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L'exclu

Varte
Varte
Niveau 4
23 décembre 2009 à 17:57:54

Bonjour ! :)

Voilà je suis venu poster mon mini-roman (fantastique/romantique/ce que vous voulez)
J'espère qu'il vous plaira et bonne nouvelle il est fini, donc vous n'aurez pas à attendre la suite.
Vous pouvez commenter si vous voulez ! ^^
Bonne lecture

Chapitre 1 : Ou l'on apprend qui est Yann

??? : Allez, viens, on va s'amuser !
??? : Je rectifie, Laurent, TU vas t'amuser, nuance.
Laurent : Mais dis pas ça, je suis sur que tu vas te marrer aussi ! Et pis qui sait, tu finiras bien par te trouver une copine, tu crois pas ?
??? : Non.
Laurent : Allez, Yann, fais pas l'idiot, viens !
Yann : ...
Laurent : Allez ! Et j'te paie autant de verres que tu veux !
Yann : ...Bon, d'accord, mais pas d'alcool pour moi.
Laurent : Hein ? Mais...
Yann : Tu veux que je te rappelle ce qui est arrivé la dernière fois que tu as essayé de me faire avaler ma première goutte d'alcool ?
Laurent : ...Non merci... Bon, tu te changes ?
Yann : Chuis très bien comme ça.
Laurent : C'est pas en te ramenant en soirée en jeans et en t-shirt que tu vas rameuter les meufs, mais bon, si c'est ton style,...
Yann : Allez, lève-toi et marche.

La porte fermée, Yann et Laurent sortirent de chez lui. Il était pratiquement impossible à deviner que ces deux-la étaient copains comme cochons, car que ce soit de caractère ou d'apparence, ils ne se ressemblaient pas du tout. D'un côté, Yann avait les cheveux courts, d'un brun virant au noir. Son regard, de couleur identique à ses cheveux, semblait à chaque fois percer sa cible et voir jusqu'au plus profond de son être, et son sourire... Bah, il ne souriait jamais. A croire qu'il était lassé de la vie. Mais qui ne le serait pas après avoir subi autant d'épreuves que lui sur vingt ans de vie ? Les décès, devant ses yeux, de sa première petite amie, puis de sa mère, l'abandon par son père, la réclusion dans un petit appart d'une pièce avec pour seuls agréments une télévision, un ordinateur et des livres, a peine suffisamment d'argent pour se nourrir et satisfaire a ses besoins chaque mois, et peu de visites. En clair, tout l'opposé de Laurent, fringant blondinet de 19 ans, au regard bleuté et au sourire facile... Trop facile, même. Sa vie a lui avait été jonchée de facilités, ses parents s'étant hissés dans les sommets de leurs carrières respectives, permettant ainsi a leur enfant de disposer d'une fortune colossale, fortune dont l'enfant se servait pour deux personnes. Lui et Yann. Car malgré son comportement, Laurent a un coeur en or, et se refuse a voir ceux qu'il considère comme ses amis souffrir d'un quelconque manque. C'est ainsi que non seulement il aide Yann a s'en sortir au niveau des besoins élémentaires, mais il s'arrange aussi pour combler ses besoins de se changer les idées, quelques soient ses méthodes, et même si elles ne semblent pas toujours marcher.

Ils continuèrent leur chemin jusqu'a la boite de nuit située non loin de chez Yann. A l'entrée,...

Laurent : Wow, y a du monde, visiblement !
Yann : Trop de monde.
Laurent : Tu trouves ? Moi je trouve que c'est quand il y a autant de monde qu'on s'amuse le plus !
Yann : C'est aussi quand il y a autant de monde que tu te fais écraser comme une sardine, que tu te fais bousculer et asperger par diverses substances illicites le plus souvent.
Laurent : Rooh, arrête de voir le mauvais côté des choses, veux-tu !
Yann : Trop tard. Je suis comme ça et on n'y peut rien.
Laurent : Bon, je te paie un verre ?
Yann : J'ai changé d'avis. Je rentre.
Laurent : Je sais pas pourquoi, mais j'étais sur que tu me ferais un coup pareil. On se voit demain à l'école alors ?
Yann : Ouais, t'en fais pas pour ça. A demain, alors.
Laurent : Et tâche de décrocher ta bonne humeur des tréfonds de ton crâne la prochaine fois !
Yann : Tu me demandes l'impossible, la.
Laurent : Hummm... Bon, salut !
Yann : Salut.

Yann fit demi-tour et repartit en direction de chez lui. En chemin, il s'arrêta un instant sur le pont qui séparait les deux parties de la ville, et s'assit sur le rebord, contemplant l'eau qui coulait sous ses pieds, quelques mètres plus bas.

Yann : ...
??? : Belle nuit, n'est-ce pas ?
Yann : Oui.
??? : Et tu comptes faire quoi pendant cette nuit ?
Yann : Je ne sais pas. Rentrer chez moi et me replonger dans mes rêves, peut-être...
??? : Tes rêves ?
Yann : Ouais...

Une ombre, que Yann n'avait pas aperçue avant, vint s'appuyer sur le rebord sur lequel il était assis.

??? : Ca t'arrive de faire des rêves prémonitoires ?
Yann : Des fois, mais... Pourquoi tu me demandes ça ? Et puis d'abord,... On se connaît ?
??? : Si je te disais qui j'étais, tu ne me croirais pas. Et celui qui ne croit rien ne peut rien comprendre.
Yann : Alors quand serai-je en mesure de comprendre ?
??? : Quand tu auras déployé tes ailes.
Yann : Mes ailes ? De quoi parles-tu ?
??? : De toi.
Yann : ...
??? : Enfin bref. Je n'ai plus de temps à te consacrer pour le moment. Si tu as envie d'éclaircissements, sois dans une demi-heure au bar du Red Fang.
Yann : J'en viens, un de mes amis s'y trouve encore.
??? : C'est dommage, un tel lieu de débauche...
Yann : Si tu trouves qu'il s'agit d'un lieu de débauche, pourquoi t'y rends-tu ?
??? : Parce qu'il s'agit d'un lieu de débauche, tout simplement.
Yann : ...
??? : Sur ce, au revoir, jeune Yann.

L'ombre s'en alla, laissant Yann réfléchir quelques instants.

Yann : ...Il est bizarre, lui... A me dire que je ne peux pas comprendre qui il est, à me dire d'attendre de déployer mes ailes, ou à aller dans un lieu qui le répugne parce qu'il s'agit justement d'un lieu de débauche... Eh, une seconde... Comment y connaît mon nom, lui ?

Un quart d'heure plus tard, le téléphone de Yann vibra, l'avertissant d'un nouveau message.

Yann : Voyons voir ça... "Reviens vite, y a un fou furieux avec des ailes qui démolit tout sur son passage. Laurent." . Bon ben va falloir que j'y retourne... D'autant plus que cet inconnu m'a donné rendez-vous... Pff, je suis sur que Laurent a eu des problèmes avec un motard pour m'envoyer un message pareil...

Yann était habitué a recevoir des messages de ce genre, car c'était la manière qu'utilisait généralement Laurent pour le faire revenir, et pourtant, même en le sachant, il s'inquiétait a chaque fois. Malgré les mots qu'il venait de prononcer, il se hâta de retourner au Red Fang. A son arrivée, il nota de sinistres détails. Plusieurs personnes étaient couchées par terre, gisant dans leur propre sang. Les vitres avaient explosé vers l'extérieur, et les murs étaient couverts de fissures. En avançant prudemment, il entendit des voix.

??? : Lâchez-moi ! Je vous en prie !
??? : Allons, allons, jeune Laurent. Je ne vais pas faire avec vous comme j'ai fait avec les autres. D'autant plus que vous m'êtes indispensable pour que je récupère mon dû.
Laurent : Votre dû ? De quoi vous parlez ?
??? : L'être ailé doit venir a moi pour déployer ses ailes et... Oh, mais te voilà, jeune Yann !

Yann, voyant Laurent blessé et en piteux état, était entré, le regard visiblement meurtrier envers l'étrange personne qui tenait Laurent par la gorge, le tenant en suspension dans l'air, et qui le reposa a l'arrivée de son ami.

??? : Tiens, tu es finalement venu.
Yann : Vous... C'était vous avec qui j'ai discuté tout a l'heure !
??? : Quelle perspicacité ! Allez, jeune Laurent, je ne tiens pas a te blesser davantage, alors pars, s'il te plait. Cela est une histoire entre Yann et moi.
Laurent : ...Yann... C'est quoi cette histoire ?
Yann : Laisse-nous et dégage. Je t'expliquerai tout plus tard.

Laurent commença à sortir.

Laurent : Ouais ben j'espère que ce "plus tard" viendra tôt, parce que j'en ai attendu des "plus tard" de ta part !
Yann : T'en fais pas. Dégage maintenant.

Laurent ne demanda pas son reste et partit en courant, laissant l'inconnu avec Yann.

Yann : Bon, maintenant... Que me voulez-vous ?
??? : Je veux que tu atteignes les cieux.
Yann : Pardon ?
??? : ...Et je vais t'aider a cela.
Yann : ...?

L'inconnu retira sa veste, se trouvant torse nu face à Yann. C'est alors que deux paires d'ailes, une noire surmontant une blanche, poussèrent de son dos, avant de battre lentement dans l'air. Pétrifié de surprise, Yann ne recula pas lorsque l'inconnu ailé s'approcha, puis posa le doigt sur son front.

??? : Oublie tout, maintenant. Je me charge du reste.

Et les yeux de Yann se fermèrent.

Varte
Varte
Niveau 4
23 décembre 2009 à 17:58:16

Chapitre 2 : Ou l'on apprend comment est la vie quotidienne de Yann

??? : Hmmm... Ouh...

Yann se réveilla, comme sorti d'un long sommeil. Il s'étira longuement, puis se leva.

Yann : Purée, quel rêve... Attends, comme si les anges et tout existaient... Tiens, un message ?

Il attrapa son portable et l'ouvrit.

Yann : ...Tiens, un message du paternel, c'est rare... Alors voyons... "Sois levé demain a neuf heures, nous avons quelque chose d'urgent a faire." ...Je me demande dans quelle genre de connerie il va encore vouloir me plonger, mais bon, puisqu'il y tient...

Il commença à s'habiller lorsque la sonnerie de chez lui retentit. Yann se dirigea rapidement vers le parlophone.

Yann : Oui, c'est qui ?
Laurent : C'est moi. Marine est la aussi.
Yann : Ah bon. Montez, j'en ai plus pour longtemps.

Le temps qu'ils montèrent chez Yann, il avait fini de s'habiller et se coiffait les cheveux.

Laurent : Eh bé, c'est toujours le bordel chez toi !
Yann : Ouais. Y serait peut-être temps que tu ranges.
Laurent : Pourquoi moi ?
Yann : Parce que c'est toi qui l'as foutu. Ca va, Marine ?
Marine : Oui... Même si j'ai mal dormi...

Marine était une amie d'enfance de Laurent. Très vite, elle fit connaissance avec Yann et apprit à l'apprécier. Brune aux cheveux courts et aux yeux étincelants, elle faisait littéralement fondre le coeur de la majorité des garçons, et certains n'hésitaient pas à lui vouer un culte secret. Néanmoins, elle était restée simple, et quelque part, c'est à ses deux amis qu'elle le devait. Elle en était parfaitement consciente, et n'hésitait pas a rester a leurs côtés, quoi qu'il advienne, riant et pleurant avec eux, partageant tout sans le moindre remords ni le moindre regret.

Yann : Y a pas que toi...
Laurent : Au fait, Yann, t'as appris la nouvelle ?
Yann : Laquelle ?
Laurent : Le Red Fang a été saccagé par des voyous. Les fenêtres ont été démolies et le sang de nombreuses personnes ont été retrouvées... Pourtant, aucun corps n'était a proximité. Bizarre, non ?
Marine : Effrayant, tu veux dire !
Yann : Et si le sang appartenait aux coupables ?
Laurent : Les coupables ont déjà été identifiés. Ce n'est pas leur sang.
Marine : Purée...
Yann : Bah, je suppose que comme toutes les affaires bizarres, ça va se finir en eau de boudin... Bon, je suis prêt, on y va ?
Marine : On te suit !
Laurent : Roger !

En chemin,...

Marine : C'est vraiment bizarre, cette histoire...
Yann : Ouais... D'autant plus que...
Laurent : Eh, les gars, attendez-moi, faut que je passe dire bonjour à Jess !
Marine : Jess ?
Yann : Jessica, la fille du fleuriste. Le gars n'apprécie pas trop qu'on tourne autour de sa fille, mais elle en est plutôt ravie, d'autant plus qu'ils ont les mêmes caractères. Ca pourrait marcher entre eux, si Laurent n'était pas si facile avec les filles...
Marine : Facile ? Tu veux dire ?
Yann : Je me comprends, c'est le principal... Pour revenir à ce que je disais, c'est d'autant plus bizarre que j'ai fait un drôle de rêve, qui coïncide parfaitement avec cette histoire, alors que j'ai rêvé de ça avant de savoir pour le Red Fang...
Marine : Un rêve ?

Yann lui raconta le rêve dans son entièreté.

Marine : Wow... C'est vrai que si on met de côté le fait que c'est un rêve et qu'on admet l'existence des anges, c'est tout a fait plausible, bien qu'un peu mystérieux...
Yann : Et pourtant, ce n'est qu'un rêve et les anges n'existent pas.
Marine : Donc on peut reléguer cela au rang de rêves pseudo prémonitoires.
Yann : Pseudo prémonitoires ?
Marine : Oui. Ils t'informent sur un fait à venir, tout en créant autour une histoire qui ne tient pas debout.
Yann : Ah. Ca doit être ça. Tiens, revoilà le dragueur de service.
Laurent : Yeah, j'ai eu un rendez-vous ! Allez, on se dépêche d'y aller, on va être en retard !
Marine : Tiens, t'as une photo d'elle, au fait ?
Laurent : Elle ?
Yann : Je lui ai expliqué. Montre-lui la photo.

