rappela soudain qu’il y a quelques années, lorsqu’il était encore un petit chaton, une dame très âgée, plus encore que Monsieur Lapince, avait séjourné dans la maison. Elle restait toute la journée à tricoter sur sa chaise. Parfois, Félix montait sur ses genoux et jouait avec la boule de laine, et elle le caressait avec ses doigts desséchés. Félix adorait cette sensation, et cela faisait trop longtemps qu’il ne l’avait pas ressentie. La vieille dame vivait encore, il le sentait, et s’il y a bien un domaine où le chat égale le chien, c’est bien le flair. Mais elle était loin, très loin. Il devrait sans doute parcourir des centaines de kilomètres à travers un monde qu’il ne connaissait pas. Peut-être que l’extérieur était peuplé de ces immondes créatures machiavéliques, peut-être que la nourriture viendrait à manquer, mais plus rien ne le retenait ici. C’était décidé, il partirait dès l’aube rejoindre la vieille dame, en laissant derrière lui la famille Lapince et espérant oublier l’existence de Max.

Le lendemain matin, alors que les restes de la soirée de la veille n’avait pas encore disparu, Félix descendit des escaliers pour la première fois depuis des mois, et demanda à la mère d’un simple regard d’ouvrir la fenêtre qui donnait sur le jardin. « Tiens, tu as enfin décidé de descendre », s’enquit-elle. Il fit l’air pressé et elle ouvrit aussitôt. Il découvrit le jardin ravagé par le monstre. Les trous jonchaient la pelouse maltraitée, le terrain ressemblait à un champ de bataille. Mais ce qui frappa le plus Félix, c’est que l’odeur de la snobe voisine avait disparu. Apparemment il n’était pas le seul à rester cloitré à l’intérieur pour échapper au chien.
Il prit la direction de la portière en bois, l’ultime frontière qui le séparait du monde extérieur et qui une fois passée le ferait peut-être courir à sa perte. Il prit appui sur ses deux pattes arrière et sans un regard vers l’arrière sauta par-dessus. Il commença alors à longer l’allée de béton qui semblait ne jamais se terminer…

Tout était si différent… Des arbres à perte de vue alignés à l’allée de béton où passaient les voitures. Félix gambadait naïvement sur le trottoir. Tout était calme, le soleil était bien en place malgré le froid. Félix comprit très vite qu’en dépit de tous les kilomètres qu’il pouvait parcourir par la seule force de ses quatre pattes, jamais il ne pourrait atteindre le soleil, qui semblait s’éloigner à mesure que lui avançait. Il continua son chemin sans réfléchir dans la direction que lui donnait son flair. Car son flair ne le trompait jamais.
Rapidement il ne distingua plus aucune trace de ce que les hommes appelaient la civilisation, en gros le territoire où l’homme avait détruit la nature. Il parcourut tantôt des plaines terreuses tellement parfaites qu’il soupçonnait la nature de s’être fait assistée, tantôt des forêts de sapin parfaitement verticaux et ne souffrant pas de l’emprunte du froid, tantôt également des cimetières d’arbres beaucoup moins armés pour résister à l’hiver.

Les premiers jours de son escapade se passèrent relativement comme il l’avait voulu. Il avançait à un rythme constant, son pelage était suffisant pour contrer l’hiver, et par chance ce même hiver lui servait un repas quotidien comme sur un plateau : des oiseaux ou des petites souris qui n’avaient pas résisté au froid. Il se satisfaisait de ces maigres repas, non seulement parce que ses réserves de graisse qu’il avait accumulées chez les Lapince lui permettaient encore de survivre confortablement, mais aussi parce qu’il trouvait dans ces petites bêtes un goût authentique que ne lui offraient pas les croquettes habituelles. Et surtout c’est le calme qui le rassurait le plus sur sa condition : les nuits, dans ces abris de fortune( la plupart du temps des buissons qui formaient un enclos), seul, au milieu de nulle part, il écoutait le silence, le plus profond qu’il n’avait jamais entendu, ne craignant pas l’arrivée intempestive d’un envoyé du diable semblable à celui qui l’avait expulsé de chez les Lapince. Alors il ne s’endormait que lorsqu’il était définitivement certain d’être seul, un silence revigorant qu’il emportait avec lui dans son sommeil.

