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Liste des sujets

Soleil, décadence, néant.

HaIo-3-60
HaIo-3-60
Niveau 15
07 mai 2010 à 21:47:35

Bonjour/bonsoir, petit texte sans prétention que je me " permets " de poster.
C'est au départ une écriture d'invention de français, où je devais prendre le point de vue d'un personnage afin de narrer une scène sous un autre angle :) Hum, voila, pas grand chose à rajouter, mis à par peut-être un " bonne lecture " :)
( excusez moi aussi pour la mise en page, je ne sais pas s'il est possible de garder les alinéas, doit peut-être y avoir une technique, mais je ne la connais pas :( )
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Le soleil me forçait à plisser les yeux. Les vagues faisaient rouler les galets, et les plus hautes d’entre elles m’évoquaient des diamants dans un océan de zircon. Le flux et le reflux, incessant et inébranlables, sonnaient comme une mélodie, un jeu de questions réponses aux notes assourdies. Le sable fin sur lequel j’étais allongé dansait au rythme du vent, mais il ne suffisait pas à me rafraîchir un tant soit peu. Mon bleu de chauffe me collait à la peau, mais je n’avais pas le courage de le retirer, la fatigue harassante de ma nuit de travail m’obligeait à ne plus bouger sous cette chaleur accablante. J’y puisais un certain bien-être, malgré tout. Et même le vacarme des vagues me tranquillisait et me reposait.
C’est les yeux mi-clos que je vis une forme approchée, au loin, frêle et tremblante à cause de la chaleur. A cette distance, je m’aperçus tout de même qu’il s’agissait d’un homme, dû à sa démarche. L’homme avançait lentement, ses pas n’étaient pas hésitants, mais il semblait avancer sans but. Je pensais qu’il allait longer la mer afin de capter une légère brise, mais non, la forme sombre changea de direction et vint à ma rencontre. Aux vêtements, je reconnus l’homme qui accompagnait ce foutu Raymond Sintès. Je dégageais mes bras d’en dessous de ma tête et m’appuyait sur mon coude tout en mettant ma main dans ma poche afin d’en saisir mon couteau. Il venait probablement venger son copain, et j’étais décidé à ne pas me laisser marcher dessus.
Il continua de s’approcher de moi, et finit par s’arrêter à une dizaine de mètres. Je pus enfin voir son visage. Trempé de sueur, sans expression, le regard vide. Il avait probablement bu, pensais-je. Le temps semblait s’être arrêté, et je détournais quelques instants mon regard vers le ciel Azur, sans nuage. Ah ! Si. Une forme arrondie, cotonneuse, poursuivait une course vaillante vers le soleil. Ce nuage allait probablement passer devant l‘astre du jour, me fournissant un peu d’ombre. Ce qui était bienvenu par cette chaleur, qui me donnait l’impression d’être écrasé par des centaines de mains invisibles.
Ma rêverie n’avait duré que quelques secondes, et le jeune homme au regard vide n’avait pas bougé. Il me fixait toujours, sans ciller. Je n’avais pas remarqué sa main dans sa poche. Peut-être avait-il un couteau, voir même un pistolet. Les battements de mon cœur s’accélérèrent, mais je ne voulais pas bouger. Il fit le premier pas, et lança la danse. Je choisis cet instant pour sortir mon couteau. Je ne voulais pas qu’il avance à nouveau, et je tentais de lui faire comprendre. Je lui exposais ma lame, en prenant soin de ne pas diriger la pointe vers lui. Je ne souhaitais pas me battre, je ne le connaissais même pas, c’était à son pote que j’en voulais.
Mon regard se perdit, l’espace d’un instant, et je compris. Je ne sais comment me l’expliquer, mais je su que si ce nuage ne passait pas devant ce soleil, j’étais foutu. A ma grande horreur, il dérivait, il allait frôler cet astre ardent, et j’allais mourir. En une seconde, je me rendis compte que ma vie tenait à un nuage, et j’en compris toute l’ironie sans pouvoir pour autant l’apprécier. Mes yeux se braquèrent à nouveau sur l’individu, sa main était sortie de son veston, et il tenait pointé vers moi un revolver de petite taille. La plage. Moi. Lui et son revolver. Ce nuage solitaire qui a esquivé le soleil. Et cette brise chaude qui vint souffler cette scène. Je sus que c’était ma fin. L’arme déchargea sa balle, et le temps en sembla ralenti. Je vis la détonation, la germe de flammes, et même le projectile qui brilla d’un jaune étincelant au soleil. Cette plage, ce soleil et ce projectile jaune. La mer, bleue. Et mon esprit, noir. Le néant.

rafiki239
rafiki239
Niveau 5
07 mai 2010 à 22:17:34

J'aime bien, le texte de départ ne serait-il pas L'étranger de Camus? (J'en suis sur à 99% mais on ne sait jamais).

