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Le Tombeau du Mal

polkan
polkan
Niveau 6
12 juin 2010 à 16:48:52

Bon, ça fait quelques jours que je traine sur ce forum et je me décide enfin à poster une contribution.
J'ai commencé un roman d'HF (j'en suis à quarante pages,3 chapitres) et même si je n'ai pas trop le temps de continuer j'aimerais avoir vos avis et vos conseils. Je posterai au fur et à mesure si ça intéresse.
Voici le prologue:

Au fond de la salle du trône, accrochée au mur principal, la toile majestueuse semblait régner sur les lieux, tel un immense diamant qui attirait tous les regards, et qui défiait quiconque le voyait de percer le secret de l’extraordinaire pouvoir qui semblait en émaner. Cela faisait 800 ans que la peinture hurlait de toute son âme le récit des origines du royaume unifié de Terrakren-Edenia. Le peintre avait puisé l’inspiration dans le sang et les larmes des grandes batailles d’autrefois, dans les heures les plus sombres du monde où s’est forgé le destin des hommes. Le roi, seul, regardait la scène. Son regard ne pouvait s’en détacher. Comme à chacune des épreuves qu’il devait endurer, il contemplait le symbole du combat de ses ancêtres, comme une fontaine de jouvence où il allait puiser la force de continuer à se battre, malgré le mal qui ne cessait de le ronger de l’intérieur en détruisant son entourage à petit feu. « Le Tombeau du Mal », tel était son nom, montrait un immense paysage de désolation dans lequel les anciens bourreaux de l’humanité menaient leur dernière tentative de renverser la dynastie royale. La bataille semblait traverser le mur et continuer à l’horizon. A gauche les orcs, agglutinés contre un flanc de falaise, jetaient leurs dernières forces. Dans la brume noire, les tours mobiles, fleurons de l’armada du Mal, se dressaient enflammées comme de gigantesques remparts qui fondaient sur l’armée unifiée des hommes. Les lances, les flèches, les boulets de canons et mêmes les haches et les épées pleuvaient des deux côtés. Les chevaliers du roi encore debout, portant de lourdes armures d’un gris étincelant, levaient leurs armes et leurs boucliers contre l’envahisseur, et semblaient foncer vers leurs proies, faisant reculer le crépuscule. Leur élégance contrastait avec l’apparence répugnante et dépouillée des orcs, qui portaient des lambeaux sales en guise de vêtements. Leurs sourires qui glaçaient le sang laissaient apparaitre des dents crasseuses à ceux qui en avaient encore. Leurs cheveux étaient pareils à un amas de fils de laine secs et cassants. Dans les deux camps les cadavres jonchaient le sol, comme un champ d’âmes meurtries par la guerre, les membres éparpillés étaient autant d’obstacles à la progression des deux armées. Mais au premier plan, le roi Astor, vaillant ancêtre de Torebor, se tenait fièrement, le buste en avant et regardant le ciel, avec à ses pieds deux hommes qu’il avait liés à jamais à la mort. L’une des victimes d’Astor était tout de noir vêtue. Ses habits laissaient deviner à quel point il était un ennemi respectable, et il aurait paru juste endormi si la flaque de sang qui trouvait sa source à sa poitrine n’avait pas rappelé son sort. L’autre victime portait une houppelande rouge noircie par la crasse. Son regard vide ne pouvait tromper sur sa condition, ainsi que le pied d’Astor qui chevauchait le buste de l’assaillant.

La ressemblance était frappante entre Torebor et son illustre prédécesseur, et en le regardant le roi s’imaginait à sa place, oubliant un instant qu’il lui fallait un long chemin pour avoir le mérite du héros peint sur la toile. Il avait l’habitude de la regarder pendant de longues heures et ce matin il n’y avait personne pour le déranger. C’est bien ce qui l’inquiéta. Paralysé par la peur, ses yeux qui scintillaient ne pouvaient se détacher de la vision du guerrier. « Astor, je ne serai jamais à ta hauteur », se disait-il, essayant de bloquer ses larmes à l’entrée de ses paupières. Le silence de la salle lui hurlait aux oreilles et le ramenait une nouvelle fois à une vision horrible, un sentiment traumatisant qui trahissait sa faiblesse depuis qu’il avait pris le pouvoir. Car il l’avait déjà ressenti deux fois, et savait à quelle épreuve il allait devoir faire face. Si la salle du trône était si calme à cette heure, c’est qu’une autre partie du château avait attiré l’attention des employés de la cour. Quelque chose d’horrible s’était passée, quelque part dans son propre domaine. Il avait hérité de ce sentiment de son père, qui l’avait lui-même reçu de son père et ainsi de suite. Depuis plusieurs générations, le Mal était revenu et c’était désormais à Torebor de trainer la douleur familiale comme un boulet, et jamais il ne lui était venu l’occasion de s’en débarrasser…

Voilà, à noter que c'est une histoire assez sombre où la psychologie sera mise en avant.