polkan
polkan
Niveau 6
27 juin 2010 à 19:17:34

Depuis combien de temps était-il parti de chez les Lapince ? Une semaine ? Deux semaines ? Un mois ? Cela faisait longtemps qu’il ne faisait plus le compte des jours, d’autant que la fatigue commençait à se faire sentir. Son flair l’avait amené à longer une de ces lignes de béton qui taillait la nature en deux. Parfois, en pleine nuit, un bruit assourdissant le réveillait, et il voyait entre les feuillages qui le cachaient du monde deux lumières jaunes. Le bruit se rapprochait et à ce moment Félix frissonnait, pensant au chien ( « Max, Max !! » résonnait en trombe dans sa tête), puis à nouveau ce bruit laissa place au silence de la nuit, au vent qui berçait les branchages. Le matin il se réveillait péniblement, et continuait sa longue route vers la terre promise. Il éprouvait de plus en plus l’envie de sommeil. Puis les voitures se faisaient de plus en plus nombreuses, signe qu’il allait bientôt croiser le chemin d’autres hommes. Alors il lui arrivait de tourner son regard vers l’arrière, et il sentait l’odeur des Lapince et celle de Max Max. Il s’arrêtait, quelques secondes, songeant parfois à la possibilité de faire demi-tour. Il était presque à mi-chemin et bientôt il ne le pourrait plus. Puis une image lui revenait à l’esprit, celle des babines dégoulinantes de salives, et des grognements de rage. Alors il détournait son regard et continuait son chemin inévitablement vers la vieille dame qui l’attendait peut-être.

Tandis qu’il scrutait plus soigneusement l’horizon à la recherche de nourriture, il vit une coupole jaunâtre qui obscurcissait le ciel. Comme si son instinct le mettait en garde des frissons s’emparèrent de son corps, car cette coupole était pile dans la trajectoire qu’il devait prendre. Quelques heures plus tard, tandis que son ventre commençait à grouiller sous l’effet de la faim, il aperçut distinctement des bâtiments plus hauts que tout ce qu’il avait vu auparavant. La ville qu’il allait traverser n’avait rien de commun avec ce qu’il avait connu, comme si les maisons s’empilaient en un seul et même endroit.

La lune avait appelé le crépuscule, et Félix arriva épuisé aux abords de cette ville d’une grandeur sans précédent. Pour y entrer il n’avait cette fois-ci d’autre choix que de traverser l’allée de béton où les voitures fonçaient à vive allure dans un vacarme assourdissant. Il avait rencontré sur son chemin nombre de créatures que les roues de ces engins monstrueux avaient arraché à la vie, et se refusait de croire que c’était son destin. Il déglutit une dernière fois, plia ses pattes avant pour amorcer le démarrage et attendit le moment le plus opportun. Soudain il crut voir sa vie défiler devant ses yeux, sa vie d’avant, lorsque tout n’était qu’amusement. Les escapades dans le jardin avec les enfants Lapince, la snobe voisine qu’il se plaisait à admirer de loin, les premières caresses de ses maitres le matin. Ses souvenirs à leur tour s’estompèrent, puis il se lança d’un bond sur l’allée de béton qui déchargeait continûment des hordes de voitures. Il fut attentif à chacune d’entre elles, et dans une succession d’arrêts et d’accélérations il parvint tant bien que mal à rejoindre l’autre côté. Les cris stridents que les voitures lui lançaient à son approche lui avaient temporairement retiré l’ouïe, aussi se décida-t-il à traverser la ville le plus vite possible, conscients qu’en s’y attardant il multipliait les dangers.