Laurent sortit une photo, qu'il tendit, rouge, à Marine.

Marine : Purée... Elle est...
Yann : Toujours aussi moche.

Laurent reprit la photo d'un geste rageur.

Laurent : Oh, c'est bon, me charrie pas avec ça !
Yann : Tu sais ce que j'en pense.
Laurent : Ouais, que même si j'ai mes goûts et tout et tout, que cela te surprendra toujours que je sorte avec elle.
Marine : Bah, c'est l'intérieur qui compte, tu sais.
Yann : Un point pour Marine... Tiens, encore Ron et sa bande de cons.
Marine : Les voilà...

Ron est ce que l'on appelle typiquement un bad boy. Le visage hirsute, mal rasé et couvert de blessures, les cheveux blonds hérissés dépassant d'un bonnet mal mis, le regard d'un bleu haineux, le corps bâti pour pouvoir encaisser et riposter sans problème, cela se lisait sur son corps entier que quiconque l'approchait risquait des ennuis. En général, il traînait avec une bande de jeunes, qui soit étaient des délinquants en puissance comme lui, soit des faibles qui payaient leur tranquillité. Ce jeune homme n'avait aucun ami, et cela se voyait qu'il n'en éprouvait nullement le besoin.

Ron : Eh, salut le stylo sur pattes, comment va ?
Yann : Très bien, et toi, mon ange ?
Ron : Aussi bien que si je ne pouvais pas te voir une bonne fois pour toutes.
Yann : On peut régler ça si tu veux...
Ron : Je n'attendais que ta proposition. Alors, demain, huit heures du matin, ici.
Yann : Ca ne nous laisse qu'une demi-heure pour régler cela. Je propose plutôt sept heures du matin, c'est plus tôt, donc on aura plus de temps.
Ron : Pas con comme idée. Allez, maintenant, dégage avec ta bande de cons et que je ne vous voie plus de la journée... Eh, qu'est-ce que tu fous ?

Yann l'avait empoigné au col et soulevé de terre.

Yann : Traite-les encore une seule fois comme de la merde, et quelque soit l'heure, j'attendrai pas pour te faire manger tes cours un par un, pigé l'anus ?
Ron : Ok, ok, mais lâche-moi !

Yann le repoussa, le faisant tomber a terre, avant d'avancer vers l'école, suivi par Laurent et Marine.

Marine : Wow... C'est la première fois que j'en vois un ainsi avec Ron...
Laurent : Yann est aussi le seul qui ait les couilles d'agir ainsi avec tout le monde.
Yann : J'en ai rien à foutre de lui. Chef de bande ou pas, on me fait chier, je riposte. C'est tout.
Marine : Ouais, mais si il appelait ses potes ?
Yann : Il en a pas le cran. Sinon il aurait été avec. Par contre, ils seront la demain.

Yann sourit.

Yann : Je sens que je vais m'amuser un peu...

Il s'éloigna de Marine et de Laurent, se dirigeant vers sa salle de classe.

Marine : Purée, c'est la première fois que je le vois sourire.
Laurent : Il ne sourit que quand il sait que quelque chose d'excitant va arriver dans sa vie, et quand il sait que ça va bouleverser son quotidien.
Marine : Bah, c'est pas marrant...
Laurent : Il a pas vécu de choses fort gaies non plus, c'est normal qu'il prenne plaisir quand il le peut. J'essaie de l'aider aussi, mais des fois, cela me semble vraiment dérisoire.
Marine : Et ça te fait pas arrêter ?
Laurent : Yann et toi êtes mes seuls véritables amis. Tant que je pourrai vous aider, je le ferai. Alors me remercie pas... Ah, au fait, j'ai pensé a toi...
Marine : Pardon ?
Laurent : Tu m'avais pas dit qu'on t'avait volé ton portable hier ?
Marine : Euh, si, pourquoi ?
Laurent : Tiens, en voilà un nouveau. Fais-y attention, a celui-la.
Marine : ...Pff, t'es vraiment idiot...
Laurent : Pardon ?
Marine : Tu as vu comme tu dépenses tes thunes ?
Laurent : Je sais. Mais d'une part, faut bien que je dépense les 2000 euros que je reçois chaque mois, et d'autre part, je ne peux pas combler que Yann et te laisser dans le vent, pas vrai ?
Marine : ... Enfin, merci. Allez, on monte en classe ?
Laurent : J'te suis.

Et tous deux se rendirent dans la salle de classe, ou les attendait Yann.

Varte
Varte
Niveau 4
23 décembre 2009 à 17:58:41

Chapitre 3 : Ou l'on voit comment une baston peut finir a l'infirmerie pour celui qui n'a rien

Les deux premières heures de cours se passèrent calmement, comme à l'habitude. Yann, malgré ses problèmes personnels, arrivait a s'en sortir en cours, et arrivait même a donner des coups de mains a Marine, qui galérait aussi bien en maths qu'en français. Quant a Laurent, aussi surprenant que cela puisse paraître au vu du temps qu'il passe pour des frivolités, il se baladait littéralement dans toutes les matières, et cela lui donnait un moyen supplémentaire d'aider Yann et Marine, comme il aimait à le dire. La cloche sonna, annonçant la récréation.

Ron : Allez, venez, les minables, on sort. J'ai à faire.
Marine : Quoi, encore ? Racketter ou voler ? A moins que ce ne soit pour passer a tabac un élève, comme il y a deux semaines.
Ron : Ca te dérange ?
Marine : Oui, ça me dérange.

Marine se leva de sa place, visiblement remontée, tandis que Ron fit signe a ses "amis" de partir devant.

Marine : Tu te rends pas compte comme c'est dur, pour ceux que tu tabasses ou a qui tu prends de l'argent ou des affaires ? Tu trouves cela amusant sans doute !
Ron : Pour être franc, oui, ca m'amuse. Y a rien de tel que de voir en face de toi un gamin pétrifié par la peur, une tête brûlée qui baisse la tête devant toi ou un pseudo-rebelle en sang suite a tes coups.
Marine : Et tu crois que tu iras loin dans la vie ainsi ?
Ron : Ouais. Seuls les forts subsistent. Les faibles comme toi et tes chers amis doivent s'écraser, c'est la règle.
Yann : Depuis quand telle règle existe-t-elle ?
Ron : Depuis que je l'ai édifiée, c'est-a-dire maintenant. Ah, au fait, étant donné que vous venez de me faire perdre les 10 euros qu'un gosse devait me refiler, ça fera 20 euros chacun.
Marine : Hein ? Mais...
Ron : Toi, la gourdasse, ferme-la et donne le fric !

Ron plongea la main dans la sacoche de Marine, pour en sortir son portefeuille. Cela se voyait à sa façon de faire qu'il avait l'habitude de ce genre de choses.

Ron : Alors, voyons voir... Hmmm, seulement 5 euros ? Bon ben je garde le portefeuille jusqu'a ce que tu me paies le reste, alors...
Marine : Non ! Rends-le moi !
Ron : Et pourquoi je ferais telle chose ?

Yann se leva à son tour.

Yann : Parce que si tu ne le fais pas immédiatement, tu n'auras pas le temps d'appeler tes copains à ta rescousse, pigé ?
Ron : Ohoo, serait-ce la une menace, Monsieur le muet ?
Yann : Non.

D'un geste de la main, tellement rapide que lui-même en fut surpris sur le coup, il arracha le portefeuille des mains de Ron, pour le tendre à Marine.

Yann : C'est une promesse, nuance.
Ron : Alors je sens que je vais devoir te clouer le bec ici et tout de suite !

Une des mains de Ron se referma, avant de partir en direction du visage de Yann, mais le temps qu'elle arrive au but, Yann s'était décalé, et ce fut dans le vent que le poing vola.

Ron : Grrr, je vais te buter, connard !

Yann recula de deux pas en arrière, gardant Marine derrière lui.

Yann : Reste derrière, compris ?
Marine : Oui... Tu vas faire quoi ?
Yann : Ce que j'avais envie de faire depuis bien longtemps !

Yann eut un sourire sur les lèvres, ce qui irrita davantage Ron.

Ron : La ferme !

Ron se rua en avant, espérant attraper un des bras de Yann, mais ce dernier l'arrêta net d'un coup de pied bien placé, qui eut pour effet de plier Ron en deux. Un coup dans la nuque acheva le tableau, faisant s'écrouler le bad boy au sol.

Marine : Eh, me dis pas que tu l'as...
Yann : Si. Laurent ?

Laurent, qui était resté en tant qu'observateur à sa place, se leva.

Laurent : T'es pas malade, toi ? C'est encore un coup à t'attirer des ennuis.
Yann : Fallait me retenir.
Laurent : Il en aurait profité. On fait quoi ?
Marine : On sort de la classe, et discrètement.
Yann : Je reste. J'ai un truc qui me gêne.
Laurent : Quoi ?
Yann : Mon dos, il me fait plutôt mal. C'est pour ça que j'ai abrégé aussi rapidement la baston.
Marine : Je peux regarder ?
Yann : Je t'en prie. Après tout, tu dois t'y connaître assez.

Marine visait des études de médecine, et connaissait les bases, ainsi que les moyens de reconnaître certaines maladies ou infections. Mais ce qu'elle vit en soulevant le t-shirt de Yann la surprit grandement : La ou se trouvaient les omoplates, la peau était fortement rouge, et la peau avait pelé sur plusieurs couches. Les muscles n'étaient que très peu protégés, de ce fait, et cela faisait souffrir Yann plus qu'il ne devait l'admettre.

Yann : Alors ?
Marine : Jamais vu ça... Viens voir, Laurent.
Laurent : Ok... Wow, comment t'as fait ton coup ?
Yann : Quel coup ?
Laurent : T'as comme la peau qui s'est creusée jusqu'aux omoplates, c'est horrible. Va voir direct l'infirmière.
Yann : ...Vaut mieux. Vous venez ?
Marine : Evidemment.

Et tous trois sortirent, laissant Ron à son triste sort. Voyant en chemin que Yann avait quelques difficultés a marcher droit et surtout a tenir debout, Laurent lui prit son sac des mains, tandis que Marine passa son bras autour des épaules du jeune homme, le soutenant, et c'est ainsi que tous trois arrivèrent a l'infirmerie.

??? : Bonjour... Un problème ?
Laurent : Ouais, madame Sharin, regardez le dos de Yann, c'est vachement entamé.
Mme Sharin : N'abuse pas, Laurent. A t'entendre, on croirait qu'il a plus de peau sur le dos.
Marine : C'est le cas. Regardez.

Pour confirmer les dires de Laurent, Marine souleva a nouveau le t-shirt. L'infirmière examina la blessure.

Mme Sharin : Ma foi, c'est a croire que tu t'es raclé les omoplates avec une râpe a fromage... Comment tu as fait ça ?
Yann : Je ne sais pas, je n'avais pas cela ce matin.
Mme Sharin : Essaie de te souvenir, parce qu'une blessure grave comme ça, c'est dangereux. Tu restes a l'infirmerie jusqu'a ce soir, puis je te ferai une ordonnance.
Marine : Vous en avez le droit ?
Mme Sharin : Je suis médecin a la base. Enfin bon. Yann, sur le chemin du retour, tu prendras les médicaments que je t'aurai prescrit, et ensuite, interdiction de bouger de chez toi jusqu'a ce que ça guérisse. Si tu tombes a court, que l'un de tes amis revienne me voir. Ai-je été claire ?
Yann : Oui. Je vais me coucher la.
Mme Sharin : D'accord, mais retire ton t-shirt avant, sinon tu ne sauras pas dormir, avec le frottement du vêtement sur ta plaie.

Sans même se tourner, Yann retira le haut, ce qui provoqua un rougissement subit chez Marine, avant d'aller se coucher sur le ventre.

Laurent : On peut rester ? Où on doit retourner en cours ?
Mme Sharin : Je comprends que vous avez envie de rester auprès de votre ami, mais vous devez suivre les cours. Par contre, vous pouvez venir manger ici pendant votre temps de midi, mais normalement c'est interdit, alors chut !
Marine : D'accord... On revient a midi alors, Yann ?

Aucune réponse, Yann s'étant endormi. Marine sourit, puis lui fit un signe d'au revoir de la main.

Laurent : Bon ben a ce midi alors !
Mme Sharin : D'accord.

Marine et Laurent sortirent, laissant Mme Sharin seule avec Yann, qui dormait a poings fermés.

Varte
Varte
Niveau 4
23 décembre 2009 à 17:59:03

Chapitre 4 : Ou l'on rencontre Sakuya

??? : Yann... Yann ? Tu m'entends ?
Yann : ...Cette voix... Maman ?

Sa mère se tenait devant lui, souriante. Elle était comme dans ses souvenirs, avec ses cheveux bruns courts, ses yeux perçants et son sourire rassurant.

Yann : Mais... Ce n'est pas possible... Tu es...
??? : Oui, je ne suis plus de ce monde. Mais toi, tu as gagné quelque chose d'inestimable, et grâce a ce quelque chose, tu as le droit de me voir dans tes rêves. Et foi de Marion, je t'avouerais que j'en suis plutôt soulagée...
Yann : Soulagée ? Mais pourquoi ?
Marion : Tu as changé depuis que je suis partie, Yann. Tu es devenu plus froid avec les autres.
Yann : Tu me le reprocherais ?
Marion : En revanche, tu n'as rien perdu de ton sens de l'observation.
Yann : ...A ton avis, pourquoi je suis devenu comme ça ?
Marion : Aussi dure soit-elle, la mort de proches ne justifie en rien que tu sois devenu ainsi... D'autant plus qu'avant, tu étais beaucoup plus ouvert...
Yann : C'était le passé. J'ai changé en vieillissant, c'est tout.
Marion : Es-tu sur qu'il s'agit de la seule chose qui t'ait fait changer ?
Yann : Pardon ?

