Mëfenden
En cours à la fac il y avait deux nouvelles. Deux sœurs pour être exact, se ressemblant beaucoup dans leur « espèce particulière ». Elles sont blondes, les cheveux lisses, les yeux très sombres, de taille moyenne voir petites, et très souriantes, amusées, délurées. En les voyant je tombais évidemment sous le charme, les comparant dans mon imaginaire à des sortes de lutins ou de je ne sais quoi sorti tout droit de contes celtes ou scandinaves. Un genre très irlandais, très kitch, très mystérieux voir maléfique, une sorte de magie, de curieux mythe.
Ce côté sournois, maléfique, et en même temps très beau et plaisant, m’attira beaucoup. A la fin des cours, nous étions dehors et je les observais du coin de l’œil, et je remarquai qu’on voyait beaucoup leurs seins, qui étaient vraiment étranges et repoussants. Cela ne manqua pas d’imprimer en moi le sentiment définitif qu’elles appartiennent à une sorte d’espèce inconnue, des étrangères, qui viennent d’un étrange pays lointain plein de mystère et de magie et où les filles n’ont généralement pas les seins ronds, mais légèrement tombants ; durs et très droit. On voyait parfois carrément leurs sortes de grosses poires pâles, et qu’elles s’en fichaient, n’y prêtaient même pas attention comme l’aurait fait n’importe quelle Française. Étranges étrangères aux mœurs insouciantes ou je ne sais quoi que j’aborde plaisamment.
Elles sont très ouvertes et tout de suite le courant passe entre nous. Elles n’étaient là que depuis aujourd’hui et voici qu’une foule de personne s’est déjà amassée près d’elles, et que nous partions tous je ne sais où, une trentaine de personnes dans un même élan, une amusante chaleur, un entrain collectif. Je présume que j’aurai pu y faire attention avant, mais je vois que maintenant qu’il y a beaucoup d’autres personnes de leur espèce : des mecs blonds et d’autres lutines, en plus de gens d’ici comme moi, des amis à moi et des inconnus. On s’arrête à une sorte de point de ralliement en plein air, et on voit débarquer une foule monstrueuse qui dévale les rues d’en haut, pour faire corps avec notre groupe à nous en contre bas, sous un chant carnavalesque de ralliement, comme qui dirait sonnez la trompette des songes et voici que toutes les tribus magiques des forêts vous rejoignent. Des gens affluent de partout, le groupe grossi et grossi toujours, jamais je n’ai vu ça, et j’ai l’intime conviction de participer à quelque chose de grandiose, comme un grand événement annuel ou même mieux, appartenir à quelque chose qui ne se voit qu’une fois dans une vie. Nous étions quelque chose comme deux cent personnes au moins, et nous allions tous quelque part, mais où ?! Allions nous tout casser sur notre passage ? Qu’allions nous faire de cette évidente force fraternelle, cet élan puissant, cet esprit de corps chez tous ces inconnus rassemblés dans un même groupe ? J’espérai que l’ambiance reste la même, que cela ne vire pas au bain de sang, et que nous allions faire une fête pleine de folie mais avec aussi un brin de sagesse.
Je l’ai demandé à celle des deux sœurs qui me plaisait le plus. Elle m’a dit que nous allions célébrer quelque chose de traditionnel dans leur maison, une fête monstrueuse, coutume de son pays dont nous ne pouvons même pas imaginer l’ampleur du délire (elle utilisa un terme dans sa drôle de langue que je n’ai pu retenir, pour signifier quelle fête). Elle était ravi que je sois là, et même elle semblait réciproquement attirée par moi. On voyait bien à sa manière de sourire coquettement, un peu pudique, et dans ses grands yeux noirs, que je lui plaisais et cela attisait les rires, les gentilles chamailleries, l’entrain du délire chez les gens autour de nous ne pouvant pas nier non plus ce qu’il se produisit : nous nous plaisions elle et moi.
Nous étions donc tous en marche dans un genre d’ambiance carnavalesque, rieuse, sage et folle, tous déguisés derrière un effet de groupe qui nous permettait d’être vraiment libre. C’est là qu’une chose s’est produite, un mec m’enroule l’épaule de son bras en me disant :
- Qu’est-ce que tu fous là, JB ? vient, on s’en va maintenant !!!
- Quoi ? Mais il est fou celui la ! pour rien au monde je ne raterais ça !
Sur quoi il m’a lâché l’épaule et s’est arrêté de marcher, tandis que je poursuivais ma route avec tous les autres.