Playdoux
Playdoux
Niveau 7
13 juin 2010 à 16:00:10

J'aime bien pour le moment. C'est bien, c'est assez long pour un prologue :ok: .
Je vais peut être suivre, si tu poursuis.

Bon courage a toi :p)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 13 juin 2010 à 17:58:27

Hello,
Contrairement à Playdoux, je trouve ça assez court, même pour un prologue. Pour la suite, hésite pas à poster plus de deux pages, ça fait pas vraiment peur aux gens d'ici.
Bon par contre, c'est pas le tout de dire ça, mais encore faut-il savoir ce que j'en pense.
J'aime bien.
Y'a un côté cliché tolkiennien totalement assumé, rien qu'avec le "Mal" qui rappelle inévitablement Sauron, pareil pour le Torebor et Astor qui font fort Aragorn / Isildur, même si ici c'est légèrement différent puisque Torebor craint de ne pas être à la hauteur d'Astor alors qu'Aragorn craint d'être aussi "faible" que son aïeul.
Vu que c'est un prologue, court en plus, je vais pas me prononcer plus longtemps sur le fond.
Pour ce qui est de la forme, il y a à mon avis quelques lourdeurs, dès la première phrase.
"Au fond de la salle du trône, accrochée au mur principal, la toile majestueuse semblait régner sur les lieux, tel un immense diamant qui attirait tous les regards, et qui défiait quiconque le voyait de percer le secret de l’extraordinaire pouvoir qui semblait en émaner."
Pour moi, on pourrait facilement rendre le tout plus digeste en disant, par exemple, "Au fond de la salle du trône, la toile majestueuse, immense diamant attirant tous les regards, semblait régner sur les lieux. Quiconque posait les yeux dessus tentait irrémédiablement de percer le pouvoir qui semblait en émaner.". Après tu en fais ce que tu veux, je sais pas exactement comment tu travailles, mais j'avais repéré quelques autres phrases qui posaient parfois problème à la compréhension.
Au passage, pour celle là, qu'est-ce que tu entends par "mur principal"? Si tu me dis "mur du fond", ou "mur latéral", je peux comprendre, mais c'est quoi le mur principal?

Enfin voilà, il y a quelques lourdeurs (quoique j'ai tendance à faire les mêmes) qui pourraient être évitées, mais je lirai la suite.

polkan
polkan
Niveau 6
13 juin 2010 à 18:32:37

Salut,

Pour la longueur, mes chapitres sont assez longs et la prochaine fois je posterai plus de pages, promis.

Le "cliché tolkiennien" est en effet totalement assumé, surtout que si j'arrive à mes fins(en l'occurence à finir l'histoire), ce sera un peu plus compliqué qu'une simple lutte entre le bien et le mal.

A noter que je traiterai les deux périodes: celle du présent (de Torebor) et celle du passé(d'Astor), qui sont comme tu t'en doutes intimement liées.

Pour ce qui est des lourdeurs je vais essayer d'y remédier. Et merci aussi pour le "mur principal", c'est dingue comme quand on écrit on passe à côté d'énormités. Ce mur indique évidemment le mur du fond.

En tout cas merci pour vos avis, je posterai certainement la suite demain.

fabtueur
fabtueur
Niveau 8
16 juin 2010 à 15:23:12

accumulations de clichés.
Ca ne me plaît pas, peut-être que ça plaira à d'autres...
Si on ne dépasse pas les normes dans un heroic-fantasy, le lectorat use de l'imagination déjà visité dans la lecture d'un best-seller.
Et il finit lamentablement dans leur comparaison stérile.
Bien évidemment le plus médiocre dans les idéaux (idée + idéal) passe à la trappe au profit de celui qui va au delà du simple stéréotype.

polkan
polkan
Niveau 6
16 juin 2010 à 19:00:11

Désolé que ça ne t'ai pas plu :-(
"accumulations de clichés" ça me fait un peu peur dans la mesure où je n'ai quasiment rien écrit.
Si ça peut te rassurer les personnages présentés pour l'instant ne sont pas les personnages principaux, et j'en ai peu dit sur l'histoire.

Le chapitre 1 n'est évidemment pas fini. Pour ceux que ça intéresse, le temps de quelques rectifications et je poste la suite demain. Sinon, n'hésitez pas à donner vos avis, même négatifs (surtout négatifs), ça ne peut que m'aider.

Quartrez
Quartrez
Niveau 10
17 juin 2010 à 00:00:07

C'est quand même pas mal. Ça n'a rien d'exceptionnel, ça ne se démarque pas vraiment non plus (D'ailleurs, effectivement, ton histoire a un côté cliché tolkien totalement assumé) mais c'est pas mauvais.