L'image de sa mère s'effaça, lentement, pour finalement disparaître. C'est alors que Yann se releva brusquement, sorti de son rêve.

Yann : Aaaah !
??? : ...Bien dormi ?
Yann : Huh... Ouais...

Il se tourna dans la direction d'ou venait la voix pour voir une jeune fille, qui devait avoir son âge. Elle avait de longs cheveux châtains, de doux yeux bleus, et un sourire qui ferait fondre le plus dur des glaciers. Yann ne resta pas insensible à ce sourire, baissant légèrement la tête, un peu rouge.

Yann : Euh... Tu t'appelles comment ?
??? : Tu vas rire, j'ai un nom bizarre...
Yann : Je ne rirai pas, promis. Alors ?
??? : Je m'appelle... Sakuya, enchantée...
Yann : C'est un nom d'origine japonaise, ça, non ?
Sakuya : En effet. Mes parents sont japonais, d'origine.
Yann : Et toi ?
Sakuya : J'ai été adoptée par eux à trois ans... Mon vrai père s'est enfui à ma naissance et ma mère est décédée le jour de mon adoption.
Yann : Désolé. Ah, au fait, je m'appelle Yann. Enchanté.
Sakuya : ...Toi aussi, tu as perdu ta mère, pas vrai ?
Yann : Comment le sais-tu ?
Sakuya : Je le sens... Ca se voit quand quelqu'un a perdu un parent proche... Et ton père ?
Yann : Je le hais.
Sakuya : Alors nous sommes plus proches que je ne le pensais.
Yann : C'est bien...

Yann se leva et s'approcha de Sakuya, avant de lui tourner le dos, la couverture le couvrant toujours

Yann : Tu peux jeter un oeil a mon dos, vu que Mme Sharin n'est pas la ?
Sakuya : D'accord...

Sakuya souleva la couverture, avant de pousser un hurlement et de faire un bond en arrière. Yann se retourna immédiatement.

Yann : Qu'est-ce qu'il y a ?
Sakuya : C'est... C'est... C'est horrible ! Comment tu peux endurer ça sans broncher ?
Yann : "Ca" ?
Sakuya : Ton dos... Aux omoplates, y a plus du tout de peau... Et c'est comme si tu avais des bosses qui sortaient directement de tes os et de tes muscles...
Yann : Purée...

Yann se dirigea vers le miroir, et s'arrangea pour voir son dos. Le résultat le stupéfia littéralement. Sur ces entrefaites, Mme Sharin, Laurent et Marine entrèrent.

Mme Sharin : ...Mais qu'est-ce que tu as foutu avec ton dos ?
Yann : Je ne sais pas... Je viens de me réveiller, et à mon réveil, c'était ainsi...
Laurent : On dirait... Une paire d'ailes qui te poussent !
Marine : Dis pas de conneries, toi !
Laurent : Désolé.
Mme Sharin : Ne sois pas désolé.
Yann : Pourquoi ?
Mme Sharin : Au vu de ce qui se passe dans ton dos, et si je me base sur les documents que j'ai reçu cet après-midi sur l'évolution de l'espèce humaine, je peux affirmer avec 60 % de certitude que ce sont de nouveaux membres qui te poussent dans le dos.
Yann : De nouveaux membres ? C'est à dire... Deux nouveaux bras, par exemple ?
Mme Sharin : Oui. Mais les possibilités sont vastes. J'ai lu dans cet article que si l'espèce humaine continuait à évoluer, il pourrait lui pousser des ailes, des nageoires, des branchies, des bras, des jambes, ou même une carapace. Mais étant donné que dans ton cas, ce sont deux bosses distinctes, pour la carapace, c'est fichu.
Laurent : Dommage, Yann en tortue, ça aurait été marrant... Eh, c'est quoi ça ?
Marine : Quoi ?
Laurent : Ce truc blanc qui dépasse des deux bosses de Yann.
Mme Sharin : ...Une plume ? Mais qu'est-ce que ça fait la ?
Yann : ...Eh, arrêtez la blague, la ! Ok, j'ai deux bosses salement amochés dans le dos, ok, y à une plume posée dessus, et alors ?
Marine : Elle n'est pas posée dessus. Elle y est plantée.
Yann : Quoi ?

Surpris, Yann se retourna a nouveau, confirmant les dires de ses amis.

Yann : Qu'est-ce qui m'arrive... Mais qu'est-ce qui m'arrive, à la fin !
Mme Sharin : Je vais faire un prélèvement de sang, et voir si tu n'es pas atteint par ce a quoi je pense. Si ce n'est pas le cas, alors il faudra t'attendre a deux nouveaux membres...
Yann : D'accord... Aie... Mon dos... J'ai mal...

Yann tomba a genoux, le dos voûté. Les bosses commencèrent légèrement à vibrer.

Mme Sharin : Tout le monde, reculez !

Sakuya, qui s'était tue jusque la, se leva, et, avec difficulté, marcha jusqu'a Yann, avant de le serrer contre elle.

Sakuya : La... Calme-toi...
Yann : Sakuya...
Mme Sharin : Sakuya, éloigne-toi !
Sakuya : T'en fais pas... Je vais rester près de toi jusqu'a ce que ça aille mieux, d'accord ?
Yann : Ca fait... Si mal...
Sakuya : Je te comprends... Alors ne bouge pas jusqu'a ce que ça se passe, il vaut mieux.
Yann : Ca brûle... Tellement... AaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!

Dans un grand cri poussé par Yann, les deux bosses de son dos explosèrent, pour libérer, dans un grand éclat de lumière, une magnifique paire d'ailes, d'un blanc éclatant, causé par les plumes qui les recouvraient. Tous, excepté Yann qui commençait a souffler, libéré de la douleur, et Sakuya, qui se préoccupait plus de l'état de Yann, restèrent stupéfiés par l'apparition de ces ailes étincelantes.

Mme Sharin : Alors... L'article avait raison...
Laurent : Yann... T'as des ailes...
Marine : C'est devenu... Un ange ?

Yann se redressa lentement, aidé par Sakuya.

Yann : Merci... pour ton aide...
Sakuya : C'est normal...

La porte s'ouvrit alors sur une personne que Yann reconnut avec étonnement.

Yann : Vous... !
Mme Sharin : Ecoutez, monsieur, les visites sont interdites dans l'établissement !
??? : Hors de mon chemin, humaine !

D'un geste de la main, l'inconnu repoussa l'infirmière contre le mur. Le choc lui fit perdre conscience.

Yann : Mme Sharin !
Laurent : De quel droit avez-vous fait ça ?
Sakuya : Et pourquoi êtes-vous la ?
??? : Je suis venu chercher mon dû.
Sakuya : Votre dû ? C'est à dire ?

L'inconnu pointa Yann du doigt.

??? : Moi, Khaelis, suis venu chercher cet ange !

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 17:59:29

Chapitre 5 : Ou l'on apprend que tous les rêves n'en sont pas

Yann : Pardon ? Vous êtes venu... Me chercher ?
Khaelis : Exactement.
Laurent : Et pourquoi vous suivrait-il ?
Khaelis : Parce qu'il est un ange, tout comme moi.
Marine : Pff, ça se dit ange et ça n'a même pas d'ailes... Pitoyable...

Pour toute réponse, Khaelis retira la toge qu'il portait, avant de déployer ses ailes.

Khaelis : Tu disais, humaine ?
Marine : ...
Yann : Et que se passe-t-il si je refuse de vous suivre ?
Khaelis : Tu seras tué, et tous ceux qui te connaissent perdront la mémoire à ton sujet.
Yann : Et si je vous suis ?
Khaelis : Tu seras conduit au Panthéon, ou tu vivras.
Yann : Et mes amis ? Je ne pourrai plus les voir ?
Khaelis : Pas avant une bonne quinzaine d'années terrestres.
Yann : Alors ma décision est prise...

Khaelis sourit.

Khaelis : C'est bien que tu aies ouvert les yeux. Fais tes adieux à tes amis, nous partons dans cinq minutes.
Yann : Qui a parlé de partir ?

Yann sourit à son tour.

Khaelis : Mais... Tu viens de dire que ta décision était prise !
Yann : Exactement... Et ma décision, c'est de rester ici ! Avec mes proches !

Yann se rua sur Khaelis, qui tendait déjà la main vers lui, et lança une série de coups de pied dans l'estomac de l'ange, qui finit par tomber a terre.

Khaelis : Urgh... Quelle force... Comment tu peux... Etre aussi fort ?
Yann : Je ne suis pas particulièrement fort... Je me suis juste suffisamment entraîné pour pouvoir me défendre, c'est tout.
Khaelis : Pourtant... N'importe quel être humain... Même bien entraîné... Ne peut pas être aussi fort...
Yann : Eh, t'es tombé de la lune ou quoi ? J'suis devenu un ange, je te rappelle ! C'est même toi qui me l'a dit !
Khaelis : Oui, mais la véritable puissance d'un ange n'apparaît que dans la première année, et progressivement, qui plus est... Alors comment tu...
Yann : La ferme !
Khaelis : Pardon ?
Yann : J'me fous de savoir si j'ai des qualités exceptionnelles, ou même de savoir que je suis un ange... La seule chose qui compte, pour moi, c'est de vivre...
Khaelis : Ne préfèrerais-tu pas vivre dans tes rêves ? Dans ces rêves ou tu n'es pas celui que tu es ? Où tu n'as pas les problèmes que tu as ?
Yann : ...Bien entendu, n'importe qui aimerait vivre dans ses rêves...
Khaelis : J'en ai le pouvoir...
Yann : Je m'en fous.
Laurent : T'es incohérent, la, Yann. Tu dis que tout le monde aimerait vivre dans ses rêves, et tu dis juste après que tu t'en fous...
Yann : Oui. Parce que même si cela me plairait, je garde à l'esprit que ce ne sont que des rêves, des illusions chimériques créés par mon inconscient, et rien de plus. Si je veux les vivre, c'est a moi de tout faire pour cela.
Marine : Eh ben... C'est la première fois que je t'entends déclarer de telles paroles...
Yann : Je sais. Mais je n'aime pas devoir me dévoiler ainsi.
Sakuya : C'est dommage... Tu as l'air si froid, d'habitude...
Yann : J'ai l'air si froid que ça ?

Laurent et Marine hochèrent la tête, d'approbation, tandis que Khaelis se releva.

Khaelis : Pff... Tu es idiot... C'est bien la première fois de ma vie que je vois quelqu'un refuser l'opportunité de vivre là-haut...
Yann : Ne me le propose pas une fois de plus où je me verrais dans l'obligation de te faire taire une bonne fois pour toutes.
Khaelis : Et comment ?

En une fraction de seconde, et à la surprise de tous, y compris de lui-même, Yann saisit Khaelis par le cou et le souleva de terre.

Yann : Comme ça.
Khaelis : Relâche-moi !
Yann : Tu as le choix. Ou tu te décides a me foutre la paix et je te laisse t'en aller, ou tu continues a me coller aux basques avec ton idée débile d'aller vivre là-haut et je fais de toi une brochette pour un éventuel prochain barbecue... Tu choisis quoi ?
Khaelis : ...J'ai compris... Tu peux me lâcher...
Yann : Fais attention à ce que tu fais, je peux aisément recommencer...

Yann lâcha l'ange, qui reprit sa respiration.

Khaelis : Khhh... Je vais me faire tirer les oreilles... Par le grand patron...
Yann : Tu lui diras de ma part que s'il veut que je vienne lui donner un coup de main, qu'il vienne me le demander en personne, mais que si il continue a m'envoyer des émissaires aussi rustres, je viendrai lui demander des comptes en personne, quitte a y perdre mes ailes !
Khaelis : Il a entendu...
Yann : Très bien. Alors va-t-en.
Khaelis : ...Soit, je me retire... Mais nous nous retrouverons... Au revoir, ange Yann. Et fais attention aux ombres, surtout...

Khaelis disparut, dans un éclat de lumière. Yann se laissa tomber a terre, assis. Sakuya, Laurent et Marine s'approchèrent de lui.

Marine : Ca va, Yann ?
Yann : Oui, oui, je crois...
Sakuya : Tu n'es pas blessé quelque part ?
Laurent : Je ne pense pas, il n'a subi aucun coup.
Yann : Bien vu, Laurent. Par contre, je suis quelque peu vanné par les événements qui viennent de se passer... Si vous pouviez me laisser seuls, ce serait gentil...
Laurent : ...D'accord. Marine, tu viens ?
Marine : Attends, et Mme Sharin ?
Laurent : On l’embarque, et on l’amène dans un vrai hosto !

Laurent et Marine sortirent, portant Mme Sharin du mieux qu’ils le pouvaient.

Sakuya : Je peux rester un peu ? Je te rappelle que je suis malade...
Yann : Comme tu veux…

Il resta assis par terre, et se prit la tête entre les mains. Sakuya, inquiète, se rapprocha de lui.