L’obscurité avait complètement envahi le ciel, et Félix continuait sa route dans les rues presque vides. Au détour d’une rue il sentit une avalanche de saveurs qui suintaient entre deux bâtiments. Bien que sa raison lui dise d’ignorer son envie, et qu’il aurait tout le loisir une fois libéré de la civilisation de trouver à manger, son estomac vide lui pria de céder à son caprice. Il se dirigea vers le coin sombre et vit un immense bac vert contenant le précieux sésame qu’il aurait pu reconnaitre entre mille odeurs : des restes de poissons pas frais, des morceaux de ce que les Lapince appelaient pizzas et même des fonds de bouteille de lait. Un repas princier digne de tout ce qu’il avait goûté dans sa vie. Il espérait même piéger au passage l’un des rats qui siégeaient dans le garde-manger.
Il escalada le bac et se pencha vers le bas, à la recherche de ce qu’il pouvait trouver de mieux.

Mais soudain il sentit une odeur qui lui rappelait vaguement celle putride de Max Max. Il leva la tête mais trop tard. Le monstre qui se présentait derrière lui avait déjà mordillé sa queue. Félix avait cru voir le pire avec Max Max, mais cette certitude fut éteinte à la seconde où il se retourna. Il sentit ses poils se dresser sur sa nuque et tout le long de son dos. La bête devait peser au moins le poids d’un homme, et son regard diabolique n’avait d’égal dans la peur que ses griffes non acérées, mais amplement suffisantes pour empaler n’importe quel mammifère. Félix le griffa par instinct et le temps qu’il se remette droit, le chien lui laissa le temps de déguerpir. Il galopa vers la sortie de l’impasse et vit le maitre du chien lui barrer la route. Il empestait l’alcool et n’avait pas l’odeur des produits que les Lapince appliquaient sur leur peau et leurs vêtements, juste l’odeur brute d’un humain. « Tu ne passeras pas mon petit », s’écria-t-il. « Rex aura de quoi se régaler ce soir ». L’homme écarta les bras et les jambes de façon à ne laisser aucun passage à Félix. Le chat lui sauta à la figure par instinct et poussa un cri qui le surprit lui-même. Le clochard recula vers la rue et repoussa sauvagement Félix à l’aide de ses mains graisseuses. L’un des ongles créa une faille qui traversa l’œil gauche de Félix, et le chat déguerpit le plus vite qu’il pouvait. Il entendit encore une à deux minutes les aboiements de Rex qui le suivaient, aussi continua-t-il sa course à un rythme constant.

Lorsqu’il fut absolument certain d’avoir semé son assaillant, la civilisation montrait déjà ses premiers signes de retrait. Les allées de béton étaient plus minces et les bâtiments avaient la hauteur de la maison des Lapince.

Trois jours après son face à face avec le clochard et son chien énorme, la plaie que Félix avait à l’œil gauche s’était cicatrisée, mais il n’était pas totalement rétabli pour autant. Sa course effrénée à travers les rues de la grande ville et son escapade dans la campagne limitrophe l’avaient épuisé, si bien qu’il n’avait plus la force de se trouver à manger. Il n’avait plus que la peau sur les os et seul l’espoir grandissant d’arriver à destination lui donner la force d’avancer. Car la puanteur de la ville lui avait troublé son odorat qui, pourtant, ne le trompait jamais. La vieille dame était beaucoup plus proche qu’il le croyait.

Après une semaine, Félix n’était plus qu’un fantôme errant dans la rase campagne, le regard indifférent à son sort et à ses souffrances, tel un baroudeur. L’énergie lui manquait et la douleur se ravivait à son œil. Combien de fois ces derniers jours, au crépuscule, avait-il espéré ne jamais se réveiller et quitter cette vie qui était devenue labeur ? Mais son espoir s’amenuisait avec l’aube, lorsqu’il se réveillait le ventre vide, les membres tremblotants et avec la faiblesse d’un chat à l’agonie. Alors il continuait son chemin sans état d’âme, en pensant parfois aux Lapince, à cette période merveilleuse où ils le poursuivaient dans le jardin des heures entières, à ces instants où il s’installait les nuits d’hiver sur le tapis devant la cheminée. Avait-il fait le mauvais choix en partant ? Bien sûr que non. Si l’image du chien Max Max le hantait encore aujourd’hui, que serait-il advenu s’il était resté ?
Parfois il voyait passer furtivement une famille de lapins, mais son état l’empêchait de les chasser. Ou des oiseaux qui prenaient le chemin inverse, vers le sud pour échapper au froid glacial qui s’était installé durablement. Rien de tout cela ne le faisait dévier de sa trajectoire, de cette chimère qui l’attendait quelque part dans cette grande étendue de champs, à la fin de laquelle il retrouverait enfin le bonheur.

