Voici le tout début de cette histoire. Dites ce que vous en pensez , que ce soit positif ou négatif ;-)
Un orage sonore et aveuglant se mêlait à un crachin des grands jours, le tout retentissait sur les toits panachés de couleurs des bâtiments. Chaque habitant restait chez-soi, devant la fenêtre, fixant le spectacle d’un air suspect, en se disant heureux de ne pas y assister aux premières loges. A vue d’œil, aucun être humain n’errait dans la rue. Les demeures de l’île des Habitations n’avaient jamais été aussi bondées. Menaçants, les éclairs frappaient de part et d’autres les paratonnerres placés au dessus de chaque demeure. Un cri au moins aussi bruyant qu’une baleine à bosses s’ajouta à la tempête et fit grandir le trouble sur l’île. Etait-ce un pauvre enfant abandonné dans la rue qui venait de se faire foudroyer, ou une colère des Dieux ? Nul ne le savait.
Après une grosse demi-heure d’agitation, le soulagement se fit entendre aux quatre coins de l’île. Un véritable tumulte d’applaudissements remercia la fin de la tourmente. Sortis de chez eux, les habitants souriaient, rigolaient, se réjouissaient avec n’importe qui, même des inconnus. Une voix inusable et puissante émergea des nombreux haut-parleurs présents sur l’île :
« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, le bilan de la tempête n’est finalement pas aussi élevé que nous ne le croyions. Seulement un décès à signaler sur tout l’Archipel. Pour fêter comme il se doit la fin de ce terrible évènement, je vais demander à tous les résidents ayant plus de douze Cycles du Grand Archipel de me rejoindre ce soir même à huit heures pile. Direction l’île des Loisirs ! Ne soyez pas en retard ! »
L’Empereur avait parlé. Cette annonce prit une ampleur considérable, en une minute, tout l’Archipel semblait être au courant et extrêmement contents. Les fêtes étaient vraiment les moments les plus attendus par les citadins. On y dansait, on y buvait, parfois un peu trop, et des spectacles organisés par des musiciens, magiciens et des danseurs animaient ces réjouissances. La télévision elle-même passait sur Archipel-One des extraits de la soirée. Elle continuait toute la nuit et tout le monde partageait la même extase, la même joie rien qu’à l’idée d’y entrer.
Mais parmi tous ces visages, un rêvait plus que les autres d’y participer, il allait sur ses treize Cycles, encore jeune et plein de vie. Il se nommait Vidal. Il avait un séduisant visage, des traits fins, des yeux taillés en amande, une chevelure mi-longue châtaigne. Il semblait être athlétique et plutôt bien sculpté. Un des ses principaux défauts, qui peut parfois devenir une qualité, c’est qu’il déteste être seul. C’est pourquoi il comptait s’y rendre avec un de ses amis auquel il tenait beaucoup, c’était un camarade de classes. Ils disaient de lui, qu’il était quelqu’un d’attachant, d’aimable et surtout…de dragueur. Ensemble, ils partaient tous les matins vers l’île des Etudes, cet endroit où tous les enfants et adolescents travaillaient rigoureusement. Huit heures par jour, une vraie machine à laver les cerveaux ! Des cours de lettres, d’histoire archipellique et d’autres encore, auxquelles s’ajoutaient des matières facultatives, comme la sculpture, le sport, la magie… Vidal retrouvait ses amis sur une autre île, plus appréciée déjà, c’était l’île des Loisirs, où les jeux, les stades et les magasins ne manquent pas. Après les cours, les rigolades et railleries envers les professeurs ne finissaient jamais, jusqu’à l’heure des tristes « Au revoir ». Avec ses nombreux copains, Vidal partageait une même passion : La Course, qui se déroulait sur l’île des Circuits. L’envie de devenir plus tard Pilote des Circuits professionnel se lisait sur presque tous les visages des adolescents, et plus rarement : adolescentes. Pour commencer les entraînements, chacun d’entre eux devait construire, et ceci à l’âge de onze Cycles, une voiture automobile propre à leur personnalité. Il se rejoignait ensuite tous les soirs à sept heures pour une course mémorable. Ces activités, c’était à peu près la vie de tous les habitants de l’Archipel. Sans oublier la prière dans la direction du volcan Tektar, le « Dieu » de l’Archipel.
Une heure de préparation pour Vidal, c'est-à-dire, la coiffure, l’habillage, le parfum. Voyez-vous, notre ami est très coquet, les succès avec les filles étaient indénombrables chez lui. La sonnette rugit de son bruit habituel, c’était Lee, un très bon copain de Vidal. Une petite série d’accolades et de baisers et ce fut terminé, les deux garçons déjà partis. Le trajet aller ne devait durer qu’une vingtaine de minutes, en marchant vite. Le groupe que formaient Lee et Vidal s’agrandissait au fur et à mesure qu’ils voyaient des étudiants de leur âge. L’un d’eux, Sériel, était leur ennemi juré, même s’ils faisaient semblant de bien s’entendre. Au bout donc, de vingt minutes, un panneau gigantesque rouge et blanc les accueillit, sur celui-ci était marqué : « Ici, vous entrez dans la fabuleuse île des Loisirs, l’île des tous les jeux et hobbies, salle des fêtes. »
Après plusieurs flèches indiquant la direction de la fête, Vidal et ses compagnons arrivèrent sur place, les adolescents aperçurent une sorte de tente géante, tapissée de rouge avec une dizaine de piliers jaunâtres. Un peu comme un château de cirque. Deux gardiens vêtus de noirs les attendaient. Un s’occupait du fouillage et de la vérification des tickets offerts par l’Empereur, l’autre étant payé pour souhaiter la bienvenue à toutes les personnes. Un petit déséquilibre, non ? Le groupe passa donc sans aucun problème. Un petit son musical se faisait entendre, ainsi que la voix de l’Empereur, qui passait un enregistré en boucle. Ce n’était pas les premiers, environ une soixantaine d’invités buvaient déjà un verre d’Archijus, une boisson pétillante au gout de citron, un peu amère sur les bords, mais adorée des Archipelliens. Vidal et Lee s’isolèrent du groupe quelques instants, et s’en allèrent piquer un petit verre en plastique qu’ils remplirent de la boisson. Une excitation grandit en eux dés qu’ils en perçurent le goût. Par excès de joie, ils montèrent sur scène. Des éclats de rire venants des étudiants s’ajoutèrent à la musique maintenant forte, pendant que des centaines de personnes arrivaient. Une soirée exceptionnelle avait commencée. Deux heures plus tard, la même folie, mais plus grande encore, se présentait sur scène. Des milliers de gens applaudissaient des dizaines d’artistes en tout genre. Le summum du plaisir ! Jusqu’à 23 h 31, l’heure de l’ensommeillement de Vidal en compagnie de cent cinquante décibels.