Sakuya : …Je peux faire quelque chose ?
Yann : Je ne pense pas… A ce que je sache, ce n’est pas toi qui t’est retrouvé à combattre un envoyé de Dieu… Enfin, du moment qu’on y croie…
Sakuya : T’aurais du mal à croire à autre chose alors que tu viens d’avoir la preuve de la vérité, pas vrai ?
Yann : T’as pas tort… Mais bon,…
Sakuya : …C’est vrai que c’était impressionnant… Si j’ai bien compris, tu es toi aussi un ange, n’est-ce pas ?
Yann : J’aurais préféré continuer à vivre ma vie bien calme.
Sakuya : On choisit pas toujours son destin…
Yann : Ouais…

Yann se releva et s’allongea sur le lit qu’il occupait.

Sakuya : Tu comptes te recoucher ?
Yann : Oui, pourquoi ? Ca pose un problème ?
Sakuya : Non, mais… Je sais qu’a ta place, je serais incapable de dormir…
Yann : Je n’ai pas dit que j’allais dormir, non plus.
Sakuya : D’accord…

Sakuya s’assit sur le lit sur lequel était couché Yann et tourna la tête vers lui.

Sakuya : Au fait, comment va ton dos ?
Yann : Bien. Plus de douleurs, ni rien.
Sakuya : Tant mieux…
Yann : …Dis, Sakuya… Tu crois que j’aurais du accepter sa proposition ?
Sakuya : Pourquoi tu me demandes ça ?
Yann : Je ne sais pas… Ca me travaille depuis qu’il est parti…
Sakuya : Tu sais, quand on décide de faire quelque chose, c’est en général parce qu’on veut le faire. Tu as eu envie de rester ici, et de continuer une vie normale, et tout ce que tu as dit et fait était le résultat de cette volonté.
Yann : …Je sais ça, mais quel est le rapport ?
Sakuya : Si tu as envie de rester auprès de tes amis, pourquoi te demandes-tu ce qui se serait passé si tu les avais abandonnés ?
Yann : Par curiosité, peut-être. A moins que ce soit parce que j’ai l’impression d’être passé a côté de quelque chose.
Sakuya : A côté de quoi ?
Yann : Je ne sais pas. C’est pour ça que je me pose la question.
Sakuya : L’autre ange l’a dit… Ce qui t’attendait, c’était une vie au Panthéon, entouré d’autres anges, mais sans la possibilité de revoir tes amis avant une quinzaine d’années… Et puis après ces quinze ans, tu aurais sûrement pu les revoir, mais qu’en est-il d’eux ?
Yann : …Je comprends.

Yann sourit à Sakuya.

Yann : Merci.
Sakuya : Ravie d’avoir pu t’éclaircir les idées.
Yann : N'empêche, ca me fait bizarre de parler autant avec quelqu'un que je connais a peine...
Sakuya : ...A peine...

Sakuya, toujours assise sur le bord du lit, posa sa tête sur le torse de Yann.

Yann : …Tu me fais quoi, la ?
Sakuya : ...Chute de tension… Besoin de repos…

Elle ferma les yeux, et ne tarda pas à s’endormir. Yann, quant a lui, resta à fixer le plafond, couché dans son lit, les ailes ayant disparu de son dos. Il se posait d’innombrables questions sur ce qu’il avait été, sur ce qu’il était devenu, et sur ce qui l’attendait, et le temps qui passait ne lui apportait aucune réponse. C’est alors que la porte s’ouvrit, lentement, sans bruit.

Yann (pense) : Qui est-ce… ?
Voix 1 : …Ils doivent dormir, tu ne crois pas ?
Voix 2 : Vu qu’ils sont tous deux couchés, je dirais que oui…
Voix 1 : Bien, profitons-en…

La porte se referma.

Yann (pense) : C’est louche…

Il tendit la main vers Sakuya et l’attrapa.

Yann (tout bas) : Sakuya… Tu es levée ?
Sakuya : Mmmm… Qu’est-ce qui se passe ?

Elle plaqua ses mains sur sa bouche, l’air surprise.

Yann (tout bas) : Qu’y-a-t-il ?
Sakuya (tout bas) : Tes ailes !

Yann regarda dans son dos, pour constater qu’elles avaient disparu. Un bruit en provenance de la porte le détourna de ses pensées.

Yann (tout bas) : Fais attention… J’ai un mauvais pressentiment…

Comme pour confirmer ses dires, la porte tomba, pour laisser apparaître, en pleine lumière, quelqu’un que Yann reconnut immédiatement.

Yann : Ron !
Ron : Hé hé hé… Alors, on a bobo son dos, Yann ?

Ron était dans l'encadrure de la porte, une batte cloutée en main.

Ron : On va t’arranger ça…

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 17:59:59

Chapitre 6 : Ou l'on voit ce que représente le terme "activité extrascolaire" pour certains

Yann : Sakuya… Eloigne-toi…
Sakuya : Mais…
Yann : Eloigne-toi, je te dis !
Ron : Oh oh, on se la joue chevalier au grand cœur ?
Yann : Dans ce cas, ce serait plutôt me la jouer suicidaire, tu ne crois pas ?
Ron : On peut voir ça comme ça…
Yann : Très bien… T’attends quoi pour me latter ? D’autant plus que, te connaissant, tu n’es pas venu seul, pas vrai ?
Ron : Exact. Tu peux te montrer, Meg.
Meg : Zut, moi qui comptais rester discrète…

Une jeune fille entra à son tour en pleine lumière. Meg, Margaret de son vrai nom, était un véritable garçon manqué. Blonde aux cheveux courts, elle passait son temps à se battre avec des mecs, que ce soit pour prouver sa force aux autres, ou simplement pour se défendre. Elle et Yann étaient dans la même école en primaire, et ils se connaissent depuis toujours.

Yann : Meg ? Ca m’étonne que tu t’allies avec ce pourri.
Meg : Je te l’avais promis, non ?
Yann : C’est vrai.
Ron : De quelle promesse tu parles, Meg ?
Meg : Oh, une vieille querelle de gosses. Je t’expliquerai à l’occasion.
Yann : Ca n’empêche que ça m’étonne de toi, Meg.
Meg : Tu veux dire ?
Yann : Je ne te savais pas tombée aussi bas.
Ron : La ferme !

Ron se rua sur Yann, batte en avant. Ladite batte fut arrêtée par la main de Yann.

Yann : Te crois-tu vraiment capable de me faire du mal ?
Ron : Grrrr…

Ron enchaîna les coups de batte, déviés ou arrêtés par Yann, qui n’avait aucune difficulté à le faire, à sa surprise. Pendant ce temps, Meg longeait les murs, espérant frapper Yann par derrière. L’occasion vint rapidement, et elle la saisit, ce qui perturba Yann. Ron en profita pour lui asséner un bon coup de batte dans la tête, ce qui étala Yann a terre.

Sakuya : Yann !
Meg : T’en fais pas, on lui a pratiqué une petite anesthésie. Il ne sentira rien de ce qu’on compte lui faire.
Sakuya : Vous comptez lui faire quoi ?

Ron sortit un pistolet électrique.

Ron : Tu sais ce que c’est ?
Sakuya : Comment le saurais-je ?
Meg : Pistolet électrique pouvant lancer des décharges allant jusqu'à 10000 volts.
Sakuya : Ne me dites pas que vous comptez…
Ron : Pourquoi pas ?
Sakuya : Parce que je te l’interdis !
Ron : Et tu comptes faire quoi ?
Sakuya : Ceci !

Elle lança son pied en plein dans le visage de Ron, qui tomba a terre.

Meg : Qu’est-ce que tu viens de faire ?
Sakuya : Un petit coup de pied, c’est pas si dangereux que ça, voyons. Comparé a ton pistolet, en tout cas.
Meg : T’as pas tort. C’est pour ça que je vais m’en servir contre toi en premier !
Sakuya : Pfff… Faut savoir me toucher d’abord !

D’un second coup de pied, Sakuya désarma Meg.

Meg : Hmmm… Pas mal, ton coup de pied… Taekwondo, n’est-ce pas ?
Sakuya : Peut-être.
Meg : Parfait. On va pouvoir se battre a armes égales alors.

Meg se mit en position de combat, rapidement imitée par Sakuya.

Meg : Combien d’années ?
Sakuya : Quatre ans. Toi ?
Meg : Cinq.
Sakuya : Ca va être plus coton que prévu, alors.
Meg : Ok…

Meg se rua vers Sakuya, et allait lui décocher un coup de pied dans l’estomac, quand quelqu’un se mit entre elles, encaissant le coup.

Sakuya : Yann ?
Yann : Je t’avais dit de ne pas te mêler de ça, Saku…

Yann s’était relevé, et faisait face a Sakuya, a qui il sourit.

Yann : Je savais pas que tu savais te battre.
Sakuya : On ne se connaît pas depuis longtemps, c’est normal que tu ignores des choses à mon sujet.
Yann : C’est vrai.
Meg : Comment tu as pu te relever, après le coup que tu as reçu ?
Yann : Je ne suis pas n’importe qui. Ce n’est pas un simple coup de batte qui va me tuer.
Sakuya : Ce serait parce que…
Yann : N’en parle pas, Saku. Je ne veux pas que ça s’ébruite.
Meg : J’ignore quel est votre secret, mais si Ron n’a pas pu t’étaler, je vais me faire une joie de le faire !

Elle tenta de frapper Yann, mais un revers de son poing la fit voler. Elle retomba au sol, assommée.

Yann : Score total, deux a zéro. Ca va, Saku ?
Sakuya : Oui, mais… Et toi ?
Yann : Bah, j’ai été un peu sonné sur le coup, mais ça va. N’empêche,…
Sakuya : Quoi ?
Yann : Je me demande ou sont passées mes ailes…
Sakuya : C’est vrai… Remarque, elles apparaissent peut-être seulement quand le besoin s’en fait sentir, tu ne crois pas ?
Yann : C’est possible, mais bon… J’espère surtout que je ne vais pas souffrir comme pour la première fois…
Sakuya : J’espère aussi… J’étais pas mal inquiète en voyant ça.
Yann : Merci.
Sakuya : Ah, juste une chose...
Yann : Oui ?
Sakuya : Pourquoi j'ai déjà droit à un surnom ?
Yann : Oh, je trouvais ca mignon. Cherche pas plus loin...

C’est alors qu’il remarqua qu’il faisait plus sombre dehors. Il jeta un œil a sa montre.

Sakuya : Quelle heure il est ?
Yann : Quatre heures et demie. S’il fait aussi sombre, c’est visiblement à cause de nuages noirs.
Sakuya : J’espère qu’on ne va pas se ramasser la pluie.
Yann : Bah, c’est pas si grave si y pleut, après tout. Bon, on sort ?
Sakuya : Oui, les cours sont finis, donc on a aucune raison de rester…

Tous deux sortirent. L’école, déjà imposante en temps normal (un grand bâtiment de cinq étages ressemblant plus a un hôpital qu’autre chose), semblait encore plus grande au vu du temps. Le ciel était couvert de nuages noirs, le soleil était complètement voilé, et un vent violent soufflait. Sakuya, qui avait du mal a tenir debout a cause du vent, s’agrippa au bras de Yann.

Yann : T’envole pas.
Sakuya : Tant que je me tiens, pas de risque !
??? : Eh bien, c’est qu’on s’amuse, la !
Yann : …Laurent, la prochaine fois, garde tes remarques sarcastiques pour toi.

Laurent se montra, accompagné de Marine.

Sakuya : Comment va Mme Sharin ?
Marine : Laurent a appelé quelqu’un qui la conduit en ce moment a l’hôpital le plus proche, ou elle bénéficiera de soins appropriés. Mais visiblement, a part sa grosse bosse sur la tête, elle ne devrait pas avoir de séquelles.
Yann : Tant mieux…
Laurent : Et tes ailes ?
Yann : J’ignore ou elles sont passées, mais après tout, c’est pas plus mal…
Laurent : Tu veux dire ?
Yann : Ce sera plus facile pour moi de vivre une vie normale… Tiens, on ferme l’école si tôt ?
Sakuya : Attends, Ron et Meg sont encore à l’intérieur !
Marine : Qu’est-ce qu’ils y font ?
Yann : Ron a tenté de profiter du fait que je souffrais au dos. Il s’était même adjoint les services d’une ancienne amie…
Laurent : L’enflure… Enfin bon, ils n’ont que ce qu’ils méritent.
Marine : Bon, on fait quoi, maintenant ? On reste ici à causer ou on bouge ?
Sakuya : Moi, je dois rentrer.
Yann : Tu veux que je te raccompagne ?
Sakuya : Oui, merci de me le proposer.
Laurent : Un vrai gentleman.
Marine : N’est-ce pas ? Pas comme une certaine personne, en tout cas.
Laurent : Dois-je me sentir visé ?
Yann : Faut croire que oui… Bon, on y va. A demain ?
Laurent : Je passe chez toi ce soir, vieux !
Yann : Pas de problème ! Salut !

Et Yann s’éloigna, Sakuya toujours accrochée a son bras.

Laurent : …A ce rythme-la, elle va te le piquer.
Marine : Je sais.

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:00:22

Chapitre 7 : Ou l'on apprend le passé de Yann (partie 1)

Yann : Tu habites ou ?
Sakuya : Là-haut. On y est bientôt.
Yann : D’accord.

Une fois arrivée a l’étage ou Sakuya habitait, celle-ci sortit ses clés d’une de ses poches. Elle se dirigea rapidement vers sa porte, qu’elle ouvrit, tout en jetant des regards suspicieux a gauche et a droite.

Yann : Tu regardes après quoi ?
Sakuya : Le voisin s’est fait agresser y a deux semaines, donc je reste sur mes gardes.
Yann : T’as bien raison.
Sakuya : …Entre, et ne fais pas attention à l'ordre.

Yann entra, calmement, après un bref regard sur la pièce ou il était arrivé.