polkan
polkan
Niveau 6
27 juin 2010 à 19:18:22

La vieille dame.
Il la revit à l’aube. L’hiver n’était plus à son paroxysme, même si les fleurs peinaient encore à exhiber leurs couleurs. Une nuit de plus sans manger et il n’était pas sûr de pouvoir se relever.

La maison était grande, gisant au milieu des forêts de chênes.
Il prit conscience que la vieille dame avait connu un parcours similaire au sien, aussi était-il heureux de la voir en compagnie de ses congénères qui à sa grande surprise avaient tous un âge très avancé. En témoigne leur difficulté à se déplacer et, il l’apprendra plus tard, leur mortalité étonnamment élevée.

Il fit le premier pas vers elle. Elle restait immobile dans sa chaise de métal sous un sapin, avec à ses côtés deux autres femmes. Le cœur de Félix battait la chamade, il avait attendu ce moment si longtemps. Il la regarda de ses yeux ébahis, elle détourna son regard vers lui. « Tiens ! Mistigri est venu nous voir. Bonjour Mistigri. » Elle avait beaucoup changé. Son état avait empiré, mais elle respirait toujours une joie de vivre communicative. Elle se pencha vers le bas et appliqua sa main sur la fourrure du chat. Il sentit à nouveau les plis de la peau imprégner son pelage, il était heureux, oubliant la douleur et la faim. Et qu’importe si elle ne le reconnaissait plus (elle l’avait appelé Mistigri, et il ne sentit pas en elle le sentiment de surprise), et qu’importe si son manque de graisse lui empêchait de ressentir l’effet d’autrefois. Les deux autres vieilles dames s’approchèrent de lui. Il remarqua avec satisfaction qu’elles lui faisaient le même effet au toucher. Il montra son dos longuement aux trois femmes et ni lui ni elles ne se lassaient de ces caresses.

Soudain, la vieille dame qu’il connaissait déjà s’enquit : « Tiens ! Mistigri est venu nous voir. Bonjour Mistigri ». Puis tourna la tête et vit un autre chat débouler des buissons avoisinants, suivi bientôt par une dizaine d’autres. A chaque passage de chats la vieille dame répétait machinalement cette même phrase : « Tiens ! Mistigri est venu nous voir. Bonjour Mistigri. » Et les chats passaient et repassaient devant les trois femmes qui les caressaient de plus belle. Félix fit de même, et les autres chats l’accueillirent dans leur troupeau comme s’il avait toujours été l’un des leurs. Il avait un nouveau foyer : ce jardin où trônaient fièrement les chênes, en compagnie de ses congénères. Plus tard dans la matinée, des femmes plus jeunes en blouse blanche leur apportèrent des morceaux de viande et des croquettes. Félix se jeta dessus sans réfléchir, et il y en eut suffisamment pour nourrir tout le troupeau.

De tous les chats logeant dans ce jardin, aucun n’était un néophyte. Tous avaient connu leur part de misères et de douleurs, abandonnés au bord de la route ou nés dans des taudis sans nom, sans espoir d’avenir radieux. Alors ils s’étaient retrouvés ici, profitant de la nourriture qu’on leur amenait quotidiennement et de la compagnie des pensionnaires de la maison de retraite. Ils attendaient la mort avec un sentiment de paix, comme si, en atterrissant ici, ils avaient eu le sentiment du devoir accompli. De tous les chats présents, Félix était le seul à avoir couru après un élément de son passé. Il ne l’avait pas vraiment retrouvé, la vieille dame ne l’ayant pas reconnu, mais il s’en accommodait. Il était lui aussi en paix avec lui-même.

