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Je pleure

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Titimathy
Titimathy
Niveau 44
16 décembre 2009 à 18:43:23

Bonjour ! :o))

Et oui, après "je ris" qui n'avait pas été trop mal accueilli, la suite logique était évidemment "je pleure". Bon j'ai un peu changé le principe, j'ai écrit aussi plus par impulsion. (D'ailleurs désolé si vous trouvez un quelconque côté brouillon ou redondant au texte) Bref !
Bonne lecture ^^

Je pleure

J’aime le monde, du moins je voudrais l’aimer. Je suis sur le pas de ma porte, je respire l’air frais du matin. Des voitures incolores déferlent dans ma rue. La voisine tond la pelouse. Je l’aime ce monde-là, celui que je côtoie tous les jours. Lui, je le connais, ile me rassure, m’apaise. Je rentre chez moi et contemple cette maison que j’habite depuis 17 ans. Chaque changement qu’il y a pu avoir m’a miné. Je me rappelle encore du tapis que maman a remplacé par du carrelage ou encore de cette fameuse cuisine équipée qui a finalement chassé les vieux meubles délabrés. Même si ces minuscules bouleversements furent comme des saillies pour moi, j’ai toujours réussi à plus ou moins m’en accommoder, à être en osmose avec mon environnement.

Mais ce monde, celui qui s’étend au dehors de ma campagne, non pire, au dehors de ma rue, je ne peux le supporter. Il m’agresse, il me torture, tout le temps. On pourrait croire que je suis un émotif, que la violence, la drogue et la souffrance en général me torturent, mais non ! Tout me fait mal, l’amour, l’amitié, la jouissance ! Je ne veux plus jamais quitter ma splendide rue, toujours bienveillante à mon égard. Dieu, je me rappelle de cette fille que j’ai aimé. Je souffrais, je brûlais, ma gorge était devenue une agglutination de spasmes. Je saignais par tous les pores. Ce n’est pas supportable ! Je veux aimer ce monde-là, mais il me fait mal, je pleure…

Oui je pleure, j’ai mal au ventre, je serre les dents car mon attitude est faible, bâtarde mais je pleure, d’amour et de rage, de joie et de tristesse, de peur et d’excitation. Ces crises qui peuvent transformer un homme en anorexique, un bon vivant en épave délétère, elles ne cessent de me tourmenter dès que j’explore le monde. Ma première visite en ville, mémorable car j’avais vomi dans un pot de fleurs tellement la vue des buildings m’oppressait. Ou encore mes premiers jours en primaire. Je me demande encore comment le contact social avec d’autres enfants a pu me faire passer des semaines entières à l’hôpital.

Mais j’étais jeune, enfant trop heureux. Mon malaise, je le faisais ressortir physiquement, encore une protection magique. Maintenant je suis démuni, cloué sur une croix et condamné à être transpercé par les réalités. Alors la réalité je la modifie, je la joue même. Quand je suis sur scène, que le contact avec les planches réchauffe mon corps et que les rires des gens m’enivrent, là oui je suis bien. Je ne pleure pas. Mais tout est faux hélas ! Je ne suis qu’un pantin dans les mains de la divine comédie… Dès que je sors des coulisses, le monde cruel reprend ses droits et je suis de nouveau secoué par les larmes. Pourquoi ai-je si peur ? Mon éducation, mon caractère, ma vie ? Je ne sais pas et je ne veux pas le savoir d’ailleurs… Je veux juste être libéré. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas suicidaire. Encore une autre faiblesse, j’ai peur de la mort. Je ne sais plus quel auteur disait que s’il ne se suicidait pas, c’était parce que la mort le dégoutait autant que la vie. Seulement moi, la vie, je veux l’aimer. Je veux prendre la vie comme une orange, la presser contre moi et sentir son jus dégouliner le long de mon torse. Mais je me suis replié dans une routine. Très sécurisant la routine. J’ai l’impression de déjà me préparer à l’infini qui m’attend après…

Plus jeune, j’avais été voir un psy. Je me demandais si être aussi effrayé par le monde était normal ou si c’était moi qui avait un problème. Je crois que j’eus mon premier élan mystique en parlant avec cet homme. Il avait l’habitude de tout déguiser par des métaphores, des jeux de mots. Ainsi il me disait que le mot « envie » qu’il s’écrive en un ou deux mots ne changeait rien à sa signification. Il me disait aussi que le présent c’était non seulement le moment que j’étais entrain de vivre mais aussi le cadeau que l’on offre à ceux qui nous sont chers. Oui ça m’avait fait un bien fou de me livrer à cet inconnu. A cette époque, où même sortir de chez moi me terrifiait, j’avais finalement réussi à m’habituer à ma rue, à mon village, à ma région même ! Mais là je régresse.

Je ne peux m’empêcher de repenser à cette fille… Je l’ai aimée, je l’aime toujours d’ailleurs, mais cet amour au lieu de me réchauffer le cœur, ne fait que le blesser. J’ai été déchiré par un feu aveugle, je ne sais même plus qui je suis ou ce que je fais en y pensant. Alors je reste seul chez moi, je valse, je poétise mais je reste désespérément seul. Je voudrais prendre une épée, me l’enfoncer dans le ventre puis tendre la lame écumante de sang à cette fille et lui dire « voilà mon amour » mais je n’en ai pas la force. Alors je me jette sur mon lit et je pleure. Les larmes perlent sur mon visage, je ne sais plus lutter, ça coule tout seul et ça me fait du bien.