Par contre je dois t'avouer avoir eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. C'est peut-être parce que les descriptions sont trop longues (Décris les lieux en détails uniquement quand tu présente un lieu ou un personnage pour la première fois dans ton histoire. Quand il y a déjà de l'action, essaie de faire court, sans être vague cependant). Certaines descriptions devraient rester brèves si les détails n'apportent rien à l'histoire. Un bon lecteur devrait être en mesure d'ajouter les éléments absents de ton texte. Par exemple...

"Teren surpris par cette question alors qu’il tentait de se faufiler entre deux femmes imposantes discutant au milieu de la foule, ne sut que répondre."

Aurait pu être simplifié par :

"Teren, qui tentait de se faufiler entre deux femmes imposantes, fût surpris par cette question et ne sut quoi répondre."

Tu mets de l'action dans une description servant déjà l'action principale de ta phrase. À la limite, isolé du contexte, tu aurais pu mettre :

"Teren tentait de se faufiler entre deux femmes imposantes qui discutaient au milieu de la foule."

Mais là, t'as déjà une action (Teren est surpris par la question), une description (Il tente de se faufiler entre deux femmes), et en plus tu mets une autre couche (Les deux femmes discutent au milieu de la foule). À mon avis, c'est trop. Mais après, tu fais ce que tu veux...

Sinon, bonne continuation, tu as dis que les personnages que tu nous as présenté dans ton histoire ne sont pas les personnages principaux. Ça laisse place à la curiosité, mais en même temps, t'es déjà dans le premier chapitre que tes personnages principaux sont encore de parfaits inconnus... Attention de ne pas les introduire trop tard car là y a deux choses qui peuvent se passer :

- Soit tu prends le temps de bien nous faire connaître tes personnages. Dans ce cas, le lecteur va probablement se délaisser de ton histoire car il va trouver que l'histoire ne mène nulle part.
- Soit tu néglige la présentation de tes personnages principaux et tu vas dirèctement dans l'action, ce qui peut faire que le lecteur ne s'attache pas aux personnages principaux. Car à moins que ces personnages principaux soient mentionnés avant même qu'ils ne soient introduies (ce qui peut être très bien selon moi car là, au contraire, ça pique la curiosité du lecteur et il va s'intéresser à la découverte des personnages)

Après, tu fais ce que tu veux, ce ne sont que mes suggestions personnelles.

polkan
polkan
Niveau 6
17 juin 2010 à 17:38:14

Quartrez --> Merci pour ton avis et tes conseils! C'est vrai que j'ai un peu tendance à décrire trop pendant les actions. Je vais prendre en compte ceci pour la suite et pour une éventuelle "version 2.0".

"Car à moins que ces personnages principaux soient mentionnés avant même qu'ils ne soient introduies (ce qui peut être très bien selon moi car là, au contraire, ça pique la curiosité du lecteur et il va s'intéresser à la découverte des personnages)"
-->ça tombe bien c'est exactement ce que je voulais faire

polkan
polkan
Niveau 6
18 juin 2010 à 16:26:05

Chapitre 1 (suite mais pas fin):

Ils arrivèrent devant l’une des tours principales du château qui pouvait se voir à des dizaines de kilomètres à la ronde. La tête penchée vers l’arrière, Teren resta la bouche grande ouverte à essayer de fixer des yeux le sommet de la tour, mais il n’y arrivait pas. Elle semblait monter jusqu’au ciel. Il se rappela le jour où il arriva à Altanis, ces tours furent la première chose qu’il vit de la grande cité blanche. Quand il les aperçut il fut soulagé d’être enfin arrivé. Pourtant, il lui fallut encore de nombreuses heures à cheval pour atteindre sa destination.

Waylor mit la clé dans la serrure.
-Sais-tu pourquoi ces tours sont si grandes ?, lui demanda-t-il.
-J’imagine que c’est parce qu’elles contribuent au rayonnement d’Altanis. Plus les tours sont grandes et plus elles montrent le pouvoir et l’influence du roi à travers le royaume.
-Faux. Si les gens qui les ont construites avaient suivi cette logique, elles seraient deux fois moins grandes.
L’inspecteur ouvrit la porte, il laissa Teren sur sa faim. Ils entrèrent dans le palais par la tour. Il paraissait encore plus immense de l’intérieur. Les fenêtres titanesques montaient presque jusqu’au plafond. L’immense couloir était tellement long qu’on ne pouvait en voir la fin. Chaque bruit de pas résonnait comme un orchestre et l’air déposait ses caresses glaciales sur les joues du jeune apprenti. Le large tapis rouge bordé de fines dentelles les invitait à avancer dans le couloir désespérément vide. Le visage de Waylor eut soudain l’air de se contracter, Teren ne pouvait cacher son inquiétude.
-Peux-tu cesser de me regarder s’il-te-plait ? Malheureusement, ce n’est pas la première fois que je viens ici. Quand tu seras amené à me remplacer, dis-toi qu’une invitation au château n’est jamais une bonne nouvelle. Tu en sauras la raison dans quelques instants.