Nous sommes arrivés à la fameuse maison, qui en fait, est une banale et haute maison mitoyenne, pas très large mais qui semble d’au moins quatre étages et on devine aisément que la grandeur de la maison se joue en profondeur plutôt qu’en largeur ; que la maison est en quelque sorte un rectangle très long mais pas très large. En entrant, typique hall dunkerquois, pas insalubre mais vieillot, manquerait une couche de peinture neuve et le tour est joué. Directement, on monte tous au premier étage, et nous pénétrons une incroyable fourmilière humaine, pleine de gens bruyant, de rires, d’exclamations, parlotes et gestes de gens qui ont d’étranges rîtes : Ils sont un peu tous habillé comme des Écossais, mais avec une sorte de touche à la Viking, des grosses barbes rousses, des joues rouges et des éclats de postillons, des regards de barbares, des manières de Gargantua. Par exemple deux hommes, deux brutes, se font face et se défient du regard, puis se mettent à exécuter une chorégraphie entre bagarre et danse traditionnel, le plus sérieusement du monde, ce qui me fait dire qu’ils vont s’entretuer, mais non, une fois finie ils se jettent dans les bras de l’un et de l’autre et rient aux éclats, se félicitent, se demandent des nouvelles en partageant quelque chose du genre la joie de se revoir.
La fille, Uap Uajaw, me dit :
- Tu es mon Mëfenden. Cela signifie que je t’ai choisie et qu’on dormira ensemble se soir.
Quelle joie ! j’en restai sans voix, incapable que j’étais de réagir, tellement ébahi de la façon de faire des filles de cette étrange nation. Alors comme ça, j’étais choisi, et ça s’arrête là, ou plutôt, ça commence là, on ne passe pas par la case « tomber amoureux », on se choisi, on s’essaye et on verra. Cela me plut et me charma au plus haut point !!! Et ma joie si flattée faisait taire les dernières terminaisons nerveuses m’électrisant l’esprit de cette question : « Mais c’est quoi, au juste, un Mefenden ?! » Je me disais que je verrais bien. Que depuis le début je m’étais embarqué pour un voyage inconnu, et que ce mystère là y participait bien.
Car tout d’un coup, après qu’elle m’est dite ça, il y eut comme une exclamation générale dans la salle et tout le monde me félicita. Uap Uajaw se vit entourée de plusieurs de ses sœurs / cousines qui sautaient autour d’elle et qui se mettaient à lui couvrir la tête d’un voile, à la tirer par le bras et les vêtements __ et l’emmenèrent tout en dansant, riant, et s’exclamant toujours.
Après toute cette drôle de cohue, après que je fusse passé de main en main aux oncles genre bûcherons et de bise en bise aux grands-mères qui piquent, j’ai pu retrouver Uap Uajaw qui était dans sa chambre, avec ses sœurs. Elle se préparait pour ce que je supposais être une cérémonie qui aurait lieu spécialement pour nous, mais qui m’était absolument étrangère. Alors j’allais lui demander plus d’explications mais sa joie, son enthousiasme, ne m’en laissa pas le temps :
- Tu devrais me laisser me préparer ! Je suis vraiment, vraiment heureuse !!
Ses sœurs nous laissèrent seul et là elle ajouta d’une façon si sensuelle:
- N’oublie pas que ce soir, nous dormons ensemble. J’espère que tu as ce qu’il faut ?
- .. ? .. ah ! oui, bien sur, j’ai ce qu’il faut.
- Si tu penses ne pas avoir assez de préservatifs, tu devrais aller voir tout au bout de la maison !
En sortant de sa chambre, la tête complètement vide, chamboulé, je croise un type de leur espèce. Un grand blond aux yeux noirs. Directement, il m’interpelle d’un ton plutôt sec, méchant, mais toujours avec le sourire :
- Tiens, salut ! alors comme ça tu vas dormir avec ma sœur ce soir ?!
« Ho ! mais qu’en pense-t-il ? me demandais-je.»
- Oui, je suis son Mefenden.
- Tu es… le Mëfenden ?!
- Oui, et j’espère que ça ne te pose pas de problème.
Il garda le silence un moment et semblait réfléchir, et il me sembla à moi que c’était la première fois que je vois un visage de leur espèce qui ne sourit pas. Il se passait quelque chose de grave dans son esprit. Ce n’est pas qu’il semblait déçu de moi, mais plutôt déçu pour moi. Inquiet pour moi. Et il se contenta de répondre, en reprenant son sourire :
- Ho eh bien, non ça ne me pose pas de problème. C’est juste dommage que ça tombe sur toi.
Sur quoi il est entré dans sa chambre, celle à côté de Uap Uajaw, et je restais là, encore plus abasourdi, perplexe.