Yann : C’est bien décoré.
Sakuya : Ravie que ça te plaise. C’est le résultat de deux mois de pur labeur.
Yann : Ca se voit.
Sakuya : Assieds-toi dans le divan, je vais te chercher à boire. Tu veux quoi ?
Yann : Faudrait d’abord que je sache ce que tu as pour te demander quelque chose.
Sakuya : Alors… Coca, orangeade, grenadine, menthe et c'est tout.
Yann : Orangeade pour moi, alors.
Sakuya : J’arrive. Mets-toi a l’aise.

Sakuya se dirigea vers la cuisine, d’un pas léger. Yann la regarda, le sourire aux lèvres, puis déposa son sac avant d’aller s’asseoir dans le divan que Sakuya lui avait indiqué. Elle ne tarda pas a revenir, deux verres d’orangeade en main. Yann sourit.

Yann : Copieuse.
Sakuya : Eh, moi aussi j’aime bien !
Yann : Je sais, j’te taquine. Fais pas attention.

Sakuya sourit à son tour, avant de s’asseoir à côté de Yann.

Yann : Au fait, encore merci pour tantôt. Si tu n’avais pas intervenu, je me serais ramassé une belle décharge.
Sakuya : Je n’allais pas les laisser s’en prendre a toi, voyons.
Yann : C’est gentil… Mais pourquoi tu fais ça pour moi, alors qu’on se connaît a peine ?
Sakuya : Tu ne me connais peut-être pas, mais moi, je me souviens parfaitement de toi.
Yann : Ah bon ?
Sakuya : Tu te souviens de quand tu étais à l’école primaire ?
Yann : Un peu, pourquoi ?
Sakuya : Quand tu étais en cinquième, tu te souviens des trois chiens qui ont débarqué dans la cour, en plein temps de midi ?
Yann : Ouais… Ils s’en étaient pris a plusieurs élèves, et alors que les profs les avaient attrapé, l’un d’entre eux s’est échappé, et a chargé une élève.
Sakuya : Oui, et tu es arrivé au dernier moment, et, sans même te préoccuper de toi, tu as plaqué le chien au sol, avant de l’écraser de tout ton poids.
Yann : Oui…
Sakuya : En fait, cette fille…
Yann : Je peux t’avouer quelque chose ?
Sakuya : Oui, vas-y.
Yann : Je savais pas qui c’était, cette fille, mais depuis la rentrée, je pouvais pas m’empêcher de la regarder… Elle occupait toutes mes pensées, sans que je comprenne pourquoi… Et quand j’ai vu le chien courir vers elle, mon sang n’a fait qu’un tour.
Sakuya : Et pourquoi ?
Yann : Avec le recul, je dirais qu’il s’agit d’un premier amour… Mais après cet événement, chaque fois que je la regardais, elle détournait le regard, ou elle s’enfuyait… Et ça m’a rendu fort triste… Alors j’ai cessé petit a petit de l’observer… Et quand j’ai quitté l’école primaire pour rentrer dans la section secondaire de la même école, j’ai entendu dire qu’elle était partie a l’étranger…

Il soupira.

Yann : J’aurais aimé pouvoir lui parler… Pouvoir lui dire mes sentiments… Même si elle devait s’en ficher complètement, même après tout ce temps… Ca m’aurait soulagé…
Sakuya : Je comprends…

Et un souvenir traversa la tête de Sakuya…

Prof : Et voilà, on a les trois !
Educateur : Les élèves sont blessés ?
Prof : Plus de peur que de mal, heureusement… Oups ! Y en a un qui s’est dégagé !

Le chien me fixait, et courait vers moi. J’étais pétrifiée de peur… Mais heureusement…

??? : Attention !

…Tu as sauté dessus. Je me souviens que le chien et toi avez roulé, toi le ceinturant fermement. D’ailleurs, ça t’avait valu quelques blessures, dont une a la main qui n’a pas cicatrisé pendant des semaines… Tu l’as tenu, résistant aux coups de pattes, aux coups de dents que le chien fou te donnait. Et tout ce que tu trouvais a faire, c’était me hurler de m’éloigner, le temps que tu le maîtrises… Le prof t’a finalement rejoint, alors que le chien s’essoufflait, et l’a repris, comme si de rien n’était. Moi, je pleurais a chaudes larmes, a la fois inquiète pour toi et soulagée de voir que le chien ne t’avait pas tué.

??? : Ouch… Eh… Pleure pas, toi…

Tu t’étais relevé, tu étais venu près de moi, et tu m’avais serré contre toi, attendant que je me calme… Ca doit être a ce moment-la que je suis tombée amoureuse, a mon tour. Toi, qui, malgré tes blessures, n’avait pas hésité a me prendre dans tes bras pour me réconforter… Toi qui avais la délicatesse et la gentillesse de penser aux autres avant toi…

Je me souviens t’avoir entendu me dire doucement « je t’aime » entre deux de mes sanglots.

Mes larmes ont finalement cessé de couler dans tes bras. Je me suis accroché à ton bras et je ne t’ai pas lâché de la journée…

Le lendemain, je n’ai pas osé te reparler.

Je t’observais, mais quand je voyais que tu me regardais aussi, je détournais le regard, troublée. Et finalement, j’ai changé d’école pour t’éviter… Mais tu me manquais trop, et je suis revenue.

Yann : Sakuya ?
Sakuya : Oui ?
Yann : Non, rien, c’est juste que tu avais l’air dans la lune.
Sakuya : Ah bon… Ce n’est pas grave, je me rappelais mon enfance…
Yann : Ah bon ?
Sakuya : Oui… Parce que j’ai passé mon enfance à regarder un garçon que j’aimais… J’en étais tombée amoureuse depuis le début du second trimestre de ma quatrième année, et un jour ou il m’a vue en train de pleurer, il m’a réconforté… Il m’avait dit qu’il m’aimait a ce moment, et j’ai passé le reste de la journée près de lui… Le lendemain, je n’ai plus osé lui parler, pensant qu’il me rabrouerait, mais je n’ai jamais cessé de l’observer, ni de l’aimer.
Yann : Et lui ?
Sakuya : Il ne l’a jamais su.
Yann : Et si tu le retrouvais, tu ferais quoi ?
Sakuya : J’attendrais d’être prête, et puis je lui en parlerais.
Yann : Plus tu attends, et plus tu prends le risque de le perdre.
Sakuya : Je sais… Mais c’est si dur…
Yann : Si tu sais que ses sentiments étaient réciproques, et vu que tu es une très jolie fille, je doute qu’il puisse te repousser…

Réalisant le compliment qu’il venait de lui faire, Yann rougit, imité par Sakuya, ce qui est compréhensible, étant donné qu’elle venait de recevoir un compliment de celui qu’elle aime. Tous deux restèrent silencieux pendant quelques secondes, puis Yann se leva.

Yann (rouge) : Bon, j’ai rendez-vous avec Laurent chez moi, donc il vaut mieux que j’y aille.
Sakuya (rouge) : D’accord. Attends, je te raccompagne jusqu'à la porte.
Yann (rouge) : D’accord…

Elle le suivit donc jusqu'à la porte de chez elle, et, après un bref signe au revoir, elle referma la porte derrière lui, avant de s’asseoir contre.

Je n’ai pas cessé de t’observer, et je n’ai pas envie de m’arrêter.

Depuis ce jour, tu occupes toutes mes pensées, et il en sera toujours pareil. Et tu sais pourquoi ?

Parce que je t’aime, Yann.

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:00:46

Chapitre 8 : Ou l'on apprend le passé de Yann (partie 2)

Laurent : Yann, c'est moi !
Yann : Ok, attends, je viens t'ouvrir.
Laurent : Habille-toi, avant, je suis pas seul.
Yann : J'étais habillé. Tu pensais a quoi ?
Laurent : On sait jamais...

Yann descendit ouvrir a Laurent, ainsi qu'a celle qui l'accompagnait.

Yann : Tiens, t'es venue aussi Marine ?
Marine : Oui. J'avais envie de venir te voir aussi.
Yann : Merci, c'est gentil. Allez, entrez, tous les deux.

Tous se dirigèrent vers le salon.

Laurent : Comment va ton dos ?
Yann : Mes ailes ne sont pas réapparues, mais c'est pas trop grave.
Marine : Bah, ca t'allait bien, tes ailes d'ange.
Yann : Ouais, mais... Tu me vois sortir dans la rue avec ca ?
Laurent : Ca aurait donné un air de cosplay, et perso, j'aime bien l'idée.
Yann : Ouais, mais perso, je trouve tes idées un peu bizarres.
Marine : Y a pas que toi.
Laurent : Sympa. Pour la peine, je vais aux toilettes.

Faisant mine de bouder, Laurent se dirigea vers les toilettes, laissant seuls Yann et Marine.

Yann : Marine...
Marine : Oui ?
Yann : Tu peux jeter un oeil a mon dos ?
Marine : Pas de problème.

Rougissant quelque peu, Marine souleva le t-shirt de Yann. Le dos semblait normal.

Marine : Aucune trace. Comme si l'ange avait perdu ses ailes.

Elle passa ses bras autour de Yann, qui rougit subitement.

Yann (rouge) : Mais qu'est-ce que tu fais, Marine ?
Marine : Je me serre contre toi, ca te pose un problème ?
Yann (rouge) : Non... Mais bon... Imagine si Laurent rentre...
Marine : J'm'en fous. Il est au courant.
Yann : Au courant de quoi ?

Yann se retourna, faisant face a Marine.

Marine : De mon petit secret. Un secret que je ne te dirai que quand je serai prête.
Yann : ...Et en quoi ce secret a un rapport avec ce que tu es en train de faire ?
Marine : J'ai besoin de réconfort.
Yann : Chais pas pourquoi, mais ca me rappelle un souvenir commun, pas a toi ?
Marine : Si...

Marine : T'approche pas ! Ou je saute !
Yann : Attends, je vais t'accompagner ?
Marine : Hein ?
Yann : T'as pas compris ? C'est clair pourtant. Je vais me suicider avec toi.
Marine : Mais pourquoi ?

Yann s'était approché de moi, un sourire plus que triste sur les lèvres.

Yann : Marre de tout... Marre de me faire humilier en permanence par les autres, marre de ne pas pouvoir avoir d'amis, marre de ne pas avoir de petite amie... Tu veux que je continue ou la liste est bonne ?
Marine : C'est bon...

Il se trouvait a présent a mes côtés. Il s'assit sur la rambarde de sécurité, l'air serein.

Yann : Tu sais pourquoi on est sur terre ?
Marine : Non. Et toi ?
Yann : Non plus. Mais j'ai ma petite idée la-dessus.
Marine : Dis.
Yann : Si on est sur cette terre, c'est pour y vivre quelque chose. Et je doute que du haut de nos douze ans, on l'aie déjà vécu.
Marine : ...
Yann : Pourquoi t'as envie de sauter, au fait ?
Marine : Plus ou moins comme toi.
Yann : Alors je te propose un truc.
Marine : Vas-y, dis.
Yann : On saute pas, ni l'un ni l'autre, et en échange, on se quitte plus. On fait pas attention a ces cons qui passent leur temps a nous humilier, on ignore ceux qui nous ignorent, et pour ce qui est d'avoir une copine, ou un mec, dans ton cas, bah faudra chercher.
Marine : J'ai une idée pour ca.
Yann : Quoi ?
Marine : Si a notre majorité, on a toujours pas de copine, on sort ensemble ?
Yann : Pas de problème. Mais que je ne te voie pas sauter si j'ai quelqu'un !

J'ai ri, d'un rire sincère. Tu m'avais redonné le sourire, de par ta promesse.

Yann : Marine ? Tu dors ?

Tu venais de me promettre que tu ne m'abandonnerais jamais.

Marine était affalée contre Yann, les yeux clos, un sourire sur les lèvres.

Et ca m'a touché jusqu'au plus profond de mon être.

Marine : Non. Mais tu permets que je prenne un accompte sur notre promesse ?
Yann : Laquelle ?
Marine : Tu vas comprendre.

Parce que je t'aime, Yann.

Se redressant, elle l'embrassa. Surpris, Yann ferma les yeux, se laissant aller. Caché derrière l'encadrement de la porte, Laurent souriait.

Marine : ...Désolée...
Yann : Pourquoi tu t'excuses ? Tu sais que je tiens mes promesses jusqu'au bout.
Marine : Je sais. Et nous aurons bientôt vingt et un ans tous les deux.
Yann : Dans deux mois pour toi, dans six pour moi.
Laurent : Et dans dix-sept pour moi.

Marine hurla, surprise, et se dégagea des bras de Yann, qui rougit.

Laurent : Aie, j'vous dérange peut-être ?
Yann : Non. Pas du tout.
Laurent : Vous discutiez de quoi ?
Yann : D'une vieille promesse.
Laurent : Ah. Bon, je dois rentrer. Marine, tu viens ? Que je te dépose en chemin.
Marine : Sors déjà, j'arrive.
Laurent : D'accord.

Laurent sortit, le sourire toujours aux lèvres. Marine se leva, toujours sur le coup de l'émotion.

Marine : Bon...
Yann : Marine.
Marine : Oui ?
Yann : Ne saute pas si d'ici a mon anniversaire, je trouve quelqu'un d'autre.
Marine : Sakuya ?
Yann : Non. Pourquoi elle ?
Marine : Tu es très proche d'elle, alors que tu ne la connais que depuis peu.

Yann se leva a son tour.

Yann : C'est vrai, mais j'ai l'impression qu'elle en sait plus sur moi qu'elle le dit. Je veux savoir.
Marine : Je vois.

Elle se dirigea vers la porte, suivie par Yann.

Yann : Marine.
Marine : Quoi ?

Elle se retourna.

Yann : Merci.
Marine : Pourquoi ?
Yann : Le baiser. C'était mon premier.
Marine : Ah bon. Bah tant mieux alors. Allez, a demain !
Yann : Oui...