Les portes du couloir, hautes comme cinq hommes et faites de bois gravé, donnaient sur les chambres des nombreux membres de la famille royale. Par principe, le roi ne pouvait manquer de respect à sa grande famille en ne soignant pas son accueil, ainsi cette partie non-négligeable du palais était réservée aux frères et sœurs de sang de Torebor. Il y avait le plus souvent des oncles, des tantes, des cousins, cousines ainsi que des membres plus éloignés de lui encore. Occasionnellement, il y recevait également des amis et des proches collaborateurs, comme de riches marchands ou des grands noms de l’armée royale. Torebor avait déjà proposé une chambre à Waylor, jugeant que son action serait plus efficace s’il était constamment sous sa surveillance. Mais malgré tout le luxe des chambres de ce palais, Waylor déclina sa proposition, car même s’il ne l’avait jamais avoué à personne, il ne portait pas le roi dans son cœur. Pour lui, c’était un homme commun qui par un heureux hasard, s’était retrouvé à la tête du royaume. Non pas que sa lignée n’ait jamais compté d’honnêtes et valeureux héros du peuple, mais le courage et la force supposément contenus dans le sang royal s’était largement estompés au fil du temps.
Waylor s’arrêta net devant l’une des portes dans le couloir toujours étonnamment vide, et Teren qui le suivait de près faillit le bousculer.
-Voilà, c’est ici que le valet m’a demandé de venir, dit-il.
Avant de rentrer il prit le temps de donner quelques explications à Teren.
-Ce que tu vas voir dans quelques secondes va te sembler complètement irréel. Sache dès à présent que le monde dans lequel tu as grandi n’est pas celui que tu crois. C’est un moule où il fait bon vivre actuellement. Mais les rois qui se sont succédés ont voulu refermer les blessures de notre monde trop rapidement, et aujourd’hui elles ressurgissent de façon plus vive. Je sais ce que tu te demandes. Où veut-il en venir ? Je préfère que tu vois les choses d’abord par toi-même avant que je ne t’explique tout en détail. Mais d’abord juste une question : As-tu déjà entendu parler de la brigade des assassins ?
-Non, répondit Teren qui semblait à la fois terrifié et intéressé.
-C’est bien ce que je pensais. C’est typique du vieux Baduk ça. Il veut former des inspecteurs sans leur parler de la brigade des assassins. C’est comme les envoyer directement au bûcher. Que le Mal l’emporte dans sa décadence.
Waylor gloussa et mit une main sur la poignée de porte en bronze.
-Quand j’aurais ouvert cette porte, reprit-il, tu prendras conscience de l’immense responsabilité qui pèsera sur tes épaules quand je ne serai plus là. Je suis désolé de te dire ça maintenant, mais n’espère plus être heureux désormais. Moi-même j’ai abandonné ce rêve depuis bien longtemps. En voulant devenir inspecteur tu n’as pas choisi la voie de la facilité. En voulant devenir inspecteur du roi tu as mis un pied en enfer.

Waylor détourna son regard et ouvrit la porte. Une lumière presque aveuglante en sortit, et les yeux du jeune Teren mirent plusieurs secondes à s’en accoutumer. La pièce était à l’image du palais : démesurément grande, avec un goût prononcé pour le luxe et le raffinement. Perchées sur le mur, les vitres étincelantes déposaient leurs lambeaux de lumières sur la douceur des moquettes splendides du sol, elles semblaient filtrer les nuages, ne laissant apparaitre que le soleil radieux. L’argentier en bois précieux portait des vases en porcelaine finement illustrés par des fleurs multicolores et un portrait en marbre du roi Torebor. Sur l’un des murs une fresque représentait un champ de bataille rempli de lances et de flèches virevoltantes. Une dizaine de valets et de domestiques s’agitaient en cercle au beau milieu de la chambre. Un valet se présenta devant Waylor. Il avait le visage pâle et une mine des mauvais jours.
-Bienvenue Inspecteur.
-Dites aux employés du palais de s’éloigner de la victime. J’aimerais pouvoir l’examiner calmement, bien que je doute que cela soit nécessaire n’est-ce pas ?
-Effectivement. Cette scène vous semblera très familière, lui dit-il tristement. Sauf que là, la victime devrait faire encore plus de peine au roi.