Uap Uajaw sorti soudain de sa chambre et passa devant moi en me souriant très amoureusement, comme elle le faisait d’habitude. Elle passa son chemin, occupée dans ses préparatifs, pour Sa cérémonie dont je ne comprenais rien. J’étais si préoccupé désormais que je n’ai pas répondu à son sourire. Je me suis dit que son frère voulait me jouer un sale tour et pourrir ma joie de coucher avec sa sœur dès ce soir. L’idée d’avoir Uap Uajaw dans mes bras toute une nuit et de jouer les sauvages avec elle, la déglinguer comme une brute dans les quatre coins de chambre, elle et ses seins pointus, me rendit le sourire et c’est le cœur en joie que je suis allé voir « tout au bout de la maison ».
En fait, cette maison vivait un écoulement perpétuel de gens, un flot continu de passants qui se croisent et dont parfois quelques uns s’arrêtent pour rire entre eux. Je croise un visage connu, mais dont l’expression était absolument triste et seule. Je la regarde, elle me fait comme un « non » de la tête qui signifie sa déception. Mais quelle putain de déception ? Je m’arrête, et je la fixe. Elle ne lache pas son regard froid, triste. Alors je lui tourne le dos et je m’accole à un pylône, et je regarde le visage d’une jolie fille face à moi. Puis je me dis qu’il serait peut-être dangereux pour un Mefenden de convoiter une autre fille que Uap Uajaw, alors je me remet en route, en ignorant totalement la première fille au visage triste, désolé, déçu. Je l’emmerde, me dis-je.
Je grimpe les étages et j’arrive « au bout de la maison », qui se trouve en fait sur le toit, à l’extérieur. Le toit fait comme un large couloir plat sur lequel on puisse marcher, et arrivé au bout, il y a un angle qui fait qu’on puisse encore continuer à marcher, en tournant à gauche. Je continu donc à gauche, et je vois qu’au loin il y a le vrai bout de la maison : une sorte de grande cour sous un préau, avec un long banc contre le dernier mur, le bout, et sur ce banc quelques personnes, des jeunes, dont Robin, un de mes meilleurs amis. Je suis assez loin d’eux et je ne compte pas aller les voir. Il y a un ballon de foot et je frappe dedans, mais mon tir est vraiment nul, et j’en suis déçu, presque à en chialer. J’entends la voix d’une fille que je connais m’appeler, et je lève les yeux vers Robin, et il se met à m’appeler aussi. Mais en même temps, dernière moi, il y a Uap Uajaw. Alors je fais des fucks, je dresse mes majeurs dans la direction des gens sur le banc et je fais demi-tour, pour retrouver ma bien aimée. Elle discute avec ses sœurs et amies, et je reste un peu en retrait. Depuis un petit moment, je me sens mal, différent, changé. L’élan du départ est brisé, je ne sais pas ce que j’ai, je suis comme abattu, perdu. Je m’adosse au mur, j’attends je ne sais quoi. J’ai peur.
Peur que les gens du banc viennent se venger de mes fucks. Comment puis-je être si idiot, je me sens très faible, sans autre repère que Uap Uajaw. Et alors que je vois le flot de gens qui furent assis sur le banc arrive vers moi, que je me demande s’ils vont me tuer, je vais parler à Uap Uajaw. Elle me dit je ne sais quoi mais peu importe, je me sens incroyablement fort, d’un coup. Je fais même face au flot de gens du banc qui passe devant moi, et je me contiens d’en faire voldinguer un à travers le mur, de casser le bras d’un autre, de dévisser une tête par ci, par là, des les piétiner, de leur cracher dessus, de leur pisser dessus, de les matraquer jusqu’à ce que mort s’en suive.
Je me sens invincible et je me retiens de laisser exploser ma puissance. Je vois que Uap Uajaw est retournée à ses préparatifs et à tous les rituels qu’elle doit accomplir et qu’elle rêve d’accomplir depuis probablement sa plus tendre enfance, je la vois par ci, par là, toujours souriante, en pleine euphorie, débordante de joie dans ses activités, ses coutumes inconnues…
En route je croise un autre ami, le pas non chaland, éclat de rire et joie de nous voir, on discute à peine :
- Tiens, JB ! toi aussi t’es là !
- Oui Seb. Dis moi, tu sais c’est quoi, un Mefenden ?
- Un quoi ?! haha, non, désolé mec.
Puis on se perd dans la foule qui traverse toujours la maison de long en large.