Pendant 5 ans il vécut ainsi au jour le jour, sans se préoccuper de rien. Il avait repris son poids habituel au bout de quelques mois, et seul restait de son trajet titanesque la cicatrice de son œil gauche, qui lui donnait un air de vieux briscard. C’était un peu ce qu’il était devenu, accueillant avec indifférence chaque décès parmi le troupeau pendant l’hiver. Car l’hiver était la seule chose qu’il craignait, aucun d’eux ne se finissait sans la mort d’au moins un des chats. Il s’en fichait, tant que ce n’était pas lui. D’abord il y eut cette femelle d’à peine deux ans qui s’était faite piégée par le froid glacial de la nuit, la première année après l’arrivée de Félix, puis ce vieux matou gris la deuxième année, celui qui faisait un peu office de chef. Le quatrième hiver fut particulièrement mortel, et à l’issue de celui-ci ils n’étaient plus que deux : Félix et ce chat noir qui venait d’arriver, et qui succomba durant le cinquième hiver.

Félix était donc seul, et il s’en satisfaisait. Il allait chercher les caresses et la nourriture quotidienne comme à son habitude, malgré que l’effectif des vieux humains était lui aussi changeant. Mais il restait toujours cette vieille dame que Félix avait connue chez les Lapince.

Un jour, il se réveilla en sursaut. Quelque chose était différent. Il ne sentait plus l’odeur de la vieille dame. Elle était morte, croyait-il. Il en était même sûr, car son flair ne le trompait jamais.

L’après-midi, la maison de retraite reçut des invités pour le moins surprenants. Félix sortit sa tête des buissons et scruta l’entrée du domaine, car il avait décelé une odeur familière. Il vit arriver la famille Lapince au grand complet. Les parents n’avait que peu changé, mais que les enfants avaient grandi ! Ils étaient tout de noir vêtu et se forçait à paraitre tristes. Ils restèrent environ une heure dans la maison, puis en ressortirent. A ce moment, Félix pensa à aller à leur rencontre. Peut-être le reconnaitraient-ils aussitôt ? Peut-être le prendraient-ils dans leurs bras et ils s’esclafferaient de l’avoir retrouvé? Puis ils l’emmèneraient avec eux. Et alors tout redeviendrait comme avant. Les courses dans le jardin, les confessions de la mère, les cartons de Noël. Il choisirait son endroit où dormir, voici le sien : une chaise en bois ornée d’un coussin, dans le salon. Il surveillerait les allées et venues incessantes des Lapince, et récolterait une caresse à chaque passage. Autant de raisons pour lesquelles il devait les rejoindre. Mais il se refusa de le faire. Il avait décelé une autre odeur, qui semblait venir de leurs vêtements. Celle du monstre, de Max Max, qu’il n’avait jamais réussi à oublier. Il savait que ce chien était encore parmi eux. Il le savait, car son flair ne le trompait jamais. Alors il rentra furtivement sa tête dans les buissons, se mit en boule et se résigna à rester ici, jusqu’à la fin de sa vie, dans un endroit qui ne souffrirait pas de l’emprunte du mal…

Seul, comme il a toujours été.

apoloj
apoloj
Niveau 7
28 juin 2010 à 09:51:16

J'ai lu.
C'est plutôt bien écrit, même si quelques fautes d'inattention. Mais ça ne gêne pas du tout la lecture. Il ne me semble pas avoir lu un de tes textes auparavant, donc j'ai pas vraiment d'objet de comparaison, mais on sent que tu prends soin de la langue française, et c'est déjà un bon point ! :-)

Je vais être direct : tu dis avoir voulu faire de l'émotion, mais pour moi ça l'a pas fait. Je pense que c'est passé pas très loin de la réussite, mais y'a plein de petits détails qui font que je suis pas entré dans l'histoire comme j'aurais du. J'ai un peu de mal à savoir pourquoi, alors je vais lancer quelques pistes :

- ça parle d'un chat : Bon, honnêtement, je sais pas si c'est vraiment lié à ça, mais peut-être que l'identification s'est pas produite parce que le protagoniste principal est une boule de poil. Mais je pense que ça aurait pu le faire, quand même.