Waylor se précipita vers le cercle de curieux. Teren le suivit de près. La victime était un homme d’une quarantaine d’années très enveloppé. Sa tunique royale étaient à peine froissée, et autour de son cou étaient encore accrochés de multiples colliers d’or et de diamant. Il était allongé sur le dos, les bras ballants et la bouche grande ouverte. Du sang coulait abondamment de sa poitrine et occupait une zone très étendue de la moquette.
Le valet fit un périmètre de sécurité autour des deux inspecteurs et de la victime avec des cordages.
-Le frère du roi, pensa tout haut Teren.
Waylor sortit une feuille et un fusain de sa poche et commença à dessiner le cadavre gisant à ses pieds. Son esprit avait l’air à peine dérangé par la macabre découverte. Teren inspecta plus attentivement le corps. Le regard du défunt semblait encore rire aux éclats. Faror, le frère de Torebor, était connu pour son addiction irraisonnée aux voluptés que pouvait lui offrir son statut. Il comptait ses maitresses par dizaine, des femmes de personnalités importantes aux vulgaires prostituées. Il ne cachait pas sa faiblesse de ne résister à aucune tentation, et s’était par cette occasion fait beaucoup d’ennemis parmi les personnes les plus dangereuses et les plus influentes du royaume. Pour Teren l’enquête allait être longue et fastidieuse, il allait chercher chaque indice et interroger les suspects, dans une affaire qui intéresserait tout le royaume. C’était l’occasion rêvée d’engranger une grosse quantité d’expérience, voire de se faire un nom dans le métier, selon les pistes et les idées qu’il allait trouver lui-même.
Mais Waylor coupa court à son envie de jeune débutant. Il se précipita pour finir le croquis détaillé de la victime. Il dessina ses mollets qui avaient la taille des cuisses, son ventre arrondi et son visage joufflu. Il maniait le fusain comme personne, sans doute le résultat d’années d’expérience, pensa Teren. L’inspecteur prit la parole, il paraissait maintenant abattu.
-Encore un meurtre qui restera inexpliqué, dit-il à son apprenti.
-Comment ça ? Nous n’avons même pas commencé notre enquête, répondit vivement Teren.
-Mais il n’y aura pas d’enquête. La seule chose que l’on puisse faire, c’est stocker ce meurtre dans les registres, en espérant un miracle pour que le ou les tueurs fassent leur première erreur. Alors là seulement, il faudra être prêt à intervenir. Mais je ne me fais aucune illusion.
L’inspecteur finit le croquis par les deux fines entailles faites aux épaules de la victime.
-Allons faire notre rapport au roi, dit-il en remettant le morceau de fusain dans sa poche.

Puis il sortit en hâte de la chambre de Faror, dans l’indifférence des domestiques encore sous le choc, suivi de près par Teren. Dans le couloir, Waylor semblait très pressé. Teren, se rappelant de ce que Baduk lui avait appris à l’école de l’Est, ne comprenait pas la réaction de Waylor. Pendant un instant il pensait que son nouveau maitre ne méritait pas la réputation qu’il s’était fait auprès du roi et de ses sujets. Il avait bafoué les règles fondamentales du métier d’inspecteur.
-Pourquoi, maitre ? Pourquoi êtes-vous déjà parti du lieu du crime ? Vous n’avez même pas examiné la pièce, même pas vérifié en détail l’état de la victime. Dans mon école, on m’a appris qu’il fallait fouiller les poches à la recherche d’indices, interroger la dernière personne à l’avoir vu vivant et la première à avoir vu son cadavre. Vous n’avez même pas une idée de piste, et vous vous apprêtez à classer l’affaire devant le roi. En faisant cela vous vous mettez en danger, votre responsabilité est immense. Je suis prêt à expliquer au roi vos manquements aux ordres.
- Et qui croira-t-il ? Le meilleur inspecteur du royaume ou son apprenti écervelé qui sort à peine du berceau ? Crois-moi petit : la meilleure chose à faire est de prévenir tout de suite le roi. La méthode que t’a apprise le vieux Baduk est sans doute noble, mais elle ne te sera d’aucune utilité contre ces gens-là. C’est la troisième fois qu’ils frappent. Les deux dernières fois je me suis obstiné à trouver un indice, je suis presque devenu fou.
-Vous savez qui a fait ça ?
-Oui et non. Je n’ai pas de visage mais un nom : la brigade des assassins. Baduk aurait dû t’en parler, il est au courant de leurs méfaits.
-Vous avez dit qu’ils avaient déjà frappé deux fois avant. Qui étaient les victimes ?
-Voyons, tu n’as toujours pas compris ? Il te reste beaucoup de choses à apprendre petit.
Teren réfléchit un instant derrière Waylor qui marchait à vive allure.
-Bon, je vais quand-même te le dire, reprit-il. Ça forme l’esprit de réfléchir, mais je ne peux pas te laisser dans le flou plus longtemps. Rappelle-moi tout d’abord le statut de la victime.
-Faror, le frère du roi.
-Voilà. Maintenant, essaie de te rappeler ce qui s’est passé d’étrange dernièrement dans sa famille.
-Il y a bien ce drame. Deux de ses cousins sont morts coup sur coup de maladies cardiaques, à deux mois d’intervalle.
-Et ils avaient quel âge ?
-Une trentaine d’années je crois.
-Tu y es presque. Encore un petit effort et je te dirai toute la vérité. Y-a-t-il eu chez les ancêtres du roi, et plus généralement de ses deux cousins, des antécédents cardiaques ?
-Pas à ma connaissance.
-C’est là que tu as fait l’erreur, comme tout le monde d’ailleurs. Tu m’as dit que ses deux cousins étaient morts des suites d’une maladie cardiaque. Nuance : le médecin du roi a conclu à une maladie cardiaque.
-Vous voulez dire que ce médecin est un charlatan, et que ses deux cousins se sont fait tués ? Mais c’est absurde. Le roi l’aurait remarqué en voyant leurs corps.
-Tu en es bien sûr ?
-Mais oui tout s’explique !, Teren fut soudain pris d’une idée qui lui éclaira l’esprit. C’est une gigantesque supercherie. Un valet, qui était dans le coup, a ramené les corps au médecin, qui en faisant croire qu’il les examinait, cachait en fait leurs blessures. Il en a les compétences.
-J’avoue que c’est une hypothèse intéressante sur le plan logique, qui se rapproche de la bonne version. Mais c’est encore assez loin de la vérité. Tu as parlé d’une supercherie, et tu as raison il y en a une. On essaie de cacher la véritable cause de leur décès. Les domestiques qui ont découvert les corps sont au courant, le médecin est au courant.
-Et vous avez prévenu le roi ?
-Bien sûr que non.
-Mais il est de votre devoir de le faire.
-Le problème, c’est que je suis moi-même une pièce maitresse de cette supercherie.
Teren s’arrêta net...