Elle sortit, laissant Yann seul chez lui.

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:02:30

Chapitre 12 : Ou la guerre est déclarée pour un ange indécis

Sakuya : Marine !

Marine se retourna, toujours furieuse. Sakuya avait fouillé les environs pendant une vingtaine de minutes, avant de la trouver, seule sur un banc.

Marine : Quoi encore ?
Sakuya : Qu'est-ce qui se passe ?
Marine : Qu'est-ce qui te permet de coller ainsi Yann ?
Sakuya : Je ne l'aurais pas fait s'il n'avait pas accepté.
Marine : Et alors ? Seule sa petite amie a le droit de le faire !
Sakuya : Il a une petite amie ?
Marine : Non ! Et je ne laisserai personne s'en approcher !
Sakuya : ...Tu l'aimes, pas vrai ?
Marine : Ca te regarde ?
Sakuya : Je prendrai ca pour un oui.

Sakuya s'assit a côté de Marine, qui lui tourna le dos.

Sakuya : Tu sais, y a pas que toi...
Marine : Comme si je ne l'avais pas remarqué !
Sakuya : ...Et tu es décidée a t'interposer entre lui et moi, pas vrai ?
Marine : Exactement ! Moi, je le connais depuis des années ! On a passé une bonne partie de nos études ensemble, et depuis la première fois, j'ai pas pu m'empêcher de l'aimer !

Marine se retourna, les larmes aux yeux.

Marine : Alors ne compte pas que je te le laisse, a toi qui viens a peine de débarquer dans sa vie !
Sakuya : ...Tu veux que je t'explique quelque chose ?
Marine : Quoi ?
Sakuya : Yann t'a-t-il déjà parlé de cette fille, qu'il aimait, lorsqu'il était encore enfant, et qu'il a sauvée de chiens enragés ?
Marine : ...Ouais, mais pourquoi tu me demandes ca ?
Sakuya : C'était moi, cette fille.
Marine : Pardon ?
Sakuya : J'étais dans la même classe que Yann. Lui et moi nous parlions, comme de simples camarades de classe, et j'ai appris a aimer sa gentilesse. De plus, il m'a défendue contre ces animaux fous, et en me rassurant, il m'a avoué qu'il m'aimait.
Marine : ...

Sakuya baissa le regard, tandis qu'une larme coula.

Sakuya : Mais j'ai eu trop peur de ses sentiments... Et je n'ai plus osé lui parler... Et chaque jour, un fossé s'était creusé entre nous... J'ai tenté de couper les ponts en changeant d'école, mais mes sentiments étaient trop forts... Tu comprends, n'est-ce pas ?
Marine : Oui...
Sakuya : Alors ne dis pas que je débarque a peine dans sa vie, s'il te plait...
Marine : Je ne peux pas... Je ne peux pas te le laisser !
Sakuya : Et pourquoi ?
Marine : Nous nous sommes promis que nous finirions ensemble, si personne ne voulait de nous ! Et personne n'a voulu de nous pendant les quelques années qui ont suivi cette promesse ! Il ne reste plus que six mois et personne ne pourra nous séparer !
Sakuya : ...Tu ne peux pas décider pour deux, tu le sais ?
Marine : Je m'en fous ! Je ne te le laisserai pas !

Marine s'enfuit en courant, les larmes aux yeux. Sakuya, quant a elle, resta assise sur le banc, tremblante, les poings serrés.

Sakuya : Moi non plus... Je te jure que je ne te le laisserai pas... A aucun prix...

Elle se releva, essuya les quelques larmes qui avaient coulé, reprit son calme, puis repartit vers l'endroit ou étaient restés Yann et Laurent.

Je ne te laisserai pas celui que j'aime. Je me battrai pour rester avec lui, même si je dois tout abandonner pour cela.

Laurent : N'empêche, t'es un sacré veinard, toi.
Yann : Hein ?
Laurent : Tu comptes choisir qui, entre Sakuya et Marine ?
Yann : Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Laurent : Allons, bourreau des coeurs ! Elles en pincent toutes les deux pour toi ! Me dis pas que tu ne l'avais pas remarqué !

C'est tellement évident que j'aurais du mal a ne pas le remarquer.

Elles m'aiment, toutes les deux a leur manière.

Et je ne sais pas laquelle choisir.

Laurent : Eh, Yann, tu m'écoutes ?
Yann : Désolé, je pensais a autre chose.

La terre se mit soudainement a trembler.

Laurent : Que se passe-t-il ?
Yann : Je ne sais pas !
Sakuya : Yann !
Yann : Sakuya ! Tu as retrouvé Marine ?
Sakuya : Oui, mais elle s'est enfuie a nouveau... Un peu par ma faute.
Laurent : C'est rien, culpabilise pas. On va la retrouver.
Yann : ...J'ai un mauvais pressentiment...

Comme pour le confirmer, le sol se fendit en deux, et des créatures d'apparence humaine, mais complètement noires, sortirent du gouffre. Horrifiés, les gens s'enfuirent, laissant seuls Yann, Sakuya et Laurent.

Laurent : Sympa... Y a plus personne, a part nous et ces... Ombres...
Sakuya : Tu crois que ca a un rapport avec ce matin ?
Yann : Je l'ignore... Mais on va vite se charger de cela !

Il se mit en position de combat, rapidement imité par Laurent. Face a eux se trouvaient une vingtaine d'ombres.

Yann : Fais attention, on ne connait pas leur force.
Laurent : Je m'en fiche, du moment que je peux aider mon meilleur ami.
Yann : Merci... Tiens, prends ca...

Yann arracha un fin poteau, qui était planté dans le sol, et le tendit a Laurent, qui le prit avec un grand sourire.

Laurent : Tu sais me prendre par les sentiments, toi. Allez, on s'en charge ?

Yann n'eut pas le temps de répondre, les premières ombres chargeant déjà vers eux. Il se contenta de se ruer dessus, suivi par Laurent, tandis que Sakuya se recula.

Laurent : Je prends ceux de droite !
Yann : Ok !

Les deux se séparèrent, chacun se chargeant a sa manière des ombres qui leur faisaient face.

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:03:16

Chapitre 14 : Ou les prémices d'un long entrainement se font sentir

Pierre : Eh bien, tu ralentis ?
Yann : La ferme !

Nouvel impact. Le poing de Yann, chargé par une sorte d'aura bleuâtre, s'était enfiché contre celui de Pierre, entouré d'une aura sombre et nébuleuse. Père et fils s'éloignèrent, en vue d'un nouveau coup.

Pierre : Tu es faible, vraiment...
Yann : JE T'AI DIT DE TE TAIRE !

Instinctivement, Yann frappa dans le vide, ce qui projeta une partie de l'énergie concentrée dans sa main vers son adversaire, qui la dévia d'un revers.

Pierre : Tiens, tu commences a le sortir plus instinctivement...
Yann : A sortir quoi ?
Pierre : Tes attaques d'ange, crétin !
Yann : Ah oui ?

Frappant une multitude de coups dans le vide, Yann propulsa des tirs d'aura vers son père, qui eut quelques difficultés a les esquiver.

Pierre : Pfff... Si tu crois que ca va... Hein ?

Il avait disparu de sa vue, et le temps qu'il le repère a nouveau, Yann se trouvait devant lui, le poing levé.

Yann : Ca, c'est pour maman !

Le poing partit, et Pierre piqua du nez vers le sol. Yann le suivit dans sa descente forcée. L'atterrissage fut brutal, Pierre concentrant son énérgie pour amortir l'impact, ce qui projeta un grand nuage de fumée. Paniqués, les gens commencèrent à s'enfuir, a l'exception de Marine, Sakuya et Laurent. Le temps que Pierre fixe Yann, celui-ci était déjà au contact.

Yann : Et ca, c'est pour ma soeur !

Cette fois-ci, ce fut un coup de pied qui partit, avec une violence tout aussi grande que le coup de poing. Pierre valsa dans un mur, qui résista cependant. Yann le rua, puis enchaina les coups de poing, avec une rapidité qui trahissait quelque peu leur puissance, avant de brandir le poing, y mettant un maximum de force.

Yann : Et celui-la, c'est pour avoir osé blesser Sakuya la dernière fois !

Le mur, qui avait déjà pas mal subi lors des coups répétés, ne tint plus et explosa, faisant a nouveau voler Pierre, qui finit étalé au sol, visiblement affaibli. Les amis de Yann, qui avaient assistés a la scène, comme pétrifiés, s'approchèrent lentement de lui.

Laurent : Yann... Ca va aller ?

Yann ne fit même pas attention a leur présence.

Yann : Alors, tu as eu ton compte ? Ou tu en veux encore ?

Le corps de Pierre fut soudain enveloppé par un cercueil de ténèbres, avant de disparaitre, aussi soudainement qu'il était venu. Yann resta silencieux quelques secondes, avant de tomber a genoux, les mains au sol. Laurent s'approcha davantage de lui, et posa une main sur son épaule.

Laurent : ...T'en fais pas, je comprends ta frustration.
Yann : Merci, vieux...
??? : Maître Laurent !
Laurent : Yasu, te voilà ! Un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, non ?
Yasu : ...Que s'est-il passé ici ?

C'est alors que Yasu remarqua Yann, dont les ailes étaient toujours déployées.

Yasu : Maître Yann, vous allez bien ?
Yann : Yasu, je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler "Maître". Nous sommes égaux, pas vrai ?
Yasu : Euh, pas vraiment, au vu de vos ailes.

Yann se releva, les faisant disparaître.

Yann : Et la, ca va mieux ?
Yasu : ...Surprenant.
Marine : Yann, ca va aller ?
Yann : Enervé de l'avoir loupé, mais ca ira.
Marine : Ca, on s'en doute, vu toute l'affection que tu lui portes.
Laurent : L'amour fou...
Yasu : Euh, vous parlez de quoi ?
Laurent : Tu vois, les impacts que tu as entendu pendant mon appel ?
Yasu : Euh... Oui.
Laurent : C'était l'impact des coups que Yann portait a son père.
Yasu : J'aurais plutot dit un feu d'artifice.
Laurent : Heureusement, les gens ont cru a cela... Enfin bref. Tu sais ou est l'appartement de Yann, pas vrai ?
Yasu : J'ai encore l'adresse en mémoire.
Laurent : Envoie ton équipe jauger les dégats et ordonne les réparations. Ensuite, tu nous rejoins, j'ai un service a te demander.
Yasu : Euh... Mais... Ca risque d'être cher si...
Laurent : Y a qu'une fenêtre double vitrage d'explosée, et le nettoyage des bris de verres a faire. Ca va pas couter les yeux de la tête au paternel.
Yasu : Compris.

Yasu se dirigea vers son équipe.

Laurent : Bon, pendant qu'il est parti...
??? : Excusez-moi...
Yann : Oh, pardon, monsieur, je ne vous avais pas vu...
??? : Pas de problème, jeune homme... Quoique, a ce que j'ai vu, tu n'en es pas vraiment un.
Yann : ...Vous les avez vues ?
??? : Oui, mais ne t'en fais pas, je garderai le secret.
Yann : Merci. Au fait, vous vous appelez ?
??? : Mon nom est Gotts.

Comme pour le couper, une sonnerie venant de la montre de Gotts se fit entendre.

Gotts : Oh la la, on m'appelle alors que je voulais discuter un peu avec le rebelle... Enfin bon, pas grave. On se reverra, Yann !

Gotts s'éloigna, tout doucement, sous les yeux d'un Yann interloqué.

Sakuya : Il te connait ?
Yann : Visiblement. Mais bon, il a dit qu'il garderait le secret, donc je ne m'en fais pas.
Marine : Mouais... T'es sur qu'il gardera le secret ?
Yann : Il n'a pas le regard a mentir. Je le dirais plutot avide de comprendre.
Yasu : C'est mal de trop en demander.

Yasu était revenu sans prévenir, et sa remarque fit sursauter Sakuya, qui tomba par terre.

Laurent : Yasu, préviens quand tu reviens, ca évite de faire peur... Tiens, regarde Sakuya.
Yasu : Désolé.
Yann : Sakuya, prends ma main.
Sakuya (rouge) : Merci...
Laurent : Bon, parlons de choses sérieuses. Yann, toi qui viens de te battre contre un démon assez costaud, penses-tu pouvoir tenir face a plus fort que lui ?
Yann : J'en doute. De plus, mon père n'est pas si supérieur que ca, a en juger qu'il s'est vite fait rabrouer par plusieurs de ses supérieurs... Les quatre lieutenants d'Elcifur.
Yasu : Elcifur ? Tu... Tu plaisantes, j'espère ?
Marine : Saurais-tu quelque chose sur lui ?
Yasu : ...Puis-je vous en parler en privé ?
Laurent : Aucun problème... Tu as pris le van ?
Yasu : Bien évidemment.
Laurent : Alors rentrons chez moi. Tous ensemble.
Yasu : D'accord.

Dans le van,...