- Le style : Tu hésites pas mal dans ton style et dans le vocabulaire employé. Tu essaies d'adopter le point de vue du chat, mais y'a quelques ratés. Faut choisir ton camp :-) Parfois tu parles d'objet inconnu, tu en donnes pas forcément le nom ou tu sors une phrase du style "ce que les humains appelaient pizzas", et là, pour le coup c'est efficace, on sent qu'on est dans l'esprit du chat. Et d'un autre côté, parfois, y'a un truc qui gâche l'immersion. C'est tout con, mais quand tu dis qu'il voit une bête inconnue et, tout de suite tu dis que c'est un chien. Moi, j'me dis : "Merde, comment il le sait que ça s'appelle un chien?" et je sors quelques secondes de l'histoire. ça réapparaît quelques fois.

- Le chat en lui-même : Je suis pas expert en chat, mais il me semble qu'il y a quelques trucs qui sont pas très "félins". Genre l'odorat n'est pas aussi développé que celui des chiens, c'est beaucoup plus la vue et l'ouïe. J'ai eu beaucoup de chats ( mes parents en ont encore une dizaine, là ^^ ), mais ça ne fait pas non plus de moi un pro, mais ça m'a fait tiquer. Après c'est peut-être du à une méconnaissance de ma part. tu t'es renseigné avant ?

- L'émotion en elle-même : elle est très humaine. C'est ce qui m'a gêné. Je vois mal un chat ressentir les choses de la même manière que nous, en se rappelant le bon vieux passé. T'aurais peut-être du axer ça sur des sensations, plus que des souvenirs précis. Des bruits, des odeurs, des images fixes. Tu le fais parfois très bien, mais y'a ces passages de souvenirs qui m'ont fait sortir de ma lecture et me poser des questions.

Bref, en me relisant, j'ai l'impression de n'avoir fait que des critiques, mais mon commentaire est basé sur ce que tu dis en intro et qui ne l'a pas fait pour moi. C'est vraiment de petits détails à repenser/corriger pour que ça le fasse vraiment. Hormis ça, faut avouer que c'est bien écrit, que je sens pas mal de potentiel. je lirais d'autres textes histoire de voir ce que tu fais. J'ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

Merci à toi, et bon courage pour la suite.

polkan
polkan
Niveau 6
28 juin 2010 à 18:54:02

Merci d'avoir donner des impressions aussi précises. Je vais essayer de me justifier sur chacun des points.

-Pour le choix de prendre un chat comme personnage principal: Les premières phrases de mon récit ont été faites justement pour comparer le chat à l'homme, faire un lien. Apparemment, j'ai foiré mon effet...

-Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le vocabulaire utilisé, j'hésite trop entre deux style. Je n'arrive pas à trouver assez de périphrases naïves des objets. C'est un point à revoir pour moi.

-Le chat a un odorat assez développé, pas autant que le chien mais quand-même. Et puis le fait de comparer son ododrat au chien, comme je prends le point de vue du chat, c'est pour montrer la jalousie du chat.
En fait, ce qui m'a inspiré, ce sont ces histoires vraies de chats qui retrouvaient leurs maitres à des centaines de kilomètres. Ce n'est pas expliqué scientifiquement, mais moi j'ai mis ça sur le compte de l'odorat.

apoloj
apoloj
Niveau 7
29 juin 2010 à 10:00:41

Hop,

Non, non, je te rassure, on ressent bien l'effet recherché. De toute façon ma première remarque était anecdotique. J'avais un peu de mal à voir d'où venait le fait que je n'étais pas entré dans ton texte, émotionnellement parlant, du coup j'ai lancé plusieurs pistes. Je ne pense pas que ce soit réellement lié à ça au final. Avec un peu de recul, je me suis rappelé que Carnavale avait réussi à me toucher en personnifiant un e-mail, donc bon...

Pour le deuxième point, soit tu décides d'utiliser l'anologie à l'homme jusqu'au bout et du coup les périphrases naïves, comme tu dis, ne sont plus réellement nécessaires, soit tu te lances dans l'idée d'adopter le point de vue d'un chat et là, oui, y'a des choses à revoir. Je pense que dans les deux cas, ça peut donner quelque chose de vraiment pas mal.