polkan
polkan
Niveau 6
22 juin 2010 à 19:07:21

-Ne fais pas cette tête, reprit Waylor. A vrai dire, le roi aussi en fait partie. Je n’ai pas prévenu le roi car c’est lui qui était au courant en premier.
L’esprit de Teren resta chamboulé par cette surprenante révélation. Pendant de longues secondes il se demanda dans quelle galère il s’était fourgué.
-Oui, le roi est l’instigateur de la supercherie. Il cache la vérité à ses sujets, et en informe uniquement les personnes en qui il a confiance et qu’il estime utiles pour la suite des opérations.
-C’est impossible. Je ne peux vous croire. Le roi est un homme valeureux qui adore ses sujets et qui souffrirait de leur dire des mensonges.
-Tu viens à l’instant de faire une nouvelle erreur, qui soit dit en passant, aurait pu être évitée. Tu ne pèses pas assez les mots que tu emploies. Tu as dit : « Le roi est un homme… » Tu aurais dû t’arrêter là et prendre le temps de réfléchir. C’est un homme, donc il est capable de tromper ses semblables sans en être offusqué. Peser le sens de tous les mots que l’on entend et que l’on emploie, c’est le leitmotiv du métier d’inspecteur.
-Ma raison m’interdit de vous croire. Le roi est bon et veut le bien de ses sujets.
-Le roi n’est pas le grand héros qu’il prétend être. Il a le pouvoir de se donner cette image. Cependant, tu as partiellement raison : le roi a mis en place cette supercherie pour protéger ses sujets. Sur ce point là je ne le rejoins pas, je pense que c’est une erreur, mais j’accepte son choix car il m’est supérieur.
-Si je résume : cette brigade des assassins a tué trois membres de la famille royale, et le roi, pour éviter un vent de panique, fait croire à des morts par maladie.
-Pas tout à fait. C’est vrai, cela évite une panique générale, mais il y a un autre intérêt. Vois-tu petit, il est préférable que les gens pensent que ces victimes royales se soient battues contre la maladie en la cachant pendant de longues années, plutôt que de se faire tuer par de parfaits inconnus sans même s’être défendu vaillamment. Il n’y avait pas de courage dans le cœur de ces hommes.
-Très bien je vous crois maintenant, mais j’ai deux questions : tout d’abord, vous avez tout de suite prétendu que c’était la brigade des assassins qui était responsable du meurtre d’aujourd’hui, sans avoir mené d’enquête. Je n’ai pas assisté aux deux précédentes, mais comment pouvez-vous en être aussi sûr ? Ensuite, vous parlez des meurtriers au pluriel, qu’est-ce que vous en savez ? C’est peut-être le fait d’un seul homme.
-Et bien voilà, enfin. Tu vois quand tu veux, tu sais te poser les bonnes questions. Vois-tu petit, sur un exemple concret, tu as appris plus que ce que t’as enseigné le vieux Baduk.