Yann : Alors, que sais-tu sur Elcifur ?
Yasu : C'est le plus puissant des seigneurs que le royaume des ténèbres a eu sous sa coupe. Même son propre père, Nosferatu le sanguinaire, ne lui arrivait pas a la cheville. L'on raconte que, pour garantir sa survie lors de ses prochains assauts, il s'est constitué une équipe de quatre démons, chacun maître de son élément, et dont la majeure partie des membres avait été enfermée par les dieux des trois mondes pour éviter qu'ils ne passent d'un plan a un autre. Leurs noms sont...
Yann : Kaina, Scar, Valva, et Rubi.
Yasu : Tu connais leurs noms...
Yann : Je me suis retrouvé face a Valva, qui m'avait fait un beau coup dans le ventre. Chose étrange, je n'en ai pas gardé la trace.
Yasu : Etrange, en effet. Le coup t'a semblé fort ?
Sakuya : Il a dit avoir frappé de toutes ses forces.
Yasu : Et tu vis encore ? Mais qui es-tu donc pour être capable de ce genre de prouesses ?
Yann : Un ange qui a refusé le paradis, voilà ce que je suis.
Laurent : Yasu.
Yasu : Oui ?
Laurent: Tu disais, a ton arrivée, chercher quelqu'un qui serait capable de te tenir tête, voire de te vaincre ?
Yasu : C'est exact.
Laurent : Et toi, Yann, tu comptais t'entrainer pour arriver a surpasser ton père ?
Yann : Je vois ou tu veux en venir. Bonne idée.
Yasu : ...Tu veux dire que...
Laurent : Parfaitement. Une fois arrivés, entrainement non-stop avec Yann, Yasu.

Le van s'arrêta a ce moment précis devant la maison de Laurent... Enfin, "palace" serait un terme plus approprié, vu la taille de la maison. Sous le regard stupéfait de Sakuya, Yasu fit ouvrir la porte.

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:04:07

Chapitre 15 : Ou une dispute éclate, avec une conséquence plus qu'étonnante.

Domestique : Bonjour, Maître Laurent.
Laurent : Bonjour, Russ.
Russ : Vous avez de la compagnie, a ce que je vois. Dois-je servir a boire a Maitre Yann ou a mesdemoiselles ?
Laurent : Bonne idée. On descend dans la salle de gym, amène-nous de quoi nous rafraîchir.
Russ : Bien.
Yann : ...Russ ?
Russ : Oui, Maître Yann ?
Yann : Tu n'as pas tenu notre marché. Tu dois remplir ta part.
Russ : Notre marché ?
Yann : Oui, notre marché. J'ai hâte de voir cela.
Laurent : Moi aussi. Russ, étant donné que tu n'as pas tenu le pari, tu te tiendras a ses contraintes... Durant le repas de ce soir. Avec changement a chaque plat.
Russ : Mesdemoiselles seront-elles présentes ?
Laurent : Bien entendu.
Russ : Merci de me permettre de me couvrir autant de ridicule, Maître Laurent.
Laurent : Et encore, tu n'imagines pas quelle ampleur cela pourrait prendre.
Russ : D'accord... Je vais vous servir les boissons.
Laurent : Russ, cela te dirait d'expérimenter un renvoi ?
Russ : Et en plus, il a l'ouïe fine. Bref...

Russ s'éloigna, sous les rires de Laurent et de Yann.

Sakuya : Euh... C'est quoi, ce pari ?
Yann : On a parié que si il m'appelait encore une fois "maître", il devait participer a une séance de cosplay devant moi, Laurent et Marine. Et étant donné que tu es des nôtres, on ne va pas te faire louper le spectacle.

Tous se dirigèrent vers la salle de gymnastique personnelle de Laurent, qui se trouvait en sous-sol, et qui faisait la taille d'un terrain de basket, la hauteur en moins.

Yann : N'empêche, Laurent, bonne idée, le changement de vêtements a chaque plat, même si me connaissant, je vais m'étouffer de rire avant le plat principal.
Laurent : Te connaissant, tu tiendras jusqu'au plat principal rien que pour te contredire.
Yann : Tu me crois vraiment comme ca ?
Laurent : Allons, tu ne peux rien me cacher.
Marine : Arrête un peu de fantasmer, Laurent, Yann a bien droit a ses petits secrets, pas vrai Yann ?
Yann : Comme tout le monde, quoi.
Laurent : N'empêche, y a un secret que j'aimerais bien voir sortir de ta bouche.
Yann : Lequel ?
Laurent : Tu préfères laquelle, Marine ou Sakuya ?

A la question, les trois rougirent violemment.

Sakuya : ...
Marine : C'est quoi cette question ?
Yann : Laurent... Pourquoi poser une question dont tu connais surement la réponse ?
Sakuya et Marine : ...
Laurent : Rien que pour te mettre dans l'embarras, voyons. Z'auriez vu vos têtes, même en mettant trois tomates a côté, c'est vous qu'on aurait essayés de bouffer !
Yann : Je te reconnais bien la, avec ton humour douteux.
Laurent : Pas douteux. J'aime bien faire prendre conscience quelques trucs aux gens.
Yann : Et la, c'était censé faire comprendre quoi a qui ?
Laurent : Pas a toi, donc cela ne te regarde pas.
Yann : Joliment esquivé... Ah, on y est.

Tous les cinq entrèrent.

Sakuya : Wow, c'est bien entretenu !
Marine : Les femmes de ménage y passent tous les jours, tellement Laurent est bordelique.
Laurent : C'est l'un de mes petits défauts... Bon ! Yann ! Yasu ! On vous laisse vous débrouiller ! Les filles, vous me suivez.
Marine : On va ou ?
Laurent : La table, là. On pourra les laisser s'entrainer a leur guise et discuter un peu.
Sakuya : Bonne idée. Allons-y !

Et tous les trois partirent s'asseoir.

Yasu : On commence par un petit échauffement ?
Yann : Pas de problème, je suis prêt.
Yasu : Très bien. Casse-moi la gueule de toutes tes forces.
Yann : Pardon ?
Yasu : T'as très bien compris. Tu peux utiliser tout ce que tu veux a ta disposition.
Yann : Très bien...

Il se rua sur Yasu et tenta de le frapper... Pour aussitôt se retrouver a terre. D'un bond, il se releva directement.

Yann : Comment tu as fait ?
Yasu : Suffit de comprendre ou tu vas frapper et avec quelle force, et l'on peut ensuite riposter de manière adéquate.
Yann : Je comprends.

Les ailes de Yann apparurent, déployées.

Yann : Cela va devenir intéressant.

Il se rua a nouveau sur Yasu, qui bloqua le coup de poing.

Yasu : Un combat comme j'en ai toujours voulu. En garde !
Yann : A ton service !

Et l'affrontement débuta. Yann faisait jeu égal avec Yasu, malgré le fait qu'il était sous sa forme d'ange. Les coups échangés étaient tous bloqués ou esquivés, quelque soit leur force ou l'endroit ou ils portaient. Yann tenta même quelques attaques d'énergie, comme celles qu'il avait utilisées face a son père, mais Yasu les contra, de par un simple coup, ou en les esquivant. Aucun ne faisait de cadeau a l'autre, ou ne lui cédait quoi que ce soit. Un véritable combat de titans, en somme.

Sakuya : Vas-y, Yann !
Marine : Il ne t'entendra pas.
Sakuya : Pourquoi tu dis ca ?
Marine : Il est trop plongé dans son combat. Regarde bien son visage, et tu le comprendras.
Sakuya : T'as raison... Merci de me l'avoir remarqué !
Marine : Je fais pas ca pour toi... Mais si t'étais mal en point, Yann s'en ferait pour toi, et cela ne me plait pas outre mesure.
Laurent : Jalouse.
Marine : Oui, et alors ? De toute manière, je mettrais ma main a couper qu'il est au courant pour nos sentiments, aussi bien les miens que ceux de Sakuya.
Laurent : Il ne dira rien tant que tu ne le lui diras pas. Pareil pour toi, Sakuya.
Sakuya : ...Je sais... Mais...
Marine : Mais c'est pas facile a dire, c'est ca ?
Sakuya : Oui.
Marine : Je sais, je suis dans le même cas, au cas ou tu l'aurais remarqué.
Sakuya : Tu me le rappelles bien suffisamment avec ta jalousie mal plaçée.
Marine : Ca, quand cela ne plait pas a mademoiselle ! Sois un peu honnête au lieu de te cacher derrière les autres comme tu le fais !
Sakuya : Tu ne te caches peut-être pas, toi ?
Marine : Ca me regarde, ca !
Sakuya : Alors pourquoi me demandes-tu de m'exprimer, alors que toi, tu ne le fais pas ?
Marine : Depuis quand je devrais m'expliquer devant une gamine ?
Sakuya : C'est vrai. Tu n'as pas a t'expliquer devant moi. Mais lui le mérite ! Et d'ailleurs,...

Sakuya se leva, avant de se diriger vers Yann, qui se battait avec Yasu.

Sakuya : Yann ?
Yann : Oui, Sakuya ?
Sakuya : Je peux te parler en tête a tête un moment ?
Yann : Euh... Oui, mais... Pourquoi maintenant ?
Sakuya : Tu comprendras.
Yann : ...D'accord. Laurent ?
Laurent : T'en fais pas, c'est ouvert !
Yann : Ok. Tu me suis ?
Sakuya : Attends... Marine, tu viens avec nous ? J'aimerais que tu sois la.
Marine : Pardon ?
Laurent (tout bas) : Vas-y. Ou tu auras perdu la guerre.
Marine : ...Ok, j'arrive.

Et elle suivit Sakuya et Yann, qui sortirent tous les trois de la pièce. Yasu, quant a lui, rejoignit Laurent.

Yasu : Que se passe-t-il, Maître ?
Laurent : Sakuya a décidé d'agir. Et d'entrainer Marine avec elle. Je me demande comment cela va se passer...

Varte
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Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:04:32

Chapitre 16 : Ou l'on apprend ce qu'est un sacrifice

Yann : Fiou... On voit bien que Laurent y passe tout son temps, ici...

La pièce dans laquelle Yann avait emmené Marine et Sakuya se trouvait ne pas être rangée du tout. Les piles de livres étaient étalées par terre, les consoles branchées et de nombreuses parties laissées en cours.

Yann : Attendez, je dégage un peu, histoire qu'on puisse se tenir un peu... Voilà, c'est bon.

Ayant fini le pseudo-rangement qui lui servait plutot a calmer l'angoisse qui emplissait son cerveau, Yann se tourna vers Sakuya.

Yann : De quoi voulais-tu qu'on parle ?
Sakuya : J'ai quelque chose de très important a te dire.
Yann : C'est si important que ca ?
Sakuya : Oui. Et cela te concerne.
Yann : Ah bon ? Tu saurais quelque chose me concernant que j'ignore moi-même ?
Sakuya : A ton avis ?
Yann : Soit... Mais pourquoi as-tu demandé a Marine de venir ?
Sakuya : Elle est également concernée. Nous le sommes tous les trois, en fait.
Marine : Attends... Tu ne comptes pas le lui dire a ma plaçe ?
Sakuya : Puisque tu n'as pas le courage de lui dire toi-même, je vais le faire.
Marine : Hors de question ! C'est a moi de lui dire !
Yann : De me dire quoi ?

La question de Yann pétrifia littéralement Marine. Elle se mit a perdre ses mots, sans arriver a se ravoir.

Yann : ...Ca va, Marine ?

Elle tenta de lui répondre, mais aucun mot ne sortit de sa bouche.

Sakuya : ...
Yann : Marine ?

Il attendit quelques secondes de plus, puis, constatant que Marine n'arrivait toujours pas a lui parler, il se tourna vers Sakuya.

Yann : Elle voulait me dire quoi ?
Sakuya : Elle refuse que je te le dise.
Yann : ...Ok. Je vais sortir un peu, je reviens tantôt. Espérons que tu ailles mieux d'ici la, Marine.
Marine : ...

Yann se dirigea vers la sortie, tournant le dos a Marine, tandis que Sakuya restait, fixe.

Marine : Idiot.
Yann : Pardon ?
Marine : Tu n'es qu'un idiot...

Elle se tourna vers lui, les yeux en larmes.

Marine : T'es même pas foutu de te rendre compte que je t'aime, idiot !
Yann : ...

Sakuya sourit, avant de se lever.

Sakuya : C'est bien, tu l'as enfin dit. Bon, je vous laisse.

Elle sortit, l'air de rien, avant de se mettre a courir une fois hors de vue de Yann et de Marine, qui, de son côté, n'arrivait pas a s'empêcher de sangloter. Yann se rapprocha d'elle, doucement, et posa une main sur son épaule.

Yann : Ca va mieux, maintenant ?
Marine : ...Imbécile.
Yann : Je prendrai ca pour un "oui"...

D'un revers de la main, Yann essuya les larmes de Marine.

Yann : Allez, cesse de pleurer.
Marine : Tu dois me trouver nulle.
Yann : Pourquoi ?
Marine : Parce que je suis en train de pleurer, tiens !
Yann : Et en quoi c'est nul ? Au contraire, je trouve ca mignon...

De la même main, il lui caressa doucement la joue.

Yann : ...Surtout venant de toi.

Avant de lui laisser le temps de répliquer, il l'embrassa. Surprise, elle resta quelques temps interdite, avant de fermer les yeux, savourant le baiser. Quelques secondes plus tard, il se recula, souriant.

Yann : Allez, essuie tes larmes, ou Laurent va encore te charrier.
Marine : ...Tu permets ?
Yann : Hein ?

Elle se blottit contre lui, enfouissant sa tête contre son torse. D'un côté, elle profitait de l'étreinte, et de l'autre, elle en profitait pour essuyer ses larmes.

Yann : ...Profite, profite.
Marine : Pourquoi je devrais me gêner ?
Yann : Euh... Bonne question.
Marine : Pas de réponse, donc j'en profite.

Marine (pense) : Pourquoi elle a fait ca ?

De retour dans la salle de gym,...

