Liberté.
Elle s'affale dans son fauteuil , et un nuage de poussière s'élève dans la pièce. Elle allume la télé , zappe la 1 , la 2 , la 3 puis éteint. Il faut qu'elle remonte à la surface. Elle a longé les murs toute la journée , personne ne lui a parlé , mais pourtant tout semble encore plus gris que d'habitude.
Elle se met a respirer lentement , et se concentre sur les objets qui l'entoure . Ses yeux glisse sur la face noir du téléviseur écran plat moucheté de poussières , elle se rappelle l'excitation du déballage , du gros carton jaune flashi : promo , 199 euros , et puis du vendeur , il était gentil , aimable , comme tous les vendeurs finalement, des sauriens maquillés de politesses.
Son regard saute sur les étagères , il y a tout ces bibelots en verre , un koala , un éléphant , une otarie et puis des oursins ; et au milieu de ce joyeux rassemblement se trouve un cadre photo. Le pourtour est incrusté de coquillages , et sur la photo on la voit sur une plage de galets avec son mari. Il s'est barré , trop folle ! Trop folle !
Elle sourit sur la photo , comme sur toutes les photos , comme à chaque fois qu'on lui parle. Elle sourit.
Les meubles , les humeurs , les chaises , le hamster , la table , les mensonges , la plante verte , le micronde , le cœur en mousse , la tirelire , le balais , les horloges , le mickey , le journal , la télé , l'horreur , les bibelots , des milliers de bibelots , des tonnes de cochonneries !
Et puis le papier peint déchiré , gonflé de nicotine, roussi par la sueur .
Elle se relève d'un bond ruisselante , elle crève dans cette salle , ca lui prend à la gorge. Le vide la bouffe de l'intérieur , c'est comme une bête immonde qui se cache dans vos entrailles , sous le coffre de vos côtes , son souffle noir pollue les viscères.
L'horreur ! L'horreur ! Elle ouvre le robinet glaciale , elle se sert un verre d'eau et en profite pour prendre une petite pilule. Elle revoit le médecin derrière son grand bureau de chêne , ce petit corps rassi avec une voix d'araignée , quand il écrit Xanax sa plume semble voler sur l'ordonnance. Combien de fois peut il écrire cela par jour ? Combien ? Combien ? Combien ?
Elle plonge dans le lent tourment , tout se mélange , l'odeur de la cuisine , un présentateur fou,
la nuit , les rires dans la télé , le mensonge . Elle s'endort sur son canapé.
Elle a fait beaucoup de rêves cette nuit , des rêves noires , des serpents , des démons , des cryptes étranges où des corps s'entassent , des chants venu de la foret , l'odeur du diable , elle beaucoup rit dans son sommeil , énormément rit. Elle a rit à grandes dents !
Et puis le matin s'est levé , c'était un petit matin gris sans soleil , un de ceux qui sentent la fatigue et la misère. Elle est venu a pied , l'air frais lui caressait le visage et le vide lui tordait le ventre. Lorsqu'elle est rentrée dans la salle , elle fut un instant éblouie par la blancheur amer des néons. Son teint était aussi gris que son humeur , d'ailleurs ses collègues lui firent remarquer avec un petit sourire en coin.
Elle ne savait pas quoi dire , alors elle s'est tut et a rejoint son bureau pour faire son travail. Quoi de plus normal que de travailler. Son café du matin qu'elle buvait dans un bol a deux mains semblait ronger les parois de son estomac. Pourtant a 10 heures , elle est revenu dans la salle avec dix cafés en équilibre sur un plateau. On lui a dit qu'elle était gentille et puis elle a prit un des gobelets et à jeter le liquide brulant sur le visage , puis un autre et un autre et le plateau s'est renversé. La peau commença a bouillonner , des cloques apparurent sur la chair devenu écarlate. La blonde hurlait de terreur et de douleur en voyant ses mèches de cheveux tomber par grappe , et c'est a ce moment que Christine s'est jeté sur elle pour se mettre a frapper et a frapper avec un marteau jusqu'à ce que la tête s'écrase sur la moquette , et que des bouts de cerveau mous ressortent du front éclaté. Elle ressentait alors une drôle de sensation , une douce chaleur coulait dans ses veines , ca faisait chaud dans toute la poitrine , tandis qu'elle frappait avec son marteau , tous ses démons , ses viscères mortes et ses cailloux noires s'envolaient de son corps par milliers. Elle se sentait amoureuse de la vie , libre.