L’inspecteur sortit de nouveau le croquis de la victime de sa poche.
-As-tu bien observé la victime ? lui demanda-t-il.
-Je crois que oui, répondit Teren d’un air hésitant.
-Qu’est-ce qui d’après toi a causé sa mort ?
-Il y avait ces deux entailles au niveau de chaque épaule, elles semblaient profondes. De plus, le sang coulait du dos de la victime, ce qui laisse présager que les lames sont ressorties de l’autre côté. Ces blessures lui ont certainement été fatales.
Waylor montra le croquis à Teren, il pointa de son index et de son majeur les deux entailles.
-Effectivement, c’est ce qui a causé sa mort. Et c’est surtout le mode opératoire de la brigade des assassins. Leurs deux précédentes victimes avaient exactement les mêmes blessures. Et quand je dis exactement, je sais de quoi je parle.
Il sortit deux autres croquis de sa poche.
-Voici les dessins que j’ai faits des précédentes victimes, dit-il en les tendant à Teren. Je me suis appliqué à respecter scrupuleusement les rapports de dimensions.
Teren les examina attentivement, malgré que Waylor l’obligeât à avancer à vive allure. Il compara ensuite avec le croquis de Faror.
-Les entailles sont exactement au même endroit dans les trois meurtres, reprit Waylor. Même la disposition des corps est semblable, si on ne tient pas compte de la différence de corpulence. Un vrai travail d’orfèvre.
Teren n’en croyait pas ses yeux. Il resta silencieux devant la précision horrifiante de ces meurtres et la logique implacable de Waylor. Cette fois ça ne fait plus aucun doute, il est digne de sa réputation, pensa-t-il.
Waylor continua sa minutieuse explication.
-Un rapide coup d’œil sur le lieu du crime m’a conforté dans mon idée : les fenêtres étaient fermées, les meubles et bibelots à leur place, la serrure n’était pas fracturée. C’est à se demander par où ils sont entrés. De plus il n’y avait aucune trace de lutte. Je te le dis haut et fort petit : ce sont des professionnels, mieux encore, les meilleurs dans leur domaine, peut-être même dans l’absolu. Ils semblent maitriser leur sujet avec une simplicité déconcertante. C’est d’ailleurs la réponse à ta seconde question : l’assassin le plus talentueux de tous les temps aurait pu commettre ce crime parfait, mais pas trois d’affilée. Bref, c’est la renaissance de la brigade des assassins telle que l’ont connue nos ancêtres.
-C’est une ancienne organisation ?
-Bien sûr, elle était présente sur cette terre bien avant la naissance de ton père comme du mien.
-Pauvre de moi, je suis inculte.
-Je t’apprendrai tout en temps voulu petit. Quoique…
Waylor s’arrêta un instant à la croisée de deux couloirs, pour réfléchir. Il posa sa main sur son menton et leva les yeux.
-Dis-moi ce que tu connais d’Astor, premier roi de notre ère ?
-Je sais que c’était un grand hé…Enfin, on m’a dit que c’était un grand héros, répondit Teren en plissant le front.
-Je vois que tu as compris la leçon. C’est bien de prendre du recul sur tout ce qu’on t’a appris. Mais une fois n’est pas coutume, ce que tu viens de dire est vrai. Continue.
-A la tête de la plus grande armée de notre temps il a défait la dernière armée des orcs sur les plaines de Terrakren.
Waylor le coupa.
-C’est bien ce que je craignais. Tu as reçu l’enseignement standard, celui que l’on donne aux plus ignares, à ceux dont on est assuré qu’ils ne prendront pas de postes importants. Ne le prends pas mal, c’est l’enseignement le plus répandu en province, et ce n’est pas de ta faute. Dans ce cas, je préfère t’envoyer à la bibliothèque du palais, j’ai peur que tu fasses une ineptie devant le roi. Là-bas tu y trouveras la véritable histoire des origines de notre royaume. Dépêche-toi car ça ne devrait pas prendre beaucoup de temps. Avec la pratique, les meurtres dans l’entourage du roi sont devenus de simples formalités, puisque qu’on sait dans tous les cas qu’on ne pourra pas les venger. Dis au vieil Alcimos que c’est moi qui t’envoies, c’est le directeur de la bibliothèque et il se fera un plaisir de t’aider. Tu verras il est très sympathique, mais ne sous-estime pas ses compétences. C’est l’homme le plus sage et le plus érudit que je connaisse.