Je reviens dans la toute première pièce, au premier étage, là où Uap Uajaw m’appela Mëfenden pour la première fois. Il se passe de curieuses choses qui me paraissent maintenant anodines, des rites marrants où on se saute dessus et on s’insulte pour rire dans une jolie langue. Je veux jouer aussi. Je saute sur un gros barbu, et on pouffe un rire très grossier tous les deux. Il m’invite à me montrer d’autres tours, d’autres manières de rire ici. J’y prends goût, je comprends vite, et ils m’acceptent tous. Alors je leur demande :
- Dites, qu’est-ce qu’un Mefenden ?
Gros froid, d’un coup. Silence total. Mouches qui volent et qui copulent dans leurs chiures. On me dévisage, et un vieil homme assis, probablement le chef de famille, me demande :
- Es-tu le Mëfenden ?
- Je pense que oui, c’est Uap Uajaw qui m’a choisie. Mais je ne sais pas…en quoi ça consiste exactement !!
Tout le monde retourne à ses occupations et m’ignore. C’est comme si je n’avais pas à savoir quel sort m’attendait, comme si c’était ce que je craignais, comme si je m’étais embarqué dans une histoire d’amour qui signifie au final la mort. Je m’imaginais être brûler sur un bûcher, ou finir découpé en morceau, cuisiné au repas du lendemain, après avoir eut la grâce de pouvoir forni forni forni forniquer la fille du chef.
Mais j’étais comme résolu à découvrir ce qui m’attendait, résolu de vouloir de cette nymphe paradisiaque, résolu de me sacrifier s’il le fallait. Alors quand les ogres et les diablesses m’ont tournés le dos, qu’ils se sont mis à m’ignorer, j’ai voulu refaire corps avec eux. J’ai usé de tous ce que le gros bûcheron m’avait appris juste avant, j’ai sauté et tourné sur moi-même en prononçant des mots jolis mais inconnus avant de me jeter sur le premier autre bûcheron à porté de ventre. J’ai chanté les louanges de dieux inconnus mais absolument exquises ; j’ai pété sur mamie, j’ai frappé le chat, et j’allais même vomir par terre, parce qu’ici, c’était coutume de faire.
Mais… il y eut comme un bras autour de mon épaule, à nouveau. J’ai senti qui c’était. Encore cet emmerdeur de rabat joie venant me tirer d’affaire. Tout s’est passé très vite : j’étais sur le point de sombrer et d’aller voir Uap Uajaw pour la culbuter sans même attendre la moindre cérémonie qui de toute façon n’arrivait pas. J’étais au moment où je pétais les plombs, et où jamais mon âme ne s’était autant excitée, autant devenu hors contrôle. A ce moment, le bras m’a entouré l’épaule et m’a murmuré : « ok , ok , ok » et même que je pouvais voir « ok ok ok » écrit dans une bulle au dessus de la forme qui me prenait par l’épaule. Je pouvais lire, comme en bd, son « ok ok ok », et entendre son ton le dire genre : maintenant, c’est de trop !
Et la forme m’a fait une prise de retournement comme au catch, et un peu comme nous le faisions ici, chez ses gens, mais d’une manière si brusque et si violente qu’il m’a retourné et que ma tête a claqué contre le sol, que j’ai vu tout blanc avant même d’avoir mal, et que je me réveille avec un énorme mal de crâne qui s’est un peu dissipé, en vous écrivant ceci !
alors, déjà, j'ai du mal avec la fin.
texte que tu as écrit à l'instant pour raconter ta nuit d'hier ou pur fantasme ?
Alors premièrement, sur la forme, c'est moyen je trouve. Il y a un vrai porblème de grammaire et de confusion des temps, imparfait, passé simple et présent alternent sans aucune logique.
Au niveau du vocabulaire, c'est moyen et répétifif. Tes descriptions ne sont pas mauvaises, mêmes immersives je dirais, mais finalement, le flou domine. Ce n'est pas mal à petite dose, mais la, après avoir mit du temps à te lire, j'ai l'impression que ton écrit aurait pu tenir en trois fois moins, sans en retirer aucune substance.
Sur le fond, c'est étrange. Ca m'a rappellé la grande scène de Tom Cruise dans Eyes Wide Shut de Kubrick. Une initiation dont on ne sait rien, un voyage vers l'inconnu...
Bref, on peut en tirer quelques chose de ce texte, mais pour l'instant la lecture est gaché par une mauvaise gestion des descriptions et des temps... bon courage !
Merci d'avoir pris le temps et le soin de me lire!
Oui c'est mon 'rêve' d'hier.
Oui j'ai été très (trop) vite à l'écrire, pour ne pas perdre les souvenirs, les impressions..
Bien sur je compte faire mieux. Et merci pour ton avis constructif et ta comparaison flatteuse.
A bientôt!