Ok, pour le dernier point. Au moins, on sait que c'est un parti pris pour l'odorat et du coup, je comprends mieux ton texte. :-)

UltimaNotte
UltimaNotte
Niveau 3
02 juillet 2010 à 16:12:23

Hey !

Bon, comme ApoloJ je voulais faire remarquer ce "problème" de vocabulaire, le chat connait la télévision mais pas l'appareil photo, mais tu as déja répondu a ce point.

Dans ton intro, les verbes "être" et "avoir" son trop utilisé, cela fait un peu lourd.

Que le personnage soit un chat ne m'a pas vraiment perturbé, c'est plus original que si cela avait été un homme.

Pou l'émotion, s'est vrai que je n'ai pas vraiment ressenti grand chose en lisant, même si j'ai lu ton texte avec beaucoup de plaisir, je n'ai pas eu cette "flamme", cette pointe au cœur. On sent bien les sentiments du chat, la détresse, la lassitude, la panique, mais ces sentiments restent "accrochés" au chat.

Pour les détails, tu dis que le chat fut adopté par les Lapince presque a sa naisance et qu'il vécu avec la famille pendant cinq ou six ans avant de partir, et le chat dit qu'il s'approche de la fin , qu'il a de plus en plus de mal a se lever etc... le chat n'a que sept, huit ans maximum, or si je ne me trompe pas ( j'ai moi meme des chats), ces animaux ont une longévité assez longue, une quinzaine d'année voir meme une vingtaine. J'ai donc été étonné d'entendre ce chat se plaindre de son age "avancé" alors qu'il n'a pas encore atteint la moitié de sa vie.
Autre détail, le passage dans la ville est très bien écrit, simplement a t'entendre, les trottoirs sont désert, tu parles des immeubles (d'une manière qui m'a beaucoup plus d'ailleurs^^), des voitures ( avec un vocabulaire déjà plus humain) et d'une poubelle. La ville se limite-t-elle à sa ? Tu ne parle pas des passants, des autres animaux qu'il aurait pu rencontrer, des restaurants, des animation, des lumières, des sons, à croire que le clochard est le seul piéton et que au passage du chat tous le monde ferme les volets et éteint les lumières pour lui faire croire qu'il n'y a personne. Évidemment le chat traverse la ville la nuit, on peut comprendre qu'il n'y ait pas foule, mais pour le coût c'est une véritable ville fantôme. A un moment tu parles des rues presque vides, mais sans plus, je ne sais pas de quel ville tu t'es inspiré mais je n'aimerais pas y habité, cela m'a l'air très déprimants.
Enfin, dernier détail, tu dis que le clochard écarte les bras et les jambes pour empêcher le chat de passer... cette position peut bloquer un Homme de passer, mais pas un chat, ce dernier peut toujours s'enfuir sans être gêné.

Je m'excuse de m'attarder sur de tels détails mais c'est la seul chose que je pouvais faire, le reste du texte est très bon, on le lit avec facilité et les phrases s'enchainent sans de manière fluides. Grâce à toi j'ai lu un texte de qualité et qui m'a laisser une bonne impression ainsi qu'une envie de lire tes autres textes ( si tu en as).

Voila de mon coté ce que j'ai a dire

P.S: Désolé pour mon orthographe :p

polkan
polkan
Niveau 6
03 juillet 2010 à 10:45:49

Merci pour tes commentaires avisés UltimaNotte. Je pense que ce texte mérite que je le reprenne. Et tous vos conseils m'ont donné envie de le faire! Je posterai sûrement le texte avec corrections si ça avance bien.

Sinon, pour mes autres textes, il y a bien Le Tombeau du Mal, une histoire d'HF que j'avais commencé de poster, mais que j'ai arrêté( de poster, pas d'écrire) faute de commentaires. Il doit être en deuxième ou troisième page, mais c'est à des années lumières de cette histoire avec le chat et c'est plus ambitieux. Si tu as le temps et si l'HF ne te rebute pas, va y faire un tour :ok:

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