Le contraste entre le personnage de Camus et le tien est très bien rendu, juste quelques remarques :

"je vis une forme approchée"
--> je vis une forme approcher

"Le soleil me forçait à plisser les yeux. Les vagues faisaient rouler les galets, et les plus hautes d’entre elles m’évoquaient des diamants dans un océan de zircon."
--> Je ne comprends pas très bien ce que tu veux dire par cette image, pourrais tu me l'expliquer?

"Il fit le premier pas, et lança la danse"
--> Je trouve que le verbe lancer ne se marie pas très bien avec "danse" mais bon ce n'est qu'une considération esthétique personnelle

Cependant revisiter L'étranger n'est pas à la portée de tout le monde et je trouve que ton texte s'en sort plutôt bien! Bravo!

ThroneOfVoid
ThroneOfVoid
Niveau 4
07 mai 2010 à 22:26:12

C'est marrant, ça me fait penser à cette fameuse scène de L'etranger, de Camus. Sur la plage, le soleil qui tape, et la détonnation. C'est tout à fait ça.

Pas de remarque spéciale. Le style ne m'atteint pas particulièrement. Je concède cependant qu'il y a une certaine aisance dans le langage, mais faut quand même souligner que plusieurs choses ne vont pas.
Premièrement, la ponctuation. Des phrases pas logiques. Tu mets des points là où il faudrait des virgules (et inversement). Des maladresses, et aussi des fautes d'ortho.
J'te donne la liste (y'en a sûrement que le Monsieur du dessus t'a déjà données, j'préviens).

"Le flux et le reflux, incessant et inébranlables" : inébranlable

"mais il ne suffisait pas à me rafraîchir un tant soit peu". Le "un tant soit peu" est maladroit.
J'aurais préféré "mais il ne suffisait pas à me rafraîchir même un tant soit peu"
D'ailleurs, tu parles du sable, du vent? On suppose que c'est du vent, mais c'est confus.

"C’est les yeux mi-clos que je vis une forme approchée" : approcher.

"(...) chaleur accablante. J’y puisais un certain bien-être, malgré tout. Et même le vacarme des vagues
me tranquillisait et me reposait.
C’est les yeux mi-clos que je vis une forme approchée, au loin, frêle et tremblante à cause de la chaleur" : répétition de chaleur.

"A cette distance, je m’aperçus tout de même qu’il s’agissait d’un homme, dû à sa démarche" : "de part sa démarche", plutôt.

"Je dégageais mes bras d’en dessous de ma tête" : d'en-dessous.

"dégageais mes bras d’en dessous de ma tête et m’appuyait" : m'appuyais.

"Et cette brise chaude qui vint souffler cette scène" : soit maladroit, soit très poétique. Mais, au vu du texte, je penche pour le premier point. Donc jte le note.

En gros, convenable, mais sans plus. Et à retravailler.

ThroneOfVoid
ThroneOfVoid
Niveau 4
07 mai 2010 à 22:26:38

Tiens, même impression, rafiki :)

NOFX182
NOFX182
Niveau 9
07 mai 2010 à 22:27:31

rafiki239, je pense que t'as vu juste, c'est exactement ce que j'ai pensé.

Etant donné que c'est un des bouquins qui ne quitte pas ma table de chevet, et que ton exercice, Halo-3-60, est particulièrement bien réussi, je n'ai qu'une chose à dire :

Bravo :)

HaIo-3-60
HaIo-3-60
Niveau 15
09 mai 2010 à 10:19:46

Et bien tout d'abord, merci de votre lecture et de votre patience à me répondre.
Et oui, cette scène est belle et bien tirée de l'Étranger, livre que j'adore particulièrement :)

Je vais tenter de corriger au mieux les fautes relevées et essayer de corriger certaines expressions maladroites :(

rafiki239 :d) le diamant et le zircon sont des pierres précieuses, le zircon est généralement plus foncé que le premier. J'ai voulu donner l'image donc d'une étendue de pierres précieuses où les diamants, au sommet des vagues, ressortaient le plus. J'avoue que c'est probablement maladroit :(

Pour ce qui est des fautes d'orthographe, merci de les avoir relevé, il y en a que j'aurai pu facilement éviter... :-d

" Et cette brise chaude qui vint souffler cette scène " :d) Maladroit ? J'aime bien cette phrase pourtant, je la trouve très imagée personnellement :) J'essaierai tout de même de voir en quoi je peux la modifier.

