Voici mon premier texte, écrit un peu sur un coup de tête. Il est assez court, j’espère que vous l’apprécierez.
Ineptie. Simple erreur. Hérésie. Sacrilège.
Je regarde autour de moi, les arbres sont en fleur et j’admire le manège.
Manège. Décors. Décors. Mise en scène.
Voici ma vie, peinte en quelques vagues mots sur la toile grisonnante de l’ennui. La vérité, c’est que je ne sais pas quoi dire, et je dis n’importe quoi. Comme c’est triste, en ce bel automne rougeoyant, les arbres s’embrasant avec la venue de la brise fraîche et des senteurs nouvelles... Comme c’est étrange de ne rien trouver à dire lorsque l’on vous adresse un simple bonjour amical dans la rue, à tel point que vous ne releviez même plus la tête. Oui comme c’est triste...
Tristesse. Lamentations. Pleurs, dus à ma Maladresse.
Mon nom est Roi des Cons, empereur de l’Impolitesse. J’ai troqué un bonheur parfait contre un simple état d’ivresse. J’étais la réussite, la satisfaction. Aujourd’hui, j’ai tout perdu et je me nomme Roi des Cons.
Connerie... Connerie... CONNERIE !
Je suis la Honte et la Lâcheté ! J’ai abandonné avec tant d’attention cette si douce sobriété ! La sobriété d’une vie sereine, d’une vie heureuse, contre un vers de Scotch qui a tout détraqué. Vice, Péché, Vaine Flatterie, cirage de pompes, c’est ainsi que vous pouvez m’apercevoir. Je ne suis rien, je sévis en vous. Je ne suis rien, et je suis tout. Je suis la Médisance, la Trahison. Je suis la Fraude, la Débauche et l’Incompréhension.
Je deviens fou... Tout ce que je suis, c’est le Roi des Cons...
Je suis un homme qui a tout perdu, à cause d’un malheureux vers de Wiski. J’avoue à ma femme que je l’ai trompée, un de ces soirs où je rentre dans un état plus que douteux d’ébriété. Puis les valises volent, les injures sifflent. Et je me retrouve seul. Seul dans un parc, face à un connard de tilleul. Je préviens mon patron que je démissionne, il me donne une heure pour faire mes cartons. En un mot : « Dégage. Et maintenant suivant, bouffon ». Je n’étais rien, et je suis encore moins. Je plie mes affaires, brûle la photo de ma femme et de mes deux filles. Un vers de Wiski tombé au mauvais moment, à la mauvaise nuit. En un soir je divorce, en un soir je n’ai plus rien. Ma vie à présent, c’est ce parc, tôt le matin.
Ineptie. Simple erreur. Hérésie. Défaut du cœur.
Maintenant c’est la rue. C’était hier, et j’ai tout perdu.