Sakuya (en larmes) : Mais pourquoi j'ai fait ca ?
Laurent : Parce que tu l'aimes, tout simplement.
Sakuya : Oui, mais je voulais être avec lui !
Laurent : Tu voulais surtout son bonheur. Et tu as jugé sur le coup qu'il serait plus heureux avec elle.
Sakuya : ...Chuis trop conne...
Laurent : Trop gentille envers les autres, nuance. Et puis, tu peux me l'avouer, tu avais pas envie de faire du mal a Marine, pas vrai ?
Sakuya : ...
Laurent : J'ai tapé dans le mille.
Yasu : Mademoiselle ?
Sakuya : Oui ?
Yasu : Vous avez fait la meilleure chose possible. Je ne peux que vous en féliciter.
Sakuya : Tu me félicites alors que j'ai fait la pire connerie possible ?
Yasu : Je ne pense pas que ce soit une connerie.
Sakuya : Tu veux dire... ?
Laurent : Il veut dire que c'est quelque chose de remarquable, ce que tu as fait. Tu peux vraiment en être fière. Je connais pas cinq filles qui seraient capables de faire cela, de nos jours.
Sakuya : Ah bon ? J'ai toujours trouvé ca norm... Aie ! Mon dos !
Yasu : Faites voir... Ouh mon dieu... Regardez, Maître !
Laurent : ...Sakuya.
Sakuya : Oui ?
Laurent : ...Tu as les mêmes marques que Yann... Avant qu'il ne devienne un ange.
Sakuya : C'est pas vrai... Tu rigoles ?
Yasu : Deux entailles profondes au niveau des omoplates. On voit d'ailleurs clairement les os.
Sakuya : Mon dieu... C'est horrible !
Laurent : T'en fais pas, on te quitte pas ! Bon, Yasu, tu remontes avec elle, tu la déposes dans une chambre, et tu la quittes pas avant que je ne te rejoigne.
Yasu : Vous allez faire quoi ?
Laurent : Un petit truc a vérifier. Je reviens après.

Et tous trois sortirent, Laurent après Yasu et Sakuya.

Varte
Varte
Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:05:14

Chapitre 18 : Ou l'on croise et se forge

Yann : Ca ressemble a ca, le paradis ?

Tous s'étaient retrouvés dans une ruelle assez peu éclairée. La seule source d'éclairage venait d'un lampadaire, contre lequel était appuyé un homme d'âge indéterminé, simplement vétu d'une veste a capuche, qui le recouvrait entièrement, a l'exception de ses mains et de ses pieds.

Khaelis : On y est pas encore. Mais on est obligé de passer par ici.
Laurent : Et c'est quoi, cet endroit ?
??? : Jeune homme, sache que tu te trouves a la Croisée des Mondes.

L'homme appuyé contre le lampadaire avait parlé, d'une voix assez forte pour être entendu par tous.

Laurent : La Croisée des Mondes ? C'est pas cet endroit dont il est dit qu'il peut relier n'importe quel endroit pour peu que celui qui y passe aie la volonté d'atteindre son objectif ?
??? : C'est celui-la même. On voit que tu es bien renseigné, jeune homme.
Laurent : Peuh, quand on s'interesse a ce genre d'histoires, c'est normal qu'on connaisse.
??? : Ainsi tu t'interesses au monde de l'occulte.
Laurent : Pas spécialement. Mais deux choses qui sont liées a cet endroit m'interessent particulièrement.
??? : Le voyage temporel et l'art de la magie, pas vrai, Laurent ?
Laurent : C'est exact. Et au vu de vos connaissances, vous devez être Melchior, le sage du temps. Ai-je raison ?
??? : Ho ho ho, quelle connaissance, pour un être aussi frêle. Enfin soit, tu as frappé a la bonne porte, je suis bien Melchior.
Marine : Tu le connais ?
Laurent : Les amis, je vous présente le maître du temps et de l'espace, Melchior. L'on raconte qu'il est capable d'être a mille époques différentes en même temps, et qu'il est le maître de toute magie en ce monde.
Melchior : Pour l'histoire des époques, c'est mon assistant Elpizo qui l'a inventé. Et puis bon, étant donné ma plaçe, je peux aisément atteindre n'importe quelle époque. Quant a ce qui est de la magie, si tu désires en apprendre plus, je te conseille de prendre cette porte.

Melchior désigna une porte, située derrière lui.

Melchior : Entre donc, et sois courageux.
Yann : Qu'y-a-t-il derrière cette porte ?
Melchior : Pour qui ne peut utiliser de magie, comme vous, les anges, un effroyable cauchemar. Pour qui peut l'utiliser, comme tout magicien, c'est pareil. Par contre, pour les simples humains ayant soif de connaissances, c'est la que peut se révéler leur véritable potentiel. Je pense que ton ami est largement a même de passer la porte... Tout comme l'élue de ton coeur, d'ailleurs.
Marine : Moi ?
Melchior : Non, le pape. Allez, accompagne ton ami.
Marine : Euh... D'accord.

Elle rejoignit Laurent, qui l'attendait devant la porte, et tous deux la passèrent, l'un après l'autre.

Khaelis : Maître Melchior, combien de temps pensez-vous qu'il leur faudra ?
Melchior : Oh... Tout dépend de ce a quoi ils feront face.
Sakuya : Qu'est-ce qu'ils risquent, au pire ?
Melchior : Ne t'en fais pas, être de compassion, ils reviendront entiers.
Yann : Pourquoi l'avez-vous appelée comme ca ?
Melchior : Car c'est son titre honorifique, tout simplement. Tout comme tu es l'être de courage. Khaelis ?
Khaelis : Oui, Maître Melchior ?
Melchior : Va prévenir Gaspard. Dis-lui que tu as ramené deux mages en plus avec toi, il saura quoi faire.
Khaelis : Euh... Disons que le grand patron risque de râler...
Melchior : D'accord, toujours le même sale caractère, a ce que je vois...

Melchior fit apparaitre devant Khaelis une superbe épée forgée.

Melchior : Passe-lui ma Masamune, il comprendra le message.
Khaelis : D'accord.

Khaelis disparut dans un portail qui apparut a l'autre bout de la ruelle dans laquelle Yann et ses amis s'étaient engagés.

Melchior : Bon, en attendant... Yann.
Yann : Oui ?
Melchior : Si tu veux me poser des questions, je suis tout ouï.
Yann : ...Vous connaissez un dénommé Gotts ?
Melchior : L'aurais-tu croisé ?
Yann : En effet.
Melchior : Prends patience. Il saura se manifester en temps et en heure. Mais pour ton information, Gotts est un de mes deux disciples, celui qui maîtrise le temps.
Yann : Et pourquoi aurait-il voulu me rencontrer ?
Melchior : Le passe-temps de Gotts est d'utiliser sa Forge Stellaire, une forge créée par les trois Sages, et qui a notamment créé les douze armes zodiacales.
Sakuya : Euh... Que sont exactement ces douze armes ?
Melchior : J'y viens. Elles ont d'abord été créées pour repousser l'assaut d'Elcifur sur le Panthéon, et les douze anges qui les ont maniées les premiers ne les ont utilisées qu'a 10 % de leur potentiel. Nous estimons qu'a 100 %, une seule des douze armes peut tuer Elcifur en six coups.
Yann : Impressionnant...
Melchior : Le Bélier est représenté par le bouclier, le Taureau par la masse, les Gémeaux par la double dague, le Cancer par le fouet, le Lion par les griffes, la Vierge par l'arc, la Balance par le fléau, le Scorpion par la lance, le Sagittaire par la hache, le Capricorne par l'épée, le Verseau par le bâton et les Poissons par les gants. Bien entendu, au fur et a mesure que le potentiel de l'utilisateur de l'arme se développe, il lui est permis d'utiliser les pouvoirs divins liés aux armes.
Sakuya : Des pouvoirs divins ?
Melchior : Oui. Par exemple, la lance du Scorpion a le pouvoir de lancer une volée de dards empoisonnés d'un simple mouvement. Et ce n'est que le pouvoir divin le moins important. Le pouvoir le plus puissant qu'une arme aie pu lancer nous vient du fléau de la Balance, qui a délivré une tornade qui a balayé a elle seule plus de 8000 chevaliers infernaux. Et nous savons que ce pouvoir a été utilisé a 15 % de la puissance de l'arme.
Yann : Je n'ose imaginer ce que ferait une telle arme dans les mains d'Elcifur.
Melchior : Nous pouvons être surs qu'avec une arme pareille entre les mains, il en ferait des répliques pour ses subordonnés, ce qui nous compliquerait lourdement la tâche.

Sakuya frissonna rien qu'a penser a cette éventualité.

Yann : Mais cela ne me dit pas pourquoi il a voulu me rencontrer.
Melchior : La dernière fois que je l'ai vu, il a juste dit "Je m'en retourne a ma forge, j'ai trouvé le gamin qui pourrait le porter, faut juste que je l'adapte a sa morphologie"
Yann : De quoi il parlait ?
Melchior : Bonne question... Tiens, revoilà tes amis !

Laurent et Marine venaient juste de repasser la porte, tous deux entourés d'une aura a peine visible, mais qui n'échappa pas a Yann.

Yann : Pas mal, l'aura.
Laurent : J'aurais du me douter qu'elle ne t'échapperait pas.
Marine : N'empêche, il est bizarre, le type a l'intérieur ! Il nous a demandés de tourner autour de la pièce avant de l'affronter !
Yann : Et ca a été ?
Marine : Il était coriace, mais on y est arrivés ! Même si on a du employer le pire moyen qui soit...
Yann : C'est a dire ?
Laurent : Cet Elpizo est un véritable obsédé. J'ai utilisé Marine pour l'appâter et baisser sa garde, avant de lancer un sort. Il a été surpris et Marine a attaqué a son tour.
Yann : Laisse-moi deviner... Une stratégie de ton cru ?
Laurent : Tu reconnais mon style, pas vrai ?
Yann : Hélas oui...

Un portail s'ouvrit alors non loin de Laurent, portail par lequel apparut Khaelis, Masamune a la main.

Melchior : Ah, te revoilà.
Khaelis : Il est surpris.
Melchior : Je m'y attendais. Il a râlé ?
Khaelis : Etrangement, pas du tout. Il a juste fait "Ah, je vois. Va les chercher.", puis il a disparu.
Melchior : Bien, il a compris plus vite que je ne le pensais. Allez, les enfants, passez vite, vous êtes attendus.
Yann : Merci pour la discussion, Melchior.
Melchior : Oh, c'est un plaisir de parler avec des jeunes.

Les uns après les autres, après un bref salut a Melchior, tous passèrent le portail, qui les emmena dans un lieu ressemblant a une grande plate-forme suspendue au-dessus du vide. Face a eux, un grand trône, sur lequel se trouvait un homme semblant aussi âgé que Melchior. Non loin de lui, douze stèles, contenant douze armes différentes.

Khaelis : Maitre, je vous les ai amenés.
??? : Bien, retire-toi a présent.

Khaelis disparut, laissant les quatre face au vieil homme.

??? : Bien. Tout d'abord, enchanté de vous rencontrer. Je suis Gaspard, celui que les humains appellent communément "Dieu".
Yann : Enchanté. Je suis...
Gaspard : Yann, n'est-ce pas ? L'ange qui s'est échappé a l'autorité de Khaelis pour rester sur Terre auprès de ses amis.
Yann : Désolé pour cela, mais...
Gaspard : Je sais, tu ne reviendras pas sur ta décision. Et ce n'est nullement pour cela que je t'ai demandé de venir...

Une porte apparut non loin du groupe.

Gaspard : Derrière cette porte se trouve la personne qui a désiré te parler. Passe-la et tu sauras de qui il s'agit.
Yann : J'ai déjà ma petite idée sur qui il s'agit, mais c'est la qu'on va voir si j'avais raison ou pas.

Sans la moindre hésitation, il poussa la porte, qui disparut une fois qu'il la traversa.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 décembre 2009 à 18:22:29

Ah oui mais non. Déjà que beaucoup de textes n'arrive pas à se faire lire, avec 18 posts d'un coup, je doute que tu aies beaucoup d'écho. Il faut mieux poster chapitre par chapitre (à la limite deux chapitres, vu qu'ils sont courts chez toi), mais là c'est un peu... tl;dr. Je te conseille de demander sur le topic du modo un effacement de ton texte pour le reposter plus lentement.
(petit conseil : évite le style théâtre pour les dialogues, ce n'est pas très apprécié ici)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 décembre 2009 à 18:22:54

n'arrivent*
échos*

Varte
Varte
Niveau 4
23 décembre 2009 à 18:24:48

Ah...
Merci de me prévenir, j'allais poster les 60 chapitres d'un coup...
Je vais faire ça. ^^
Par contre, je pense pas que je puisse me passer du style théâtral, on s'y retrouverait plus.

Corneille_inc
Corneille_inc
Niveau 10
23 décembre 2009 à 18:35:01

Bon, je me sens obligé d'interviendre du coup ! :noel:
Ari a doublement raison. Tu as fais ça en tir groupé, c'est déjà dur (bien que je pense qu'avec du temps, ça serait passé, à la rigueur) mais avec cette précision, c'est Non ! 60 Chapitres d'un coup... Tu y serais allée fort. Pour les raisons données par Ari notamment.
Quant aux dialogues, cela se travaille ma chère ! Combien l'ont déjà fait avant toi et le feront après toi... Et d'ailleurs, même pas besoin de le travailler beaucoup. Puisqu'apparemment, ce sont souvent des dialogues entre seulement deux personnages. Là pas d'excuse. Tu es sur Ecriture après tout et si tu veux des conseils ou un peu d'aide, tu as des topics faits pour. Voire un peu plus.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 décembre 2009 à 18:40:44
  1. Par contre, je pense pas que je puisse me passer du style théâtral, on s'y retrouverait plus.

Tu peux effectivement garder tes anciens chapitres comme ça, je comprends que la modification soit un peu trop lourde, mais je te conseille vraiment de passer aux dialogues normaux pour ce que tu vas écrire par la suite, sans quoi tu risques d'avoir du mal à réussir à effectuer le changement.

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