Enfin voila, merci encore à vous d'avoir lu et d'avoir commenté :-)))

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
09 mai 2010 à 19:19:04

Aaaaah, l'étranger. Je l'ai relu très récemment, et pas de doute, c'est un chef d'œuvre. Spécialement ce passage sur la plage, qui montre à quel point un bon style peut nous mettre dans la peau d'un personnage.

...et ton texte est assez réussi ! Je trouve personnellement que les phrases saccadées de la fin sont parfaitement adaptée et efficaces.

sanphi
sanphi
Niveau 8
09 mai 2010 à 19:49:46

Un petit exercice sympa et assez bien tourné. L’atmosphère est bien retranscrite et on s’imagine sans peine la scène. J’ai bien aimé aussi le coup du nuage, tour à tour, synonyme d’espoir puis de désespoir, et pour finir élément déterminant dans l’issue. C’est un excellent parallèle avec le texte d’origine et bien utilisé, je trouve.

Après au niveau de la forme, certaines choses sont à revoir. Je vais essayer de ne pas faire de doublons avec ce qu’on t’a déjà relevé mais il se peut qu’il y en ait tout de même :

- Les répétitions : avancer, bouger, être, tenir, chaleur, soleil, nuage. Je mettrai surtout l’accent sur le verbe être et les tournures « ce qui était », « C’est les yeux mi-clos », « c’était à son pote que j’en voulais », « Je sus que c’était ma fin » :

« Ce nuage allait probablement passer devant l‘astre du jour, me fournissant un peu d’ombre. Ce qui était bienvenu par cette chaleur, qui me donnait l’impression d’être écrasé par des centaines de mains invisibles. » ==> en le supprimant ici, tu allèges la phrase.
« Ce nuage allait [...], me fournissant un peu d’ombre bienvenue par cette chaleur qui me donnait l’impression d’être écrasé par des centaines de mains invisibles. »

- Le registre de vocabulaire qui détonne parfois avec le reste : « son pote », « foutu »

- La ponctuation : des virgules qui mériteraient d’être des points

- « Ce nuage solitaire qui a esquivé le soleil » ==> avait esquivé (la concordance des temps)

- « la germe de flammes » ==> gerbe

- « Je vis la détonation, la germe de flammes, et même le projectile qui brilla d’un jaune étincelant au soleil. » ==> Une détonation est un bruit. Tu ne peux donc pas le voir. Percevoir conviendrait mieux ici car il se rapporte aussi bien à l’image qu’au son.

- « Je dégageais mes bras d’en dessous de ma tête et m’appuyait sur mon coude tout en mettant ma main dans ma poche afin d’en saisir mon couteau. » ==> la phrase est tarabiscotée avec le « tout en » et « afin de ». Il serait mieux de la reformuler, peut être de la scinder en deux. On ne discerne pas très bien d’ailleurs qu’il ne sort pas le couteau de sa poche mais qu’il referme simplement la main dessus.

- Il continua de s’approcher de moi, et finit par s’arrêter à une dizaine de mètres. ==> ici, c’est subjectif mais exprimer en une seule phrase l’idée de continuer et finir, contraste un peu trop à mon sens. D’autant que quelques phrases plus haut tu as déjà dit qu’il marchait à sa rencontre. Bref, je ne garderais que « il finit par s’arrêter à une dizaine de mètres. »

- « C’est les yeux mi-clos que je vis une forme approchée, au loin, frêle et tremblante » ==> « c’est » que tu peux enlever sans problème. Après c’est complètement subjectif mais je mettrais tremblotante plutôt que tremblante. Il exprime mieux l’idée de tremblements légers et diffus que tu veux traduire.

- « Le flux et le reflux, incessant et inébranlables » ==> subjectif ici aussi mais je mettrais immuable plutôt qu’inébranlable. Inébranlable se rapporte plus à quelque chose de solide et fixe comme un rocher. Or ici, tu parles du ressac incessant, une idée de mouvement éternel.

- « Et cette brise chaude qui vint souffler cette scène. » ==> Je n’ai pas saisi ce que tu voulais dire ici. On dirait qu’il manque un truc. Je me doute que c’est une image… Peut être une idée de douceur et de légèreté, un rien irréelle qui contraste étrangement avec un dénouement cru et brutal ? Bref, dans tous les cas, il manque quelque chose.

That’s all ! :hap:

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