Oui je pleure…

Sarezzo
Sarezzo
Niveau 8
16 décembre 2009 à 19:57:06

Je te préviens, je n'ai pas lu "Je ris" donc ne t'attends pas à ce que je compare tes deux textes.

Dans l'ensemble, il est vrai que l'on voit un côté un peu brouillon et cet aspect désépéré est redondant aussi, mais c'est l'essence du texte, donc bon.
L'allusion à la "Divine Comédie" m'a fait un peu tiqué, j'ai pas compris si par là tu voulais comparer le monde réel avec l'Enfer ou si ce n'est pas du tout une allusion à l'oeuvre, auquel cas mon début de phrase est inutile :noel:

Bon, le style est simple et efficace. Il y a des tournures, certes vu la nature du texte, mais cependant pas plus qu'il n'en faut. Tu montre au lecteur ce qui te tient à coeur sans non plus en faire de trop, et dans un texte pareil je ne trouve pas que c'est un défaut.
La façon dont tu décris le sentiment amoureux blessé, déséspéré (comme tout le reste) vers la fin m'a bien plu (en même temps je me suis fais plaquer donc voilà quoi... mais stop 3615 ma vie :noel: ).

Après, le personnage en lui-même, tu as beau lui faire dire qu'il aime le monde, la vie, mais concrètement, la vie, il a peur de la vivre, et je trouve que ça lui donne un aspect quelque peu méprisable. Le genre de personne enfermé dans sa bulle, qui a son microcosme bien définit et qui refuse d'en sortir et d'accepter (facilement) tout changement, comme l'atteste les modifications de sa maison (dans laquellle il vit depuis 17 ans, mais si c'est un mineur j'ai rien dit, bien qu'il cite après son attachement pour sa rue et sa crainte de "l'extérieur").
Si par contre ton but était de mettre cet aspect de pathétisme en avant, c'est réussi.

So, un texte sympa, sans prétention, agréable à lire, j'ai rien à dire de plus :)

Titimathy
Titimathy
Niveau 44
16 décembre 2009 à 21:59:38

Merci pour ton commentaire ! :)

Tu as bien repéré l'allusion à l'enfer avec la divine comédie. ^^
Sinon oui, le but s'est d'être pathétique évidemment, le personnage l'est, maintenant méprisable, ça dépasse mes attentes ! :o))

Merci encore donc !

Zech
Zech
Niveau 23
19 décembre 2009 à 16:14:19

j’ai aiméE*
J'ai lu, je te dirais tous ça sur msn, parce que ca rejoint nos discussions habituelle.

Titimathy
Titimathy
Niveau 44
19 décembre 2009 à 16:18:57

Merci d'avoir daigné posé tes yeux sur un simple one shot ! :-)

Le "j'ai aiméE*" c'est une correction d'une faute ou c'est ton avis ?

Zech
Zech
Niveau 23
19 décembre 2009 à 16:46:41

Correction d'une faute.

Yugowski
Yugowski
Niveau 7
19 décembre 2009 à 17:29:45

A l'approche de ton texte, on ressent la nostalgie et la naiveté disparue d'une enfance trop heureuse pour être vrai. Pourtant, malgré ces choses réelles -même si amplifiées (ex : Le coup de la gerbe dans un pot de fleur)- on voit de l'espoir se dessiner autour de tes lignes. De la bonne volonté, du moins. Je suis touché par ton texte car je pense la même chose, je vois ce que tu veux dire lorsque tu parles de "la peur du monde"

"Alors je reste seul chez moi, je valse, je poétise mais je reste désespérément seul." Jolie Phrase.

Au final, on a une sensation d'authenticité, de tristesse et d'espoir. C'est plutôt bien mené.

Après, on dirait plus un passage de ton journal intime plutôt qu'un coup de maître. On attend toujours la masterpiece :classe:

iron66
iron66
Niveau 6
21 décembre 2009 à 19:37:32

J'ai lu aussi. Après tous ces commentaires constructifs et recherchés, le mien va paraître fade.

Enfin soit, tout ça pour dire que j'ai bien aimé. on sent bien la détresse du personnage sans pour autant la comprendre c'est assez intéressant. C'est plutôt bien écrit et ça se lit bien vu la longueur du texte (plus long sur le même sujet risquerai de devenir lassant)

Voili voilou, useless powa

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
21 décembre 2009 à 23:04:20

Oui, j'ai bien aimé. Il y a de beaux thèmes, mis en avant par de belles prouesses stylistiques, qui n'exagèrent rien. Le côté brouillon ne met pas vraiment apparu, si ce n'est peut-être dans les propos, qui sont parfois assez peu explicités. En sus, ils sont assez hétéroclites dans l'ensemble (j'ai un peu eu l'impression par moment d'être devant un "condensé d'illustrations de mécanisme de défense pour les nuls"). Il en reste que j'ai bien aimé, malgré cette structure un peu bidonne qui clairsème l'intérêt au lieu de l'intensifier.

Titimathy
Titimathy
Niveau 44
23 décembre 2009 à 19:53:11

Merci pour vos commentaires, assez différents ! ^^

Metatron : Oui je me rends bien compte que le style est un problème. J'essayerai de faire plus attention à mon vocabulaire la prochaine fois. :)

Emy : Merci ! Ouais, ça fait journal intime, j'enrage. :noel: Pour la masterpiece faudra attendre, que je maitrise mieux la langue déj). :o))

McM : Ah, de belles prouesses stylistiques ! Merci xD Je prends note du reste.

Merci à vous :-)))

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