Les deux hommes se quittèrent au carrefour. Waylor rejoignit la partie centrale du palais, tandis que Teren prit le chemin de la bibliothèque. Quelques instants plus tard il avait laissé les appartements annexes loin derrière lui et avançait dans le couloir de plus en plus sombre. Il n’y avait pas que la lumière qui avait du mal à percer, le temps semblait également s’être arrêté en amont du corridor. L’endroit faisait penser aux anciens cachots des contes que lui récitait sa mère lorsqu’il était encore enfant, une époque pas si lointaine. Le plafond était haut et il n’y avait pas une seule fenêtre. Une odeur de renfermé se faisait sentir à mesure qu’il avançait. Les rares lanternes disposées sur les murs ne suffisaient bientôt plus à éclairer correctement le lieu, si bien que Teren hésitait avant de mettre un pied devant l’autre. Il aperçut enfin le bout du tunnel. Il y avait une porte en bois, écaillée de toute part. La portière en bronze présentait les marques du temps, les fissures paraissaient de fines entailles se réfléchissant sous la faible lumière. Il ouvra doucement la porte, considérant l’apparente fragilité de celle-ci. Lorsqu’elle s’ouvrit un grincement assourdissant se fit entendre, qui résonna le long du couloir et dans les profondeurs de la bibliothèque. La salle, d’une étonnante rusticité, faisait trois étages de haut. Elle était à peine plus éclairée que le couloir. Les étagères de bois, hautes comme deux hommes, s’alignaient avec une précision diabolique. Teren aperçut un vieillard assis à l’accueil. Sa barbe grise descendait jusqu’à l’abdomen, et il portait une longue robe bleue usée par le temps. Les jambes croisées, il lisait attentivement un livre à l’écrin doré sous la lumière de la lanterne posée sur la table. Le jeune inspecteur remarqua une canne qui prenait appui sur le bureau. Il se présenta devant le vieil homme. Le vieillard leva la tête et fit un grand sourire qui révéla les rides prononcés de son visage.
-Bonjour, que me vaut l’honneur de votre présence ?, demanda-t-il en refermant son livre.
-Je m’appelle Teren. Je suis le nouvel apprenti de l’inspecteur Waylor.
-Waylor ? Un très honnête homme, puissant et noble d’âme.
-Il m’a demandé de me documenter sur l’histoire de notre royaume. Pourriez-vous m’indiquer où je peux trouver cela ?
-Bien sûr, répondit-il en hochant la tête.
Alcimos lui montra une rangée d’étagères avec l’index.
-Là-bas à droite. Enfoncez-vous dans les méandres de cette allée et vous trouverez ce que vous cherchez.
-Merci.

Teren pressa le pas. Il parcourut l’allée, les livres qui jonchaient son trajet avaient tous l’air d’avoir des siècles d’existence. Ils étaient jaunis et certaines pages se détachaient. Arrivé à l’extrémité, le jeune homme plissa des yeux pour apercevoir les titres sur les bordures des livres. Les écritures d’imprimerie ne lui étaient pas familières et il peinait à distinguer le moindre mot. Dans ces conditions ses recherches restèrent infructueuses pendant un long moment. Parfois il prenait un des livres et s’approchait d’une lanterne pour le feuilleter. Les pages étaient cassantes, ainsi il les tournait délicatement, mais l’écriture ancienne lui faisait mal aux yeux et il préférait reprendre un autre ouvrage.

Soudain une main lui effleura l’épaule. Il se retourna en sursaut. C’était Alcimos.
-Je vois que vous avez beaucoup de mal avec les anciens ouvrages, lui fit observer le sympathique vieillard.
-J’avoue que je n’ai pas l’habitude de manipuler ces vieux…enfin, ces précieux livres.
-Et croyez-moi vous n’êtes pas le seul, vu le nombre famélique de gens qui viennent ici, lui rétorqua-t-il avec un grand sourire. Des livres sur l’histoire de notre royaume, ce n’est pas ce qui manque ici.
-J’en ai feuilleté quelques uns, et aucun ne parle de la brigade des assassins. Mon maitre m’a pourtant fait comprendre qu’elle a joué un rôle important dans notre passé.
Alcimos ria aux éclats.
- Ce n’est pas ici que vous allez trouver quoi que ce soit sur ce sujet. Voyez-vous, le roi ne porte pas cette organisation dans son cœur si vous voyez ce que je veux dire. D’autant plus que leur histoire est assez…fascinante. La famille royale n’accepterait pas qu’on fasse l’éloge de ses bourreaux.
Alcimos se retourna et ordonna à Teren de le suivre.
- Il n’y a vraiment rien sur eux ici ?
-Pas plus que dans n’importe quelle autre contrée de ce royaume.
-Décidément, ma première journée de travail commence bien mal. Je suis apprenti inspecteur et mon maitre m’a demandé de me renseigner sur cette brigade. Tant pis, je trouverai une autre solution.
-J’ai la solution. L’histoire n’est peut-être pas écrite, mais elle demeure à jamais dans l’âme de certains, dont je fais partie. Je vais vous raconter la trépidante origine de la brigade des assassins. Je ne retirerai ni n’ajouterai rien. Mais il faut d’abord que je vous explique le contexte.
Alcimos se rassit devant son bureau, Teren pris une chaise à proximité et s’assit à son tour.

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Voilà j'ai fini le chapitre 1. Il n'y a pas eu foule pour me faire des remarques, n'hésitez pas surtout. Toute remarque est bonne à prendre.

Si l'histoire est suivie (et seulement si), je posterai la suite.

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