ptit texte de mon cru, en espérant que ça plaise ;)
Il n'y a pas de définition claire et nette, juste une poupée qui fixe le mur d'en-face posée sur une table.Que trouver à partir de ça? A partir d'une pièce nue avec en son centre ces deux éléments posés en total disharmonie avec le reste? La table est en effet trop empreinte de luxe, la poupée trop raffinée pour appartenir à cet univers défraichi. Alors, que devons-nous faire de tout ça? Ils nous avaient dit de monter les escaliers, première porte sur la droite. Nous y sommes et il n'y a rien qui nous donne une réponse. Peut-être que la réponse se situe dans cette insignifiance, dans ce contraste qui ne désigne rien en particulier. Puis je décide de m'approcher de la fenêtre, opaque par la couche de poussière qui la couvre. Je souffle dessus, la crasse accumulée s'envole. Derrière Anaëlle tousse, me regarde avec reproche. Je lui adresse un sourire d'excuse, peu après j' observe ce que la fenêtre dévoile du dehors et je vois. C'est un frisson plus froid que le pire vent du globe qui me parcourt le dos, comme un seau de glaçons que l'on me verserait dans le col de la chemise. Je recule d'un peu, ma bouche forme un "non" mais ma voix ne porte pas, elle s'est tétanisée de peur. Il n'y a pas de mot pour dire ce que je vois à l'instant, pas d'expression assez puissante, seul un corps peut l'exprimer avec exactitude, dans tout son effroi. Anaëlle pose sa main sur mon épaule, elle me demande ce qui me rend si froid. Elle parle comme à son habitude, parce que son regard ne s'est pas posé sur le dehors. Qu'est-ce que sourire au juste? J'en oublie le mouvement, mon esprit braqué sur la noirceur du monde. Alors, lorsque je me retourne, c'est pour dévoiler un visage dénué d'expression, vide, une page écrite au crayon qui aurait été gommée. Elle me regarde, tente de comprendre, s'inquiète. Enfin, ses yeux glissent, attirés par le rouge, attirés par ce ciel pareil que si quelqu'un y aurait versé son pot d'encre de chine. Et je regrette de n'avoir pas pu la protégé de l'horreur, de ne pas l'avoir détournée, tandis que derrière j'aperçois un sourire de victoire illuminer la poupée, la pièce inondée d'une tempête d'ombres qui nous narguent, ricanent, se moquent de notre volonté à avoir une réponse à nos questions. Et mon cœur bat, et celui d'Anaëlle se vide de la joie, du bonheur, de l'espoir, consumés par ce feu puissant sorti des entrailles d'un monstre né de nos cauchemars, de nos peurs les plus fortes. Il est trop tard pour sortir à présent, nous y sommes et la marche arrière n'est plus une issue possible. je serre alors Anaëlle, pour voir si j'ai encore la force de l'aimer, mais je ne ressens plus rien, je ne suis plus que coquille vide, humain vidé de son âme.